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Palestine - ISM France

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Hébron -

Les forces israéliennes condamnent les portes des maisons d'une Palestinienne âgée rue Shuhada

Par

Témoignage de l'équipe Khalil d'ISM.

19.01.2015 - Cet après-midi à al-Khalil occupée, des soldats de l'occupation se sont massés rue Shuhada, ils se sont positionnés devant les portes d'entrée de deux maisons appartenant à Aamal Hashem Dundes, une Palestinienne âgée, et à sa famille. Un des soldats, brandissant un fer à souder et divers autres équipements, a condamné les portes. Les soldats et les policiers ont maintenu à l'écart les observateurs palestiniens et internationaux.

Les forces israéliennes condamnent les portes des maisons d'une Palestinienne âgée rue Shuhada

Les voleurs venus en force et avec le matériel pour condamner la porte (photo YAS)
Les soldats ont prétendu que des cocktails Molotov avaient été tirés sur la colonie sioniste voisine depuis le toit d'une des maisons. Personne n'a pu cependant expliquer pourquoi les soldats ont puni Aamal et sa famille en soudant leurs portes. "N'est-ce pas un châtiment collectif ?", a demandé un membre de l'équipe des Christian Peacemaker présent sur les lieux avec ISM. Les forces d'occupation n'ont pu donner aucune réponse satisfaisante.

La famille d'Aamal ne vivait pas dans les maisons au moment où les soldats sont venus sceller les portes - elle loue un appartement en face - mais elle et sa fille ont expliqué aux militants internationaux que les maisons appartiennent à la famille depuis des centaines d'années. Aamal est restée assise à côté des soldats pendant qu'ils s'activaient, pleurant par moment, ou discutant avec des journalistes et avec les militants locaux.

Photo

Tandis que l'incident progressait, les soldats et les policiers israéliens ont obligé les observateurs palestiniens et internationaux à s'éloigner de l'endroit où les soldats scellaient les portes et où se trouvaient Aamal et sa fille qui argumentaient en vain avec les soldats et les policiers.

En revanche, les colons israéliens de la colonie voisine, qui étaient venus rue Shuhada pour voir ce qui se passait, furent autorisés à rester tout près et à continuer à filmer même lorsque les autres personnes présentes étaient repoussées jusqu'au trottoir d'en face, puis de chaque côté de la rue, d'où ils ne pouvaient plus voir clairement la scène. Les colons ont plaisanté et ri avec les soldats, semblant très satisfaits de la situation.

Les soldats ont repoussé violemment les journalistes, les activistes palestiniens locaux et ceux de la solidarité internationale qui tentaient de documenter le comportement et les actions des forces d'occupation. Interrogés sur la raison pour laquelle ils maintenaient en arrière les militants internationaux, la réponse des soldats fut globalement, "parce que je le dis."

Au moment où les soldats ont terminé les soudures des portes, Aamal, qui souffre d'hypertension et de diabète, était à juste titre très abattue. Non seulement elle venait d'être le témoin de la confiscation des maisons qui appartenaient à sa famille depuis des générations par des soldats israéliens armés jusqu'aux dents, mais elle avait également été repoussée par les soldats lorsqu'elle a essayé de protester. Elle a dû être emmenée en ambulance à l'hôpital. Tandis qu'elle se dirigeait vers l'ambulance, elle a demandé, comme elle l'avait fait plusieurs fois auparavant, à être accompagnée par une activiste internationale. Et comme précédemment, les forces d'occupation n'ont laissé personne passer.

Aamal et sa famille vivent dans la courte partie de la rue Shuhada où les Palestiniens sont encore autorisés à marcher. Elle est entièrement fermée aux Palestiniens sur la presque totalité de sa longueur, dans le cadre de la campagne israélienne de répression contre ceux qui vivent dans et autour de la zone qui fut jadis un pôle commercial animé de la vie palestinienne à al-Khalil. La rue Shuhada, où jadis des marchés et des magasins prospéraient, est maintenant une rue fantôme. Beaucoup de Palestiniens ont déjà quitté le quartier ; ceux qui restent doivent barricader leurs portes et leurs fenêtres pour se protéger de la violence des colons. Les portes scellées aujourd'hui ne sont qu'une démonstration de plus de la répression de l'armée d'occupation contre les Palestiniens qui osent continuer à vivre dans les rues d'apartheid de al-Khalil.

Voir les photos prises par l'équipe palestinienne de Youth Against Settlements et les militants internationaux de Christian Peacemaker

Source : Palsolidarity

Traduction : MR pour ISM

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