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Palestine - ISM France

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Bethléem -

Attaque des troupes israéliennes contre une manifestation dimanche et responsabilité morale (vidéo)

Par

Une centaine de personnes se sont rassemblées hier dimanche 21 au lieu-dit Ush Graib, à Beit Sahour, pour prier pour la paix et protester contre la présence militaire planifiée à cet endroit. Alors que nous nous rassemblions, les jeeps de l’armée israélienne ont rapidement roulé vers nous et un officier a aboyé des ordres en hébreu.

Nous avons expliqué aux soldats, en anglais et en arabe, que nous ne comprenions pas l’hébreu (nous avons réalisé plus tard qu’ils comprenaient l’arabe et l’anglais) et ils ont immédiatement commencé à lancer des grenades à concussion et lacrymogènes sur des personnes âgées, des femmes, des enfants, le prêtre en train de prier, les autres personnes locales et les internationaux (chrétiens et musulmans).

Un traducteur qui a visionné la vidéo plus tard nous a dit que les ordres lancés étaient que nous avions une minute pour nous disperser !



Les prières du prêtre, alors que l’armée nous attaquait, demandaient à Dieu de nous apprendre à vivre dans la dignité et la moralité et parlaient de ce qui est juste. Ensuite, nous avons prié tous ensemble. Mais étant donné les circonstances inhabituelles, nous avons persisté et avons réussi à rester sur les lieux. Une des images prises sur la vidéo qui me reste dans la tête est celle d’Issa, qui est le mot arabe pour Jésus, tenant son fils dans les bras tout en donnant un coup de pied dans une grenade lacrymogène. Son autre enfant s’était mis à pleurer à cause du bruit d’une grenade à concussion. La vidéo prise par le photographe professionnel d’IMEMC.org, Ghassan, montre le reste (ci-dessus).

Ma pensée pour les 40.000 personnes qui reçoivent ce message : si après avoir vu ça, vous n’êtes pas scandalisés, alors vous n’avez pas d’humanité. Si vous êtes scandalisés et en mesure de faire quelque chose, mais que vous ne le faites pas, alors vous avez renoncé à votre responsabilité morale. Faire quelque chose, ça veut dire vous joindre à nous la semaine prochaine si vous êtes dans le district de Bethléem, ou, si vous n’y êtes pas, faites pression sur votre gouvernement et les mille autres moyens que vous connaissez, qui peuvent faire la différence.

Le comité populaire continuera et vous demande de nous rejoindre la semaine prochaine, dimanche 28 février, à 11h, à Ush Graib, où nous améliorerons l’organisation et où nous nous assurerons que les jeunes enfants et les personnes âgées resteront à l’écart du secteur de conflit potentiel (nous ne nous attendions pas, cette fois, à une attaque aussi rapide et vicieuse). En dépit des forces déployées contre nous (y compris israéliennes et, malheureusement, quelques Palestiniens indolents), nous croyons dans le pouvoir de la résistance populaire pour faire bouger les consciences et parvenir à des résultats. Les exemples venant de notre ville de Beit Sahour pendant la première intifada, dans les années 80, et d’endroits comme Bil’in, ces dernières années, sont amplement suffisants ; Bil’in récupère plus de 1.500 dunums (150ha) de ses terres grâce à sa résistance populaire sous TOUTES ses formes. Ils sont toujours forts, cinq ans après, et sont passés d’une poignée à des milliers.

L’attaque d’une manifestation pacifique correspond à un type de pathologie (psychose) indicatif d’une banqueroute de l’Etat d’apartheid. Les forces israéliennes ont tiré sur une voiture à Husan, près de Bethléem, blessant trois civils, dont un grièvement. Les insultes aux pays étrangers, humilier l’ambassadeur turc, utiliser des passeports étrangers pour envoyer des escadrons de la mort, tout ceci est signé : ce sont des actions de type mafieux et elles permettent au reste du monde de voir la vraie nature de ce régime malade.

Je suis tellement fier des gens qui nous ont rejoints et, pour ceux d’entre vous qui n’avez pu venir, vous avez raté quelque chose d’assez étonnant. Le meilleur de l’humanité est en marche, avec amour. Ceux d’entre nous qui étaient ici se sentent encore plus motivés et nous souhaitons que vous nous rejoigniez pour une « participation joyeuse aux douleurs de ce monde ».

On ne peut rester neutre dans un train en marche. Soit on est du côté de la justice, soit on contribue à l’injustice. Le silence est complicité.
__________

Injustice à Beit Sahour
Déclaration de Kairos Palestine


Comme décrit par les habitants de la ville et par des médias comme Ma’an News, Ha’aretz et d’autres ces jours-ci, des soldats israéliens et des bulldozers sont arrivés le 10 février 2010 sur un parc de loisir familial à Beit Sahour – une ville légèrement à l’est de Bethléem, en Cisjordanie et site de l’ancienne base militaire Osh Grab, que les forces israéliennes de défense (d’occupation, ndt) ont abandonnée en 2006 et ont déclaré le secteur « zone militaire fermée ».

KAIROS Palestine condamne cette action et demande à toutes les églises, partout dans le monde, à plaider pour les Chrétiens et tous les résidents de Beit Sahour et à intervenir sur les dommages, présents et à venir, qui seront faits à leurs maisons.

