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France -

Liberté de la presse - atmosphère explosive et graves dérives autoritaires dans le tribunal de Mulhouse.

Par

> abdellah.ouahhabi@online.fr

L’audience du 2 avril du tribunal correctionnel de Mulhouse est devenue complètement explosive dès que le tribunal s’est penché sur le cas du média alternatif http://www.alterinfo.net. Déjà les jours précédents, une atmosphère de chasse à l’homme avait été installée par une initiative malheureuse de la Cour en son audience du 18 février : l’avocat de Monsieur Cékici avait recommandé à son client de ne pas se présenter en personne. Mais la Cour a voulu voir me prévenu en personne. Au lieu de s’en tenir là, elle a décidé un renvoi et à la demande insistante de la substitut du procureur, le président a émis un mandat d’amener !

Pour une affaire de presse ! Du jamais vu ! Ni à Paris et encore moins en province.

Si bien que Monsieur Cekici a dû se cacher comme un voleur pendant cette semaine afin de ne pas être présenté à la Cour, menotté et entre deux policiers. La police a fait des descentes dans sa maison, dans celle de sa compagne. Les personnes présentes ont fait l’objet de propos menaçants.

Monsieur Cekici a appelé la police pour leur dire qu’il était à son bureau, mais les policiers ne voulaient pas l’arrêter dans les locaux de Alterinfo : l’image aurait été trop chargée symboliquement.

La dernière nuit, il a du dormir dans un hôtel et il s’est présenté à l’heure dite au tribunal.

Il avait gagné la bataille de l’image de l’entrée en salle d’audience. Il avait aussi établi sa dignité et sn sens de la responsabilité.

Dès avant l’audience, il avait été remarqué que l’audience serait importante parce que le couloir et la salle étaient pleins de monde. Alors la Cour a décidé de déplacer l’affaire à la fin de la journée. Certaines personnes venues assister à l’audience avaient réservé leur matinée et ne pouvaient pas attendre jusqu’à la fin de la journée et elles sont parties.

J’ai questionné des personnes qui étaient là : elles sont venues de plusieurs villes de la région parisienne, de Lyon et d’ailleurs. Cette affaire portant sur la liberté de la presse indépendante, « la blogosphère » intéressait tout le monde.

Mais le problème de la liberté de la presse et de la liberté d’expression en France était posé à travers le problème du droit de critiquer l’État d’Israël.

Aussi, j’ai voulu interviewer le président de l’UEJF (Union des étudiants juifs de France) en me présentant pour ce que je suis : un journaliste indépendant. Il m’a d’abord demandé mon nom. Je les lui ai donnés.

Puis, il a demandé si je voulais l’interviewer en tant que journaliste ou en tant que militant.

Je lui ai alors demandé si sa réponse est différente selon son interlocuteur. Il a répondu qu’il exigeait de savoir la fonction de la personne qui l’interviewe.

Quand je lui ai dit que je connaissais son adversaire, Monsieur Cekici depuis un jour seulement, il m’a demandé de lui dire d’avance les questions que je voulais lui poser. Il a catégoriquement refusé de répondre à des questions librement choisies.

Alors je lui ai expliqué que je voulais l’interroger sur les limites de l’antisémitisme selon son organisation et si ces limites interdisent de critiquer l’Etat d’Israël.

Il m’a répondu qu’il allait demander si on l’autorisait à me répondre. Il a téléphoné à Paris et la réponse fut qu’il ne devait pas m’accorder cette interview.

Ce petit épisode dans le couloir du Tribunal de Mulhouse de Grande Instance déjà que l’atmosphère était très tendue, que les « plaignants » venaient en sachant avoir le soutien des autorités mais pas du public. La suite des évènements allait confirmer cette première observation.

Comme la foule augmentait dans les couloirs du tribunal, le nombre des policiers a augmenté sensiblement.

Le président avait autorisé la chaîne franco-allemande, Arte à tourner dans la salle avant les débats.

Avant l’ouverture des débats sur l’affaire, le vice-procureur est venu en personne mettre au point les derniers détails. J’ai demandé à des avocats présents dans la salle, par curiosité, si c’était une affaire habituelle pour le tribunal de Mulhouse ; la réponse fut que c’était une affaire exceptionnelle, par son objet et aussi par la gravité des chefs d’accusation et enfin par le fait qu’elle visait un organe de presse.

L’audience a commencé avec la Cour qui s’installait.

Pendant que la Cour prenait place, je me suis présenté devant le président :

- Bonjour, Monsieur le Président. Excusez-moi : un petit point d’ordre. Je suis Abdellah Ouahhabi, le journaliste et réalisateur de télévision qui vous a envoyé un témoignage écrit en tant que professionnel de l’information pur vous aider à rendre la bonne justice dans cette affaire de droit de la presse.

- Oui, je l’ai reçu, il est là. On verra au moment venu.

- Je ne devais pas venir à Mulhouse, mais en suivant l’actualité de cette affaire, j’ai découvert une information complémentaire. Je l’ai déjà mise sur Internet, mais je n’ai pas pu vous en informer. La partie en défense a insisté pour que je vous la transmette à titre de complément de témoignage. Je n’y vois pas d’inconvénient. Je suis venu de Paris, à mes frais, pour contribuer au meilleur fonctionnement possible de la justice de mon pays.

