Fermer

S'inscrire à la mailing list ISM-France

Recevez par email les titres des derniers articles publiés sur ISM-France.

Votre adresse courriel

Fermer

Envoyer cet article

Votre adresse courriel
Envoyer l'article à
Votre message
Je profite de l'occasion pour m'abonner à la newsletter ISM France.
Palestine - ISM France

Imprimer cet article Envoyer cet article
Article lu 849 fois

Tulkarem -

A la 60ème commémoration de la Nakba, le camp de Tulkarem vit toujours dans l'espoir du retour

Par

Depuis le 15 mai 1948, la souffrance devient le pain quotidien des habitants du camp de Tulkarem. Mais pas un jour ne passe sans qu'ils ne rêvent de l'aube d'un jour où ils retourneront à leurs villes, villages et localités d'où ils ont été chassés il y a soixante ans, lors de la création de l'Entité Sioniste sur leurs terrains.

A la 60ème commémoration de la Nakba, le camp de Tulkarem vit toujours dans l'espoir du retour


Attaque sioniste dans le camp de réfugiés de Tulkarem, 2006

Hadj Abou Khaled At-Tanja n'a jamais pensé qu'il vivrait soixante ans dans un camp de réfugiés. Il était très jeune quand il a été chassé de son village de Tantoura, sous-préfecture de Jaffa. En effet, les Sionistes l'avaient enfermé pendant un an, avant qu'il puisse fuir la prison avec une vingtaine de camarades. Ils croyaient qu'ils seraient de retour dans au plus tard une semaine.

Les années passent. Abou Khaled se marie. Six garçons et quatre filles remplissent sa vie. Cependant, à quatre-vingt dix ans, le rêve du retour ne le quitte pas. Et lorsqu'il entend quelqu'un parler de quelconques négociations destinées à annuler le droit au retour, il crie :
« C'est un vrai traître celui qui vendra notre droit au retour. C'est un collaborateur avec l'ennemi ».

Avec un regard méfiant et un ton triste, le vieux ajoute : « Tous ces accords, toutes ces négociations ne pourront jamais nous rendre aucun droit. Tous les dirigeants arabes sont assujettis aux Américains et aux Sionistes ».

La réalité du camp

C'est en 1949 que les travaux de construction du camp ont commencé, à l'Est de la ville de Tulkarem. Depuis le début, les habitants sont obligés de s’habituer à une vie le moins qu'on puisse dire difficile. Seize mille âmes n'ont qu'un cabinet médical, un médecin, un dentiste...

Le camp, par ailleurs, ne possède que des écoles primaires et quelques écoles de l'UNRWA. Les écoles de ce dernier ferment souvent leurs portes suivant ses conditions. Les conditions difficiles de l'agence n'arrêtent pas d’affecter le rendement de ses services dans tous les domaines : éducatif, social et sanitaire.

La rue Al-Awda, le retour, coupe le camp en deux. La mairie du camp essaie de présenter ses services, le mieux qu'elle puisse faire avec les moyens du bord.

Et le chômage fait rage dans le camp. Les jeunes qui travaillaient ne peuvent plus bouger, surtout à cause du mur de séparation discriminatoire, entre autres.

Résistance

Malgré leurs souffrances, les habitants ne vivent pas si tranquilles que cela. Le camp est le sujet d'invasions à répétition de la part des forces d'occupation israélienne, surtout durant les Intifadas, la première et celle d'Al-Aqsa.

Le camp a donné trente-cinq martyrs. Le plus grand nombre en Cisjordanie . Mohammed Abou Hachim est le plus connu d’entre eux.

Et le camp connaît également un nombre considérable de jours chômés, de jours placés sous un couvre-feu, imposé par l'occupation israélienne. Une moyenne élevée, plus de cent jours par an, durant la bénie Intifada.

Tout prétexte est bon pour que les forces de l'occupation israélienne mettent la pagaille dans le camp. Pendant l'Intifada, elles prenaient la liberté d’endommager les maisons et les biens des réfugiés, déjà maigres. Elles mettent aussi la main sur les jeunes pour les enfermer dans leurs prisons. Plusieurs y passent leur vie.
Et ces forces laissent derrière elles beaucoup de blessés, beaucoup d'handicapés. Plusieurs ont perdu leurs membres !

Le professeur Monir Abou Tammam a passé plus d'un quart de siècle comme instituteur dans le camp. Il confirme que le camp est un camp de résistance. Il a participé à l'Intifada d'Al-Aqsa, dès son premier jour, et a donné un martyr : Mohammed Al-Qalaq. Des dizaines de milliers de personnes, habitants du camp et de la ville de Tulkarem, ont participé au cortège funèbre du martyr Al-Qalaq. Ce cortège a réchauffé les sentiments de tout le monde dans le camp.

Et la participation effective dans l'Intifada a débuté, les invasions israéliennes avec. La première était en janvier 2001. La deuxième en avril 2001. La plus sanguinaire reste l'invasion de 2004. En un jour seulement, dix-sept Palestiniens sont tombés en martyr. Il y a aussi eu un grand nombre de blessés et de prisonniers. Plus de deux cents prisonniers dont plusieurs ont été condamnés à perpétuité.

