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Palestine - ISM France

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Ramallah -

Entretien avec un héros du Fatah

Par

Il y a six ans, un sniper palestinien nommé Thar Hammad, originaire de la ville de Silwad en Cisjordanie, tuait 10 Israéliens et en blessait plusieurs autres.
Hammad, qui a ensuite été arrêté par les autorités israéliennes, a été condamné à la prison à perpétuité. Six ans plus tard, Hammad est interviewé par la presse.

Question : Que vous rappelez-vous de l'opération que vous avez effectuée, il y a six ans ?

Thar Hammad : Le 2 mars 2002, j'ai quitté la maison après les prières de l'aube et je me suis préparé pour l'opération. J'avais observé la tour de guet israélienne pendant quatre jours et je connaissais les détails des changements d’équipes des soldats. J'ai pris ma carabine M1, trois chargeurs de munitions et 40 autres balles. Chaque chargeur contenait huit balles.

J’ai quitté le village vers 6h du matin et je suis parti à pied en direction de la montagne située de l’autre côté de la tour de guet et du checkpoint de l’armée israélienne. J'ai décidé de m'asseoir sous un olivier à environ 60-70 mètres, où j'ai chargé mon fusil. J'ai commencé à tirer une balle à la fois.

La première balle a touché un soldat venant de la direction de Naplouse dans une jeep de l'armée, qui a été tué. Ensuite, j'ai abattu deux soldats postés au checkpoint.

Puis, trois autres soldats sont sortis d'une petite pièce au checkpoint et j'ai tiré. Ensuite, une voiture de colons s’est arrêtée au checkpoint et j'ai commencé à tirer sur eux. Au checkpoint, ils n’avaient aucune idée d’où provenaient les tirs.

Puis une patrouille de l’armée israélienne est arrivée sur les lieux et ils ont commencé à tirer dans ma direction. Je me souviens que je n'ai pas tiré plus de 24 coups, et ils ont tous touché leurs cibles.

À la fin, le fusil a explosé dans mes mains et je n’ai pas pu le réparer, alors j’ai décidé de me retirer. Plusieurs véhicules de l’armée israélienne ont commencé à arriver dans le secteur. Cependant, personne n'a osé s’approcher des soldats blessés. Et aucun d'entre eux n'a osé me pourchasser parqu'ils étaient stupéfaits.

Je me suis échappé en escaladant la montagne en direction du village de Jaljulia, à l'ouest, avant de traverser la route et de revenir dans mon village. Vers 7h30 du matin, j'ai pris une douche et j'ai dormi jusqu'à midi, afin de regarder les médias internationaux et écouter les gens du village parler de la fusillade. Je n'ai pas mentionné quoi que ce soit à qui que ce soit.


Question : Vous attendiez-vous à tuer et à blesser un aussi grand nombre de soldats, seul ?

Thar Hammad : En fait, j'ai choisi d'agir seul de manière à garantir le secret. Je m’étais préparé à mourir en martyr et j'ai été étonné de rentrer à la maison sain et sauf. Je n'ai ressenti aucune crainte, aucune hésitation, et mes coups ont touché leur cible à 100%.


Question : Où avez-vous acquis une telle expérience professionnelle ?

Thar Hammad : J'ai appris tout seul à tirer parce que j’avais l’habitude d’aller à la chasse avec mon grand-père dont j'ai gardé le fusil pendant plus de dix ans. Je suis rarement allé à la chasse sans revenir avec une proie. Je ne me souviens pas d'une seule fois où je suis rentré à la maison sans proie.


Question : Quand êtes-vous né ?

Thar Hammad : Le 25 juillet 1980 à Silwad, dans le district de Ramallah.


Question : Quand avez-vous rejoint le Fatah ?

Thar Hammad : Beaucoup de membres de ma famille étaient membres du Fatah et à d’autres factions de l'OLP. J'avais été affecté par le martyre de mon oncle Ribhi qui a été tué au cours de la première Intifada. Il était très bon pour moi et nous étions très proches quand j'étais jeune.