- On verra.

Puis, je me suis présenté devant Madame la substitut du procureur en lui expliquant la même chose.

- Oui, j’ai reçu votre témoignage écrit. Je ne veux pas qu’il soit intégré à l’affaire. Et je ne veux pas de votre témoignage complémentaire. L’avocat de la défense n’a pas fait le nécessaire, à l’avance.

- Je crois savoir qu’il va le demander.

- La Cour refusera d’accéder à sa demande.

- Mais, Madame, vous ne voulez pas faire condamner une personne tout en sachant que vous n’avez pas pris en considération un élément à sa décharge pour un motif de forme. La bonne justice veut qu’on puisse libérer un accusé pur vice de forme de l’accusation et qu’on ne puisse pas condamner une personne en prétextant un vice de forme de la défense.

- Vous me faites dire ce que je n’ai pas dit !

- Excusez-moi, vous pouvez me le répéter et je peux enregistrer vos propos pour ne pas les trahir : vous refusez ou vous acceptez un témoignage en faveur de l’accusé ?

- Je ne veux plus rien vous dire.

Monsieur Cekici, le directeur de publication du site Alterinfo était représenté par un avocat de province et l’UEJF et l’Association « J’accuse », puis la Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme (LICRA) étaient représentées par deux avocats importants venus spécialement de Paris.

Immédiatement, l’avocat de Monsieur Cekici a expliqué à la Cour qu’il demandait à la Cour d’entendre le témoignage technique d’un professionnel de l’information dans les grands médias et dans Internet, Monsieur Abdellah Ouahhabi, par ailleurs essayiste politique et journaliste indépendant.

Le président lit l’objet de l’audience : statuer sur une plainte portant sur un article publié par le site Alterinfo.

Il s’agit d’un article écrit par un contributeur extérieur au site Alterinfo, que l’on trouve dans plus de cent sites Internet, cet article a été traduit en français par un contributeur extérieur à Alterinfo. Il a été mis en ligne par un contributeur extérieur à Alterinfo. Le directeur de publication l’a lu et il a trouvé qu’il était confus et pouvait se prêter, pour un lecteur mal intentionné, à l’accusation d’antisémitisme.

Il l’a donc publié tel quel, pour information du public, mais en lui adjoignant un en-tête de réserve : le texte était publié pour des aspects économiques « intéressants », mais avec des réserves portant sur les confusions concernant la judaïté qui pourraient naître chez certains lecteurs.

Le président s’est attelé à questionner Monsieur Cekici sur le fond de l’affaire.

Puis ce fut le tour de l’interrogation du prévenu : Monsieur Zeynel Cekici.

Chapeau !

Il correspond exactement à une analyse sociologique que j’ai déjà développée dans plusieurs de mes articles précédents : les enfants de l’immigration sont forcément portés à gauche, forcément anticolonialistes, anti-impérialistes, antisionistes parce que leur parents, leurs ancêtres ont souffert de ces calamités du passé. Par conséquent, compte tenu des valeurs de la République et parmi celles-ci la première qui est la reconnaissance de l’égalité de tous les êtres humains, ils sont parmi les meilleurs Français. Certes pas parmi les plus riches ni parmi les plus instruits, mais absolument et sans aucun doute possible, ils sont parmi les meilleurs enfants de la France. Parmi ces meilleurs Français, je mets biens sûr, et cela va de soi, tous les autres Français qui sont la France de la production des richesses, les Français de plus ancienne immigration qu’ils soient Juifs, Polonais, Italiens, Espagnols ou que sais-je encore.

Seulement, voilà, un vers, un virus est venu casser ce schéma : le sionisme. Il a détaché un certain nombre de Juifs de la France du labeur et de l’intellect. Il en a fait les soldats religieux d’un mythe criminel : tuer les Palestiniens, chasser les Palestiniens et occuper leur terre, se mettre au service des forces de prédation dans le monde pour un développement de l’humanité inégalitaire : interdit aux pays du Tiers Monde de maîtriser les technologies de pointes, d’avoir leurs satellites et leurs missiles, et leur énergie atomique : « Ca c’est réservé aux Blancs racistes et exploiteurs, aux colons anciens et actuels, aux empires ».

Zeynel Cekici était là au carrefour de ces forces formidables qui animent notre époque, usant d’une technologie aujourd’hui rudimentaire : un ordinateur, beaucoup de volonté, beaucoup de travail et une âme propre.

Il a répondu avec calme et certitude au président. Il a évacué tous les pièges qui tournaient tous autour d’une question précise : êtes-vous antisémite ?

La réponse évidente était : non, non et non. Et résolument non.

Le seul problème dans cette affaire, c’était le sionisme, c’était l’anti-impérialisme. C’était les quelques centaines de milliers de personnes dont la représentativité est usurpée par leCRIFet ses officines comme l’UEFJ ou « J’accuse » ou encore maintenant la LICRA.

Ce sont des organisations juives ou qui perçoivent le fait juif en France en rupture avec les Français d’origine proche ou lointaine liée à l’Afrique et à l’Islam.

Mais bon sang, comment voulez-vous qu’une ou qu’un descendant(e) d’esclave, qu’un Noir ou qu’un Musulman accepte le concept sioniste de citoyenneté à étages du sionisme ?

