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Gaza -

Comment Israël a aggravé une crise agricole à Gaza

Par

Sarah Algherbawi est pigiste et traductrice à Gaza.

11.04.2017 – Israël est accusé d’aggraver une crise du secteur de l’élevage à Gaza. Au début de l’année, on a constaté une épidémie de fièvre aphteuse à Gaza. Pendant 17 jours, Israël a bloqué l’entrée des vaccins nécessaires pour empêcher le virus de se propager, selon les services vétérinaires de Gaza. Le retard a entravé les initiatives pour juguler l’épidémie.

Comment Israël a aggravé une crise agricole à Gaza

En faisant obstruction à la livraison, il semble qu’Israël est revenu sur ses propres engagements. En février, le ministre israélien de l’Agriculture a annoncé qu’il fournirait 30.000 doses de vaccin contre la fièvre aphteuse à l’Autorité palestinienne. La fourniture des vaccins a été présentée comme une réponse à l’épidémie.

L’annonce a été faite après confirmation que le bétail avait été diagnostiqué comme porteur de la maladie dans un kibboutz israélien près de la frontière avec Gaza. L’Autorité palestinienne n’a pas informé Israël sur la façon dont la maladie « a commencé à se propager » à Gaza plusieurs semaines auparavant, a déclaré le ministère israélien de l’Agriculture.

Hassan Azam, directeur des services vétérinaires à Gaza, a dit le mois dernier que la plupart des moutons et des chèvres du territoire avait été vacciné, mais a déploré le manque de réponse israélienne sur le besoin en cours de vaccins.

Le 7 avril, il a informé The Electronic Intifada que 102.000 doses supplémentaires étaient encore nécessaires pour assurer la sécurité tout au long de l’année – 72.000 pour les ovins et 30.000 pour les vaches.

L’épidémie a eu des conséquences sévères pour Waleed Abdeen, un fermier de la région de Khan Younis à Gaza. Sur un troupeau de 400 vaches, une quarantaine sont mortes dans les deux premiers jours de l’épidémie. Le paiement de factures supplémentaires pour les médicaments à usage vétérinaire lui a causé beaucoup de problèmes. « Je suis au bord de la faillite, » a-t-il dit.

« Un grand désastre »

La souche du virus détecté récemment est connu sous le nom de SAT-2, selon Zakaria al-Kafarna, un vétérinaire installé à Gaza. Elle est transmise par la salive des animaux infectés.

La fièvre aphteuse est très contagieuse, elle touche en particulier les animaux bi-ongulés. Elle se transmet rarement aux humains mais elle peut provoquer de graves pertes économiques pour les agriculteurs.

Ne pas pouvoir acquérir davantage de vaccins sera un « grand désastre », a dit al-Kafarma.

Un autre vétérinaire basé à Gaza, Muhammad Abu Shaweesh, pense qu’il y a une forte probabilité que le virus ait été transmis par le transport d’animaux vivants en provenance du Delta du Nil, par le Sinaï en Egypte, et puis à Gaza.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, un organisme international, a fait des observations similaires lorsqu’une épidémie du virus SAT-2 a eu lieu à Gaza en 2012.

« Il faut commencer par bloquer la source » pour faire face à une épidémie de fièvre aphteuse, a dit Abu Shaweesh.

Le virus SAT-2 a d’abord été détecté chez le bétail égyptien en 1950. L’Egypte a été confrontée à une série d’épidémies depuis.

Le siège qu’Israël impose à Gaza – avec l’aide de l’Egypte – depuis dix ans a compliqué le traçage de l’entrée des animaux.

Blocus

Le terminal de Rafah permettant le passage des personnes et des biens entre l’Egypte et Gaza est fréquemment fermé à cause du blocus. Le passage commercial n’a été ouvert que trois jours au cours du mois de février.

Le siège a obligé de nombreux Gazaouis à se rabattre sur la contrebande des marchandises par les tunnels.

Ahmad Nofal a perdu 30 de ses 120 vaches à cause de la récente épidémie.

Il fait partie des agriculteurs de Gaza qui estime que le commerce non réglementé du bétail est la principale cause de l’épidémie. Le ministère de l’Agriculture à Gaza inspecte les animaux importés par ce que Nofal appelle « les canaux officiels ». Mais les animaux entrés à Gaza en contrebande sans que l’administration locale en ait connaissance ne subissent pas de contrôles de santé, dit-il.

« C’est à cause des tunnels, » ajoute-t-il. « Le bétail égyptien est entré à Gaza par les tunnels et il a apporté la maladie. Il a détruit nos fermes. »


Source : The Electronic Intifada

Traduction : MR pour ISM

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