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Gaza -

Innocence perdue : Meurtres à Gaza

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"Les soldats mangeaient des chips et du chocolat, et ils souriaient quand ils ont tué mes filles. Ma mère, ma femme et mes trois filles tenaient toutes des drapeaux blancs quand elles ont essayé de quitter la maison. Nous avons vu deux des soldats sortir de leur tank et nous leur avons dit que nous voulions partir.
Nous avons attendu et attendu leur réponse, mais nous n’avons reçu aucune réponse. Puis, à notre surprise, un troisième soldat est apparu et il a tiré comme un fou sur les enfants.

Innocence perdue : Meurtres à Gaza


Photo Sameh A. Habeeb : Khaled Abed Rabbo devant les ruines de sa maison à Ezbet Abd Rabbo, à côté de Jabaliya

Habeeb est un journaliste de 23 ans, basé dans la bande de Gaza, qui s’active pour faire connaître au monde la souffrance de son peuple. Zimmerman est une journaliste américaine de 21 ans, déterminée à aider après avoir vu les crimes perpétrés par Israël dans la bande de Gaza. I
ls sont devenus amis et unis dans la lutte pour ouvrir les yeux du monde sur les souffrances à Gaza devant lesquelles ils ferment souvent les yeux. Une histoire qui a attiré leur attention, c'est la catastrophe personnelle de Khaled Abd Rabbo.

Nous avons commencé notre voyage et avons difficilement atteint la ville de Abd Rabbo. Alors que nous conduisions, la voiture tanguait à droite et à gauche. Le terrain était plein de trous. Les Israéliens ont défoncé les routes avec leurs bombes, leurs bulldozers, et leurs tirs.

La terre a également été blessée. Un quartier riche et tranquille s'est transformé en enfer sur terre. Nous n’avons vu que la dévastation et de nombreuses personnes agglutinées comme des mouches.

Notre voiture s'est arrêtée et nous avons descendu la rue jusqu’à la maison démolie d’Abd Rabbo. Khaled Abd Rabbo était là, assis sur les décombres d’une époque plus heureuse.

«Cette maison avait quatre étages, et un joli jardin. Elle nous apportait la paix et la tranquillité", a t-il commencé à nous dire. "L'armée israélienne était venue à la maison plusieurs fois auparavant, et la dernière fois, c’était en Mars 2008."

Il explique comment ils ont envahi sa maison et ont enquêté sur lui et sa famille. "Ils n'ont rien trouvé. Je suis un officier de police dans le gouvernement de Ramallah, je n'ai rien à voir avec le Hamas."

"Ce jour-là, quand ils sont partis, ils n'ont rien pris et n’ont fait de mal à personne", poursuivit-il. «Je me souviens, il était 12h50 heures, c’était le quatrième jour de l'invasion militaire terrestre quand l'armée a pris le contrôle de la région.
C’était un véritable champ de bataille et des milliers de personnes se retrouvaient piégées. Personne ne pouvait partir en raison des tirs excessifs des Israéliens, et les soldats continuaient à venir, et à venir, et à venir.


"Et puis, les chars sont arrivés. L'un d'eux s’est installé à quelques mètres seulement de ma maison. Nous étions 25 et ils nous ont dit de partir», dit-il alors que sa voix tremblait et qu’il commençait à pleurer.

"Les soldats mangeaient des chips et du chocolat, et ils souriaient quand ils ont tué mes filles. Ma mère, ma femme et mes trois filles tenaient toutes des drapeaux blancs quand elles ont essayé de quitter la maison. Nous avons vu deux des soldats sortir de leur tank et nous leur avons dit que nous voulions partir. Nous avons attendu et attendu leur réponse, mais nous n’avons reçu aucune réponse. Puis, à notre surprise, un troisième soldat est apparu et il a tiré comme un fou sur les enfants.

"Souad n’avait que 7 ans, Summer avait 3 ans et Amal n’avait que 2 ans. Ma mère a aussi reçu une balle, et je regardais tous ceux que j’aimais tomber à terre. Je leur ai hurlé d'arrêter! J’ai couru dans la maison pour appeler la défense civile, les ambulances, n’importe qui qui aurait pu m’aider.