Ce n’est pas possible !

Alors les sionistes français veulent en faire des sous-citoyens ou des citoyens criminels ou des citoyens privés de parole : celle-ci doit être exclusivement réservée aux sionistes.

Hé bien, c’est non !

Les bons Français sont ceux qui acceptent l’Article 1 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qu’ils soient juifs ou pas.

Les Français qui refusent ce principe et son universalité, ou son application en terre de Palestine, sont de mauvais Français.

Et s’ils sont Juifs, ce sont de mauvais Français et de mauvais Juifs.

Monsieur Cekici, devant répondre à des questions précises du président, n’était pas en situation de développer tout ce que je viens d’expliquer ci-dessus. Mais tout le débat, toute l’affaire tournait autour de ces questions :

- Où s’arrête l’antisémitisme, qu’est-ce qui est antisémitisme et qu’est-ce qui est une critique recevable ?

- Peut-on critiquer un Juif pour son comportement sans être traité d’antisémite ?

- N’y a-t-il pas une forme de racisme juif tourné contre les autres et qui se cache derrière le sionisme ?

Par exemple des textes de religieux Juifs affirment formellement et démontrent que oui, le sionisme est une perversion de l’esprit, qu’il est une idéologie contraire aux intérêts des Juifs du monde, des Juifs d’Israël et aussi contraire aux intérêts de tous les habitant de la Palestine originale, Juifs et Arabes compris (lire à ce sujet le livre : « Une histoire de l’opposition juive au sionisme » de Yakov M. Rabkin, publié aux Presses de l’Université de Laval – ce livre collecte en particulier plusieurs sources de critiques rabbiniques du sionisme, exprimées en Israël et à travers le monde).

Il faut à un moment que malgré leur puissance politique que nous avons tous constaté lors de la soirée du CRIF, ces gens comprennent les limites de leurs droits : nous sommes en France et la France n’est pas une obscure officine des partis sionistes israéliens.

Les Français vont finir par se lever et crier : Stop ! Halte à cette dictature rampante, inavouée, étrangère ! Retour à notre souveraineté ! A nos intérêts nationaux et la Concorde nationale !

Pour la précision, il faut apporter au crédit de Monsieur Cekici une réponse importante et imparable :

- Mon site est antisioniste. Mais il n’est pas antisémite puisqu’il y a des sionistes arabes, turques, etc. et aussi des Français non juifs. Je suis contre les idées de tous ces gens. A contrario, tous les Juifs ne sont pas des sionistes. Alors, ce sont des racistes contre leur propre origine ? Sont-ce des malades mentaux ? Ou tout simplement des démocrates ?

À un moment, un policier présent dans la salle affirme qu’un jeune de seize ans, aussi aux premiers rangs enregistre l’audience. La (c’est une femme) substitut du procureur se lève et avec une grande colère demande au Président d’expulser le jeune homme.

Le président demande :

- Vous enregistrez l’audience ?

- Non, Monsieur, mon téléphone est désactivé comme vous pouvez demander au policier de vérifier. C’est lui, à côté de moi qui enregistre l’audience secrètement !

« Lui », c’était le président de l’UEJF !

Le président au président de l’UEJF :

- Vous enregistrez l’audience ?

- Heu… oui, peut-être…

« Lui », « la victime juive qui demandait la protection de la justice », il ne voulait pas être enregistré, donner une interview, même quand il en est informé honnêtement par le journaliste. Mais, « lui », il triche ! Et il enregistre clandestinement une audience de justice.

Le président :

- Que tout le monde pose son téléphone ici, sur le bac près de Madame la Greffière !

Brouhaha de protestation : « Nos téléphones sont éteints ! Pourquoi nous, à cause de lui ? Comment va-t-on les retrouver, on risque de se tromper d’appareil… ». Mouvements divers dans la salle pour aller déposer son téléphone. Cela fait désordre.

J’en profite pour demander à Madame la greffière :

- Est-ce déjà arrivé dans votre tribunal ?

- Non, nous n’avons jamais vu ça.

Les plaidoiries commencent. L’avocat de l’UEFJ et de « J’accuse » confirment leurs accusations : antisémitisme, diffamation des Juifs, négation de l’holocauste.

Dans son exposé, l’avocat reprend justement trois lignes du complément de témoignage que j’avais fait paraître sur Internet pour le critiquer.

Le texte cité disait :

« Les médias alternatifs sont privés des aides financières publiques qui vont aux autres grands médias ; les alternatifs ne peuvent en conséquence pas garantir une information de qualité, puis on les sanctionne pour manque de rigueur. »

Et l’avocat de commenter :

« Ils n’ont pas à diffuser une information contraire aux médias contrôlés. Ils doivent renoncer à informer le public et par exemple de lui apporter des dépêches étrangères comme celles venant d’Iran, de pays musulmans ou de Chine ou de Russie. »

J’ai alors soulevé le bras. Le Président m’a regardé :

- Monsieur le Président, l’avocat vient de citer et de commenter un extrait du témoignage complémentaire que je voulais délivrer à la Cour aujourd’hui et qu’il a pris sur Internet. J’ai le texte complet à votre disposition.

