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Palestine - ISM France

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Cisjordanie -

Les cartes israéliennes, ou l’anticipation des futures frontières israéliennes de Hertz

Par

> ism-alerts@palsolidarity.org

J’ai réalisé que toutes les cartes routières israéliennes sont coupables de la même chose que ceux qui critiquent les cartes palestiniennes.
Plusieurs des villes, comme Naplouse, sont renommées avec un ancien nom israélien, dans son cas, Shekkhem.
Les villes telles que Qalqilya sont absentes de ces cartes.
La ville d'environ 40.000 personnes est absente tandis que les petites colonies israéliennes qui se situent à côté et possèdent seulement un petit nombre d’habitants sont inclus.

Au cours de ces dernières années, quand je donnais une conférence sur l’occupation de la Cisjordanie , j'ai souvent été confronté à quelqu'un dans la salle qui me demandait pourquoi, si les Palestiniens voulaient la paix, leurs manuels n’indiquent pas Israël sur la carte nationale ?

Ils soutenaient souvent leur point de vue en disant que, en ne donnant pas la représentation géographique d’Israël, les Palestiniens, en fait, niaient son existence et continueraient leurs attaques « terroristes".

Alors que je m’attendais à l’existence de telles cartes, je n'en ai personnellement jamais vu. Les cartes touristiques que l'on trouve en Cisjordanie délimitent toujours l’infâme Ligne Verte - la frontière internationalement reconnue entre Israël et les Territoires Palestiniens.


Ces derniers jours, je me suis déplacé en voiture à travers Israël et mon expérience des cartes, des représentations, conduire m'ont donné un argument utile aux allégations ci-dessus.

J’ai réalisé que toutes les cartes routières – telles que celles qui sont produites par les compagnies pétrolières, les compagnies de location de voitures et les agences de voyages – sont coupables de la même chose que ceux qui critiquent les cartes palestiniennes.


Non seulement la Ligne Verte n'est pas représentée, mais la totalité du système routier israélien est représentée comme si Israël s'étendait de la mer méditerranéenne au fleuve du Jourdain, avalant la totalité de la Cisjordanie sans la moindre indication, qu’il s’agisse d’un territoire occupé ou - car Israël s’y réfère - un territoire "administré".

Les villes israéliennes de Tel Aviv et de Haïfa sont reliées aux mêmes systèmes routiers que Naplouse et Hebron dans une expansion territoriale constante.

Le système autoroutier israélien traverse tous les territoires et pourrait donner l'impression qu’il n’existe qu'Israël et que les villes et les cités palestiniennes en font tout simplement partie.

Quelques cartes du Mur indiquent tous les colonies israéliennes en Cisjordanie mais omettent commodément les principaux centres urbains palestiniens (ceux qui n'ont pas de signification comme sites religieux ou historiques pour les Israëliens).

Plusieurs des villes, comme Naplouse, sont renommées avec un ancien nom israélien, dans son cas, Shekkhem.


Les villes telles que Qalqilya sont absentes de ces cartes.
La ville d'environ 40.000 personnes est absente tandis que les petites colonies israéliennes qui se situent à côté et possèdent seulement un petit nombre d’habitants sont inclus.

Naturellement, si l’on circule en voiture sur l’autoroute au-delà de Qalqilya, de toute façon on ne réalisera probablement même pas qu'elle existe puisque le mur de séparation entoure la ville de chacun de ses quatre côtés par des murs en béton et des barrières de 8 mètres de haut..

Comme ces cartes sont franchement fausses et idéologiques, elles ont également été pour moi très instructives quant à la façon dont les Israéliens perçoivent la Cisjordanie , tout comme la perception de leur représentation territoriale.

Elles représentent, sur de nombreux points, les façons dont la représentations matérielle de la réalité devient réalité et vice-versa. Tout simplement, ils semblent voir la Cisjordanie en tant que partie d’Israël.

Incorporée à l'Etat, l’expression devient alors "danger" "violence" ou, réminiscence de la façon dont des personnes aux USA parlent (et des topographies raciales à l’intérieur), une ghettoisation de certains secteurs comme des endroits "à éviter".

En Israël, ce sont clairement les secteurs dotés d’une forte présence palestinienne, aussi bien en Cisjordanie qu’en Israël proprement dit.


Dans ces derniers secteurs ghettoisés, les militaires israéliens sont vus non comme des "occupants" mais comme des gardiens de la paix dans des endroits où l'anarchie est freiné.

En effet, quand j'ai demandé ma route à beaucoup d'Israéliens, ils m'ont dit que pour revenir de la Mer Morte à Jérusalem, je devais prendre la route 90 - une route qui mène au nord de la Mer Morte, longe la frontière avec la Jordanie – puis prendre à l’ouest sur la route N° 1 jusqu’à Jérusalem.

Ils ne m’ont pas dit que cette route me ferait traverser les territoires occupés ou une terre dont le statut juridique était en suspens.

Au lieu de cela, ils m’ont parlé de vulgaire criminalité et de bandes de voleurs : conduire sur ces routes peut être dangereux, le mieux pour voyager est donc pendant la journée, et ainsi de suite et ainsi de suite.

La Palestine ne serait-elle devenue rien de moins que des secteurs plus qu'indisciplinés (ghettos) qui exigent le maintien d’un ordre spécial ?

En regardant ces cartes, on ne supposerait jamais qu'un territoire occupé palestinien autonome existe.
Au lieu de cela, on pourrait penser qu’Israël et les Territoires Occupés sont un ensemble de pointillés permanents, comme tous les Etats-nations modernes, avec des poches de pauvreté, des minorités ethniques, et une marginalisation économique et politique.

En effet, la carte de la Compagnie de location de voitures, Hertz, qui s’intitule "Carte touristique d'Israël", ne fait aucune mention "des secteurs autonomes" (des secteurs officiellement dirigés par l'Autorité Palestinienne selon les accords d'Oslo).

Elle ne mentionne même pas que voyager dans ces territoires pourrait vous faire rencontrer une violence aveugle et, plus probablement, que l’on aurait à traverser tout un nombre de points de contrôle et de fermetures militaires de route, gênant à coup sûr tout touriste.

La révélation que les Israéliens ne voient pas la Cisjordanie comme une entité séparée qu’un autre peuple revendique a été incroyablement consternante pour moi.

Je ressens cela pour la première fois, que pour la majorité des Israéliens, leur compréhension des frontières de leur pays n’incluent pas la Cisjordanie . Ils ont compris que les frontières de leur pays est que quelque chose de très différent de ce que même la communauté internationale reconnait.

Pour eux, il s'avère que donner la Cisjordanie serait comme donner une partie d'Israël - pas simplement dans un sens religieux mais dans le sens cartographique moderne, de la façon dont sont dessinées des frontières autour des Etats et des territoires.


Est-ce que Israël, fondé en tant que société frontière sans frontières fixes, pourra-t-il un jour reconnaître d'autres frontières modernes ?

Israël est différent de la plupart des autres nations au monde du fait quil ne recherche pas des frontières strictes et, en même temps, n'identifient pas leur guerre actuelle comme une guerre avec des ennemis externes définis par leurs propres marques territoriales mais par, plutôt, une présence interne.

Comment les Israéliens sont-ils arrivés à internationaliser de tels concepts spatiaux pour leur pays?

Est-ce que après 36 ans d’occupation, ils l'ont tout simplement accepté comme étant une réalité ?

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