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Palestine - ISM France

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Palestine -

L’« indépendance » israélienne c/ la Nakba

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Les articles et les images qui traversent mon esprit et l’écran de mon ordinateur ces deux derniers jours sont un amalgame d’ironies. Un juif ultra-orthodoxe qui a brûlé le drapeau de l’Etat sioniste dimanche a été arrêté et accusé. Fidèles à la Torah, les juifs ultra-orthodoxes ont toujours traité l’Etat d’Israël, fondé avec l’aide des baïonnettes et des fusils anglais, d’abomination et de rébellion contre la volonté de Dieu. Mais récemment, le virus du sionisme s’est répandu et a infesté un grand nombre de Juifs qui se revendiquent de l’orthodoxie tandis que de plus en plus de non juifs et de juifs propagent la maladie.

L’« indépendance » israélienne c/ la Nakba


1er janvier 2010 : une délégation des juifs orthodoxes de Neturei Karta participe au convoi Viva Palestina à Gaza. Sur leur pancarte : "Le judaïsme exige la liberté pour Gaza et pour toute la Palestine et interdit tout Etat juif."

Les Satmar et les Neturei Karta demeurent loyaux aux traditions de l’orthodoxie et aux commandements de la Torah pour chercher la justice (voir le site : « Jews not Zionists »).

Les responsables israéliens posent au milieu des drapeaux pour être filmés, affirmant qu’Israël contrôlera Jérusalem occupée pour toujours (malgré le droit international). Dans ma ville natale de Beit Sahour, les colons sont venus lundi soir faire la fête avec les soldats sur les terres palestiniennes d’Ush Ghrab (lire l’article récent de Ben White sur Beit Sahour comme microcosme de la colonisation israélienne, sur Electronic Intifada)

Pour fêter “le jour de l’indépendance”, des colons israéliens ont déraciné 250 oliviers à Qarout, près de Naplouse, et les autorités israéliennes ont remis quelques ordres de démolition de maisons. Les soldats étaient partout, certains ivres d’alcool ou de pouvoir ou des deux. Nous vivons sur une terre du « faire comme si ». L’amnésie collective est caractéristique des fous qui courent partout ici. Peu se souviennent même des massacres récents comme Sabra et Chatila (lire cette lettre déchirante de Franklin Lamb, sur Counter Currents).

En ces jours d’images cruelles et de drapeaux bleu et blanc omniprésents, il est essentiel de se rappeler le pourquoi de cette « hasbara » ou « za’bara », comme l’exprime le Docteur Salman Abu Sitta dans son bel article (« Hasbara or Za’bara », sur Palestine Think Tank) (en français sur Tlaxcala).

Mais je pense vraiment que ces excès de déploiement de drapeaux est un signe d’insécurité et que le mouvement sioniste sent que la fin est proche et que le jeu est fini (la vérité est de plus en plus difficile à cacher). Dans les années 1950, le soutien occidental au sionisme était massif, avec même des milliers d’internationaux qui allaient travailler comme bénévoles dans les kibboutz.

Aujourd’hui, les milliers de bénévoles internationaux travaillent avec les Palestiniens et les sionistes ont non seulement perdu le soutien du public occidental mais ils sont aussi en train de perdre, de plus en plus, celui du public juif israélien et occidental. Lisez par exemple ce rapport enthousiasmant de Cecilie Surasky, directrice adjointe de « Jewish Voice for Peace » qui analyse l’ampleur et la diversité du soutien aux droits de l’homme et l’étroitesse et l’absurdité du soutien sioniste : « Le vote de désinvestissement ce matin à Berkeley (Université de Californie) – ce n’est pas encore fini. »

L’action à l’Université de Californie n’est que la partie visible d’un iceberg. BDS est maintenant implanté dans des centaines de villes dans le monde entier. Les drapeaux sionistes ne supporteront pas les vents puissants et le soleil ardent de Palestine. La dernière occupation du 21ème siècle finira par se terminer. Des esprits longtemps enchaînés par la propagande secoueront ces chaînes et se joindront au reste de l’humanité. « L’indépendance » israélienne sera alors reconnue comme un jour de tristesse pour avoir perdu toute boussole morale et pour avoir tenter de créer un Etat juif sur une terre qui aurait pu facilement accueillir à la fois les juifs européens immigrés et les Palestiniens indigènes.

Nous allons à la Conférence Internationale de Bil’lin, où des centaines de participants sont attendus, y compris des représentants de TOUTES les factions politiques palestiniennes, des Israéliens agissant selon leur conscience et des internationaux. Là, la lutte pour la justice prendra un nouvel essor. La liberté pour les Palestiniens signifiera aussi la libération des chaînes des mythologies pour les Israéliens. Restez en ligne…

Mazin Qumsiyeh, PhD



Source : A Bedouin in cyberspace, a villager at home

Traduction : MR pour ISM

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