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Palestine - ISM France

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Jérusalem -

Flo : J’ai gagné contre le système

Par

Le 3 mars 2005, j’ai quitté ma maison aux Etats-Unis pour Israel
C'était mon troisième voyage de ce type, afin de travailler sur le terrain en Palestine Occupée, en solidarité avec les Palestiniens et leurs amis qui s'opposent à l’occupation israélienne de la Palestine.
Je m'attendais à des problèmes en arrivant à l'aéroport Ben Gurion près de Tel Aviv, car j'avais été expulsée de force par les autorités israéliennes un an auparavant en raison de ce même travail contre l’occupation.

Cette fois-là, mon expulsion était basée sur de fausses accusations portées contre moi par le Ministère israélien de l'Intérieur qui déclarait que je résidais illégalement en Israël. Quand je suis arrivé à Ben Gurion le 4 mars, j'ai été mise de côté au contrôle des passeporte, comme je m’y attendais.

J'ai été emmenée vers une salle de sécurité où mes sacs ont été fouillés pendant plus d’une heure. L'intégralité de mes affaires a été passée en revue, y compris mon dentifrice, mes livres, et ma nourriture.

Quand la fouille a été terminée, je m’attendais à être prise en charge par un officier du Shin Bet (Agence de Renseignements) pour un interrogatoire. J'attendais cet interrogatoire, car j’avais l’intention d’être claire sur mes convictions et sur mon opposition à l’occupation, et je comptais me battre contre leur ordre d'expulsion a basé sur cette honnêteté.

À ma surprise, je n'ai été jamais présentée devant le Shin Bet. Après que mes affaires aient été fouillées, un agent m’a dit que je n'étais pas été autorisée à entrer en Israël parce que j'étais venue il y a un an sans visa.

J'ai été alors remise à un policier de l'immigration et j’ai été emmenée au centre de détention de Ben Gurion. Ce centre est destiné aux individus qui attendent leur expulsion d'Israël. J'ai été mise dans une pièce avec deux Suédoises à qui également l’entrée en Israël était refusée et qui attendaient un vol de retour.

Le chef policier de ce centre m’a dit que je serais mise dans l’avion de 5h le lendemain matin. Je lui ai dit que que j'avais un avocat et que je comptais me battre contre le refus d'entrer et que je refuserais de monter dans l'avion.


Pendant des heures, à chaque fois que cet officier venait à proximité de ma cellule, il répétait que je serais mise dans l’avion de 5h le lendemain matin. A chaque fois qu'il me disait cela, je lui répétais que je ne monterais pas dans cet avion.

A 4 h le lendemain matin, ce même officier ainsi qu’un autre sont venus dans ma cellule et m'ont dit de me préparer pour mon vol. De nouveau, je leur ai dit que je n'entrerais pas dans l’avion et que j'essayais seulement de leur épargner du temps et de l’énergie pour qu’ils ne me traînent pas et tous mes bagages à l'aéroport et que l’on revienne. A chaque fois que je répétais que je ne prendrais pas le vol, l'officier devenait de plus en plus agressif envers moi, en hurlant et en me menaçant physiquement.

Ayant peur que les officiers me blessent physiquement, et réalisant que leur résister à m’emmener dans l'avion ne marcherait probablement pas, je leur ai dit que que j'irais avec eux, mais que je ne prendrais pas le vol.

Dans le fourgon de la police d'immigration, j'ai été transportée jusqu’à l'avion, escortée par deux officiers de l'immigration jusqu’en haut de l’escalier externe et je suis entrée dans l'avion. Mon billet et mon passeport ont été remis à l’hotesse à la porte qui semblait s'attendre à mon arrivée. Je me suis immédiatement approchée d’elle et lui ai dit, devant les passagers qui entraient dans l'avion, que j'étais embarquée sur ce vol contre ma volonté et que je ne coopérerais pas avec les règles s'ils me gardaient sur le vol.

Après m’avoir emmenée dans un coin plus tranquille, l’hotesse m'a demandé de me répéter, et m’a questionné sur le type de problèmes que je poserais si j'étais gardée sur le vol. Je lui ai dit que je ne m'assiérais pas dans mon siège, que je n'arrêterais pas mon téléphone portable, et que je parlerais fort dans l’allée centrale.

Elle a parue déconcertée et est allée parler avec le responsable du vol, qui est alors venu écouter mon histoire. Je lui ai répété ce que j'avais dit à l’hôtesse et on m’a dit d’attendre pendant qu'ils parlaient avec la police qui attendaient dehors pour s'assurer que j'étais bien sur le vol quand il décollerait.