- Bien, nous verrons le moment venu, a dit le Président. L’extrait et le commentaire de l’avocat figurent dans la plaidoirie de celui-ci, nous verrons pour le texte original.

La substitut du Procureur a rajouté avec très mauvaise humeur :

- Vous n’avez pas à parler. Taisez-vous !

Je n’ai pas répondu.

Puis, l’avocat de l’UEJF a demandé au président de l’audience d’entendre le président de l’UEJF, « la victime ».

Le président a accepté.

Le président de l’UEJF :

- Il y a plusieurs antisémitismes : Nationaliste : « Tous les Juifs ne sont pas de bons Français » ; Païen : « venant de la gauche et de l’extrême-gauche : Tous les Juifs sont liés au capitalisme et à l’impérialisme » ; Conspirationnistes : « les Juifs feraient partie d’une conspiration qui viserait à contrôler le monde » ; Chrétien : « Tous les Juifs sont des ennemis du Christianisme » ; Racial : Utiliserait le prétexte selon lequel il y aurait des bons et mauvais Juifs pour critiquer indirectement les Juifs en général. En réalité, il ne peut pas y avoir de mauvais Juifs ; Utiliserait le prétexte selon lequel il y aurait des sionistes et des non sionistes pour critiquer indirectement les Juifs en général. En fait, critiquer le sionisme c’est critiquer tous les Juifs du monde ; Utiliserait le prétexte selon lequel il y aurait des Juifs Khazars et non Khazars pour critiquer indirectement les Juifs en général ; Contemporain et importé : Presse iranienne, Chiisme, Certaine presse arabe, Certaine presse musulmane, Gaza, Problème palestinien.

On trouve tous ces antisémitismes dans le site Alterinfo qui reprend souvent des dépêches iraniennes. En plus, il faut savoir que ce site reprend des articles qui viennent des USA. Mais nous, en France nous avons un haut et bon niveau de lutte contre l’antisémitisme, supérieur à celui des USA et on ne peut pas accepter tous les écrits US ou étrangers.

C’est toute la ligne éditoriale d’Alterinfo qui est en cause. Son directeur de publication refuse de collaborer avec l’UEJF pour censurer les articles et les commentaires qui ne plaisent pas à l’UEJF.

Cela nous a obligé de rechercher par nos propres moyens des auteurs de commentaires pour les faire condamner par la justice, comme on veut le faire aujourd’hui pour le directeur du site.
Et au-delà, le procès actuel vise non seulement Alterinfo, mais tous les sites indépendants des grands médias et qui véhiculent une information non contrôlée
.

Au moment où le président de l’UEJF allait s’assoir, il s’est aperçu que comme il avait parlé pendant longtemps, son ancienne place avait été occupée par une autre personne qui s’y était mise pour mieux voir la Cour. Le président de l’UEJF allait s’assoir à côté quand la substitut du procureur est intervenue très vivement en direction de la personne qui occupait maintenant l’ancienne place du président de l’UEJF :

- Vous, levez-vous ! Cédez votre place au président de l’UEJF ! Qu’est-ce que ces façons, vous ne respectez pas les victimes juives ! Allez ! Debout où je vous fais évacuer la salle !

La personne visée, un peu effrayée, s’est poussée pour laisser s’asseoir Monsieur le Président de l’UEJF.

Le président de la Cour a opiné de la tête, semblant dire : « puisque Madame la substitut le demande sans passer par moi, on ne va pas faire un clash entre collègues, devant le public sur les rôles respectifs d’un président et celui du procureur ».

Je me trompe peut-être en interprétant le silence du président. Mais Monsieur le président donnait vraiment l’impression d’être une personne pondérée, sévère, soucieuse de fournir une prestation de bonne justice.

Je peux en témoigner personnellement parce que voulant savoir quels caractères étaient ceux des personnes formant la Cour, j’avais observé quelques affaires avant celle-ci. Et effectivement, j’avais remarqué que Madame la substitut du procureur avait tendance à déborder de ses devoirs et obligations ; le premier alinéa de l’article 309 du Code de Procédure Pénale (modifié par Loi 93-1013 1993-08-24 art. 28 JORF 25 août 1993 en vigueur le 2 septembre 1993) stipule bien sans ambigüité que :
« Le président a la police de l'audience et la direction des débats.

La police de l’audience revient au président et à personne d’autre. Madame la substitut du procureur débordait de ses obligations depuis le début de l’audience.

Par exemple lorsqu’elle est intervenue sans attendre l’avis de personne et surtout en empiétant sur les prérogatives du président pour faire déplacer une personne assistant à l’audience qui s’était mise à la place du président de l’UEJF pendant qu’il déposait.

Autre exemple, lorsqu’elle m’avait dit : « La Cour ne tiendra pas compte de votre témoignage écrit et n’entendra pas votre complément de témoignage oral lors de cette audience » alors que le Code de Procédure Pénal stipule tout autre chose.

"Article 310 (Modifié par Loi 72-1226 1972-12-29 art. 6-I, 6-II JORF 30 décembre 1972 en vigueur le 1er janvier 1973) :
Le président est investi d'un pouvoir discrétionnaire en vertu duquel il peut, en son honneur et en sa conscience, prendre toutes mesures qu'il croit utiles pour découvrir la vérité. Il peut, s'il l'estime opportun, saisir la cour qui statue dans les conditions prévues à l'article 316.
Il peut au cours des débats appeler, au besoin par mandat d'amener, et entendre toutes personnes ou se faire apporter toutes nouvelles pièces qui lui paraissent, d'après les développements donnés à l'audience, utiles à la manifestation de la vérité
."

