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Palestine - ISM France

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Gaza -

Nager dans les égouts

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Cet article a été publié par le Palestinian Center for Human Rights (PCHR) dans la rubrique "Narrative under siege" (Récits sous siège).

« Je pense que la mer est probablement polluée. Parfois, j'attrape d'étranges marques blanches sur la peau ; mais nous allons à la plage chaque jour parce que nous n'avons pas ailleurs où aller ». Samer et ses amis sont en train de se ballader sur la plage de Gaza, près du vieux port de pêche, et sont prêts à plonger dans la mer.

Nager dans les égouts


Le "grand lac", où les eaux usées de Gaza se déversent et envahissent certains quartiers.

Un des garçons tient une bouteille en plastique avec plusieurs petits poissons et un minuscule crabe pris au piège à l'intérieur. Les poissons sont tous morts. A moins d'une centaine de mètres, un tuyau d'égout déverse une eau sale dans des flots de déchets qui s'écoulent dans la mer où nagent Samer et ses amis.

L'été est très chaud dans la Bande de Gaza, et les familles vont en masse sur leurs plages locales. Mais sur certaines plages, les baigneurs sont maintenant, littéralement, en train de nager dans les égouts. Selon le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), depuis janvier de cette année, 50 à 60 millions de litres d'eaux usées non traitées et partiellement traitées ont été déversées dans la mer Méditerranée autour de la Bande de Gaza chaque jour. « Ces eaux usées ne peuvent pas être traitées à cause du manque de fourniture stable d'électricité dans la Bande de Gaza » dit un récent rapport de l'OCHA sur les conditions sanitaires à Gaza.

Hamada Al-Bayari travaille pour le bureau de l'OCHA à Gaza. « Nous sommes très inquiets du fait que la mer est en train de devenir plus sale et plus contaminée à cause de la pénurie chronique de fuel et de pièces de rechange » dit-il. « Les installations de traitement des eaux usées de Gaza ont un besoin urgent de 14 jours d'électricité ininterrompue pour fournir un vrai cycle de traitement des eaux usées, pour la santé publique de Gaza ».

Le service municipal de l'eau de la côte de Gaza (CMWU) est chargé de fournir de l'eau potable à toute la Bande de Gaza ainsi que de gérer les trois installations de traitement des eaux usées de Gaza. A cause de l'actuelle pénurie chronique d'électricité, de fuel et de pièces détachées essentielles, l'eau du robinet non filtrée est salée et n'est pas bonne à boire, dans toute le Bande de Gaza, et aucune des installations de traitement des eaux usées ne fonctionne normalement.

Le CMWU a récemment été forcé d'augmenter le volume des eaux d'égout non traitées déversées dans la mer à environ 77 millions de litres par jour, pour éviter l'inondation des zones résidentielles hautement peuplées, comme le camp de réfugiés de Jabaliya au nord de Gaza, où trois millions de litres d'eaux d'égout non traitées ont dû récemment être pompées dans l'eau du lagon.

Malgré le traité de Tahdiya de la semaine dernière ou l'« accalmie » entre Israël et le Hamas, les fournitures normales de fuel n'ont pas repris, et le CMWU a moins du tiers du fuel dont il a besoin pour fournir un traitement complet des eaux usées à Gaza. Pendant ce temps, Israël a sévèrement réduit l'entrée des pièces essentielles de rechange pour les installations de traitement des eaux usées de Gaza depuis juillet 2007.

Il y a maintenant une inquiétude partagée à propos de l'état de la mer Méditerranée de la Bande de Gaza. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a récemment pris des échantillons de 30 sites sur le rivage de la Bande de Gaza, et les a testés pour la contamination fécale humaine et animale. 13 zones couvrant sept plages le long de la Bande ont été identifiées comme polluées et impropres à la natation, incluant trois plages au centre et au sud de la Bande de Gaza et quatre plages dans et autour de la ville de Gaza. La plage près du port de Gaza où Samer et ses amis nagent chaque jour est l'une d'elle.

L'OMS a prévenu que « les épidémies d'origine hydrique doivent particulièrement être évitées à cause de leur capacité à provoquer des infections simultanées dans une large proportion de [la] communauté ». Ces épidémies peuvent inclure les gastroentérites, les infections de l'oreille, les dermatites, la dysenterie, les infections respiratoires et urinaires, les infections de l'oeil, des souches d'e. Coli. Les directives de l'OMS indiquent que les pathogènes apportés par l'eau sont une des causes mondiales de mort et de maladies, et comme l'OCHA, l'Organisation a redit que les installations de traitement des eaux usées de Gaza ont un besoin urgent d'être améliorées et ont besoin de davantage de fuel.

« Ces restrictions sont une claire violation du droit universel à la santé et du droit à un environnement sain » dit Khalil Shaheen, chef de l'unité des droits économiques et sociaux au centre palestinien pour les droits humains (PCHR). « Selon le droit humanitaire international, Israël, en tant que puissance occupante, est obligé de faciliter l'accès à tous les équipements. L'accès à une eau potable propre et à l'eau de mer propre n'est rien de plus qu'un droit humain basique ».

Les récentes recherches sur la qualité de l'eau de mer de Gaza ne suggèrent pas une menace mortelle imminente pour la santé publique : mais le fait reste que la mer de Gaza est sale et contaminée parce que les Forces d'Occupation israéliennes (FOI) dénient aux Gazaouis le moyen de nettoyer leurs propres eaux usées, et personne ne sait encore à quel point les risques pour la santé sont sérieux.

La punition collective d'une population civile viole le droit humanitaire international, mais Israël continue ses violations d'une manière flagrante, et maintenant l'eau du robinet à Gaza n'est pas buvable, et son eau de mer est de plus en plus impropre à la natation. Le 19 juin [le traité de] Thadiya a été signé pour faire cesser les hostilités entre Israël et la Bande de Gaza, et éventuellement la fin du siège de Gaza.

Mais à aujourd'hui, les points de passage restent fermés, et les équipements les plus basiques de Gaza, comme ses services sanitaires, sont littéralement étirés jusqu'au point de rupture.

Source : Maan News

Traduction : MM pour ISM

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