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Gaza -

Les pêcheurs et les fermiers de Gaza : nulle part où aller

Par

Témoignage de Kevin Neish, ISM-Gaza.

13.09.2013 - Nous avons eu une réunion avec des responsables de l'industrie de la pêche commerciale de Gaza, pour écouter leurs récits et voir comment nous pouvions les aider. D'un point de vue historique, les pêcheurs de la Bande de Gaza sont parmi les familles les plus pauvres, en particulier parce que beaucoup d'entre elles ne sont pas recensées comme réfugiées et ne reçoivent donc aucune aide de l'Unwra. Leur sort a empiré avec les attaques et les restrictions imposées par les forces israéliennes. Depuis le coup d'Etat égyptien de juillet, les Israéliens ignorent les termes du cessez-le-feu de novembre 2012 qui avaient été négocié par le précédent gouvernement égyptien dirigé par M. Morsi.

Les pêcheurs et les fermiers de Gaza : nulle part où aller

Pêcheurs à Gaza-ville (Photo Kevin Neish)
Les violations récentes contre les pêcheurs palestiniens sonnent comme une triste litanie :
- réduction arbitraire de la zone de pêche de 6 à 5 miles nautiques.
- les Israéliens font maintenant des exercices militaires hebdomadaires dans les eaux palestiniennes. Hier matin, des activistes ont observé un navire de guerre israélien qui croisait au large de Gaza-ville à seulement 500m de la côte.
- la marine israélienne tirait la plupart du temps sur les coques des bateaux, maintenant elle tire directement sur les pêcheurs.
- les Israéliens tirent sur les pêcheurs de Gaza à 3 miles, 2 miles et même 1 mile de la côte. Deux pêcheurs du camp Shadi ont récemment été blessés par des tirs alors qu'ils étaient dans la nouvelle limite des 5 miles.
- une barque palestinienne légère, ancrée de manière permanente à la limite de pêche pour marquer la zone à l'intérieur de laquelle ils peuvent pêcher dans une relative sécurité, vient d'être volée par les forces israéliennes.

Malgré toutes ces provocations, le gouvernement de Gaza s'acharne à maintenir le cessez-le-feu, allant jusqu'à voter sa propre loi qui prévoit l'arrestation de tout pêcheur qui transgresse la limite à 6 miles du cessez-le-feu. Et nous, les activistes, il nous dissuade d'accompagner les pêcheurs, au cas où notre présence les encouragerait à "pousser le bouchon" et à défier les Israéliens.

Les effets de tout ceci sur les familles de pêcheurs frappent le plus durement les jeunes : pas d'argent pour l'enseignement, les vêtements, une nourriture correcte et en fin de compte pas de prochaine génération du tout, car il n'y a pas de travail, pas de logements ou de finances pour que les jeunes pêcheurs puissent fonder une famille.

Photo
Agriculteurs à Khan Younis (Photo Kevin Neish)


Et le sort des agriculteurs n'est pas meilleur, comme nous l'avons découvert lors d'une réunion récente à Khan Younis avec des fermiers dont les terres sont situées dans la "zone tampon" israélienne.

Même si c'est l'époque des semailles, ces fermiers n'essaient même pas d'approcher de leurs champs à cause des tirs des snipers israéliens. Le cessez-le-feu de novembre 2012 devait soi-disant garantir que les agriculteurs puissent travailler leurs terres jusqu'à 100m de la frontière. Mais les Israéliens ne l'ont honoré que pendant 3 mois, et maintenant ils tirent sur les fermiers à 800m de la frontière. Et même si ces derniers parviennent à semer ou à planter, ils ne peuvent pas s'occuper (de) ni arroser les plants, c'est trop dangereux. Et même s'ils arrivent à le faire, les bulldozers et les tanks israéliens traversent allègrement la "zone tampon" et détruisent en quelques minutes tout leur dur labeur.

Alors maintenant, ils envisagent d'attendre les pluies d'automne car les récoltes auront besoin de moins d'attention de leur part, et ISM sera là pour, à tout le moins, documenter chaque violation du cessez-le-feu. Mais ce sont au moins trois mois cruciaux de travail sur les terres agricoles les plus productives de Gaza qui sont perdus, dans un pays qui a un besoin désespéré de nourriture. Et avec maintenant la destruction des tunnels vers l'Egypte, il ne reste plus aux Palestiniens qu'à acheter à Israël des produits hors de prix, de second ordre et sa malbouffe.

De même, ils doivent maintenant acheter du carburant israélien deux fois plus cher que le carburant égyptien des tunnels, ce qui rend tout plus couteux, du trajet en taxi vers les fermes au pain pour nourrir leurs familles.

Les coupures électriques duraient entre 8 et 12 heures par jour, maintenant les Gazaouis n'ont du courant que 4 heures par jour. Outre l'impossibilité de faire fonctionner correctement, dans les foyers, les réfrigérateurs, congélateurs, pompes des puits, machines à laver, ordinateurs et autres pendant seulement 4 heures, pensez aux hôpitaux. L'exemple récent célèbre du médecin de Gaza qui a terminé une opération grâce à la lumière de son téléphone cellulaire à cause d'une panne de courant pourrait bientôt devenir le lot quotidien.

On dirait que l'armée israélienne essaie d'inciter Gaza à frapper Israël pour que les attaques israéliennes "de représailles" puissent commencer. Et ensuite, ce cessez-le-feu à sens unique cessera vraiment, avec des roquettes et des missiles volant dans les deux directions, et les médias occidentaux, tout d'un coup, mais bien tard, prêteront attention à Gaza.

Il y a ici un désir de paix, si quelqu'un "de l'extérieur" apportait simplement un peu de soutien.

Source : Palsolidarity

Traduction : MR pour ISM

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