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Cisjordanie occupée -

La jeunesse palestinienne riposte sur les réseaux sociaux

Par

Amjad Ayman Yaghi est un journaliste et il habite à Gaza.

25.7.2019 – Lorsque National Geographic Abu Dhabi a publié en avril une image apparemment anodine d’un bouquetin nubien (photo ci-dessous) sur ses comptes Facebook et Twitter, ses pages des réseaux sociaux ont rapidement explosé. Le problème ? La légende faisait référence à la localisation comme étant le « désert de Judée » et « Ein Gedi », qui surplombent la mer Morte. Ce point a attiré l’attention des militants des réseaux sociaux palestiniens qui se sont mobilisés pour insister sur le lien palestinien à la région.

La jeunesse palestinienne riposte sur les réseaux sociaux

Ils ont exprimé leurs opinions sur la page Facebook de National Geographic Abu Dhabi. Le commentaire de Hasan Aldawoudi, l'un des fondateurs du groupe de médias sociaux Ihbid194, a suscité énormément de réactions. Il a souligné que l'administrateur de la page Facebook manquait de connaissances historiques fondamentales sur la Palestine.

La réaction générale, selon Aldawoudi, a dépassé les 30.000 commentaires sur Facebook et a conduit les administrateurs de la publication sur Facebook et Twitter à supprimer les messages et à mettre à la place une référence au « désert d'Ein Gedi en Palestine ».

Il est intéressant de remarquer que tout cela s'est passé du jour au lendemain.

Et cela a contribué à souligner que, bien que les Émirats arabes unis ne reconnaissent pas Israël, le prince Mohammed bin Zayed semble faire avancer le pays dans cette direction tout en essayant de manoeuvrer l'Autorité palestinienne pour la faire intégrer le plan de paix de l'administration Trump.

On s’attend à ce que la proposition maintes fois reportée prive globalement les Palestiniens de leurs droits.

Campagne en expansion

La réussite de la campagne contre le National Geographic Abu Dhabi a encouragé le groupe à réfuter d’autres messages et tweets trompeurs tentant de faire progresser les récits préférés par le gouvernement israélien.

Aldawoudi, âgé de 24 ans et originaire de Rafah, au sud de la bande de Gaza, a été rejoint par Ahmed Maher Jouda, 26 ans, du camp de réfugiés de Jabaliya, au nord, et par un groupe d'amis déterminés à contester les messages anti-palestiniens publiés dans les réseaux sociaux.

Ihbid194 est le résultat de leurs efforts communs.

La campagne populaire menée par des jeunes de moins de 30 ans a été particulièrement intense lors de l'escalade militaire d’Israël contre Gaza au début du mois de mai. Les jeunes du mouvement Ihbid sont décidés à contrer toute future propagande d’Israël qui ferait la promotion de ses attaques militaires sur le territoire côtier occupé et assiégé.

Alors qu'Israël cherchait à donner sa version de l’attaque, les militants d'Ihbid ont réagi avec des photographies documentant des violations des droits de l'homme à Gaza et des informations divergentes révélant les fausses déclarations et les mensonges d'Israël.

Une partie du travail a été tout à fait fondamental pour montrer clairement que les Palestiniens, en tant que peuple occupé, sont ceux qui sont opprimés et sont confrontés à une force militaire bien supérieure.

Par exemple, des activistes ont contré le message publié par l'Union européenne sur Facebook, qui insistait sur le fait que « les tirs de roquettes de Gaza vers Israël doivent cesser immédiatement ». L'UE a omis de citer la violence israélienne contre les Palestiniens ou de se prononcer sur la responsabilité écrasante d'Israël dans cette situation.

Aldawoudi dit qu'Ihbid signifie « raconter des bêtises ». Il dit que le nom de l'organisation le met au défi d'affronter des discours ou des messages trompeurs liés à la cause palestinienne, en particulier ceux exprimés par les dirigeants internationaux ou les grands médias. Les militants des réseaux sociaux se concentrent sur les médias qui reflètent le point de vue de l'armée israélienne plutôt que les vraies réalités du terrain.

Selon Aldawoudi, l’un des domaines les plus préoccupants ressort lorsqu’on compare le traitement de la violence contre les enfants israéliens et palestiniens.

Aldawoudi note : « Le but de la campagne est de faire que le monde entier soit témoin de la réalité du conflit israélo-palestinien. Lorsqu'un enfant israélien pleure, toute l'attention des médias est tournée vers cet enfant. La propagande israélienne promeut l'enfant qui pleure.

