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Egypte -

Egypte : Réconciliation nationale, mais la province saigne

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Le Caire, 8 février 2011. Nouvelle journée de mobilisation massive, mais celle d'aujourd'hui n'est pas comme celle d'hier ou d'avant hier. C'est un peuple réconcilié qui se retrouve place Tahrir. La foule est si dense qu'elle déborde bien au-delà de la place. Du matin jusqu'au soir, on voit des files de 500 ou 750 m, massées autour de tous les accès de la place. Qui sont ces nouveaux entrants ? Ce sont les indécis, ceux qui ont subi et cru aux campagnes de désinformation de la télévision égyptienne d'état.

Egypte : Réconciliation nationale, mais la province saigne

Dans une grande majorité, il s'agit de la classe moyenne égyptienne. Comment expliquer ce tournant tant attendu ?

Hier, sur la chaîne satellite Dream TV, Wael Ghonim (photo ci-dessus) donne une interview qui émeut la nation. Wael Ghonim est un employé de Google-Egypte. C'est lui qui a commencé la page Facebook qui a joué un rôle déterminant dans la mobilisation du 25 janvier.

Pendant 12 jours, Wael Ghonim a été emprisonné, les yeux bandés, sans pouvoir communiquer avec sa famille. A peine sorti des geôles de l'état, il accorde une interview à Dream TV. Il est épuisé, à bout de nerfs, écœuré. Impossible pour lui de retenir ses larmes. Son indignation à l'égard de la froide injustice du régime suscite le désarroi des téléspectateurs. Sa sincérité crève l'écran et il met en garde ceux et celles qui le regardent contre chacun des mensonges diffusés par la télévision égyptienne. Mensonges selon lesquels les manifestants sont tous des agents du Mossad, des traîtres, etc.

L'interview fait le tour des médias arabophones. Al Jazeera s'en fait le relais en boucle.

C'est donc par millions que se mobilisent, dans toute la nation, une autre partie de la population, celle qu'on avait voulu séparer de la première.

Il est 21h00, je reviens de quitter la place Tahrir. Les informations viennent de toute part. Les manifestants ont encerclé l'Assemblée du peuple, le ministère de l'intérieur, jadis gardé par des tirs à balles réelles.

Les scènes de fraternité se multiplient. La foule martèle son message : Gouvernement civil, ni religieux, ni idéologique !

Photo

Une scène provoque l'émoi général. Les appareils photos mitraillent. Une femme, une croix en or sur la poitrine, tient par l'épaule une femme en burqa. Emu, un homme se plante devant elles et dit : "Je ne peux pas vous quitter des yeux ! Je ne peux pas vous quitter des yeux !" Un autre passe et crie à son tour : "Ce sont eux qui nous divisent ! Demain on saura qui a fait sauter l'église d'Alexandrie !"

Alors que le Caire, sous le regard de toutes les caméras, vit un moment de bonheur intense, les provinces, dont on parle peu, vivent une toute autre révolution.

Voilà deux jours qu'on entend parler d'une marche sur le Caire, en provenance de plusieurs villes de province : Mahallah, Alexandrie, Sohag, Suez…

Ce soir, à 20h00, la police a tiré à balles réelles sur des manifestants de Wadi el Guedid (Haute Egypte). 70 blessés. Combien de morts ? On le saura bientôt.

La police est donc de retour et c'est une très mauvaise nouvelle. Le nouveau gouvernement n'a finalement rien de nouveau.

La ville de Mahallah, comme celle d'Alexandrie, est déterminée à marcher sur le palais présidentiel et sur le bâtiment de la Radio-Télévision du Caire. Ce sont des points névralgiques du régime actuel. Il faut prévoir le pire.

De tels objectifs mettront très certainement l'armée au pied du mur, elle devra faire un choix, choisir son camp : le peuple ou le président. Soit elle tirera ou violentera les manifestants — très peu probable car elle romprait le pacte qu'elle a avec le peuple et susciterait l'indignation internationale — soit elle sera contrainte de lâcher le président en annonçant qu'elle ne se mêlera de rien, ni en faveur de l'un, ni en faveur de l'autre.

Dans le cas d'un retrait de l'armée, deux scénarios seront possibles :

1. Le retour des forces de police et des méthodes anti-émeutes habituelles : forces spéciales, matraques, gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc et balles réelles.

2. Si la police en uniforme est à son tour "officiellement empêchée" par le nouveau gouvernement et le nouveau ministre de l'intérieur, alors il est à prévoir que l'on enverra à nouveau des policiers en civil et des hommes de mains armés.

Source : Blog Libération

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