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Israël -

Matan Kaminer : "L’occupation est un crime"

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Je n’ai pas décidé en une journée de refuser, je suis passé par les premiers tests militaires, en croyant que je trouverais un moyen de servir sans participer directement à cette sale machine de l’occupation, et que si je devais refuser un ordre immoral, je saurai le faire et en assumer les conséquences dans le cadre de l’armée.

Le droit de tout Palestinien, en tant qu’être humain, à la démocratie est violé quotidiennement par la loi de l’armée israélienne.

Nous constatons aussi que c’est loin d’être une situation temporaire. Dans de telles circonstances n’importe quel peuple opprimé combattrait pour son indépendance – et ce serait son droit.

Plus une occupation se fait brutale et oppressive et plus elle se heurte à la résistance ; cette résistance peut franchir la ligne de l’immoralité, et quand elle le fait, c’est pour être condamnée, mais ça n’annule par le droit de réclamer son indépendance et son autonomie et de décider pour soi-même ce que sera son futur.

L’occupation peut être plus ou moins cruelle. Par exemple, l’occupation japonaise de la Chine dans les années 30 a été beaucoup plus terrible que celle qui a cours dans les Territoires.

Et de la même façon que la réalité de l’occupation ne peut pas justifier les atrocités de l’occupé, elle ne peut pas non plus les justifier de la part de l’occupant.

Ces deux sortes d’atrocités qui peuvent et devraient être interdites dérivent néanmoins de l’existence de l’occupation.
L’occupation transforme les gens en objets. Qu’ils deviennent des « atouts » ou « des accros à la drogue » (pour reprendre les mots d’un général israélien). Cela les rend invisibles et sans importance. Même quand l’occupant reconnaît qu’ils pourraient avoir certains droits, ils sont toujours rejetés pour « raison de sécurité »- ce qui est en vérité une raison de convenance – L’occupation est un terreau fertile pour l’atrocité.

Les soldats d’une armée d’occupation sont dans une situation impossible. Ce sont des hommes de guerre entraînés à affronter d’autres hommes de guerre.
Ce ne sont ni des travailleur sociaux, ni des médecins, des avocats, des juges ou des maires mais on leur donne souvent les responsabilités qui seraient celles de ces professionnels.

En tant qu’hommes de guerre, ils utilisent les outils qu’ils connaissent : les ordres, la distance émotionnelle, la menace, le fusil.

Quand ils sont sadiques ce n’est pas parce qu’ils ont en eux, depuis toujours, un mauvais démon mais parce qu’ils n’ont aucune liberté en tant que soldats d’occupation pour traiter de personne à personne.

C’est pourquoi ils crient, battent humilient et assassinent.

Ils sont en pleine confusion intérieure quand ils rentrent chez eux.
Alors, ils ont l’habitude de ne pas traiter de personne à personne ;
ils crient, battent, humilient et votent pour l’Union Nationale.


Refus : je n’ai pas décidé en une journée de refuser, je suis passé par les premiers tests militaires, en croyant que je trouverais un moyen de servir sans participer directement à cette sale machine de l’occupation, et que si je devais refuser un ordre immoral, je saurai le faire et en assumer les conséquences dans le cadre de l’armée.

Mais avec le temps, avec l’oppression qui empirait dans les Territoires et la perte d’un horizon de paix au cours de l’Intifada, j’ai commencé à comprendre que ma conscience ne rendrait impossible de participer même indirectement au travail de l’occupation.


Je ne pense pas qu’il y ait aucune personne sérieuse au monde qui puisse avancer, d’un point de vue moral, qu’on ne doit jamais refuser un ordre.

Il est évident qu’il y a des ordres tellement immoraux qu’on ne doit pas les respecter eu égard à leur légalité.

La seule question qui vaille est celle-ci : quels sont ces ordres ? C’est une question de conscience.

Tous les arguments que j’ai donné ici étaient dans mon esprit quand j’ai décidé de refuser l’ordre de rejoindre l’armée.

Je suis tout à fait conscient que les IDF (Forces israélienne de Défense) ne font pas leur politique, que l’occupation est une politique décidée par le gouvernement élu d’Israël.

Je proteste de toutes les façons possibles contre ce gouvernement et tout gouvernement d’occupation ; mais ce n’est pas assez.

Ma conscience m’interdit de faire allégeance à une organisation qui conduit cette politique haineuse et de répondre à ses ordres.

Je ne suis pas contre l’Etat d’Israël, le peuple d’Israël ou la société israélienne .

Ma conscience me demande de faire tout ce que je peux pour la société d’Israël, la société à laquelle j’appartiens. J’ai seulement agi comme ça dans le passé et je continuerai dans le futur.

L’occupation est un crime terrible, immoral, cruel, un crime contre une autre société et dont les doigts horribles pénètrent notre société et l’empoisonnent.

Je ne peux pas rejoindre l’armée dans une situation pareille ; je ne peux que demander que ma conscience soit reconnue et qu’on me permette de faire un service civil au lieu du service militaire. Je souhaite sincèrement m’engager dans un service qui aurait pour but la liberté de la société israélienne

Source : www.refuz.org.il/

Traduction : CS pour ISM-France

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