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Palestine - ISM France

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Gaza -

Mardi, attaque depuis la mer

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La nuit dernière a été une course mouvementée pour se rendre à notre maison de Jabaliya peu après la tombée de la nuit, plus il fait nuit, plus le danger est grand. Dimanche soir, d'autres engagements nous ont retardés, et au téléphone, la famille nous a dit que toute voiture sur la route serait sûrement prise pour cible et qu’ils ne pourraient plus supporter d’autres pertes, même des nouveaux amis comme nous. Donc, nous sommes arrivés vers environ 18h hier soir, et F nous a dit qu'ils n'avaient passé que de brefs moments en dehors de la cave ce jour-là, puisque les bombardements ont commencé à 5 heures du matin.

Mardi, attaque depuis la mer


Photo-Mohammed Rujailah : Les trois enfants de la famille Hamadan tués dans un bombardement à Beit Hanoun

La nuit a été supportable ; un hélicoptère Apache semblait être perché au-dessus de la maison un certain temps, mais cela signifiait qu’il tirait des missiles loin de nous. Juste avant l’aube, cela a été le contraire et les explosions étaient assez fortes. Au cours de la nuit, l'Université Islamique a été bombardée pour la deuxième fois, et le port a continué à être la cible des attaques - comme à peu près l’ensemble de la Bande de Gaza.

Dans la matinée, nous sommes allés documenter certaines des attaques qui s’étaient déroulées au cours des dernières 48 heures dont F nous avait parlé. Très peu de temps après que nous soyons sortis, nous avons entendu le "whoosh" d'un missile (qui vous donne suffisamment de temps pour vous inquiéter, mais pas suffisamment pour vous échapper), puis l'impact et nous avons vu la fumée s’élever, en provenance de la maison que nous venions de quitter.

E a téléphoné à F. qui a constaté qu'il était tombé à côté de celui de samedi soir, tout le monde allait bien, mais était perturbé et effrayé.

En continuant le long de la route, nous avons vu le camion détruit dans lequel le père et cinq fils de la famille Samoor ont été tués à 16h lundi après-midi, alors qu’ils allaient chercher du métal pour réparer des bâtiments endommagés. Un témoin a décrit comment la vision de cette attaque depuis leur maison voisine avait affecté ses enfants.

Nous avons continué notre documentation par le bombardement d’une laverie et d’un atelier de menuiserie, les roquettes ont détruit plusieurs maisons voisines du magasin d'ameublement, et endommagé 3 maisons voisines. Les enfants des familles Abdul Hakim Aïd et Eïd Saïd Eid, âgés de 4 mois, 4 ans et 6 ans, ont été blessés dans l'attaque.

Chez Akram Al Kanwa qui a 10 enfants, 7 ont été blessés, dont 2 sont encore à l'hôpital. Une odeur âcre était dans l'air, conséquence de l'incendie de produits chimiques qui a demandé 13 heures aux pompiers pour l’éteindre.

On nous a ensuite emmenés dans un élevage de poulets, qui était tout simplement un sous sol d'un bâtiment, ouvert sur l'extérieur, avec de la sciure de bois au sol, un endroit sympa pour les poulets dans des circonstances normales, mais ce n'était plus ce qu'ils avaient. Soit en conséquence du choc, soit un effet physique d'une explosion voisine il y a 3 jours, 11000 poulets étaient morts. Les 1000 survivants erraient parmi les corps que l’agriculteur ramassait au râteau pour les mettre dans des sacs.
Végétariens, regardez ailleurs : c’est 11.000 repas de moins pour les familles de Gaza, sans compter les oeufs.


Jameel Abdallah, accompagné de ses fils Abdullah et Faisal, âgés de 5 et 2 ans, nous a montré l'énorme cratère dans un champ à côté de leur maison creusé lors de l’attaque de dimanche, qui a probablement détruit une canalisation d'eau potable, ce qui était l’objectif.

D'autres personnes nous ont dit que 12 adolescents étaient morts ce jour-là alors qu’ils ramassaient du bois à brûler. Et alors que nous écoutions, EJ a appelé de l'hôpital de Beit Hanoun. Elle, A et M avaient été témoins de l'arrivée d’Ismail, 10 ans, de Lamer, 4 ans, et d’Haya, 12 ans, de la famille Hamadan, qui avaient été bombardés ce matin-là, alors qu’ils allaient jeter la poubelle. Ils ont vu les médecins tenter vainement de ranimer Haya. Lamer est décédé plus tard à l'hôpital, et Ismail a survécu.

(Je ne mettrai la photo qui va avec cette histoire que plus tard, car elle doit paraitre d'abord dans un grand journal espagnol, pour contribuer aux maigres revenus d’un ami palestinien) Soit dit en passant, ils ont dit qu'ils ne pourraient accepter de publier une photo de quelqu'un mort que si leurs yeux étaient fermés. Nous en avons parlé un peu ce soir. E et moi pensons que si les parents d’un enfant doivent le voir morts sans "aseptisation", alors nous devrions tous le voir.

