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Palestine - ISM France

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Ramallah -

De l'espoir pour les collines palestiniennes

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Il y a quelques mois je marchais dans les collines près de la ville de Ramallah en Cisjordanie où je vis quand j'ai été stoppé par un colon juif armé de la colonie voisine de Dolev. Il m'a interrogé pour connaitre l’endroit où je vivais, ce que je faisais dans les collines de Ramallah et a insisté pour voir mes papiers d'identité.
Quand j’ai rassemblé mon courage pour lui demander qui il était et ce qu'il faisait là, il a répondu : «Contrairement à toi, je vis ici». Puis il ajouta : «Je vis vraiment ici».

De l'espoir pour les collines palestiniennes


Un jeune palestinien de Bilin, à l’extérieur de Ramallah, est assis face à une colonie israélienne en cours de construction à côté du village, Décembre 2005. (Charlotte de Bellabre / MaanImages)

Depuis que j’avais entendu ces mots de la bouche du colon, je me demandais ce qu’il avait bien voulu dire. Il avait cette lueur dans les yeux comme s'il savait quelque chose que j'ignorais. Qu'est-ce cela pouvait être ? Ce n'est que quelques mois plus tard que j'ai trouvé.

Après m'avoir stoppé le colon appela l'armée israélienne en composant leur numéro sur son téléphone portable. Il semblait très ami avec eux. Ils étaient son armée et ils étaient là pour le protéger de moi. Ils répondaient à son appel, pas au mien. Les collines sont interdites à la police palestinienne. En principe, en marchant dans ces collines sans laissez-passer des autorités militaires israéliennes, j’enfreingnais la loi.

Le colon, à l’air suffisant, vivait dans la colonie de Dolev sur la colline juste au-dessus du village palestinien d’Ayn Qenya situé à trois kilomètres et demi au nord de Ramallah.
Arrivés en 1979, la plupart des habitants de Dolev semblaient travailler avant les Accords d'Oslo pour le quartier général de l'armée, au nord-est de Ramallah.

Ainsi, ils devaient traverser Ramallah pour aller et revenir du travail et pour être sûrs qu'ils ne se perdent pas sur leur chemin les soldats israéliens avaient tracé une ligne jaune au milieu de la route tout le long du trajet qu'ils devaient suivre. En octobre 1990, alors qu'ils circulaient le long de cette ligne, ils ont tiré sur la fenêtre de ma maison et ont raté ma femme de peu. Nous avons gardé les éclats de balle comme momento mori.


Pendant la première intifada palestinienne, un habitant de Dolev, Yair Mendelson, a été tué alors qu'il rentrait à la colonie. On a prétendu qu'un Palestinien avait tiré sur sa voiture qui avait ensuite fait une embardée dans un virage serré et quitté la route avant de basculer dans la vallée.

Peu de temps après cet incident, alors que je marchais dans le secteur, je suis tombé sur un bulldozer qui démolissait des terrasses vieilles de plusieurs siècles et déracinait des oliviers. J’ai pensé qu'il devait être en train d’élargir la route.

Après, j’ai vu, à seulement 3 kilomètres au nord de Ramallah, un gros bloc de pierre soutenant la route au-dessus sur lequel étaient peints en hébreu les mots «Yad Yair». «Yad» en hébreu signifie main et aussi but. Un mausolée a été construit sur un terrain appartenant à des habitants de Ramallah dédié à la mémoire de l’Israélien de Dolev.

Peu de temps après l'armée a établi un camp sur les lieux et un barrage routier a été construit pour stopper les voitures et les piétons comme je l'ai découvert quand j'ai essayé de traverser à pied à mon retour de l'une de mes promenades dans la vallée.

Cela a été inévitablement suivi par l'expropriation de dizaines d’hectares de terres qui s'étendaient depuis la colline jusqu'aux dernières maisons au nord de Ramallah. La zone a été ensuite encerclée de fils barbelés, limitant ainsi l'expansion de la ville.

Peu de temps après des dizaines d’hectares du sud du camp militaire aux dernières maisons de la périphérie de Ramallah ont été expropriés par l'armée et entourés de fils barbelés. Nos collines étaient prêtes à l’installation d'une autre colonie juive. J'avais été témoin de ce processus auparavant dans d'autres parties de la Cisjordanie .

La période d’après la signature des Accords d'Oslo a connu une énorme construction de colonies israéliennes, et le nombre de colons juifs a plus que doublé. Cependant, les gouvernements israéliens successifs n'ont montré aucun intérêt à établir une autre colonie aussi proche de Ramallah dans le secteur qu'ils avaient auparavant exproprié. Il est probable que dans un accord de paix définitif avec les Palestiniens, les colonies isolées comme Dolev auraient dû être évacuées.

Après le début de la construction par Israël de son «mur de séparation» dans et le long de la Cisjordanie en 2002, son tracé annoncé a intensifié la suspicion des colons de Dolev. Avec de l'argent venant des Etats-Unis, ils ont pu établir 12 avant-postes au nord de Ramallah, la plupart d'entre eux étant déclarés illégaux par Israël lui-même. Yad Yair était en train de devenir l'un d'eux et le plus proche de Ramallah.

Une fois, j'ai une fois demandé à un habitant du village d’Ayn Qeniya si les colons traversaient le village.

«Oui, chaque matin, très tôt. Avant le lever du soleil, ils traversent pour aller à Ramallah. Ils semblent avoir un lieu de culte et ils y restent jusqu'au matin puis ils rentrent», répondit-il.

Je m'étonnais de cela. J'avais été soulagé que nos collines soient épargnées de nouvelles colonies parce qu'il n'y a aucune mention de Ramallah dans la Bible et donc, qu’une revendication de possession basée sur des motifs religieux comme cela est le cas pour Jérusalem et Hébron ne devrait pas être possible. M’étais-je trompé ?

Ce n'est que lorsque des journalistes ont signalé à la mi-septembre des batailles entre l'armée israélienne et les colons de Yad Yair que j'appris que la synagogue établie à cet endroit se nommait Yair Mendelson.

C'est ensuite que je me suis souvenu qu’un lieu de pèlerinage très visité avait été construit près d’Hébron sur la tombe de Baruch Goldstein, qui avait tué 29 fidèles palestiniens et blessé 125 autres dans la Mosquée Ibrahimi le 25 février 1994.


Depuis quinze ans, alors que je me tenais sur le toit de ma maison le matin à profiter du lever du soleil sur les collines de Ramallah, à quelques mètres en bas de la colline, les colons juifs étaient en train de regarder le soleil se lever sur les mêmes collines et de planifier leur prochain coup pour se les approprier.


Mon seul espoir est que cette dernière menace sur mon futur en Palestine soit contrariée par la crise financière aux USA. Sans les fonds américains venant de sources publiques et privées, le projet de colonisation extrêmement coûteux ne serait pas possible.

Mieux encore, sans l'interférence dommageable des groupes de religieux fanatiques à l'étranger, chrétiens et juifs, en utilisant leur puissance financière pour entraver la paix, les deux nations, israéliennes et palestinienne, vivant sur le même territoire pourraient malgré tout trouver le moyen de vivre ensemble.

Source : http://electronicintifada.net/

Traduction : MM pour ISM

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