Cependant, dit-il : « Lorsque des enfants palestiniens sont tués, personne ne leur prête attention. Notre rôle est d’expliciter la différence de couverture dans les commentaires liés à la photo et à la source. »

En tant que traducteur de l'arabe vers l'anglais et chercheur en diplomatie numérique à Gaza, Aldawoudi précise que le groupe peut utiliser 25 langues pour transmettre le récit palestinien en répondant aux messages.

Ihbid fonctionne avec des bénévoles. Ils aident à traduire les pages des réseaux sociaux qui véhiculent des informations erronées sur les actions d'Israël contre les Palestiniens.

Photo


Les participants ajoutent souvent #Ihbid194 à leurs commentaires Twitter - 194 fait référence à la résolution des Nations Unies concernant le droit des réfugiés palestiniens de retourner dans leur pays d'origine, qu’ils ont été forcés de quitter par les milices sionistes en 1948. Le chiffre signifie également que la Palestine est le 194e membre de l'ONU.

Faire de la propagande

Au début du mois de mai, Ihbid194 a notamment mené une campagne contre une publication de l’armée israélienne sur Facebook. Le post montre un groupe de jeunes joueurs de football israéliens allongés sur un terrain après avoir entendu le son d'une sirène les alertant de l'arrivée de roquettes en provenance de Gaza.

Les activistes d'Ihbid194 ont posté la photo et ont demandé aux Palestiniens de la commenter. Les gens ont réagi en postant des photos de victimes palestiniennes des récents raids de bombardement israéliens.

Même le président des États-Unis, Donald Trump, a été contesté pour son tweet lié à Gaza qui promouvait la belligérance israélienne et manifestait son indifférence envers les Palestiniens attaqués.

Aldawoudi dit à propos des initiatives du groupe : « Ceux qui répondent à nos commentaires nous décrivent comme des abeilles électroniques. Nous n'insultons pas ; nos objectifs sont définis. »

Il ajoute : « Ceux qui pensent qu'Israël est démocratique se trompent. Nous fournissons des preuves concernant Israël, car le mal qu’il cause nous est infligé. Parfois, nous recevons du soutien et certains étrangers nous envoient même des messages sur nos comptes pour obtenir plus de détails et des éclaircissements sur ce que nous publions. »

La campagne n'est appuyée par aucune faction politique. Ahmed Maher Jouda, ingénieur civil et militant, a déclaré que cette initiative vient entièrement de la jeunesse palestinienne et leur acharnement à revitaliser le récit palestinien.

Les militants sont fiers de leurs réalisations, avec des milliers de Palestiniens à Gaza, en Cisjordanie et dans la diaspora qui rejoignent leur campagne de riposte en ligne.

« Ils ont perdu le contrôle sur nous »

La campagne a également défié des officiels israéliens. Selon Jouda, certains posts ont même été supprimés en raison des ripostes que les militants ont réussi à générer.

Se référant aux suppressions, Jouda dit : « Ils ont perdu le contrôle sur nous. Nous sommes devenus une armée électronique défendant notre patrie avec des récits honnêtes. Ils ne veulent pas que les gens qui suivent leurs pages voient les réponses palestiniennes, ils ont donc supprimé des posts entiers afin que leurs « followers » ne posent pas de question sur leur contenu. »

Jouda dit qu’en mai, les militants ont également porté leur attention sur les artistes qui participaient au concours de l’Eurovision, en mettant l’accent sur les violations des droits des Palestiniens par Israël. Ils ont trouvé que c'était un moyen efficace de contrer les récits israéliens faisant l'éloge de l’événement à Tel Aviv.

Le groupe a riposté à une vidéomise en ligne en fanfare par Eduardo Bolsonaro, homme politique au Parlement brésilien et fils du président du pays. Dans la vidéo, il s'inquiète des tirs de roquettes à Gaza et affirme qu'Israël se défendra et le fait déjà.

Ces attaques israéliennes sont ce que vise Ihbid194.

Le militant Amin Abed, âgé de 30 ans, résume les efforts du groupe : « Nous jouissons d’une immense sympathie du monde entier. Ils ont trouvé le contenu palestinien convaincant et certains ont commencé à rechercher les raisons du conflit israélo-palestinien. »

Cependant, malgré toute la solidarité internationale, Abed dit qu'il a remarqué que « de nombreux étrangers pensent qu'Israël a toujours été là et que les Palestiniens sont des intrus qui le combattent ».

Ce sont précisément ces méconnaissances qui motivent les efforts d’Ihbid194 pour contester les récits faux qui se propagent si rapidement dans les réseaux sociaux.


Source : The Electronic Intifada

Traduction : MR pour ISM

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