Aujourd'hui, à l'hôpital Al Shifa, le Dr Halid nous a donné un cours de premiers soins, au cas où nous nous trouvions dans des ambulances ou que nous soyons les premiers à arriver sur les lieux d'une attaque, et nous nous sommes cathétérisés les uns les autres. Comme il est de tradition dans ces formations, le plus grand et le plus fort - V – s’est transformé en le plus faible.

Le Dr Halid nous a dit qu'il avait maintenant 29 ventilateurs dans l'unité des soins intensifs. Normalement, ils ont 12, mais comme les blessés les plus graves sont transférés ici, ils en ont récupéré d’autres dans les autres hôpitaux, et maintenant il n’y en a qu’une poignée ailleurs. Donc, en clair, seuls 35 malades dans l'ensemble de la bande de Gaza (sur, rappelez-vous, 1,5 million de personnes,) peuvent être maintenus en vie s’ils arrivent inconscients et ont besoin de ventilateurs. Même si quelqu'un n'en a besoin qu’une journée pour que son corps retrouve ses fonctions vitales, s'il n'y a pas de ventilateur libre, c’est un jour de trop.

Il nous a dit aussi qu’hier, quelqu'un prétendant être des "Forces de Défense Israéliennes" a téléphoné à l’hôpital d'Al Shifa pour dire qu'il devait être évacué parce qu’il serait bombardé. L’hôpital Al Shifa a refusé par principe et par nécessité. Il n'y a pas d'endroit où évacuer les malades. Parfois, ce sont des canulars. Parfois non. Cette même menace par téléphone a été faite ces derniers jours à des personnes dans leurs maisons. Les gens sont partis. Leurs maisons ont été bombardées.

Aujourd'hui, ce fût une journée fatigante. Cet après-midi, j'avaisbesoin de télécharger toutes les expériences et les informations que j'ai recueillies au cours de la soirée, de la nuit et de la matinée. Sinon, il n'y a pas suffisamment de place dans ma tête. Mais aujourd'hui, j’ai trouvé un internet café sans internet. Et puis je suis allé au suivant et le téléphone n'a pas cessé de sonner pendant une heure. Je n’ai même pas eu le temps de manger et encore moins de commencer à taper.

Et puis quand je revenu là-bas après la formation de l'hôpital, le café (peut-être parce qu'il est généralement occupé par une poignée de journalistes) a eu sa propre alerte à la bombe et nous avons tous été virés brutalement. Nos deux autres internet café avaient abandonné et fermé.

Ce matin aussi, nous avons entendu que le Dignité - dont j'ai oublié de vous dire hier qu’il tentait de venir d'urgence dans la bande de Gaza aujourd'hui – s’est retrouvé face à 11 navires israéliens dans les eaux internationales qui lui ont tiré dessus, à 5 heures aujourd'hui, à 90 km de la bande de Gaza et 45 milles nautiques de la côté israélienne.
Les navires israéliens leur ont dit qu'ils devaient retourner à Chypre sinon Israël les arrêteraient car "ils transportaient des terroristes». (Vous pouvez voir la liste des passagers sur www.freegaza.org). Les gens du Dignité leur ont répondu qu'ils ne s’arrêteraient pas, et les navires israéliens ont répondu en ouvrant le feu et en leur fonçant dessus.

Cela a endommagé le moteur et fait une brèche dans la coque. Le Dignité a commencé à prendre l'eau, ce qui les a obligés à lancer un appel SOS. Les gens du FreeGaza à Chypre ont perdu contact avec eux pendant un certain temps, mais plus tard ils ont entendu qu'ils avaient réussi à réparer le moteur et qu’ils se dirigeaient vers un port du Liban, où ils ont été accueillis par les autorités de ce pays, et nous avons appris maintenant qu'ils étaient en sécurité. Et Dieu merci, ils tentent de trouver un nouveau bateau pour tenter à nouveau dans les plus brefs délais.

À l'heure actuelle, nous travaillons dans un appartement en bord de mer, qui semble être le seul endroit dans l'ensemble de la bande de Gaza qui ait, ce soir, de l'électricité et Internet.

20h40 : Alors que je tape, j’entends le bruit d’un bombardement venant de la mer. Vérification par téléphone : le bureau du Premier Ministre est totalement détruit.

Il y a 5 minutes. Un autre sifflement. Je m’accroupis cette fois-ci. (oui, comme si cela pouvait aider.)

Juste maintenant, beaucoup plus proche - nous entendons le bruit de l'explosion. Après réflexion, nous sortons de la pièce.

Quoi qu'il en soit, je vais - hmm, celui-ci a secoué le bâtiment.

Dans les entretiens que j'ai fait, ils ont continué à me demander : Etes-vous dans un endroit sûr en ce moment ? Et je réponds - à l'heure actuelle, il n'existe pas de tel endroit dans l'ensemble de la bande de Gaza.

Source : http://www.palsolidarity.org/

Traduction : MG pour ISM

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