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Palestine - ISM France

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Beit Furik -

Cueillette d'olives dans la région de Naplouse.

Par

Aujourd'hui, je suis allé cueillir les olives dans le village de Deir al Hatab, accompagnant une famille sur une route utilisée par l'armée. Le DCO a désigné des jours de cueillette commençant hier, mais les soldats les ont virés. En arrivant à l'endroit de la cueillette, la famille fut complètement bouleversée de constater que les colons avaient déjà cueilli les olives de leurs 70 arbres.

Il y a environ 4 jours, nous faisions la cueillette dans le village de Beit Furik pendant leurs jours de DCO ( jours autorisés à la cueillette par l'administration militaire israélienne dans les territoires occupés ndlt ). Il semble qu'il y ait eu des cafouillages à propos de ces dates de cueillettes DCO et aussi sur la façon de les interpréter. Je pense que ces cafouillages sont voulus et ont pour but d'empêcher autant que possible la cueillette, et ainsi donner à l'armée toutes les excuses dont elles a besoin pour virer les fermiers de leurs terres.

Nous ramassions dans plusieurs endroits, car les oliviers sont répartis sur plusieurs versants de collines, qui, on nous a dit, s'étendent sur 7kms. Avec un copain d'ISM, nous avons ramassé les olives avec un vieil homme, en haut de la colline; à peut être 300m de la clôture entourant l'avant poste illégal et la route d'accès à la colonie d'Itamar.

Le vieux fermier n'avaient que trois arbres, mais n'avait pas voulu essayer d'en récolter les olives jusqu'à ce que nous venions pour le protéger. L'année dernière il a seulement récolté les olives d'un arbre, un demi seau d'olives de cet endroit, avant d'être chassé du champ. Nous avions récolté d' à peu prés 1 arbre 1/4, quand nous avons vu deux véhicules de l' armée s'approcher sur la route au dessus de nous et à l'opposé, précédés par un colon sur un quatre roues . L'une des jeeps et le quatre roues se sont arrêtés, et 4 soldats se sont dirigés vers nous. Ils ont ensuite demandé que nous quittions l'endroit, et ont vérifié la carte d'identité du vieil homme, et lui ont dit qu'il devait en obtenir une autre demain, car celle ci était légèrement décolorée.

Nous avons commencé à négocier, expliquant que c'était les dates qu'ils avaient désignées pour la cueillette, et pendant lesquelles les fermiers pouvaient cueillir leurs olives, de leurs arbres, sur leurs terres. Les soldats ont répondu que ce n'était pas le bon moment et puis, ont changé, en disant que ce n'était pas le bon jour. Ils ne pouvaient ou ne voulaient pas nous dire quand les palestiniens étaient supposés être autorisés à faire la cueillette ici.

J'ai appelé le DCO pour essayer de résoudre le problème et avoir les bonnes dates, et on m'a dit de rappeler dans cinq minutes. Les soldats nous ont de nouveau ordonné de partir, pendant que trois d'entre eux s'asseyaient par terre. J'ai expliqué au DCO qu'il y avait eu un malentendu sur les dates de cueillette d'olives, et que le conseil municipal du village avait une lettre du gouvernement local palestinien disant que c'était les dates, et je demandais aux soldats cinq minutes pour que je puisse parler avec le DCO. Ils ont refusé et le soldat qui semblait en charge a attrapé le sac d'olives et les a jetées par dessus la terrasse sur laquelle nous nous trouvions, tenant le sac de façon à ce que toutes les olives soient dispersées sur le flanc de la colline. Il a attrapé un deuxième sac, plus petit, alors que je restais là, surpris, et répéta le même geste, et, comme il allait pour s'emparer, pour finir, du seau plein d'olives, je l'ai éloigné et mis derrière mon dos. Il a fait une tentative pour s'en emparer, mais je me suis éloigné avec le seau, il m'a suivi mais s'est vite arrêté.

Nous avons commencé à redescendre le flanc de la colline, nous arrêtant pour aider d'autres familles à ramasser, puis partir. J'ai de nouveau téléphoné au DCO et on m'a dit que ce n'était pas les bonnes dates, mais ils n'ont pas voulu me dire qu' elles étaient celles- ci. Alors que nous attendions plus bas, sur la piste qui marque l'endroit ou nous pouvions ramasser, à quelques 400-500 mètres de la clôture de la colonie, un groupe de pacifistes israéliens est arrivé.

