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Palestine - ISM France

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Gaza -

L'olive combat l'occupation

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Dans les périodes difficiles, nous avons survécu grâce à l'huile d'olive," dit Ahmed Sourani, du PARC. "Y compris pendant la dernière guerre," dit Sourani, faisant référence aux 23 jours d'attaques israéliennes sur Gaza il y a trois ans. "Beaucoup de gens qui ne pouvaient pas quitter leurs maisons n'avaient que le pain et l'huile d'olive pour tenir pendant de longues périodes."

L'olive combat l'occupation

Une serre de jeunes plants d'oliviers à Gaza pour restaurer une culture décimée
Même pendant la Première Intifada (le soulèvement palestinien contre l'occupation israélienne), les olives et l'huile d'olive étaient vitales pour la survie. "Elles ont permis à des milliers de familles palestiniennes très pauvres de survivre," se souvient Sourani. "Quand l'armée israélienne impose des couvre-feux qui nous empêchent de sortir de chez nous, c'est notre principale nourriture. Beaucoup d'étudiants emportent des sandwiches au za'atar (du thym) et à l'huile d'olive à l'école pour déjeuner."

Cette source de subsistance est la cible d'Israël au fil des ans. En novembre 2008, Oxfam a rapporté que depuis 2000, 112.000 oliviers ont été détruits dans la Bande de Gaza.

"Selon les autorités israéliennes, la 'zone tampon', une zone interdite imposée par les Israéliens pour empêcher les Palestiniens d'aller sur leurs terres, est à 300m de la Ligne verte qui marque la frontière entre Gaza et Israël," dit Sourani. "Mais en réalité, elle s'étend bien au-delà de 600m et elle englobe 30% des terres agricoles de Gaza."

Les Nations Unies indiquent que des zones allant jusqu'à 2 km depuis la frontière sont inaccessibles à cause de la politique israélienne de tirs, de bombardements et d'incursions dans les terres frontalières de Gaza.

Selon le PARC, plus de 42% des 175.000 dunums (1 dunum = 1000m²) des terres arables de la Bande de Gaza ont été détruits pendant les incursions et les opérations israéliennes. L'OMS rapporte que la dernière attaque israélienne sur Gaza a à elle seule détruit jusqu'à 60% de l'industrie agricole.

Malgré la campagne systématique de destruction des oliviers et d'inaccessibilité des terres agricoles, Sourani dit que "il y a toujours dans certains secteurs de Gaza des oliviers mufti-centenaires." On les trouve en particulier à Zaytoun, Sheyjayee et Tuffah.

Mis à part le nombre de très vieux arbres, la moyenne d'âge d'un arbre est d'environ cinq ans, dit Sourani.

Pour faire face au nombre croissant de terres agricoles nues dans la Bande, le ministre de l'Agriculture de Gaza envisage maintenant une résistance non-violente à la décimation de l'industrie agricole palestinienne.

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Ahmad Fatayar, du ministère, dit qu'au fil des années englobant et suivant l'occupation israélienne de la Bande de Gaza, la politique israélienne et les incitations économiques visaient à obliger les fermiers palestiniens à abandonner la culture des arbres sur leur terre pour des travaux dans les serres ou en tant qu'ouvrier en Israël.

Après la destruction au bulldozer des terres agricoles palestiniennes par Israël, il est difficile sinon impossible pour les Palestiniens de cultiver leurs oliviers.

"Nous avons créé un arboretum d'olivier pour cultiver un million d'oliviers dans toute la Bande de Gaza, en particulier dans la zone tampon qui a été tellement détruite," dit Fatayar.

Fatayar fait la liste d'une variété étonnamment longue des avantages et des utilisations des olives : "On peut les faire pousser dans les rues, les cours d'école et en face des maisons ; elles peuvent supporter une sécheresse sévère, l'eau salée, on peut les stocker longtemps et on s'en sert dans diverses industries comme la nourriture, les aliments pour les animaux, le charbon, le compost et les médicaments."

Pour une famille palestinienne moyenne de 8 personnes, il ajoute : "deux ou trois oliviers suffisent à produire l'huile et les olives nécessaires à la consommation de l'année."

A part leurs aspects nutritionnels et économiques, les oliviers sont importants pour beaucoup d'autres raisons, dit Ahmed Sourani. "Les Palestiniens considèrent l'olivier comme le symbole de la terre, de l'indépendance, de la paix et de la dignité."

"Nous utilisons l'huile d'olive pour tout, même pour les cheveux. Quand nous sommes malades, nous nous frottons le corps à l'huile d'olive. C'est même une source de cosmétiques ; nous nous en servons pour faire le khôl, une version non toxique du crayon pour les yeux. Les feuilles de l'olivier ont des vertus médicinales et on peut les utiliser en pharmacie et sous forme d'infusion pour soigner le diabète et les douleurs d'estomac."

Pour satisfaire les besoins du nombre de Palestiniens vivant dans la Bande de Gaza surpeuplée (1,6 million de personnes sur 365km²), la plupart des besoins de Gaza en olives et en huile étaient auparavant couverts par les fermiers de Cisjordanie occupée.

Un rapport d'Oxfam de 2010 note que "le blocus imposé par Israël à la Bande de Gaza a considérablement affecté l'importation des olives et de l'huile d'olive de Cisjordanie ." Il note une augmentation des importations d'une huile "à prix réduit parce qu'elle a atteint sa date de péremption."

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"Aujourd'hui, seule une petite quantité vient de la Cisjordanie , le reste vient de Syrie, du Liban, d'Egypte et d'Espagne," dit Sourani. "Mais nous continuons à préférer l'huile d'olive de Palestine : Surri, l'huile et l'olivier préférés, qui remonte à l'époque romaine."

Comme les oliviers, les palmiers ont une importante historique, nutritive, économique et culturelle particulière pour les Palestiniens. "Les dattes sont une ressource nutritive importante, les palmiers sont très productifs et sont faciles à faire pousser," dit Sourani.

"On peut faire pousser des palmiers-dattiers sur un ou deux mètres²," note Ahmad Fatayar. "Un seul palmier-dattier peut produire jusqu'à 200 kg de dattes."

Le projet du ministère de l'Agriculture pour l'auto-suffisance comprend la plantation de palmiers-dattiers.

"Un seul plant produit sept ans après un palmier plein de fruits et dix autres pousses," dit Fatayar. "Dix pousses produiront sept ans plus tard dix palmiers-dattiers productifs et 100 pousses."

Selon les estimations du ministère, d'ici 2020, il y aura environ trois millions de jeunes plants, ce qui laisse augurer une production importante.

Les avantages du palmier-dattier comprennent la nourriture (mélasse, bonbons et huile), le textile (meubles et vêtements), l'agriculture (aliments pour animaux) et le papier.


* Palestinian Agricultural Relief Committee

Source : In Gaza

Traduction : MR pour ISM

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