Pendant ce temps, je tremblais considérablement parce que j’avais peur de ne pas être refusée par l'équipage du vol. Une des autres hôtesses a semblé remarquer mon inquiétude et m'a donné un verre de citronnade.

J’ai été appelée là où le responsable du vol et les officiers de l'immigration parlaient et l’un des officiers m’a dit que j'avais deux choix; partir volontairement sur ce vol, ou être mise dans le vol de 21h pendant lequel la nuit je voyagerais la nuit, menottée et enchaînée à une garde armée assise à côté de moi.

Je lui ai répondu que je ne monterais pas dans cet avion volontairement. Il a répété encore que j'avais deux choix, j'a encore répété que je ne monterais pas volontairement dans cet avion.

Les officiers se sont mis en colère contre moi et ils ont commencé à me dire que je me mettais dans une mauvaise position. Ils me menottèrent, enchaînèrent mes pieds et m'ont ramené au centre de détention.


Au centre de détention, j'ai été mise au mitard. A l’extérieur, il faisait noir, pourtant les lumières de ma cellule étaient allumées et n’ont pas été éteintes avant midi.

Ce matin-là, j'ai été traitée de façon très agressive par les gardiens. Je n'ai pas été autorisée à appeler mon avocat, on ne m’a pas donné de nourriture pendant une vingtaine d’heures, les lumières dans ma cellule ont été allumées à partir de 2h du matin, et à chaque fois qu'un des gardiens passait devant ma cellule, il donnait un coup de pied et cognait dans ma porte.


On m’a dit que je prendrais un avion à 16h le même jour et que je ne pourrais pas refuser, qu’ils emploieraient la force selon les besoins pour me faire monter sur le vol.

J'ai passé six heures dans la crainte de ce vol imminent, sans être sûre de savoir si j'aurais assez d'énergie pour résister à une autre tentative de me renvoyer, mais tout en sachant que je n'avais pas l’intention de partir.

Une heure avant le vol, mes avocats ont pu obtenir le gel de mon expulsion et passer avant devant un juge. J'ai été soulagée qu'au moins pendant un jour ou deux, je n’aurais pas à m'inquiéter d'être collée dans un avion, bien que la police de l'immigration mette souvent des personnes dans des avions qui attendent un audience devant le tribunal.

Je n'étais toujours pas autorisée à téléphoner à mes avocats, ni nourrie et je n’avais toujours pas de lumière sauf après 2 h du matin.

Je m'attendais à avoir une audience de tribunal dimanche ou lundi, aussi je n'ai pas été étonné quand le gardien est venu et m'a dit de me préparer à partir. Il a affirmé que nous allions au tribunal quand je lui ai demandé, mais alors il m’a dit de prendre mes sacs. Je suis devenue confuse et le lui ai demandé pourquoi je devais prendre mes sacs pour aller au tribunal, mais il a dit que nous n'allions pas au tribunal, que nous allions à l'aéroport. Immédiatement, j'ai commencé à refuser, en pensant que nous nous dirigions vers un autre avion. Il m'a dit que que j'avais gagné, que j'allais avoir un visa et que j’étais autorisée à entrer en Israël.

J'étais choquée. D'abord, je n'ai pas cru l'officier et je pensais qu'il essayait seulement de me duper, mais je suis montée dans le fourgon avec lui. Nous sommes allés à l'aéroport, et trente minutes plus tard, j'avais un visa et je m'asseyais dans une voiture pour Jérusalem.

Mes avocats ont pu trouver une faille que les autorités israéliennes ont elles-mêmes créée. Lors de mon expulsion l'année dernière, le Ministère de l'Intérieur avait signé un accord avec mon avocat que je serais autorisé à revenir en Israël aussi longtemps qu'ils ne trouveraient pas de nouvelle preuve que j’étais une menace à la sécurité.

Plus de 130 internationaux qui travaillent avec l’ISM et d'autres groupes pacifistes internationaux et se battent contre l’occupation ont été mis sur une liste noire par le gouvernement israélien pour leur travail de pacifistes.

Cette stratégie de la part du gouvernement israélien est une tentative de criminaliser les pacifistes qui ne sont pas d'accord avec leur politique afin d'éliminer les témoins extérieurs qui occasionnent une attention internationale sur les atrocités quotidiennes créés par l’occupation militaire violente de la Palestine.



Cette fois-ci, j'ai pu gagner contre le système.

La fois prochaine, je ne serai peut-être pas aussi chanceuse comme tant d'autres internationaux qui ne l'ont pas été, et comme des milliers de Palestiniens qui ne le sont pas, chaque jour.

Source : www.palsolidarity.org

Traduction : MG pour ISM

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