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Palestine - ISM France

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Cisjordanie -

Dans l’ombre de Gaza

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Alors que le monde observe avec horreur et que le nombre de morts à Gaza continue d’augmenter, en Cisjordanie occupée, l’armée israélienne en profite pour se livrer à un niveau de force meurtrière, sachant qu’à l’ombre de sa guerre sur Gaza, ces atrocités échapperont à la vue de la communauté internationale.

Les communautés palestiniennes en Cisjordanie ont répondu à la guerre sur Gaza par des manifestations quotidiennes dans les villes et les villages de toute la région. Prenant la forme de marches, de sit-ins, de veillées aux chandelles et de jets de pierre par les jeunes, ces manifestations ont subi une répression mortelle de la part des soldats israéliens, dans leur rôle d’armée d’occupation.

Dans le village de Ni’lin, à l’ouest de Ramallah, deux jeunes hommes, Arafat Al-Khawaje et Mohammad Al-Khawaje ont été assassinés par les salves des balles réelles des soldats israéliens pendant une manifestation contre la guerre à Gaza. Arafat, 22 ans, a été tué sur le coup par une balle dans le dos. Mohammed, qui a été blessé à la tête, est resté dans un état critique à l’hôpital de Ramallah avant de mourir, au soir du mercredi 31 décembre. Un troisième jeune, Mohammad Sror, a été blessé à la jambe.

Les témoins oculaires internationaux de ce massacre décrivent l’attaque comme ayant été « impitoyable et calculé », les soldats israéliens feignant une invasion du village pour attirer les jeunes dans les oliveraies, où ils les ont encerclés avant d’ouvrir le feu à une distance de 15 mètres.

L’attaque a eu lieu en pleine connaissance qu’il n’y a pas d’ambulance dans le village, puisque les forces israéliennes les avaient empêchées de passer le check-point. Après les tirs, l’ambulance a été retenue pour encore cinq minutes au check-point avant que les soldats l’autorise à pénétrer dans le village.

Dans le village de Silwad, un autre jeune homme, Mohammad Hamid, 17 ans, a été la cible des soldats israéliens depuis une tour de guet pendant une manifestation - il est mort à l’hôpital de trois blessures à la poitrine et à l’abdomen.

Le 4 janvier à Qalqiliya, un autre jeune homme a été assassiné par les soldats israéliens pour avoir jeté des pierres contre le mur d’apartheid qui encercle la ville. Mofed Saleh Walwil, 20 ans, a été tué par une balle en plein front, lorsqu’une jeep israélienne a ouvert le feu sur les jeunes.*

Deux autres jeunes sont dans un état critique après avoir eux aussi été ciblés par les tirs des soldats israéliens pendant qu’ils manifestaient contre l’opération israélienne « Cast Lead ». Hammam Al-Ashari, 17 ans, d’Abu Dis, près de Jérusalem, a reçu à la tête trois tirs de balles caoutchouc-acier, tirées à une courte distance, alors qu’il montait dans une cage d’escalier avec des amis. Les soldats ont empêché pendant 30 minutes l’ambulance qui attendait d’atteindre Hamman, aggravant son état.

Mohammed Jaber, 17 ans, est lui aussi dans un état critique après que les soldats israéliens aient ouvert le feu contre une manifestation pour Gaza à Hébron, le dimanche 28 décembre, et l’aient touché à la tête. Les 28 et 29 décembre, à Hébron, les soldats israéliens ont blessé par balle au moins 21 manifestants, selon les médecins de l’hôpital Al-Ahli d’Hébron. Les travailleurs humanitaires internationaux qui vivent dans le secteur ont décrit ces actes comme une « importante escalade de la violence utilisée par les forces israéliennes d’occupation. »

Le nombre de jeunes palestiniens visés par les forces armées israéliennes en Cisjordanie continue d’augmenter, avec au moins 3 autres jeunes hommes blessés à balles réelles entre vendredi 2 et dimanche 4 janvier.

Une répression sévère a aussi été notée dans les manifestations pour Gaza sous la forme des arrestations de masse arbitraires. A Jérusalem Est, 90 personnes ont été arrêtées pour avoir pris part à des marches non violentes. Les protestataires ont tous été libérés à la condition qu’ils ne reviendraient pas dans la vieille ville de Jérusalem pendant 10 jours, en dépit du fait que beaucoup des arrêtés y habitent. Beaucoup de Palestiniens vivant à Jérusalem Est ont maintenant peur de participer aux manifestations, disant que les conséquences en sont trop élevées.

La dissuasion de toute forme de manifestation publique de désaccord semble être la motivation qui sous-tend des nombreuses tactiques répressives des autorités israéliennes. Elles se sont concrétisées par l’interdiction d’entrée à la Mosquée Al-Aqsa, dans la vieille ville de Jérusalem, le vendredi 2 janvier, pour tous les hommes de moins de 510 ans, sous prétexte que les prières du premier vendredi après le début des attaques aériennes sur Gaza auraient fomenté davantage de protestations.

De plus, le jeudi 1er janvier, le Ministre israélien de la Défense Ehud Barak a évoqué un possible couvre-feu sur toute la Cisjordanie pour le lendemain ; ce projet a été transformé en une fermeture de tous les check-points entre la Cisjordanie et Israël, dont Jérusalem Est.

A la lumière de la violence et de la répression lancées contre les Palestiniens en Cisjordanie , les affirmations faite par les porte-paroles militaires israéliens - qu’ils attaquent Gaza pour mettre fin aux tirs de roquettes - sonnent creux. Alors que les autorités israéliennes protestent que leur massacre dans la Bande de Gaza est auto-défensif, et que les victimes civiles sont un malheureux sous-produit des membres du Hamas qui se « cachent » parmi la population civile ; alors qu’ils présentent leur occupation de la Cisjordanie comme un exemple de leur retenue équitable sur le terrain de la gouvernance de l’Autorité Palestinienne (« Il n’y a pas de tirs de roquettes en Cisjordanie , nous n’avons donc pas besoin de les attaquer »), la réalité sur le terrain est très différente.

Alors que la gouvernement israélien poursuit son occupation brutale de la Cisjordanie - tuant et blessant des jeunes, tirant des grenades lacrymogènes dans les maisons palestiniennes (qui ont provoqué l’incendie d’une maison à Ni’lin le jeudi 1er janvier) ; envahissant les villes et les villages, avec couvre-feu, occupation de maisons et arrestations arbitraires ; le maintien en prison de quelques 11.000 prisonniers politiques palestiniens - dont 327 enfants ; et continuant l’expansion des colonies et la violence des colons - les affirmations qu’Israël ne visent pas les Palestiniens en tant que peuple sont de plus en plus difficile à admettre.

Au milieu du barrage de rhétorique soigneusement préparée du gouvernement israélien, les civils palestiniens sont tués par les soldats israéliens, en plus ou moins grand nombre, quels que soient les endroits où ils vivent ou leurs affiliations politiques.

En Cisjordanie occupée, les jeunes Palestiniens continueront à mourir dans l’ombre de Gaza, pendant que les forces israéliennes agissent en toute impunité - à l’abri des regards internationaux et de toute critique éventuelle qui pourrait en découler.

Source : Palsolidarity

Traduction : MR pour ISM

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