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Egypte -

Assiéger le siège à Rafah : Khalil quitte la frontière de Rafah

Par

> cairo-rafah@googlegroups.com

Après avoir passé près d'un mois à attendre au point de passage de Rafah que les autorités égyptiennes (israéliennes) accordent l'autorisation d’entrée dans Gaza de la camionnette pleine de médicaments, et après d'innombrables réunions et formulaires, Khalil est arrivé aujourd'hui, vendredi, à 12 heures, au point de passage de Rafah pour prendre sa camionnette et l’emmener.

Assiéger le siège à Rafah : Khalil quitte la frontière de Rafah


Carricature de Carlos Latuf : La complicité de l'Egypte dans le blocus de Gaza


Les autorités égyptiennes ont refusé à maintes reprises toutes les suggestions concernant la livraison du matériel médical, que ce soit par le point de passage de Rafah, par le passage de Kerem Abu Salem (Kerem Shalom), ou par le Croissant-Rouge égyptien.

Après cela et après les déclarations des autorités israéliennes transmises par le représentant de l’ambassade de l'Autorité Palestinienne disant qu' "à aucun moment, la camionnette ne franchira le passage de Kerem Abu Salem", Khalil a décidé, n’ayant pas d’autre option, de prendre la camionnette au passage et de commencer son voyage de retour.

Les autorités égyptiennes ont présenté de nombreuses et diverses excuses bureaucratiques pour justifier leur refus d’autoriser l'entrée de médicaments. La dernière excuse était qu’il n’existait pas de liste des médicaments transportés.

Comme les médicaments ont été donnés par divers généreux supporters au Royaume-Uni, Al Niss et Willis n'avaient pas de liste et de récépissés à présenter aux autorités égyptiennes. Pourtant, les autorités égyptiennes ont refusé la proposition qu'un tiers, le Croissant-Rouge égyptien, décharge et vérifie le détail des fournitures médicales.

Khalil a décrit son immense déception et sa frustration de n’être même pas autorisé à remettre le matériel médical au Croissant Rouge Egyptien pour être envoyé à Gaza. Jeudi, Khalil a rencontré les autorités douanières de Rafah, basées à Al Arish, pour discuter d’un possible transfert de la cargaison médicale.

Il a quitté le bureau avec un document approuvé et signé par Ismail Abbas, l'ancien directeur général des douanes de Rafah, maintenant directeur de la branche d’Al Arish, ainsi que par Attala Khalil Khalil, l'assistant du ministre des douanes.

Le document autorisait la remise du matériel médical au Croissant-Rouge, avec une nouvelle disposition stipulant que le Croissant Rouge ferait tout son possible pour garantir que les médicaments seraient envoyées aux terres palestiniennes, ce qui signifie dans la Bande de Gaza.

Les autorités douanières égyptiennes au point de passage de Rafah ont opposé leur veto à l'ordre, en précisant que Khalil n'avait pas été autorisé à décharger le camion et à donner son contenu à qui que ce soit d'autre.

Pourtant, Abbas a répondu que "si quelqu'un possédait un document douanier signé de son nom, il/elle avait le droit de donner la cargaison à celui qui est indiqué sur ce document. Ensuite, le contenu appartiennent au bénéficiaire."

Abbas, extrêmement bavard et efficace, n’a finalement servi à rien face à la bureaucratie égyptienne, et l'Égypte est déterminée à montrer sa déférence à Israël plutôt que de permettre le passage de l'aide humanitaire par des moyens légaux.

Suite à la promesse faite jeudi et avec déception, Khalil a informé le Dr Khamis basé à Gaza, le médecin avec qui Linda et Khalil avaient coordonné la fourniture de médicaments. Le Dr Khamis a dit une nouvelle fois à Khalil qu’à chaque fois que des médicaments entreraient dans la bande de Gaza, ce serait une très bonne chose, car ils en ont encore un besoin urgent.

Ce vendredi semble donc être la fin des longs et stériles efforts pour venir en aide aux Palestiniens à Gaza.

Après plus d'une heure d'attente, les autorités égyptiennes ont finalement fourni le document permettant la récupération de la camionnette de sa position de stationnement à la frontière. Le document stipule que Khalil doit conduire la camionnette jusqu’au passage frontière de Nuweiba et qu’il ne doit pas la décharger en Egypte.

Même sans cette disposition, il serait impossible d'ouvrir et de décharger le camion, puisqu’il avait été bloqué par des agents des douanes égyptiennes, à son arrivée à Nuweiba il y a près d'un mois. Lres responsables de la frontière ont également envoyé un officier de police, afin de s'assurer que Khalil se dirigeait bien vers Nuweiba et quittait le pays.

A environ 20 km de Rafah, la camionnette a calé, des problèmes techniques. Trois heures plus tard, les problèmes étant réparés, Khalil a poursuivi sa route en direction d’Al Arish.