Depuis 1967, Beit Sahour, une des dernières villes à majorité chrétienne en Cisjordanie , a inexorablement perdu sa terre au bénéfice de la municipalité de Jérusalem et de la colonie voisine de Har Homa. Une grande partie de la terre qui restait fut occupée par la base militaire israélienne de Osh Grab. Après que l’armée ait évacué la base en 2006, la municipalité de Beit Sahour a repris le contrôle de la terre – constituée en majorité de parcelles privées et de quelques-unes publiques. Ceci dit, toute la terre continuait de faire partie de ce que les Israéliens appellent la Zone C, ce qui la maintient sous contrôle de l’Etat israélien. La municipalité de Beit Sahour a rénové les parcelles publiques, a construit un parc de loisir et un terrain de jeux pour les enfants – le « Parc de la Paix » - et envisageait d’y construire bientôt un hôpital.

Au fil du temps, des groupes de colons juifs fanatiques ont souvent menacé de s’emparer du site, et ont même vandalisé le parc, comme le mois dernier. En l’état, l’intention déclarée d’Israël est de construire une nouvelle tour de contrôle : la réaffirmation troublante d’une présence militaire à Beit Sahour.

L’autre crainte est que cela soit les prémices d’une nouvelle colonie que les colons du coin demandent depuis des années. Comme l’a écrit Amira Hass dans le Ha’aretz, « Les habitants de Beit Sahour n’ont aucune raison de douter des colons ou du président du comité de Har Homa, qui a déclaré que ‘cela pourrait devenir une réalité, tout comme Har Homa s’est étendue au-delà de ce qui était projeté et planifié’. »

De toute façon, ce nouveau déploiement de contrôle de la part de l’Etat, qui arrive avec des bulldozers, creusant des tranchées sur le site, autour du parc, empêchant l’entrée de Beit Sahour aux résidents et aux internationaux qui viennent pour protester, déclarant que la terre est une zone militaire fermée – est un affront grave. Il est douloureux et injuste pour une raison ou une autre spécifique aux Chrétiens (qui forment 80% des habitants de Beit Sahour) ; d’autres sont de simples questions d’humanité et de légalité, cruciales tant pour les Chrétiens que pour les Musulmans.

D’abord, le secteur du parc est situé entre deux sites sacrés : « Le champ des Bergers » et l’endroit où, selon la Bible, Boaz est tombé amoureux de Ruth. Ce sont des sites à la signification spirituelle immense, et la prise de contrôle de cette terre par l’Etat est profondément affligeante (comme nous l’avons écrit dans le Document Kairos, « La liberté d’accès aux lieux saints est niée au prétexte de la sécurité. ») Ensuite, la prise est encore un autre exemple de la façon dont l’occupation israélienne nous déplace, nous coupe de nos droits fondamentaux à la mobilité et à l’autonomie, et met en œuvre une position qui crée la division des interactions humaines qui pervertit la Parole de Dieu et l’amour et la compassion auxquels il nous appelle.

Nous demandons la solidarité des églises de la communauté internationale, pour quelles nous soutiennent, qu’elles interviennent dans ce dernier envahissement de Beit Sahour pour empêcher qu’il se poursuive, et de dénoncer l’occupation dans toutes les occasions. Nous demandons aux individus et aux communautés du monde entier de prendre contact avec les responsables israéliens pour condamner leurs actions, d’écrire au Maire de Beit Sahour pour exprimer leur soutien, et de s’engager dans toute autre forme d’activités de sensibilisation et de construction de réseaux.

Alors que nous faisons ces demandes, nous citons à nouveau le Document KAIROS lui-même pour nous rappeler les uns les autres ce qui est en jeu et ce que nous devons exiger : « Notre connexion à cette terre est un droit naturel. Ce n’est pas seulement une question idéologique ou théologique. Nous souffrons de l’occupation de notre terre parce que nous sommes Palestiniens. »

Et enfin : « Nous déclarons aussi que l’occupation israélienne de la terre palestinienne est un péché contre Dieu et l’humanité parce qu’elle prive les Palestiniens de leurs droits humains fondamentaux, accordés par Dieu et déforme l’image divine dans les êtres humains vivant sous une injustice tant politique que théologique. »

S’il vous plaît, rejoignez KAIROS Palestine pour condamner ces actions d’oppression à Beit Sahour et pour travailler à ramener la justice qui est autant notre demande que notre droit.

Nous vous demandons d’appeler et d’écrire aux responsables israéliens pour protester contre cette action, exiger qu’ils arrêtent la construction de la tour de contrôle, empêchent les colons d’attaquer le parc de loisirs et renoncent à tout projet de construction d’une colonie sur le site.

Merci d’appeler :

Ministère de la Défense [Ehud Barak]
37 Kaplan Street, Hakirya, Tel Aviv 61909, Israël
Fax: +972 3 691 6940
Email : minister@mod.gov.il


Merci d’appeler et d’écrire à l’Ambassadeur israélien dans votre propre pays, avec copie à :
Mayor of Beit Sahour
Email : bsmuni@p-ol.com


Site web de Kairos Palestine
Email : Kalimatuna@gmail.com


Mazin Qumsiyeh, PhD
Popular Committee to Defend Ush Ghrab (PCDUG)
A Bedouin in Cyberspace, a villager at home
http://www.qumsiyeh.org
http://www.pcr.ps

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