Les soldats sont partis après s'être assurés que tout le monde s'était replié sur la piste. Nous avons attendu un moment avant de retourner au même endroit pour ramasser les olives que le soldat avait jetées. Elles étaient tombées, bien dispersées, dans les buissons très épineux qui couvrent ce terrain, et entre les pierres et les cailloux que sont les terrasses. Nous avons réussi à récupérer 2/3 des olives, me retrouvant, dans ma hâte, avec dix épines plantées dans les mains, la plupart toujours là 4 jours plus tard, battant de nouveau en retraite alors qu'une autre patrouille motorisée de colons s'était arrêtée et nous observait, appelant sans aucun doute l'armée.

Le jour suivant, j'ai marché jusqu'à un autre village appelé Madema, exerçant mon privilège d'étranger pour marcher le long d'une route réservée aux colons, passant par l"'entrée d'Itamar, plutôt effrayé. J'avais visité ce village il y a 12 mois pour essayer de protéger une maison de la démolition, seulement pour trouver que la famille et les amis l'avait démontée pour sauver ce qui pouvait l'être avant que l'armée ne vienne la démolir. Ils avaient démonté toutes les fenêtres, les portes, les tuiles du toit, toutes les fixations et installations etc. L'armée est venue deux mois plus tard, le 1er janvier 2003, à 2 heures du matin, et ont placé des charges d'explosifs dans la maison et l'ont démolie, endommageant des maisons voisines dans l'explosion.

L'année dernière, quand j'étais là, on m'a informé qu'ils n'avaient pas de conduite d'eau, car les colons l'écrasait en permanence, les gens d' Oxfam les avait aidés à la réparer, mais, effrayés par les colons qui leur tiraient dessus, ils étaient partis. Un an plus tard, je les ai retrouvés toujours sans conduite d'eau; ainsi l'eau leur était apportée et vendue de la ville par camions citerne, et les gens qui ne pouvaient pas payer cette eau qui est chère, devaient prendre les ânes et parcourir des kilomètres à travers les collines, pour rapporter quelques litres de cette précieuse eau. Oxfam est revenu en avril pour aider dans une nouvelle tentative pour réparer la conduite, mais après que la réparation fut faite, les colons l'ont détruite le jour même. Nous avons assisté à la réparation de la conduite d'eau qui apportait un surprenant petit filet d'eau, le diamètre d'un stylo bille.

Puis, les habitants de Madema ont couvert les réparations, et plusieurs autres parties vulnérables de la conduite, avec du béton, monté à dos d'âne sur la colline. En espérant que les colons n'aient pas de nouveau endommagé la conduite, aujourd'hui il y a une bonne chance que la réparation tienne, car cela sera plus difficile pour les colons de la colonie d'Yitzar de l'endommager encore. Quand l'hiver sera là, l'approvisionnement en eau augmentera aussi. Le soir, nous avons eu énormément de difficultés à passer le point de contrôle d'Hawwara, et plus tard, les soldats ont tiré sur Mark et Josh.

Aujourd'hui, je suis allé cueillir les olives dans le village de Deir al Hatab, accompagnant une famille sur une route utilisée par l'armée. Le DCO a désigné des jours de cueillette commençant hier, mais les soldats les ont viré. En arrivant à l'endroit de la cueillette, la famille fut complètement bouleversée de constater que les colons avaient déjà cueilli les olives de leurs 70 arbres. D'autres personnes des alentours proches nous ont également dit que leurs olives avaient été volées par les colons, qui les avaient ramassées.

Dans le village de Yanoun, ou j'ai séjourné plusieurs jours auparavant, des palestiniens et des internationaux sont allés ramasser les olives pendant les jours du DCO, et se sont rapidement trouvés confrontés à des problèmes avec un colon qui les a approché, armé d'un M16, et ils ont appelé l'armée pour essayé de se protéger. Un soldat est vite venu, accompagné de trois colons, tous armés, le soldat a regardé les colons frapper un activiste d'ISM et 2 journalistes étrangers ( suisse?), avant de suggérer aux colons qu'ils prennent l' enregistrement ou la camera des journalistes. Ils se sont emparés de l'enregistrement car le cameraman était costaud. Le soldat n'est intervenu d'aucune façon. Josh et Mark sont encore à l'hôpital.

Source : www.palsolidarity.org

Traduction : MDB

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