Ce n’était pas à elle de décider si le président de la Cour allait m’entendre ou non comme témoin professionnel spontané, venu de Paris à ses frais pour aider à l’émergence d’une bonne justice.

L’audience se déroulait dans une ambiance électrique parce que la salle envoyait des ondes négatives puissantes vers la Cour : des « humm », des « ooh », des déplacements de personnes sur leur siège chaque fois que la partie plaignantes citait les protestations contre Gaza comme un signe d’antisémitisme ou chaque fois que des tentatives de confusions étaient avancées entre sionisme et antisémitisme.

Puis ce fut le tout de l’avocat de la LICRA ; il a abondé dans le même sens que son collègue :
- Pour notre organisation, il y a un nouveau défi : celui d’Internet qu’il faut contrôler parce que c’est une presse qui se veut indépendante, mais c’est une pseudo-presse dans la mesure où elle critique le comportement de certains Juifs sionistes et donc directement ou indirectement Israël et les Juifs en général.

Après l’intervention initiale du président qui a présenté l’affaire, il y eut l’interrogatoire du prévenu. Celui-ci a été suivi par la présentation des griefs et des arguments de l’avocat de l’UEJF, de « J’accuse », suivi par l’intervention du président de l’UEJF en personne. Puis il y eut l’intervention de l’avocat de la LICRA.

Toutes ces dernières interventions en accusation tournaient autour d’idées éculées et racistes : on ne peut pas dire qu’il existe des mauvais Juifs quoi qu’ils fassent : il ne faut pas dire qu’il n’y a pas de mauvais banquiers Juifs, ce ne peut être que des banquiers non Juif.

Critiquer Israël ou parler des récents crimes de guerre d’Israël à Gaza, c’est faire de l’antisémitisme.

Voilà où se situait le fond du débat de la Cour du tribunal correctionnel de Mulhouse. Et visiblement, les services du Procureur de la République voulaient donner une suite concrète aux appels à la haine entre les Français, prononcés par Monsieur le Premier ministre Fillon lors de la soirée duCRIFlorsqu’il a très habilement confondu antisionisme et antisémitisme.

Il avait alors promis des mesures très vigoureuses contre les sites internet :

« Si la lutte contre le racisme est impérative, elle ne saurait être le prétexte aux mêmes amalgames et aux mêmes hypocrisies qu’en 2001 (En 2001, l’ONU avait condamné le sionisme comme une forme de racisme).
Nous n’accepterons pas que l'État d'Israël soit stigmatisé, nous n'accepterons pas que sa politique soit calomniée, ni que la communauté juive, dans son ensemble, soit flétrie…
Le 8 janvier dernier, les parquets ont reçu des instructions face à la recrudescence des actes à caractère antisémite.
Elles prévoient :
- de privilégier les réponses pénales rapides et fermes ;
- de retenir la qualification pénale, avec la circonstance aggravante du mobile raciste, antisémite ou xénophobe, dès que les conditions pénales sont remplies
Parmi les condamnations prononcées, plusieurs dizaines concernent des provocations à la discrimination par voie électronique. Nous devons veiller à ce que les nouvelles technologies ne deviennent pas, à leur tour, le canal de la haine.
Dans cet esprit, j’ai confié à Isabelle FALQUE-PIERROTIN, déléguée générale du Forum des droits sur Internet, une mission sur l’antisémitisme et le racisme dans les réseaux numériques. Il s’agit de nous doter des instruments et des moyens d’imposer sur l’internet les règles légales et les principes éthiques qui prévalent dans tous les autres médias
. »

En établissant une confusion entre le sionisme et Israël, Monsieur le Premier ministre a sciemment voulu marginaliser, voire criminaliser au moins une partie des dix millions de Français hostiles au sionisme et au racisme sioniste. Puis en niant la réalité de ce sionisme, constaté à maintes reprises par les instances qualifiées de l’ONU, il met la France en marge de la communauté internationale… sauf à applaudir aux décisions de l’ONU de l’époque coloniale, lorsqu’elles ont créé Israël, puis à les dénoncer lorsqu’elles critiquent le racisme intrinsèque, consubstantiel de la société israélienne.

Comme on l’a vu, la direction des services du Procureur était au rendez-vous de l’appel venu d’en haut et elle est descendue jusque « dans l’arène » renforcer la volonté de la substitut.

Et effectivement, celle-ci par sa personnalité légèrement trouble (comme on va le voir), va empiéter sur les prérogatives du président et se trouver à l’origine d’un clash mémorable.

Maintenant, c’était le tour de Madame la substitut du Procureur.

À l’observer, elle dégage une impression de personnalité en léger déséquilibre. Elle s’assied mal sur son siège. Elle est obèse. À un moment, en cours d’audience, elle mâchait un chewin-gum ou un aliment. Cela portait atteinte à la dignité de sa fonction. Elle est intervenue à plusieurs reprises en lieu et place du président. À d’autres moments, elle a semblée excédée qu’il ne soit pas plus autoritaire avec le public. Elle l’a montré par des gestes démonstratifs qui lui étaient destinés.

