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Palestine - ISM France

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Naplouse -

Dites moi combien de personnes dans votre pays pourraient supporter cela?

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Confronté à l'anormalité en permanence et personnellement. De plus, une autre tentative d'empêcher les personnes de vivre en tant que personnes, c'est l'obligation faite aux habitants d'avoir une carte de " résident permanent" du village qu' ils habitent, pour qu'ils puissent passer les points de contrôle. Dites moi combien de personnes dans votre pays pourraient supporter cela ?

J'ai beaucoup voyagé et j'ai été confronté en permanence et personnellement au barrages routiers, aux points de contrôle (les fusils) aux soldats, aux horribles routes. Lorsque vous parlez aux gens, ils vous rappellent combien tout ceci n'a rien d'une vie normale pour eux, qu'ils veulent que cela change. Lorsque vous marchez dans la rue, cela vous rappelle combien ce pays est coupé de tout économiquement, et suffoque. Et, quand vous êtes à la maison, espérant vous éloigner de tout ceci, vous entendez les tanks ou les F16 volant au dessus de votre tête.

Dans mon dernier message, je disais que nous avions été virés de Cisjordanie et que nous étions à Jérusalem. Un groupe d'entre nous a décidé d'aller à Naplouse pour aider à la cueillette d'olives. Pendant notre " tour" de Naplouse, nous avons été accueillis par des balles en caoutchouc, et des gaz lacrymogènes. Il n'y avait pas de manifestation, rien ne se passait, mais quelques jeeps sont apparues au croisement de la rue, qui s'est rapidement vidée. Certains ont dit qu'ils essayaient "d' enfumer" la résistance armée (il y en a peu) mais ce qu'ils font ressemble bien pour moi à du terrorisme. Il n'y a pas eu de tirs de réplique. Les gaz lacrymogènes sont si irritants. Nous sommes restés sur place, et avons pris quelques vidéos et photos, et par chance personne n'a été blessé. A propos, ils n'annoncent pas s'ils vont tirer à balles réelles ou avec des balles en caoutchouc. Leur claquement, lorsqu'elles passent au dessus de votre tête est le même et tout aussi terrifiant.

Vendredi matin , nous nous sommes levés tôt pour aller au village de Beit furik ou nous avons accompagné les fermiers dans leurs oliveraies. Beit Furik est voisine de 2 colonies et les fermiers ont souvent été harassés par les colons alors qu'ils cueillaient leurs olives. Il y a beaucoup de peur car non seulement le harassement est presque constant, mais dans le passé, beaucoup de fermiers ont été blessés. Un vieillard de 70 ans qui était en train de cueillir des olives a été tué. Les colons ne lui ont pas tiré dans la tête ou dans le dos, mais ils l'ont battu, lui ont attaché les mains, les ont coupées et l'ont laissé saigné à mort dans le champ. Ce n'est pas des racontars, j'ai moi même rencontré son neveu.

Selon les accords d'Oslo, Israël devait arrêter le développement des colonies. C'est une violation directe du droit international, et c'est considéré comme un crime de guerre de coloniser des terres occupés. C'est important de savoir que la plupart de ceux qui vivent dans les colonies le font pour des raisons économiques et seraient contents de rentrer de l'autre côté de la Ligne Verte (délimitant la Cisjordanie ) . J'ai entendu dire que 70 à 90 % des colons retourneraient en Israël. Malheureusement, ceux qui font partie du petit pourcentage des idéologues qui croient que c'est leur terre selon la volonté de Dieu, croient également que c'est acceptable de s'emparer des terres par la violence. Ils n'ont pas seulement donner mauvaise réputation aux colons et aux israéliens, mais ils ont effectivement terroriser les palestiniens qui ont leurs oliviers et leurs familles auprès des colonies.

Le premier jour, alors que nous y étions, un camion blanc est apparu au dessus de nous sur la ligne de crête, et nous a tiré dessus. Je pense qu'ils ont tiré en l'air car je n'ai pas entendu le claquement des balles au dessus de la tête. Plus tard, encore plus de colons sont arrivés sur la crête et nous surveillaient, d'après ce que nous avons pu comprendre, et ont provoqué la fuite de certains fermiers effrayés. Heureusement, ils ne sont pas descendus pour se confronter à nous. Nous n'avons aucun moyen de savoir ce que les colons auraient fait si nous n'avions pas été là. Mais, ce que nous savons, c'est que les fermiers ont eu suffisamment confiance pour continuer à cueillir les olives, et ainsi ne pas perdre une journée entière de cueillette.

Le jour suivant , nous sommes retournés de nouveau dans les champs. Apres avoir repéré en haut sur la crête, un colon armé d'un M16, de jumelles, et d'un portable, nous avons bientôt vu apparaître une jeep israélienne. D'après ce que nous avons compris, le colon a appelé l'armée, ou, quelqu'un de la colonie nous a vu et les a appelé. Apres nous avoir obligé à détruire nos prises de vue et photos, ils nous ont dit que c'était de nouveau une " zone militaire" et que nous n'étions pas autorisés à y pénétrer. Nous leur avons demandé quelle zone était une "zone militaire" et ils ont dit que les 2 kms autour des colonies étaient " zone militaire".

C'est une énorme zone incluant le village de Beit Furik où nous séjournons. Nous avons décidé de quitter la zone pour la journée, et nous sommes allés faire la cueillette ailleurs, là ou les fermiers se sentaient en sécurité. en déclarant la zone " zone militaire" cela rend les arbres inutiles pour les palestiniens. Sans la présence de témoins internationaux, les fermiers ont trop peur pour aller faire la cueillette.

Beit Furik est un village d'environ 12 0000 habitants, qui depuis l'occupation, n'a pu s'agrandir. il y a des " lignes" entourant le villages et au delà desquelles il ne peut se développer. On estime que le village pourrait aujourd'hui avoir 20 000 habitants si de nouvelles usines, bâtiments et maisons avaient pu être construits en dehors des limites imposées. De plus, une autre tentative d'empêcher les personnes de vivre en tant que personnes, c'est l'obligation faite aux habitants d'avoir une " carte de résident" du village qu' ils habitent pour qu'ils puissent passer les points de contrôle.

Dites-moi combien de personnes dans votre pays pourraient supporter cela ?" Oh! désolé! vous ne pouvez pas aller à Chicago, vous n'y habitez pas! Non, bien sûr, vous ne pouvez pas rendre visite à votre mère à San Francisco, vous n'avez aucune raison officielle d'y aller!"

J'ai vu une femme qui portait un enfant malade - pâle et inconscient - refoulée à un point de contrôle, parce qu'elle n'était pas dans une ambulance. Les ambulances attendent aux barrages pendant des heures. Une femme enceinte n'a pas pu franchir un barrage pour aller à Naplouse (l'une des villes de la région avec un hôpital) parce qu'elle n'avait pas une lettre montrant qu'elle y avait un rendez-vous. Que feriez vous si c'était vous ?

Pensez vous que cela soit nécessaire pour assurer la " Sécurité" ?

S'il vous plaît, faites lire ces témoignages à votre famille, vos amis. Chaque palestinien que je rencontre et à qui j'ai demandé ce qu'il voulait que je fasse pour lui m'a répondu : " Donnez la parole aux palestiniens ".

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