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Qalqilia -

Le village d’Azzun à nouveau sous couvre-feu, quinze jeunes arrêtés en trois jours

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Après qu’Alleh lui ait répondu qu’il était charpentier, fiancé mais pas marié, sans sa propre maison, le Capitaine Shukru a commencé à lui proposer de l’argent pour son mariage et pour la construction de sa maison s’il acceptait de devenir un informateur pour les autorités israeliennes.
Il lui a aussi proposé de lui donner un laissez-passer permanent pour entrer en Israel, en l’assurant : «Nous pouvons être amis. Tu peux m’appeler quand tu veux»

Le village d’Azzun à nouveau sous couvre-feu, quinze jeunes arrêtés en trois jours


Les Forces d’Occupation Israélienne ont envahi le village d’Azzun le 25 octobre à 4h 30 du matin, imposant un couvre-feu qui a entrainé la fermeture de tous les commerces et a obligé tous les habitants à rester chez eux.

Cinq jeeps de l’armée israélienne ont patrouillé dans le village, en tirant des bombes assourdissantes et en annonçant l’imposition d’un couvre-feu, obligeant chacun à rentrer chez soi. Ce couvre-feu est survenu sept heures à peine après que le couvre-feu précédent imposé au village ait été levé, un scénario qui dure depuis deux semaines.

Le commandant des forces d’invasion a informé les militants internationaux présents dans le village que le couvre-feu était imposé «parce que les jeunes du village jetaient des pierres sur la route ». De telles mesures de punition collective sont illégales selon la legislation internationale.

Pendant ces derniers couvre-feux, les Forces d’Occupation Israélienne ont envahi des maisons et arrêté quinze jeunes gens au cours des trois derniers jours. Deux des jeunes arrêtés n’ont que treize ans, un autre a quinze ans et un autre a seize ans. Deux adultes de 25 ans ont été relâchés mais les autres sont toujours en prison, et personne ne sait où exactement.

Un des hommes libérés, Alleh Abdul Fateh Hussein, a été arrêté dans la nuit du jeudi 23 octobre, lorsque les soldats israéliens sont arrivés chez lui vers 2h du matin. Alleh a raconté que les soldats ont tenté de casser la porte de sa maison avec des briques qui se trouvaient sur un chantier de construction voisin.

Le père d’Alleh a ouvert la porte à temps, les soldats lui ont demandé d’allumer les lumières et que toute la famille quitte l’appartement pour attendre dehors, dans le froid, Objectant qu’il y avait parmi la famille des femmes et des jeunes filles, les soldats ont exigé que tous les détenteurs de papiers d’identité sortent dans la rue.

Les cinq hommes et les cinq femmes ont été séparés, les soldats leur ont pris leurs cartes d’identité, ont obligé les jeunes hommes à lever leurs chemises puis ont vérifié qu’ils ne portaient pas de bombes, en dépit du fait qu’ils venaient de les réveiller.

Vers 2h40 du matin, après avoir vérifié toutes les cartes d’identité, le commandant a appelé Alleh et l’a emmené dans une jeep garée à proximité, où le capitaine Shukri du Shabbak (services secrets intérieurs israéliens) lui a dit : «Si nous avons quelque chose contre vous, vous resterez. Si non, vous pourrez partir».

La famille a tenté de faire passer un pull-over à Alleh mais les soldats à qui elle l’avait donné l’ont jeté par terre et les soldats l’ont piétiné chacun leur tour, Alleh a été menotté et a eu les yeux bandés, puis jeté à l’arrière de la jeep «comme un paquet».

Les soldats l’ont alors frappé de leurs armes, en lui donnant des coups à l’abdomen et en le frappant à la tête avec leurs casques en métal. Ils ont continué à le frapper et à lui donner des coups de poing à la tête et au ventre, ils lui ont marché sur les doigts, lui ont craché dessus et ont pris des photos de lui étendu inconscient dans le fond de la jeep. Ses doigts et ses poignets portent encore les marques des menottes et des chaussures.