Personnellement, j’ai compris qu’elle avait un léger trouble de la personnalité, traduit somatiquement par son obésité, par son genou qui bouge de manière rythmique et dépasse de sous le pupitre. Elle avait certainement besoin d’un aide médicale, soit par l’endocrinologie soit par la psychologie, soit par les deux. Elle perdrait du poids et serait certainement mieux dans sa peau. Les audiences en gagneraient en sérénité.

Soyons précis : je ne dis pas que la profession de procureur doit être interdite aux personnes obèses ou handicapées de quelque sorte. Je dis que cette personne avait un léger dérèglement de la personnalité et que ce dérèglement était suggéré par une certaine relation à la nourriture (obésité et chewin gum), par des gestes rythmés limite inconscients (bouger le genou de manière rythmique) et par un autoritarisme inadéquat, par une colère contenue qui se lâche contre des personnes presque prises au hasard, comme on va le voir.

Pourtant, ce devait être une magistrate confirmée par ailleurs puisqu’elle avait à ses côtés une magistrate stagiaire… de couleur !

Hé oui, la démocratisation de notre société avance même dans ces pires circonstances. Il ne faut pas tout voir en pessimiste ou en optimiste, même si au présent, c’était le côté pessimiste qui dominait…

Alors elle commença son réquisitoire.

J’étais à ma place au milieu du public, et j’avais décidé de prendre en note son texte. Comme ce texte allait être important, je notais en rouge.

Elle avait sûrement été sensible à l’ambiance électrique de la salle. Ambiance à laquelle elle avait contribué pour une part, notamment en supplantant ponctuellement le président.

Et elle décida de faire la leçon au public avant de s’occuper du prévenu. Mais là, emportée par son tempérament et/ou par les instructions qu’elle avait reçues, ou encore par le souci de bien se faire voir par la hiérarchie – allez savoir comment fonctionne une âme humaine), elle commit une très grave erreur de discernement.
Elle fit un geste en ma direction pour dire que c’était de moi qu’elle parlait et elle prononça la phrase suivante :

- Des règles de droit ne sont pas imprimées dans la tête de certaines personnes dans cette salle, comme ce monsieur…

C’était une insulte, déjà une voie de faits.

J’étais depuis un jour à Mulhouse pour aider la justice à prononcer une bonne décision sur une question sur la liberté d’expression et la liberté de presse au sujet d’une affaire concernant une personne que je ne connaissais pas deux jours auparavant ! J’avais fait 550 km en train et j’allais faire autant pour le retour ; j’avais payé un hôtel. Pour aider la justice.

J’étais un homme de soixante trois ans. J’ai fait deux ou trois fois plus d’années d’études universitaires que cette dame. J’ai assumé des fonctions bien plus importantes qu’elle aujourd’hui, au fait de sa carrière.

Je n’étais pas un prévenu, mais un citoyen français avec un casier judiciaire vierge.

Et Madame la substitut du procureur obèse qui mâchait du chewin-gum pendant l’audience tout en bougeant de manière rythmique et nerveuse le genou m’invectivait en public sur un ton et avec des mots limite corrects empruntés à des jeunes de la banlieue mal élevés !
Pourquoi ? Je n’avais été mêlé à aucun des incidents de l’audience.
Parce que je lui avais demandé si elle avait reçu mon témoignage écrit ?

J’étais ici pour le bien de mon pays, pour une bonne justice ; j’attendais une forme de remerciement discret pour un geste citoyen. J’étais aussi une personne neutre, un journaliste en train de faire son travail. Je n’étais pas venu à Mulhouse pour être insulté de la sorte, en public... J’ai vu qu’elle voulait continuer dans ce registre et j’ai décidé de stopper ces insultes non méritées.

Arte et la presse locale et la presse associative étaient présentes. Voici ce que je lui ai dit, selon le quotidien l’Alsace du 3 avril 2009 :

- Madame, vous nous bafouez. Nous sommes dans un Etat de droit. Madame, vous bafouez le droit !

À partir de ce moment, Madame la substitut a perdu son contrôle, elle a commencé à hurler :

- Taisez-vous !
- Cessez de m’insulter. N’insultez pas un témoin. N’insultez pas l’auditoire.
- Je vous fais quitter la salle ! Quittez la salle !
- Si c’est vous qui ordonnez ici, d’accord ! Je sors !


Dans la salle tous ces gens que je ne connais pas, réagissent vivement :

- S’il sort, alors nous sortons tous !

La substitut s’énerve encore plus :

- Alors, Monsieur, je vous fais auditionner pour outrage ! Greffier, prenez son identité.

La Greffière :

- Votre nom et prénom et adresse ?
- Voilà, je vous donne ma carte nationale d’identité ! Notez-les, Madame. Je reste à la disposition de la justice. Je peux répondre de mes actes dès à présent ou plus tard. Comme vous voulez
.

La substitut :

- Je vous mets en garde à vue !
- C’est vous qui décidez dans cette salle ? Alors je commence à enlever ici mes lacets ?


Je joins le geste à la parole.

Le président veut calmer la situation et s’adresse à la substitut, à moi-même et à la salle :

- Cessez ce cinéma !
- Ce n’est pas moi, Monsieur !


