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Palestine - ISM France

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Cisjordanie -

Les checkpoints au quotidien

Par

Nina Mayorek fait partie de l'organisation israélienne MachsomWatch qui observe les checkpoints

A-Ram : 50 femmes en route pour un mariage.
L’histoire de ces femmes : une cinquantaine de femmes avec leurs enfants avaient quitté Naplouse à 5h30. Tout le monde se dirigeait
vers Bethléem pour un mariage.
Qalandiya : Toute armée a besoin d’un ennemi.
L’ennemi actuel des Forces Israéliennes de Défense au checkpoint de Qalandiya ce sont les marchands qui vendent des cigarettes, des cacahuètes, des sous-vêtements, des livres, et des fruits.

Les checkpoints au quotidien


Dessin réalisé par des jeunes palestiniens sur le Mur au checkpoint de Qalandia

A-Ram : 50 femmes en route pour un mariage

Dès notre arrivée, nous avons aperçu une foule importante de femmes et d’enfants attendant près d’un petit bureau.
L’histoire de ces femmes : une cinquantaine de femmes avec leurs enfants avaient quitté Naplouse à 5h30. Tout le monde se dirigeait vers Bethléem pour un mariage.

Elles voulaient prendre le chemin le plus simple et le plus court : en passant par Jérusalem.
Tout ce groupe a été arrêté à 7h30 en essayant d’éviter le checkpoint A-Ram.

Des vieilles femmes ont fait demi tour.

Des jeunes femmes ont été obligées de signer un document de la police israélienne intitulé "Rapport de Détention".

La totalité du document était écrit en hébreu sauf une phrase disant que rien n’avait été pris à la personne arrêtée, écrite en arabe. Certaines femmes n’ont pas voulu signer ce document rédigé dans une langue qu’elles ne comprenaient pas.

Chaque femme a dû entrer dans un petit bureau encadrée par deux policiers des frontières. Quand nous nous sommes montrés un soldat parlant l’arabe est venu et s’est mis à traduire le texte hébreu, la porte d’un bureau qui était restée fermée était maintenant ouverte à la demande des femmes, la procédure a été accélérée et tout le monde est retourné à Naplouse.

Elles n’avaient plus d’énergie pour passer par le long chemin de Hizme, Abu Dis, Wadi Nar ; en dépit de leurs jolies robes elles ne célébreront rien aujourd’hui.



Qalandiya : une guerre contre les marchands

Toute armée a besoin d’un ennemi. L’ennemi actuel des Forces Israéliennes de Défense au checkpoint de Qalandiya ce sont les marchands qui vendent des cigarettes, des cacahuètes, des sous-vêtements, des livres, et des fruits.

Leur tour est venu quand les IDF ont eu gagné la guerre contre les ennemis précédents : conducteurs de minibus avec leurs plaques jaunes, conducteurs de taxis avec leurs plaques vertes, enfants lanceurs de pierres, enfants qui avaient touché le mur, et ceux qui cherchaient à éviter ce checkpoint.

L’ennemi actuel est combattu avec autant de férocité que les précédents.

Les règles de la bataille sont toujours les mêmes : il y a un certain endroit dans lequel on ne doit pas pénétrer.
Un vendeur ne peut vendre que dans des zones "autorisées".

La définition de zone "autorisée" change selon l’humeur des soldats présents au checkpoint. Certains vendeurs ont peur des soldats et partent en courant dès qu’ils apparaissent, d’autres disent qu’ils ont besoin de travailler, de gagner 6 à 12 dollars par jour, et se moquent des limitations.

Tous les vendeurs parlent de la violence des soldats.

Ils parlent des coups de pieds, des coups, de la destruction des marchandises.

On peut en voir un exemple dans un petit film d’un collègue Tami Goldschmidt :
http://psifas.blueorange.net/data/RochleyQalandiya.wmv

Nous parlons avec Y. le commandant responsable. Nous lui disons que des rapports récents d’autres observateurs de MachsomWatch sont très sérieux et qu’il devrait lire ces rapports.

Y. dément l’usage de la violence contre les vendeurs. Il dit qu’on n’utilise la force que si un vendeur attaque le premier un soldat.

