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Palestine - ISM France

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Ramallah -

Mes lunettes survivront

Par

J’ai assisté à une bonne dizaine de manifestations le mois dernier en Palestine, et je me retrouve avec un profond sentiment de frustration.
J’ai vu des palestiniens non violents brutalement tabassés par l’armée.
Je suis fatigué de voir ces gens arrêtés, fatigué de voir arrêter leurs alliés israéliens.
Je suis fatigué de respirer les interminables jets de gaz lacrymogènes.

Mes lunettes survivront


Des femmes palestiniennes portant une banderole tentent de s'approcher du bulldozer.
Voir les photos des manifestations à Bil'in :
http://gallery.cmaq.net/album42
et http://gallery.cmaq.net/album43

Lors d’une manifestation, au début de ce mois, j’ai été littéralement tabassé par des militaires, frappé en pleine tête à coups de fusils et mes lunettes ont été brisées.

Une fois de plus aujourd’hui un soldat furieux m’a boxé en plein visage alors que je me tenais calmement dans un champ où des bulldozers détruisaient des arbres pour l’implantation du mur illégal d’Israël. Mes lunettes ont été de nouveau quasiment brisées. J’adore ces lunettes (elles ont une jolie monture noire et m’aident à voir). Ca me met d’autant plus en colère que grâce à elles, j’ai été témoin de la destruction totale et absolue des belles fermes palestiniennes.


Je n’ai pas été à une seule manifestation en Palestine qui n’ait été déclarée zone militaire fermée par les forces d’occupation israéliennes. Ce qui me fait dire que c’est l’acte même de manifester en Palestine qui est illégal.

Israël donne souvent l’impression d’un nuage noir qui s’abat sur ces coteaux (palestiniens), et il use d’arguments pseudo juridiques pour justifier ces averses catastrophiques.


La manifestation d’aujourd’hui était contre la construction du mur d’Apartheid à Bil’in.

Bil’in compte 400 habitants, et se situe près de Biddu à l’ouest de Ramallah C’est terriblement déprimant de voir comment la terre est violée à l’intérieur et autour de Biddu pour le tracé du mur.

Des vergers d’oliviers ont été rasés, des fermes forcées à l’abandon ou démolies et des champs fertiles transformés en espaces stériles ou en en zones arides. Ces espaces sont là, dans l’attente de l’énorme mur de béton qui va être érigé.

Nous avons défilé jusqu’à la terre des villageois de Bil’in. A travers leurs slogans et leurs chants, on pouvait sentir leur intense attachement à ces terres – un attachement qu’aucun mot n’est capable de décrire.


A Bi’lin, les gens appartiennent à leur terre. Ils en vivent et ils l’aiment. Maintenant elle va leur être arrachée pour construire un mur.
Ce mur va les punir pour leur nationalité mais ils se battront contre ça.

C’était vraiment dur de voir les soldats qui nous faisaient face aujourd’hui s’accrocher, menaçants, à leurs matraques en bois, prêts à lutter contre des gens sans armes et innocents.

Les anarchistes israéliens de -«Anarchists against the Wall» (Anarchistes contre le Mur) ont certainement pesé positivement sur la manifestation. J’ai beaucoup de respect pour ces bons copains anarchistes.

Contrairement à la plupart des groupes de militants israéliens, ce sont les seuls qui viennent en Palestine jour après jour, risquant leur peau pour faire tomber un Etat, par essence, si oppressif. Ils font passer leur message et l’exprime de la façon la plus directe possible.

Voir un groupe important de femmes dans la manifestation d’aujourd’hui était vraiment réconfortant. Elles marchaient et chantaient avec une telle ardeur, parfaitement déterminées contre l’armée.

Quand il est devenu clair que la manifestation ne pourrait pas aller plus loin, l’armée à employé une force inimaginable pour nous repousser.

Un officier s’est chargé de moi, c’est là que j’ai pris son poing en pleine gueule. D’autres ont été frappés à la tête avec des matraques.

Certains ont été poussés contre des rochers acérés.

Une chose que j’ai trouvé particulière, c’est qu’avant que les soldats aient chargé, ils ont crié : "Retournez à Ramallah" comme si c’était la seule ville palestinienne qu’ils étaient capables de nommer. Mais ces gens ne sont pas de Ramallah, ils sont de Bil’in, et l’armée est sur leur terre. La plupart d’entre nous se sont sentis obligés de leur répondre : "Retournez à Tel Aviv".

Quand nous avons été assez loin, en repartant, des enfants et des adolescents ont sorti des frondes et ont commencé à lancer des pierres contre l’armée. Les pierres sifflaient en traversant l’air.

Je ressentais une immense colère, si grande que je souhaitais que l’une de ces pierres touchent un soldat juste entre les yeux.

Normalement, c’est quelque chose que je n’aurais jamais souhaité mais ce sont les circonstances qui produisent ce genre de choses, la majorité des pierres ont atterri dans les champs, revenant sur une terre colonisée.

Les villageois de Bil’in ont rendu flagrant qu’ils résisteront à la construction du mur par tous les moyens nécessaires. Ils ont appelé à une autre manifestation pour le lendemain, et semblent prêts à rester là, aussi longtemps que nécessaire.

Pour ma part, mes lunettes survivront à d’autres tabassages mais je ne suis pas certain que la terre, elle, survivra.



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