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Palestine - ISM France

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Tulkarem -

9 heures pour rentrer à la maison

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Il y a deux jours, quand j'étais dans le village de Bil'in, je suis allé avec un ami israélien à Tel Aviv pour la première fois depuis l'âge de 12 ans !
Mon ami m'avait dit que c'était facile d'arriver à Tel Aviv, mais j'étais très inquiet puisque je suis un Palestinien, et que c'est illégal d'y aller.
J'avais peur de me faire prendre par la police des frontières israélienne.....

En rentrant à la maison hier, de Ramallah à Tulkarem, j'ai dû passer par six checkpoints israéliens. Ce n'étaient pas, cette fois-ci, des checkpoints temporaires – un peu différents cette semaine - mais des checkpoints avec du béton aux deux extrémités et une couverture pour l'équipement des soldats.

Les checkpoints israéliens sont des symboles de l'humiliation quotidien que nous subissons. Non seulement les soldats israéliens nous gardent pendant de longues heures d'attente; mais le procédé entier est une tentative pour nous faire perdre notre humanité et nous rabaisser de sorte que nous nous sentions sans valeur et moins qu'humains. Parfois, les soldats israéliens demandent à des personnes de soulever leurs vêtements, parfois les gens sont obligés, sous la menace des armes, de manger pendant le jeûne du Ramadan.

Quand je suis arrivé à Jabara, à seulement quatre kilomètres à l'extérieur de Tulkarem, un soldat a indiqué à notre chauffeur de bus que nous n'étions pas été autorisés à aller à Tulkarem par ce checkpoint, aussi nous avons dû faire le tour et tenter la seule route sur la gauche. Nous sommes passés par le barrage routier d'Annab, qui se compose d'une barre en métal qui coupe la ville de Tulkarem des villages voisins. Une barrière énorme de fil barbelé, environ 5 mètres de haut, est installée du cêté droit de la route équipée d'une tour d'observation israélienne.
Nous sommes sortis de l'autobus pour passer de l'autre cêté de la nouvelle barrière en métal qui a été installée il y a seulement quelques jours.

Plus de 60 Palestiniens se tenaient sur deux lignes des deux cêtés en attendant qu'un soldat israélien vienne vérifier leurs identités. Le soldat a vérifié les identités et les bagages alors que quatre autres soldats restaient à observer !!

Les gens étaient frustrés et en colère car ils devaient attendre longtemps et, naturellement, ce n'est pas dans la mission des soldats d'aller vite. Une femme a marché vers le soldat qui vérifiait les papiers d'identité et a dit : "Vous avez volé notre terre, notre eau, notre air. Pourquoi limitez-vous nos déplacements? Que voulez-vous de plus ?"

Le soldat a crié, "fermez-là !" puis il a donné l'ordre à tout le monde de reculer de plusieurs mètres et s'est éloigné pour boire de l'eau ! Il nous a regardés et a souri. Alors après 10 minutes, il s'est avancé lentement et a dit : "Yallah! ( allez ! en arabe) un!"

Après que le soldat ait regardé mes papiers d'identité et qu'il ait vérifié mon sac, j'ai pris un service (taxi partagé) à Annab, puis j'ai fait le tour à pied de la barrière en métal et j'ai pris un autre service pour Tulkarem.

Sur le chemin vers mon village de Saida situé à 16km au sud de Tulkarem, un véhicule militaire garé sur le cêté de la route principale à 6 kilomètres de la ville, arrêtait des dizaines de véhicules. Pendant que nous attendions, deux soldats israéliens ont arrêté un autobus de l'autre cêté de la route. Tous les passagers sont sortis et les deux soldats leur ont demandé de soulever leurs vêtements tandis qu'un soldat placé sur le au-dessus du véhicule armé les visait avec son M-16.

Après 30 minutes, notre tour d'être humilié est arrivé. Deux soldats ont marché en direction de notre taxi. L'un s'est approché près de la fenêtre et a demandé au conducteur où il allait. Le conducteur répondu, "Nous allons au village de Saida".

Le soldat a ouvert la porte du milieu et a demandé à un jeune Palestinien de sortir; alors il s'est dirigé vers le siège avant où j'étais assis. Il m'a tapé dans l'épaule et a dit : "Sortez !". Nous étions seulement à un mètre des deux soldats. Le même soldat nous a encore demandé de soulever nos vêtements et de tourner.
Alors il a pris ma carte d'identité et a demandé : "Où allez-vous ?".
"Saida," ai-je répondu.
"Où habitez-vous ?".
"Saida," ai-je répondu encore.
Alors le soldat a dit, "Yalla"!

Il y a deux jours, quand j'étais dans le village de Bil'in, je suis allé avec un ami israélien à Tel Aviv pour la première fois depuis mes 12 ans!
Mon ami m'avait dit que c'était facile d'arriver à Tel Aviv, mais j'étais très inquiet puisque je suis un Palestinien, et que c'est illégal d'y aller. C'est comme un autre monde pour nous.

Nous avons pris un taxi vers 21h30 pour le village voisin de Deir Qaddis situé à l'ouest de Bil'in et nous avons marché pendant trois minutes pour atteindre une route de colons. J'avais peur de me faire prendre par la police des frontières israélienne.

Nous avons continué de marcher sur cette route de colons jusqu'à ce que nous ayons atteint la colonie de Modi'in Illit, qui est établie sur la terre de Bil'in.
Je me tenais à l'entrée qui possède un arc en pierre éclairé et je regardais les magnifiques maisons qu'ils possèdent - des arbres verts et une fontaine – en me demandant si les gens qui vivent ici savent que leur gouvernement vole d'autres terres aux fermiers palestiniens et aux familles de Bili'n pour construire leurs maisons!

20 minutes plus tard, un colon s'est garé pour nous emmener à une station de bus, où nous avons pris un autobus pour aller à Tel Aviv.

Si les checkpoints israéliens sont pour la 'sécurité ', pourquoi n'installent-ils pas des checkpoints à Jérusalem et Tel-Aviv?
Pourquoi n'y avait-il aucun soldat pour vérifier mon identité cette nuit?

Pourquoi est-ce que personne ne m'a empêché d'entrer en Israël?

Les soldats israéliens étaient-ils en congé à Tel Aviv?

Tout ceci m'incite à penser que peut-être c'est "la démocratie israélienne" qui essaye de casser notre moral et de prendre notre liberté sous le grand mensonge de la sécurité et de la paix.

Source : www.palsolidarity.org

Traduction : MG pour ISM

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