"Pendant une heure, les blessés ont saigné et deux de mes filles ont été tuées en dépit du soi-disant cessez-le-feu. Personne n’a pu nous venir en aide à temps.

L'une des ambulances a essayé, mais les soldats israéliens ont arrêté le secouriste et ils l’ont forcé à se deshabiller. Ils ont ensuite bombardé l'ambulance et elle a été enterrée sous les décombres. Le secouriste s’est enfui tout nu sous les tirs.


«J'ai quitté la maison avec d’autres membres de ma famille», continue Abd Rabbo.

"Nous avons mis ma mère dans un berceau. Je tenais Summer dans mes bras, et elle respirait encore, malgré sa blessure béante à la colonne vertébrale. Je me suis dit : 'Je ne peux pas laisser la petite Summer, même s’ils finissent par me tuer comme mes deux autres filles. " Je l’ai passée à mon frère et j’ai pris le corps de Souad dans mes bras et mon épouse tenait Amal quand nous avons quitté la maison.

«Les soldats tiraient au-dessus de leurs têtes de façon incontrôlable et partout autour d'eux. Beaucoup de maisons avaient été démolies par les chars. Quand nous avons traversé l'une des routes, un homme a essayé de nous sauver, mais leurs tireurs d'élite l'ont vu et l’ont tué ainsi que son cheval.

Lorsque nous sommes finalement arrivés dans la ville de Jabaliya, nous avons vu que tout le monde avait amené des blessés. Nous avons été tellement choqués par ce que nous avons vu que nous avons jeté les corps au sol, et pendant une heure, nous sommes restés là, incapables de comprendre ce qui était arrivé à notre peuple."


Lorsque nous lui avons demandé pourquoi ils avaient tué ses enfants, Abd Rabbo a répondu, "Je suis certain qu'ils étaient ivres, ou qu’ils avaient reçu l'ordre de tuer tout le monde y compris les enfants. C’était dans Haaretz il y a quelques jours, que beaucoup de rabbins israéliens avaient donné l'ordre de ne laisser personne en vie», a t-il expliqué.
"Je ne sais pas pourquoi, mes filles ont été tuées. Elles n'ont jamais commis de crime, c’étaient des enfants, elles n'ont pas tiré de roquettes sur Israël, mais Israël affirme ne viser que ceux qui ont d'abord tiré sur eux."

«Nous sommes des gens pacifiques, nous n'avons rien à voir avec les combats ou les roquettes. Je sais que si je vais au tribunal au sujet de ce qui s'est passé, l'armée israélienne fabriquera des milliers de prétextes pour faire apparaître ses soldats comme étant innocents. Ils l'ont fait avec beaucoup de d'autres cas avant", a t-il ajouté.

«Ce n'était pas une guerre entre deux immenses armées. De toute évidence, il s'agissait d'une guerre entre les civils et la quatrième plus grande armée au monde: celle d'Israël. Mais ils n'ont pas appelé cela une guerre. Ils appellent cela une «opération».

Une opération dans laquelle des dizaines de milliers d'habitants de Gaza ont été tués ou blessés, psychologiquement et physiquement: les dégâts n'ont pas seulement affecté les personnes, mais tout ce que vous pouvez imaginer. Pourtant, alors que les bâtiments peuvent être réparés et que la terre poussera à nouveau, la douleur d’Abd Rabbo ne diminuera jamais.

Il ne pourra plus jamais entendre les rires de Souad et d’Amal, mais il va sûrement entendre les cris de douleurs de Summer. Elle est maintenant paraplégique suite à ses blessures.

La seule chose qui fonctionne, c'est son esprit - un esprit qui se souviendra toujours du cauchemar qui est arrivé à sa vie. Au cours de sa première interview à l'hôpital, elle a raconté à Al-Jazeera la même histoire que nous a racontée Abd Rabbo.


Pas de greffon vidéo disponible...

Source : http://weekly.ahram.org.eg/

Traduction : MG pour ISM

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