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Palestine - ISM France

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Gaza -

Des vies enterrées sous les décombres à Gaza

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Ce rapport fait partie de la série «Après-guerre» du Centre Palestinien pour les Droits de l'Homme qui examine les séquelles des 22 jours d’offensive israélienne sur la bande de Gaza, et de l'impact qu'ils ont eu sur la population civile.

Trois semaines après l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, Maysa al-Louh, 16 ans, est assise stoïquement sur le tas de sable qui dévore la moitié de sa maison à Beit Lahiya. Sous le sable retourné par les bulldozers israéliens au cours des incursions dans la région le 4 Janvier 2009, se trouvent toutes les cartes et les récompenses qui témoignent de son excellent dossier scolaire.

Des vies enterrées sous les décombres à Gaza


Maysa al-Louh, 16 ans, assise sur les ruines de sa maison avec dans le fond l’école Sakhnin qui a été bombardée. (Sarah Malian/Christian Aid)

A proximité, sa grand-mère tente de chauffer de l'eau sur un tas de braises. L'odeur de la décomposition des carcasses de poulets est suffocante : le poulailler de la famille qui leur fournissait des œufs, ainsi que leur potager, tout a été détruit par les bulldozers et les tanks.

Trente-cinq personnes vivaient dans les trois étages de la maison Al-Louh. Le contenu de la maison familiale - un réfrigérateur, des carnets, des photos encadrées, et des fleurs en plastique, est dispersé dans tout le secteur. L'école primaire voisine de Sakhnin a également été endommagée par des tirs d'artillerie et certaines de ses salles de classe ne sont plus maintenant qu’une masse de chaises déglinguées, de tiges d'acier, de morceaux de béton et de vitres brisées. Israël dit que les militants tiraient des roquettes depuis l'école.

"Nous avons été bloqués dans notre maison pendant deux jours alors que l'armée israélienne s’était installée dans l'école voisine d’où elle opérait dans tout le secteur», explique la mère de Maysa, Najat, 32 ans. "Je devais donner à mes enfants l'eau de la chasse d’eau des toilettes pour les garder en vie. Puis ils nous ont ordonné de quitter notre maison."

"Dès que nous sommes sortis de la maison, ils ont ouvert le feu sur le secteur et certains de nos voisins ont été tués. Mon mari et moi, nous nous sommes dit adieu lorsque les tanks sont arrivés," ajoute Najat. "Nous avons pensé que c'était la fin."

Najat est enceinte de trois mois de son huitième enfant. Sa plus jeune fille, Sara, qui se trouve inerte à proximité, a été malade pendant des jours, avec des vomissements et une forte fièvre. Ils ont été incapables de faire venir un médecin.

Lorsque la famille est retournée à la maison après le cessez-le-feu unilatéral d’Israël, ils ont découvert qu'elle avait été bombardée à deux reprises et que l'ensemble de leurs animaux avaient été tués. A travers un trou dans le mur du côté de la maison, on voit à 250 mètres, le minaret effondré de la mosquée locale, qui a pris un coup direct.

Une frappe aérienne a également frappé la grande mosquée Ibrahim al-Maqadmah de Beit Lahiya le 2 Janvier 2009, tuant 16 personnes et en blessant des dizaines d'autres. 2400 maisons ont été complètement détruites pendant les trois semaines d’offensive et plus de 12000 ont été partiellement endommagées.

Les organisations internationales ont installé des camps de tentes dans toute la bande de Gaza. Mais, à la recherche d'un abri convenable, certaines des personnes déplacées et sans abri se sont installées chez des membres de leur famille élargie dans d'autres régions.

Cette situation étouffe encore plus les centres urbains de Gaza et place une charge supplémentaire sur les zones déjà densément peuplées. Cela signifie aussi que l'ampleur du problème des personnes déplacées dans la bande de Gaza est visiblement moins apparente.

