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Palestine - ISM France

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Palestine -

Le cinéma itinérant palestinien

Par

Le producteur Yousef Aldeek, 43 ans, circulent avec ses compagnons d'une région à l'autre des Territoires Palestiniens, partout où des Palestiniens habitent, que ce soit dans des endroits reculés, des banlieues ou des camps de réfugiés.

Le cinéma itinérant palestinien


Armés d'un équipement modeste et de grands rêves, ils voyagent comme cinéma itinérant pour projeter des films et propager des moments de joie. Avec "Donner du bonheur" comme principal objectif, Aldeek et ses amis font des tournées dans les zones touchées par la pauvreté dans les Territoires palestiniens pour montrer des films, surtout palestiniens, mais aussi arabes et internationaux.

"Le cinéma itinérant", dit Aldeek à Asharq Al-Awsat, "est destiné aux segments les plus pauvres de la société". Il ajoute que les séances sont pour tout le monde, "enfants, femmes, adolescents et personnes âgées, et pour quiconque n'a jamais été au cinéma avant, ou ne peut pas aller voir de film à Ramallah".

Aldeek ne sait que trop bien qu'il ne reste qu'un ou deux cinémas à Ramallah, en Cisjordanie , comparé à avant le premier Intifada de 1987, lorsque chaque grande ville de Cisjordanie avec deux ou trois théâtres. En fait, ce fut le moteur du projet d'Aldeek.

Bien que ce soit actuellement un projet temporaire, Aldeek espère le rendre permanent, de manière à "répandre une culture collective de spectateurs" parmi les Palestiniens. Bien que le producteur et ses amis étaient, au début, sceptiques sur le succès de leur idée, ils ont vite réalisé que "les gens avaient un grand désir d'aller au cinéma."

"Il y a eu une énorme participation, ce qui nous a surpris. Dans certains villages, nous avons projeté les films plusieurs fois, à la demande pressante des spectateurs", dit-il. Dans les 60 villages et camps de réfugiés dans lesquels le Cinéma Itinérant est passé, plus de 7.000 spectateurs sont venus.

"La plupart du temps", révèle Aldeek, "seule une personne sur des centaines avait été au cinéma avant. Aucun des enfants en dessous de 13 ans n'avait été au cinéma."

Mais l'équipe du Cinéma Itinérant fait plus que projeter des films ; ils sont en train de créer un documentaire qui montrera leurs expériences, les réactions et les commentaires des gens, sous le titre : "Donner du bonheur".

Et bien sûr, c'est cela que veulent Aldeek et son équipe, lorsqu'ils relatent avec enthousiasme comment ils ont réussi dans leur entreprise en dépit des fonds réduits et nonobstant le fait que quelquefois, c'est eux qui financent les projections sur leurs propres deniers.

Aldeek confirme que c'est un projet sans bénéfice et ajoute : "Nous projetons les films gratuitement, nous ne faisons pas payer les gens. Nous sommes des bénévoles".

Cependant, il ne cache pas le fait que lui et son équipe ont tous les jours des difficultés à cause du manque d'argent, qui menace potentiellement le but même du Cinéma Itinérant – la possibilité de continuer à circuler en dépit des obstacles.

Ces entraves incluent le manque de moyens de transport propres et les checkpoints israéliens. Une fois, l'équipe a été interdite d'entrée à Naplouse, après avoir été stoppée à un checkpoint sous le prétexte qu'il lui fallait un permis, parce que personne à part les habitants de la ville n'était autorisé à entrer.

Les films palestiniens projetés par le Cinéma Itinérant reflètent la réalité de la vie quotidienne des Palestiniens. Parmi eux : "Mariage sans maison", qui raconte un mariage sous occupation, "Je suis à Jérusalem", qui raconte l'histoire d'un gamin qui visite la Vieille Ville, prie au Dôme du Rocher, joue au football et grimpe aux oliviers dans le Sanctuaire – pour se réveiller à la fin du film et réaliser que ce n'était qu'un rêve. Parmi les autres films, il y a "Cinquante ans après l'exode", qui parle des souffrances endurées par les réfugiés, et "La nuit des soldats".

Aldeek ajoute que ces films ne racontent pas seulement la réalité que vivent les Palestiniens, mais qu'ils sont aussi importants, d'un point de vue culturel, et agissent comme fenêtre pour que le peuple palestinien reste en contact avec le cinéma arabe et international.

De plus, Aldeek voit le Cinéma Itinérant comme une forme de résistance ; la plupart des films dénoncent l'occupation israélienne et réaffirment l'identité palestinienne. En montrant comment le peuple vit sa vie dans les camps de réfugiés et les villages reculés, "nous résistons à la destruction de notre culture", dit-il. Il ajoute également : "Lorsque nous montrons un film algérien ou tunisien, par exemple, nous voyons que des gens les comparent à leur propre culture."

En dépit du grand succès d'Aldeek et de son équipe, la route pour "donner du bonheur" est semée de difficultés et d'obstacles. Ce qui est parti d'une simple idée, un projecteur 16mm d'occasion et quelques vieilles bobines, est maintenant devenu une source de joie pour tellement de gens, et en particulier les enfants. Le Cinéma Itinérant a récemment vu une amélioration après que le Palestine Securities Exchange l'ait sponsorisé et lui ait acheté un projecteur LCD et de films au format DVD.

Aldeek explique que l'idéal serait d'avoir un projecteur 35mm, mais il n'a pas les moyens. Et pourtant, dans leur vieille voiture qui tombe souvent en panne au cours de leurs périples, Aldeek et son équipe refusent de renoncer à leur rêve. On peut souvent les voir poser leur équipement au bord de la route, faire de l'auto-stop jusqu'à leur prochaine destination et tout faire pour continuer à "donner du bonheur".

Sur le même sujet : "Cisjordanie: Un Cinéma mobile", site Babelmed.

Source : Asharq Al-Awsat

Traduction : MR pour ISM

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