Dans l'Intifada d'Al-Aqsa, chaque famille a donné quelque chose, dit le professeur Sohaïl Abou Alfih. Un martyr. Un blessé. Un prisonnier. Une maison, totalement ou partiellement détruite. Après ces événements, les écoliers ne dessinaient plus que des scènes de martyrs, de blessés, d'affrontements, confirme Monir Abou Tammam.

Et pour ce qui est de ces accords et négociations qui ne parlent plus du droit au retour et de l'avenir des réfugiés, Abou Tammam remarque que l'accord d'Oslo en a enrichi et gonflé quelques-uns, sur le dos du peuple. Cet accord a poussé d'autres gens vers plus de pauvreté et de chômage. Parmi ces derniers se trouvent évidemment les habitants du camp de Tulkarem. Et quant aux négociations actuelles, ce ne sont que des illusions. "On ne parle pas de l'avenir des réfugiés et de leur droit au retour", dit Suhaïl.

Personne, petit ou grand, ne voit et ne veut une alternative au droit au retour. Le retour au pays est une affaire évidente, autant le temps passe. Malgré cette bonne conscience, il faut éduquer les nouvelles générations à l'attachement à leurs droits et aux efforts pour les obtenir, dit le professeur Massoud.

Le camp et ses institutions

Le camp possède un centre pour les femmes. Il essaie de leur offrir quelques services, autant que possible. Il essaie également d'améliorer la condition de la femme palestinienne, au niveau social, économique et culturel. Des stages de couture, d'informatique ou d'autres métiers, afin de renforcer son rôle à l'intérieur du camp et à l'extérieur.

Le club de la jeunesse du camp de Tulkarem travaille à attirer les jeunes vers le sport, la culture, l'art, pour pousser le niveau du camp vers le haut.

En ce qui concerne le droit au retour, le directeur administratif du club Rachid Karsou' croit qu'en observant les événements en cours, on remarque facilement l'atermoiement de l'adversaire sioniste à rendre au peuple palestinien ses droits. On ne lui fait aucune confiance. Tous les pactes signés ne sont plus que paperasses, sans aucune utilité.

« Depuis l'accord d'Oslo et jusqu'à nos jours, aucun accord n'a pas été respecté », dit Rachid. Il croit à l'importance du dossier des réfugiés et de leur droit au retour. Il s'agit d'un droit concernant un peuple qui a été chassé de sa terre, qui a perdu ses biens et ses maisons. "Les initiatives qu'on voit de nos jours et qui veulent laisser tomber le droit au retour, à l'image de celle de Genève, ne sont point acceptables", dit Rachid.

Endurance

Malgré toutes les douleurs et les souffrances que les réfugiés palestiniens subissent, dont les habitants du camp de Tulkarem, ils restent attachés au droit au retour. Un habitant exprime bien le sentiment général : « Si nous avions voulu faire une concession de notre droit au retour, nous n'aurions pas donné tous ces sacrifices, tous ces martyrs et blessés, dans tous ces combats, pendant toutes ces dures années. Il y a rien qui puisse remplacer le droit au retour; c'est notre vie... ».

Le camp en quelques mots

- 16 à 17.000 d'habitants.
- Ils sont tous des déportés de la Nakba, la catastrophe de 1948.
- L'origine des habitants est très variée et complexe. Ils viennent de différentes villes et de différents villages occupés en 1948, du nord au sud de la Palestine.
- Les quartiers et les ruelles du camp ont pris les noms des familles qui y habitent. Ils prennent parfois les noms de batailles. Il y a le quartier du cheikh Ali, ceux d’Al-Ghanim, des Martyrs, d’Al-Qadissiyya, d’Al-Anssar.
- Le camp de Tulkarem comporte deux écoles pour les garçons, trois pour les filles, et un collège.
- Le camp se trouve du côté oriental de la ville de Tulkarem. Il sépare aussi cette ville du village de Thanaba. La rue principale reliant Tulkarem à Naplouse le côtoie également.

Source : Palestine Info

Faire un don

Afin d'assurer sa mission d'information, ISM-France fait appel à votre soutien.

Oui ! Je soutiens ISM-France.

Faire un don

Contacter ISM France

contact@ism-france.org

Suivre ISM France

S'abonner à ISMFRANCE sur Twitter RSS

Avertissement

L'ISM a pour vocation la diffusion d'informations relatives aux événements du Proche Orient. Les auteurs du site travaillent à la plus grande objectivité et au respect des opinions de chacun, soucieux de corriger les erreurs qui leur seraient signalées.

Les opinions exprimées dans les articles n'engagent que la responsabilité de leur auteur et/ou de leur traducteur. En aucun cas l'ISM ne saurait être tenu responsable des propos tenus dans les analyses, témoignages et messages postés par des tierces personnes.

D'autre part, beaucoup d'informations émanant de sources externes, ou faisant lien vers des sites dont il n'a pas la gestion, l'ISM n'assume aucunement la responsabilité quant à l'information contenue dans ces sites.

A lire également...
Même lieu

Tulkarem

Même sujet

Réfugiés

Même auteur

Palestine Info

Même date

21 mai 2008