Après quatre ans aux checkpoints, nous sommes plutôt sceptiques quant à cette explication.




Checkpoint volant au carrefour de Tapuach (près de Huwarra)
25 juin 2005

La nouvelle politique s’exposait clairement aujourd’hui : passage relativement facile par le checkpoint habituel mais entrave au déplacement palestinien à de nombreux checkpoints volants.

On pense à une affiche qu’un collègue de MachsomWatch a vue dans un bureau de l’armée en Cisjordanie : "Maintenir la population dans un état constant d’incertitude".

Le harcèlement des civils portait les éléments habituels mais d’autres ajouts intéressants.

Le harcèlement habituel : un soldat exaspéré qui délivre la litanie standard sur les terroristes, notre terre et la sécurité dont a besoin notre peuple et de temps en temps crie à son commandant : "J’en ai marre, que quelqu’un d’autre vienne me remplacer".

Un officier avec une casquette à oreillette apparaît périodiquement dans sa jeep et accélère le passage des Palestiniens.
Un élément plus amusant, c’est la station proche de Habad pour sa construction militaire que complète une antenne (probablement pour les messages radio produits par Dieu) avec affiche annonçant que le Messie arrive.

Chaque fois qu’il y a un checkpoint en manque de personnel avec des soldats sous pression dans l’accomplissement de leur mission et une foule de Palestiniens pressés d’atteindre leur destination, le harcèlement de la population civile se voit dans toute son horreur.
Un vieil homme qui agite un morceau de papier essaie de s’approcher d’un soldat pour expliquer quelque chose ; le soldat ne veut pas écouter, lui ordonne de reculer de trente mètres.

Ce sont des situations qui conduisent à des désastres ce que nous avons vu souvent, quand des soldats ne veulent simplement pas écouter.

Nous avons parlé avec cet homme et il nous a expliqué qu’il devait transporter sa fille handicapée physique et mentale dans une institution de Jérusalem et qu’elle ne pouvait pas attendre dans la voiture pendant une heure (le temps minimum pour traverser ce checkpoint). Nous avons parlé avec des soldats et l’homme a obtenu de dépasser toutes les voitures de la file.

Un professeur dans une voiture et un groupe de profs. dans un minibus sont repartis punis pour avoir essayé de passer par la file "humanitaire";

Ils sont tous traités de "menteurs" par les soldats parce ce que les soldats n’ont pas été informés sur les examens (tawjihi) qui doivent avoir lieu aujourd’hui dans les écoles palestiniennes.

Une trentaine de personnes essaient de passer à pied.

Comme d’habitude, il y a une ligne "magique" derrière laquelle elles doivent attendre pour obtenir la permission de s’approcher d’un soldat.
Comme d’habitude au lieu de contrôler les gens rapidement les soldats dépensent leur énergie à obliger les gens à rester derrière cette ligne imaginaire.


En fait ce checkpoint et tous les autres ont pour but de montrer aux Palestiniens qui est le patron. Si cette activité ne s’exerce pas à tel checkpoint; elle doit l’être ailleurs et les checkpoints volants sont parfait pour ça.
La population reste totalement désemparée.

Les Palestiniens qui se rendent dans leurs écoles, leurs hôpitaux et à leur travail ne peuvent pas savoir à l’avance combien de checkpoints volants; ils devront affronter ce jour-là.

Aujourd’hui, nous avons rencontré des gens qui venaient de Jénine, tous ont parlé de nombreux checkpoints volants sur leur chemin et maintenant ils doivent attendre une énième vérification d’identité au carrefour de Tapuach.

La seule expérience positive que nous avons eue aujourd’hui, c’est avec une famille et leur trois petits enfants qui attendaient à la fin d’une longue file de voitures. Quand on leur a demandé s’ils voulaient notre aide pour obtenir la permission de dépasser cette longue file, les parents ont dit : "Non, nous attendrons comme tout le monde" "nihna zay kul e-nnas"


Ce respect de soi et le respect des autres dans la file d’attente aura été la seule chose que nous avons pu admirer au croisement de Tapuach.

Source : www.kibush.co.il

Traduction : CS pour ISM

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