Lorsque les soldats israéliens l'ont tué, j’ai été bouleversé et j'ai pris part à des manifestations et j’ai lancé des pierres sur des véhicules de l’armée israélienne.

J'ai également été influencé par l’oppression des Palestiniens aux checkpoints de l’armée israélienne. J'ai décidé de prendre pour cible un checkpoint de l’armée après avoir été motivé par un fameux tir précédent sur un checkpoint israélien dans le village d’Ein Arik, près de Ramallah.


Question : Comment voyez-vous la division actuelle entre les Palestiniens ?

Thar Hammad : Les prisonniers ont joué un rôle majeur dans les efforts de réconciliation à travers le Document des Prisonniers, qui a abouti à l'Accord de La Mecque et à la formation du gouvernement palestinien d'union nationale.

Nous nous sommes sentis très mal, après la prise de pouvoir dans la bande de Gaza par le Hamas, et nous avons été embarrassés et frustrés lorsque nous avons vu des Palestiniens se battre et s'entretuer.

La prise de pouvoir a été une erreur préjudiciable aux Palestiniens ainsi qu’à la cause palestinienne. J'espère que le Hamas va travailler à résoudre les divisions actuelles entre les Palestiniens.


Question : Selon vous, qui est à blâmer pour l’effondrement de l’Autorité Palestinienne à Gaza ?

Thar Hammad : L'Autorité Palestinienne s'est effondrée à la suite de la prise de pouvoir par le Hamas. Toutefois, la direction du Fatah et les services de sécurité palestiniens à Gaza sont à l'origine de l'effondrement.

C’est malheureux qu'aucun de ces dirigeants n’aient été tenus pour responsables de l'effondrement et qu’ils n’aient pas eu à payer pour leurs erreurs. Nous continuons de voir ces mêmes dirigeants dans les médias, et j'invite le Fatah à poursuivre en justice ces responsables.


Question : Que pensez-vous de la proposition de dissoudre les Brigades Al-Aqsa ?

Thar Hammad : Personne ne peut dissoudre les Brigades Al-Aqsa, sauf ceux qui les ont créées. Le Fatah devrait financer et protéger les Brigades pendant qu'il y a une occupation israélienne dans les territoires palestiniens.

L'unique tâche des Brigades Al-Aqsa est de résister à l'occupation israélienne, sans aucune intervention dans les conflits internes, et c'est ce que le fondateur des Brigades, Marwan Barghouthi, a toujours prêché.


Question : Comment voyez-vous les résultats des négociations de la direction palestinienne en ce qui concerne les prisonniers ?

Thar Hammad : Je ne suis pas contre les négociations, mais elles doivent être renforcées par la résistance. Nous devons travailler en même temps dans deux directions, ce qui est l'approche initiale du Fatah.

Jusqu'à présent, les négociations n'ont abouti à aucun progrès puisqu’il y a toujours des checkpoints dans l’ensemble des territoires palestiniens et que des atrocités sont commises chaque jour. Je ne suis pas contre un accord de paix basé sur la fin de l'occupation israélienne des territoires palestiniens occupés en 1967 et la création d'un Etat palestinien avec Jérusalem comme capitale.


Le 3 mars 2002, à un barrage routier israélien situé au nord de la colonie illégale israélienne d'Ofra, Tha'r Hammad a tué sept soldats et trois colons, quatre autres personnes ont été blessées.

Les Israéliens tués dans l’attaque sont : le Lieutenant Ariel Hovav, 25 ans ; le réserviste Kfir Weiss de Beit Shemesh ; le Lieutenant David Damlin, 29 ans, du Kibbutz Meitzar ; le Sergent Avraham Ezra, 38 ans, de Kiryat Bialik ; le Sergent Yohai Porat, 26 ans, de Kfar Sava ; le Sergent Rafael Levy, 42 ans, de Rishon Lezion ; Eran Gad, 24 ans, de Rishon Lezion ; Yitzhak Didi d’Eli ; Sergei Beauturo d’Ariel et Vadim Balbula d’Ariel.

Source : http://www.maannews.net/en/

Traduction : MG pour ISM

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