Sur ce qui était le deuxième étage de la maison, la belle-sœur de Najat, Faiza, 44 ans, récupère les restes des vêtements des enfants. «Parfois, je voudrais que nous soyons morts au lieu de ça..." dit-elle. "Il n'y avait pas de militants, près de notre maison. N'est-ce pas un péché ? Détruire des maisons, bombarder des mosquées, tuer des poulets. N'est-ce pas un péché ?"

Maysa a été trop bouleversée pour étudier depuis la fin de l'offensive. "Elle avait 99 pour cent en anglais, mais tous les dossiers et les prix de son école sont sous le sable", dit sa mère, Najat. «Qu'adviendra-t-il de son avenir ?"

Elle me montre sa chambre à coucher maintenant dévorée par un monticule de terre, et le bord de son lit qui sort de sous le sable. "J'avais quelques économies sous mon matelas," dit-elle. Qui sait si je vais les retrouver un jour. "


Le droit international et la destruction des biens des civils

L’"Opération Plomb Durci", ou ce qu'Israël appelle son offensive de 22 jours sur la bande de Gaza entre le 27 Décembre 2008 et le 18 Janvier 2009, a eu un effet dévastateur sur l'infrastructure physique de la bande de Gaza.

La liste préliminaire des dégâts causés aux propriétés civiles comprend :
• 2400 maisons détruites, et au moins 12.000 maisons endommagées.
• 60 commissariats de police et 30 mosquées complètement détruits.
• 21 entreprises privées, y compris des cafétérias, des salles de mariage et des hôtels.
• 28 bâtiments publics dont des bâtiments de Ministère, de municipalités et les ports de pêche.
• 121 bâtiments commerciaux/industriels détruits et au moins 200 endommagés.
• 5 usines de béton et une usine de jus de fruits détruites.
• 5 bâtiments abritant des médias et de 2 établissements de santé détruits.
• 9 établissements d'enseignement, dont des écoles, endommagés ou détruits.
• Des milliers de dounams (un dunam = 1000 mètres carrés) de terres agricoles rasés.

La destruction par Israël des biens et des terres appartenant aux Palestiniens a été une caractéristique de son occupation depuis 1967 et est une violation flagrante du droit international. Cela a également contribué à la dégradation de la situation humanitaire dans les territoires occupés.

En dépit du retrait des forces et des colons israéliens de la bande de Gaza en 2005, Israël continue à contrôler les frontières terrestres, maritimes de la bande de Gaza ainsi que son espace aérien. La bande de Gaza est définie comme un territoire occupé, selon le droit international.

Par conséquent, en tant que puissance occupante, Israël est lié par le droit international humanitaire. Le ciblage des biens à caractère civil viole les principes les plus élémentaires du droit humanitaire, et est explicitement interdit par le droit international humanitaire et la Quatrième Convention de Genève de 1949.

L'article 53 de la Quatrième Convention de Genève interdit de détruire des propriétés civiles, sauf dans les cas où ces destructions seraient rendues absolument nécessaires par les opérations militaires. En tant que puissance occupante, Israël a des obligations juridiquement contraignantes envers la population civile de la bande de Gaza. Si la destruction de biens est jugée disproportionnée par rapport à l'avantage militaire direct, cela constituerait une grave violation des Conventions de Genève.

La nature systématique de la destruction par Israël de propriétés civiles palestiniennes et l'utilisation de l'artillerie lourde, des tanks et des avions de combat contre des zones résidentielles à forte densité de population ont conduit à un nombre disproportionné de décès et de blessés parmi les civils, ainsi que des dommages importants aux propriétés à de caractère civil. Les attaques sont donc illégales, elles violent les principes de distinction et de proportionnalité, et en tant que telles constituent des violations graves des Conventions de Genève.

Le Centre Palestinien pour les Droits de l'Homme demande aux Hautes Parties contractantes des Conventions de Genève de remplir leurs obligations en vertu de l'article 1 de la Quatrième Convention de Genève pour prévenir de tels crimes, ainsi que leur obligation juridiquement contraignante en vertu de l'article 146 de traduire en justice les personnes supposées avoir commis de graves violations des Conventions de Genève.

Source : http://electronicintifada.net/v2

Traduction : MG pour ISM

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