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Gaza -

Etranglés par les navires israéliens, les pêcheurs de Gaza ont recours à des fermes piscicoles

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Un projet financé par des fonds privés et supervisé par les autorités locales installent des fermes piscicoles dans la Bande de Gaza pour essayer de répondre à la demande en poisson des Gazaouis. Toute la frontière occidentale de Gaza est sur la Mer Méditerranée, mais elle manque de poissons comme la daurade et le mulet à cause des restrictions qu'Israël impose aux pêcheurs.

Etranglés par les navires israéliens, les pêcheurs de Gaza ont recours à des fermes piscicoles

Retour de pêche le 10 janvier 2015. Peu de poissons, et tout petits (photo by REUTERS/Mohammed Salem)
Au grand marché aux poissons de Gaza, al-Hisba, à l'ouest de Gaza-ville, des petits tas de poissons sont dispersés. Mais certains poissons, qui sont de saison de début avril à fin mai, comme les sardines, sont absents.

Le pêcheur Hassan Sultan, qui revient juste de mer et porte quatre caisses de sardines, est en colère. "C'est tout que j'ai pu prendre la nuit dernière," dit-il à al-Monitor. "Les navires de l'occupation nous traquent et nous empêchent d'aller assez loin pour attraper de gros poissons."

Sultan dit que 15 espèces de poissons sont de saison en avril et mai. Mais ce qui est disponible sur le marché est très peu comparé aux besoins des citoyens, et les prix augmentent. Par exemple, 1 kg de crevette coûte 90 NIS (21€), ce qui est abusif, dit-il. Il ajoute que le prix du kilo de crevette ne dépassait pas 10€ quand l'accord de cessez-le-feu entre Gaza et Israël signé en 2012 était en vigueur et que les pêcheurs étaient autorisés à sortir à 6 miles de la côte.

"Toutefois, les clauses de l'accord ont lentement commencé à se dissoudre jusqu'à disparaître trois mois après sa signature. Les Israéliens réimposent maintenant les restrictions," dit-il.

Il dit aussi que l'occupation israélienne ruine le secteur de la pêche à Gaza et oblige les citoyens à acheter aux fermes piscicoles, qui vend à des prix plus bas. Par exemple, les pêcheurs vendent 1 kg de dorade environ 13€ alors que le même poisson coûte environ 9€ dans une ferme piscicole.

Adel Attallah, le directeur général des pêcheries au ministère de l'Agriculture, dit que la consommation en poissons à Gaza seule est de 17.000 tonnes par an, mais les obstacles et les difficultés rencontrés par les pêcheurs à cause des restrictions imposées par l'occupation - et en particulier l'empêchement de pêcher à plus de 6 miles de la côte - les mettent dans l'incapacité d'attraper plus de 1.700 tonnes par an.

"Le ministre et certains privés ont investi dans des fermes piscicoles à cause de l'écart entre les besoins et les disponibilités," dit Attalah à Al-Monitor. "Bien que ces essais aient commencé en 2008, nous en sommes juste au début."

Il dit que Gaza a 7 fermes piscicoles privés et deux publiques. Ensemble elles ne produisent pas plus de 200 tonnes de poisson par an.

Abu Awni Kahil, propriétaire de la ferme piscicole Kahil, a créé sa ferme sur un terrain de 1.300 m² à l'ouest de Gaza-ville à la mi-2008, pour un coût de 500.000$ (445.000€) d'investissements privés. Il s'est spécialisé dans l'élevage de la dorade, le poisson le plus consommé par les Gazaouis.

"Nous importons des semences d'Israël parce que le succès de l'accouplement entre les poissons et l'éclosion des œufs requiert des moyens qui ne sont pas disponibles à Gaza," a déclaré Kahil à Al-Monitor. Nous avons mis les semences dans des bassins remplis d'eau de mer. Nous les nourrissons trois fois par jour et nous leur fournissons de l'oxygène en continu en mettant en marche des machines appelées agitateurs qui remuent l'eau et empêchent que les moustiques et autres insectes ne flottent à la surface."

Il dit que les coupures continues de courant sont les obstacles les plus importants au succès de sa ferme piscicole ; elles causent des pertes et l'obligent à avoir recours à des générateurs qui coûtent 14.000 NIS (3.200€) par mois supplémentaires pour préserver les semences et maintenir les poissons en vie.

"Malgré les coûts, la demande croissante des citoyens en poissons de ma ferme me pousse à poursuivre le projet. Pour les Gazaouis, le poisson est la denrée principale et ils en mangent encore davantage le vendredi, jour de congés," dit Kahil.

L'ingénieur agronome Raed Hamid estime qu'en dépit de leur demande pour les poissons provenant de la pisciculture, les Gazaouis préfèrent encore la qualité et le goût des poissons de mer, qu'ils achètent tous les jours. Lorsqu'il n'y a plus de poissons de mer au marché, ils achètent ceux de la pisciculture.

"La raison de cette préférence est que dans les fermes piscicoles les poissons sont nourris avec un aliment spécial alors que dans la mer, ils sont nourris naturellement avec des algues et des poissons plus petits," a déclaré Hamid à Al-Monitor.

Il dit que la plupart des restaurants de poisson de Gaza dépendent des fermes piscicoles à cause des prises petites des pêcheurs. Les Gazaouis n'achètent du poisson surgelé importé d'Israël que lorsqu'il n'y a plus de poisson de mer ou des fermes piscicoles. Attallah dit que les Gazaouis n'achètent du poisson surgelé qu'en dernier recours. 10.000 tonnes de poissons surgelés sont importées d'Israël chaque année.

Maintenir le secteur de la pêche à la merci des conditions politiques, dont l'interdiction israélienne de pêcher à une distance raisonnable des rives de Gaza, oblige les pêcheurs et les autorités locales à assurer le succès de la pisciculture pour répondre aux besoins en poissons des citoyens.

"Atteindre cet objectif nécessite la création de dizaines de fermes piscicoles ainsi qu'un bon soutien et beaucoup de soins," dit Attalah.


Site des fermes piscicoles à Gaza : Gaza Fishery avec de nombreuses photos et vidéos.


Source : Al Monitor

Traduction : MR pour ISM

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