Mais, au cours de ce délai, une unité des services des renseignements égyptiens, le Mokhabarat a appelé Khalil pour lui demander la raison de sa hâte soudaine.

Après avoir passé 26 jours devant le point de passage de Rafah fermé, et demandé à de nombreuses reprises l’autorisation d’entrer avec ses médicaments, l'homme avait le toupet d’insinuer que Khalil se précipitait à partir sans la procédure habituelle. Il n'avait pas besoin que les responsables égyptiens lui rappellent qu’il ne serait pas autorisé à passer par Kerem Abu Salem.

Haithem, l'officier du Mokhabarat, a suggéré à Khalil d'attendre 3 autres semaines, car Kerem Abu Salem pourrait être ouvert aux marchandises entrant dans la bande de Gaza.

Cela semble être une tentative bien triste des autorités égyptiennes pour insinuer que Khalil et Linda ont interrompu leur effort humanitaire en raison d’un manque d'intérêt. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité.

En qualifiant leur dernière tentative de bluff, Khalil va étudier cette carotte, cette fausse offre d’une possibilité d’entrée par le passage Kerem Abu Salem. Mais je ne pense pas qu'il soit trop fou des carottes.



Nouvelles de la frontière de Rafah, côté égytien - Le 12 août 2008

Aucune option n'a été proposée à Khalil Al-Niss pour qu'il puisse passer à Gaza avec son chargement de médicaments et de matériel médical envoyé par l'Ecosse.

Bien qu' Al-Niss et Linda Willis aient depuis le début accepté de satisfaire les demandes des autorités égyptiennes et de remplir une foultitude de documents, et bien que la camionnette aient été inspectée dès leur arrivée en Egypte, au poste frontalier de Nuweiba, et bien qu'Al-Niss aient été depuis en contact avec les représentants de l'Autorité Palestinienne en Egypte, aucun permis d'aucune sorte n'a été donné pour que les médicaments soient livrés à Gaza.

Il y a environ une semaine, Al-Niss a discuté de la possibilité de faciliter le transport des médicaments et des fournitures médicales avec l'aide du Croissant Rouge égyptien. Il a présenté tous les documents requis aux membres du Croissant Rouge, et Adil Abu Tamer, membre de l'organisation, a pris la responsabilité de la coordination de l'opération avec les responsables de la sécurité israélienne. A ce moment-là, Al-Niss recherchait une possibilité de faire passer la cargaison par le point de passage de Kerem Abu Salem. Al-Niss préférait livrer les médicaments par le carrefour frontalier de Rafah, plutôt que par un carrefour contrôlé par Israël, mais il aurait accepté n'importe quelle proposition pour pouvoir livrer son chargement.

Le but de voyage avait deux niveaux : livrer les médicaments et mettre en lumière le bouclage total de Gaza sous siège. Cependant, Al-Niss et Willis convenaient que l'urgence de la livraison des médicaments prenait le pas sur les considérations politiques et auraient donc accepté de livrer le chargement via Kerem Abu Salem.

Cependant, même cette possibilité n'a pas marché, tant les autorités égyptiennes qu'israéliennes s'y étant opposées. Les autorités égyptiennes ont déclaré à Al-Niss qu'il ne passerait jamais par Kerem Abu Salem parce qu'elles ne lui donneraient pas l'autorisation. Al-Niss a appris mardi à midi que les autorités de la sécurité israélienne avaient déclaré que sa camionnette "ne passerait jamais par Kerem Abu Salem". De plus, les autorités israéliennes lui ont fait dire, par l'intermédiaire du représentant de l'Autorité Palestinienne, qu'il n'avait qu'à "prendre son camion et repartir en Ecosse".

Après avoir passé 24 jours au carrefour frontalier de Rafah, avec 1,5 tonne de médicaments hautement urgents, que les médecins de Gaza attendent avec impatience, Khalil Al-Niss et Linda Willis ont épuisé toutes les possibilités pour livrer leur chargement. La moindre option a été explorée, toutes les procédures ont été suivies. Un énorme soutien public au Royaume-Uni, dont des députés et le Premier Ministre Alex Salmond lui-même, n'ont finalement toujours pas persuade les autorités égyptiennes de permettre le passage de matériel humanitaire dans la Bande de Gaza.

Il est triste de constater que la motivation première d'Al-Niss et de Willis pour l'acheminement des médicaments par le carrefour de Rafah, à savoir que Gaza est sous siège et bouclée depuis 14 mois – s'avère exacte.

Il est étonnant qu'un gouvernement qui a à l'évidence le contrôle de ses propres frontières ne puisse pas voir la valeur humanitaire de cette cargaison et ne puisse faciliter sa livraison. C'est la preuve de l'allégeance de l'Egypte vis-à-vis d'Israël.

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