La substitut :

- Gardes, saisissez-le et emmenez-le !
- Puisque vous me faites arrêter, le journaliste que je suis vous dit que vous menez cette audience uniquement à charge. Vous défendez une certaine cause.


Remarque :
Ces derniers propos sont postérieurs à la décision de me mettre en garde à vue et ne peuvent pas être invoqués pour la justifier a posteriori.


Les policiers hésitent, regardent tout à tour le président, puis la substitut.

Dans la salle, c’est la révolution. Les gens se lèvent, crient ensemble :

- Nous aussi on veut aller en garde à vue !

Le chef de la police appelle des renforts. Deux policiers me demandent de sortir par la porte derrière les magistrats, d’habitude réservée à l’entrée et à la sortie de la Cour. Je me retrouve dans la salle de délibération où je demande à un officier de police :

- Quel est mon statut actuel ? On m’a demande de produire mes papiers pour une audition ultérieure, je l’ai fait. Le président n’a rien dit au sujet d’une garde à vue. Alors je peux partir ?
- Non, vous ne partez pas !
- Suis-je en garde à vue ?
- Non, vous n’êtes pas en garde à vue.
- Mais alors, je ne suis pas agité, je ne crie pas, tout est calme, je suis donc libre d’aller et de venir !
- Non !
- Quel est mon statut actuel ?
- Je ne sais pas. Mais vous ne bougez pas. On attend les ordres.


Dix minutes plus tard, un autre officier de police est venu me déclarer que j’étais en garde à vue. Mais, dans le désordre, avec les cris dans le couloir : « Justice ! Justice ! » ou encore « Israël assassin ! Sioniste fasciste », l’officier de police judiciaire a oublié de m’annoncer la garde à vue et il ne m’a pas fait signer le papier correspondant. Il ne m’a pas dit mes droits.

J’ai été menotté à ce moment et emmené dans un fourgon de police comme un délinquant.
Ajoutez la fouille au corps.
Ajoutez le fait de vider tous ses papiers personnels devant des policiers corrects mais inconnus.
Ajoutez le fait d’être privé de ses lunettes.
Ajoutez le fait de devoir tenir son pantalon avec les mains.
Ajoutez le fait de devoir porter des chaussures qui vous tombent des pieds parce que délacées.
Ajoutez le fait de devoir poser comme un criminel pour des photos de délinquants.
Ajoutez les mains noires d’encre pour être fiché.
Ajoutez la cellule de deux mètre par un mètre cinquante au confort très spartiate.
Ajoutez que vous n’avez plus votre montre.
Ajoutez que ne pouvez pas pu prendre un livre à lire.

Tout cela, ce traitement humiliant était en plus inutile puisque je proposais toutes les garanties de représentation ; si j’avais commis un quelconque délit, Monsieur le président pouvait m’ordonner de me présenter à la date qu’il aurait choisie pour me faire auditionner et m’imposer de répondre de mes actes.

J’étais prêt et je suis prêt à en répondre parce que je suis encore convaincu que Madame la substitut obèse qui mâchait du chewin-gum pendant l’audience n’avait pas le droit d’insulter un témoin, un journaliste indépendant, venu spontanément aider la justice.

Même un procureur a des obligations de respect de la personne humaine. Il peut stigmatiser un coupable. Il n’a pas le droit d’insulter un témoin ou un auditoire dans des termes de mépris et d’un air arrogant et supérieur.

Dans le cadre de sa fonction, même un procureur doit surveiller sa tenue et son langage.


Je rappelle que j’ai soixante trois ans, que j’ai plusieurs diplômes supérieurs, que j’ai enseigné dans le supérieur, que j’ai participé en tant qu’enseignant à des formations de perfectionnement de réalisateurs en fonction, que je suis un cadre supérieur de l’audiovisuel, que je suis auteur d’essai politique, que j’ai réalisé et produit plus de 500 heures de la principale chaîne de la télévision publique, plus particulièrement des programmes politiques.

Je rappelle que dans cette affaire, je n’étais ni prévenu ni complice, mais un témoin spontané désireux d’aider la justice de son pays à ne pas commettre une erreur judiciaire en interprétant comme antisémite des déclarations, des écrits antisionistes, c’est-à-dire des écrits antiracistes conformes à la Constitution et aux valeurs universelles de l’ONU, mais contraires à la politique du gouvernement.

Je voulais défendre la liberté d’expression et la liberté de la presse et voilà comment j’étais traité : abus d’autorité, voie de fait, humiliation.

Je rappelle enfin que j’étais un journaliste et que c’est en tant que tel que j’avais adressé une semaine auparavant un courrier recommandé avec accusé de réception à Monsieur le Président et à Monsieur le Procureur.

Indiscutablement, l’audience avait été menée de manière à choquer ostensiblement l’auditoire. Et envers moi, dans le cadre de cette politique, il y avait eu abus d’autorité, voie de faits, atteinte à la dignité humaine.

De plus, la Cour a décidé de ne pas m’entendre. Parce qu’étant en garde à vue, le président pouvait me faire venir pour témoigner – le but de mon voyage à Mulhouse.

La Cour a donc décidé de juger de la culpabilité de Monsieur Cekici, sans tenir compte de tous les arguments, de toutes les preuves, de tous les témoignages en sa faveur. Elle faisait jouer un léger vice de forme de son avocat.

