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Palestine - ISM France

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Hébron -

Al Mufaqarah R-Existe - la lutte d'un village pour continuer à vivre sur sa terre, dans les collines du sud d'Hébron

Par

13.06.2012 - Sur la seule route qui relie le secteur de Massafer Yatta à la ville de Yatta et au reste de la Cisjordanie, un tracteur transportait du matériel de construction pour le village de At-Tuwani. C'était le 8 juin dernier, et vers 8h du matin, deux jeeps de l'armée israélienne les attendaient. Le chauffeur du tracteur a dû s'arrêter et a été obligé de rebrousser chemin. Un moment après, les soldats ont arrêté un autre tracteur et lui a ordonné de faire demi-tour, mais cette fois, le chauffeur a refusé. Les soldats l'ont alors encerclé et l'ont obligé à attendre pendant qu'ils appelaient la police.

Al Mufaqarah R-Existe - la lutte d'un village pour continuer à vivre sur sa terre, dans les collines du sud d'Hébron

Entendant ces nouvelles, une trentaine de Palestiniens des villages de At-Tuwani, Al-Mufaqarah et Ar-Rakeez sont arrivés sur les lieux mais n'ont pas pu approcher du chemin ; soudain, un groupe d'une quinzaine de femmes a traversé le checkpoint et a entrepris de marcher vers le tracteur, ignorant les ordres des soldats. En quelques minutes, la pression de ces femmes a permis de franchir le barrage et les soldats, désarmés par la volonté farouche des femmes, ont dû se pousser sur le côté et laisser le tracteur rejoindre le village.

L'après-midi du même jour, dans le village de Al-Mufaqarah, l'armée et la police israéliennes ont détenu un autre Palestinien qui transportait du matériel de construction et les habitants sont intervenus pour empêcher son arrestation.

Ces événements, liés au contrôle permanent de la zone, font partie de la stratégie israélienne pour empêcher la campagne non violente "Al-Mufaqarah R-Existe" ; cette dernière a été lancée le 19 mai par les communautés locales de Al-Mufaqarah, le Comité de coordination de la lutte populaire et le Comité de la résistance populaire des collines du Sud d'Hébron, et elle suit la voie ouverte par le village de At-Tuwani.

L'objectif est de construire 15 maisons et de défendre le droit légitime de cette communauté palestinienne à exister sur la propre terre. Tous les samedis, un groupe de Palestiniens, d'activistes israéliens et autres internationaux travaillent ensemble pour construire ces nouvelles maisons, mais depuis le tout début de la campagne, l'armée israélienne d'occupation a essayé à plusieurs reprises de décourager cette initiative ; en fait, l'action du 2 juin n'a pu avoir lieu à cause de la présence militaire massive sur la zone qui a empêché la livraison des matériaux de construction.

Le 10 juin, l'administration civile israélienne et l'armée ont remis au village de Al-Mufaqarah trois ordres d'arrêt des travaux, l'un d'entre eux concernant la première maison construite pendant la campagne, ce qui signifie que quiconque sera pris en train de travailler sur le chantier sera arrêté. De plus, si les habitants n'interjettent pas appel devant la Haute cour avant le 21 juin, les structures recevront un ordre de démolition.

Al-Mufaqarah est situé en zone C de Cisjordanie , qui est sous contrôle civil et militaire israélien. Dans cette zone, toute construction doit obtenir un permis de construire de l'administration civile israélienne. Le but est clairement d'empêcher le développement des communautés palestiniennes en refusant tout permis de construire et en démolissant tout ce qui est considéré comme "illégal".

En même temps, les colonies et les avant-postes israéliens du secteur, même s'ils sont illégaux en vertu du droit international, sont en constante expansion, et les colons ne cessent d'attaquer et de harceler les Palestiniens.

Cette politique de restrictions, de bouclages, de démolitions, d'évacuations et d'abus, conjuguée avec la violence perpétrée par les colons, nie les droits humains des Palestiniens et menace leur vie quotidienne sur leurs propres terres.

Néanmoins, les communautés palestiniennes des collines du sud d'Hébron n'ont pas cédé et ont décidé de résister à l'occupation, de manière non violente.

L'existence du village de Al-Mufaqarah a toujours été menacée par ces stratégies d'oppression qui visent à l'évacuation de la communauté, mais elle représente en même temps un excellent exemple de résistance non violente.

En 1999, Al-Mufaqarah et 12 autres villages ont reçu un ordre d'évacuation, au prétexte qu'ils étaient situés dans une "zone de tirs". Les habitants n'ont jamais baissé les bras et ont fait appel auprès de la Cour suprême qui, six mois plus tard, a reconnu leur droit à revenir sur leurs terres.

La lutte non violente de Al-Mufaqarah n'est pas finie : l'automne dernier, la communauté a essayé de se connecter au réseau électrique du village de At-Tuwani, et elle a commencé à construire des pylônes. A 7h le matin du 3 novembre 2011, une pelleteuse escortée de 25 soldats les ont tous démolis. Quelques semaines après, l'armée d'occupation est arrivée avec deux bulldozers, qui ont démoli, l'une après l'autre, deux maisons, une étable, la mosquée et la structure qui abritait le générateur. Une fillette palestinienne qui s'est précipité pour aller chercher des affaires à l'intérieur de sa maison qui allait être démoli a été intoxiquée par des gaz lacrymogènes tirés par les soldats ; après l'avoir obligée à se mettre à genoux, ils l'ont arrêtée, ainsi que son cousin qui tentait d'aller chercher de l'eau pour la soulager.

Le lendemain, par centaines, des gens sont arrivés des collines du sud d'Hébron et se sont mises à prier devant les décombres de la mosquée. Immédiatement après, ils ont commencé la reconstruction du village, préalablement interrompue par un ordre d'arrêt de chantier.

Ces villages ne disparaîtront pas des cartes. Ces villages n'arrêteront pas leur lutte non violente pour leur droit à exister. Al-Mufaqarah, At-Tuwani et les autres communautés existent et résistent. La campagne "Al-Mufaqarah R-Existe" continuera, parce qu'un mur reconstruit vaut plus que cent maisons détruites, parce qu'un tracteur délivré par quinze femmes vaut plus que cent routes bloquées par les soldats.

Tous les samedis, à Al-Mufaqarah, des gens bâtissent.


Voir les photos prises le 8 juin sur le chantier de Al-Mufaqarah.

Pour de plus amples informations : Operation Dove, 054 99 25 773

Source : Operation Dove

Traduction : MR pour ISM

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