Alleh a raconté que le passage à tabac a continué pendant environ une heure et demie, alors qu’il était emmené dans le village voisin de Izbit at Tabib, où les soldats ont installé un «checkpoint volant». Il a alors été sorti de la jeep et forcé à s’asseoir sur le pare-choc arrière de la jeep, alors qu’il était toujours menotté et attaché à l’intérieur de la jeep, dans ce qu’il décrit comme une position extrêmement douloureuse.

Quand Alleh s’est mis à hurler de douleur, le Capitaine Shukri lui a attaché les mains devant et a commencé à lui poser des questions sur sa vie personnelle, sa profession, son statut marital, s’il avait ou non construit sa propre maison,

Après qu’Alleh lui ait répondu qu’il était charpentier, fiancé mais pas marié, sans sa propre maison, le Capitaine Shukru a commencé à lui proposer de l’argent pour son mariage et pour la construction de sa maison s’il acceptait de devenir un informateur pour les autorités israeliennes. Il lui a aussi proposé de lui donner un laissez-passer permanent pour entrer en Israël, en l’assurant : «Nous pouvons être amis. Tu peux m’appeler quand tu veux»

Encerclé par les soldats israéliens, Alleh a considéré qu’il était dangereux de refuser, mais a dit qu/il n’avait pas peur. Il a dit au Capitaine qu’il était heureux de sa vie et ne voulait pas devenir un informateur.
Finalement, devant son refus, le Capitaine Shukri lui a donné un coup de pied et lui a dit de rentrer chez lui, après lui avoir donné son numéro de portable et lui avoir dit qu’il pouvait réfléchir à sa proposition et l’appeler s’il changeait d’avis.

Lorsqu’Alleh s’est plaint du couvre-feu en vigueur et que pour rentrer chez lui à pied depuis Izbit at Tabib, soit environ 4 km, il courait le risque d’être à a nouveau arrêté, le Capitaine Shukri a répliqué : «Ce n’est pas mon problème».

Cependant, Nadal Ibrahim Anaya, 18 ans, est toujours en garde a vue. Il a été tiré de son lit à 2h du matin dans la nuit du mercredi 22 octobre, lorsque les soldats israeliens sont entrés dans l’appartement du jardin qu’il partage avec son frère chez ses parents.
Les soldats ont pu entrer grâce à la clef qui avait innocemment été laissée sur la porte extérieure et ils ont arrêté Nadal, en slip et t-shirt. Sa famille a été elle aussi réveillée et obligée de sortir pendant que les soldats fouillaient la maison, endommageant une table et des documents.

Le frère de Nadal a raconté qu’environ 20 soldats sont entrés dans l’appartement du jardin, renversant les meubles et cassant les tiroirs, Les soldats ont prétendu que Nadal était «recherché» mais ils n’ont pas donné de raisons à la fanille.

Nadal a été menotté, a eu les yeux bandés et sa famille a été autorisée à lui donner une chemise, mais pas de pantalon ou de chaussures, Sa mère a voulu le voir avant qu’il soit emmené mais les soldats l’en ont empêché, en pointant leurs fusils sur elle et en lui disant «tu restes ici». Nadal a été emmené a 2h30.
Sa famille ne sait toujours pas où il se trouve et le Comité International de la Croix Rouge leur a dit qu’ils n’auraient pas d’informations avant 8 jours.

Cela fait neuf ans qu’Azzun subit ce type de bouclage et d’arrestations intermittentes. La route principale du village a été fermée par un monticule de terre le vendredi 16 octobre après n’être restée ouverte que 4 mois. Elle avait été auparavant bloquée pendant plus de 6 mois.

Lors des invasions de ce dernier mois, les soldats israeliens ont renforcé ce monticule de terre par des fils de fer barbelés. La route pour Izbit at Tabib est elle aussi maintenant fermée par un monticule de terre.

Source : http://www.palsolidarity.org

Traduction : MR pour ISM

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