Je repose ma question adressée dans un premier temps à Madame la substitut :
La justice française peut-elle condamner une personne au motif qu’un vice de forme était opposable à la prise en compte d’un témoignage technique très important ?

Après une interruption due aux manifestations du public après mon arrestation, dans la salle d’audience et devant l’entrée du palais de justice, l’audience a repris « comme si de rien n’était ».

La Cour a prononcé d’abord un délibéré jusqu’au 28 mai, puis quelques minutes après, elle a reporté le délibéré au 4 juin (à vérifier – je n’y étais pas).

Plus tard, on m’a rapporté que des gens ont vu la substitut sortir du Tribunal, avec un grand verre en carton – genre Coca de Mac Donald – à la main.

Elle a vraiment des problèmes de personnalité…

Lors de ma garde à vue, j’ai tout de suite réclamé un avocat pour déposer un référé d’heure à heure pour demander ma libération immédiate car due à un abus d’autorité et pour voie de faits contre un journaliste dans l’exercice de ses fonctions et aussi alors qu’il se présentait comme témoin spontané.

Mis en garde à vue à 14 heures 15, je n’ai été libéré qu’à 19h30.

La loi prévoit que je devais voir un avocat d’office dans les trois heures. Ce droit n’a pas été respecté sous des prétextes fallacieux !

Lors de la prise de ma déposition par une officier de police judiciaire (une jeune femme très sympathique et « très pro »), les services du procureur ont imposé l’insertion de plusieurs lignes de texte selon la version Madame la substitut obèse qui mâchait du chewin-gum pendant l’audience. Un texte manuscrit a été apporté à l’OPJ et le commandant lui a demandé de les inclure dans ma déposition. J’ai compris qu’il s’agissait d’un texte manuscrit de la main d’un substitut ou alors directement du patron du parquet de Mulhouse.

Cela a été fait sous la forme d’une question longue, longue, très longue… une question-scénario de fiction. Une question mensongère avec des confusions de chronologie.

J’ai donc suspendu ma déposition et je me réserve de préciser les faits devant un juge.

Par son chewin-gum, par ses colères intempestives, par sa propension à assumer les fonctions de l’accusation publique et de la présidence de la Cour, par la décision d’une garde à vue qui ne servait à rien sinon à humilier, par les mensonges que le Parquet a tenté d’inclure dans ma déposition, les responsables ont porté atteinte à la dignité de la fonction de procureur et à la dignité de la Cour.

J’ai décidé de déposer plainte contre Madame la substitut obèse qui mâchait du chewin-gum pendant l’audience et contre le tribunal de Mulhouse.

Ainsi l’affaire du site Alterinfo s’est muée en deux affaires distinctes :

- La fausse accusation d’antisémitisme de sites alternatifs antisionistes, dont Alterinfo ;
- La fausse accusation d’outrage à magistrat, consécutive à une provocation de la substitut du procureur de Mulhouse qui est obèse et qui mâche du chewin-gum pendant l’audience. Elle vise à intimider les journalistes d’opposition ou indépendants.

Il y a là une atteinte très grave à la liberté de presse, à la liberté d’expression, à la justice équitable dans le but d’imposer par la force l’idéologie sioniste que veut promouvoir le gouvernement actuel de la France, contre les stipulations expresses de la Constitution française et les traités internationaux relatifs aux droits de l’homme (égalité universelle de tous les êtres humains), auxquels la France a souscrit.

Après les aventures que j’ai vécues lors de ma tentative d’aller à Gaza comme un journaliste indépendant, je constate des difficultés extrêmes à exercer le métier de journaliste lorsqu’on s’oppose à certains groupes de pression.

Oui, je suis identifié comme un défenseur des droits de l’homme, plus particulièrement pour la traduction dans les faits des droits civiques des citoyens français défavorisés et les Musulmans sont les plus nombreux. Des groupes de pressions proches du pouvoir veulent les faire renoncer à leur religion par des procédés illégaux, par des lois vestimentaires expresses. On veut les formater comme furent formatés et christianisés et transformés en prédateurs des pays pauvres les Musulmans du septième et huitième siècle : il n’en reste plus que des patronymes comme Morel, Moreau, Morin, etc.

Or la religion ne doit pas s’imposer par la force, par des privations de droits, par des bricolages juridiques et judicaires, par l’institution de la haine et de la domination entre les différentes composantes de la société française.

Pour toutes ces raisons, j’ai décidé de saisir notre Président de la République et son Premier ministre au sujet du discours prononcé devant le CRIF.

J’ai décidé aussi de saisir les institutions internationales.

Je sollicite l’aide de toutes les institutions, de tous les États, de toutes les personnes qui veulent promouvoir plus de démocratie chez nous, notamment pur l’émergence sociale, culturelle, économique et politique des dix millions de Français issus de l’esclavage et des anciennes colonies.

Le quotidien régional, les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA) daté vendredi 3 avril a titré : « Mulhouse : Tribunal correctionnel – Audience sous tension ».

Affaire à suivre…

Chers lecteurs, je vous tiendrai au courant.

Samedi 4 avril 2009,

Abdellah Ouahhabi

Source : Alter Info

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