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Palestine - ISM France

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Salfit -

Plus jamais ça !

Par

Je suis une survivante de l'holocauste. Après la guerre on a dit : "Plus jamais ça !
Plus jamais ça contre les juifs, mais je ne peux pas tolérer que ça soit fait par les juifs !"
J'avais connu Hediet justement à Masha, lorsqu'ils avaient blessé Gil Na'amati, le pacifiste israelien.
Puis après, je l'ai rencontrée à Ramallah, dans une manifestation palestinienne.
Hier, dans la concentration des femmes en noir à Jérusalem.
Une dame vénerable, d'une grande valeur humaine.
Ses parents, les deux, avaient été assassinés à Auschwitz en 1942.
Plus jamais ca !

Manifestation à Deir Ballut

Rendez-vous face à la gare des autobus à Jérusalem à 09h30.

Deux autobus partent presque pleins de pacifistes israeliens et quelques internationaux vers le village de Deir Ballut, pour participer à une manifestation conjointe avec les Palestiniens du village et des environnements contre le mur, après deux semaines de protestations et de séjour dans l'école inachevée (financée par USAID et dont la construction a été stoppée il y a déjà sept mois, dès qu'on a appris que le mur allait passer par là et que l'école serait, en tout cas, démolie).

A signaler que c'était là qu'une manifestation a été organisée, à Masha, au cours de laquelle un pacifiste israélien a été grievement blessé, provoquant un débat qui est loin de se terminer dans les médias israeliens.

A une soixantaine de kilomètres de Jérusalem, pas loin du carrefour de Tappua, les quatre cars (deux autres nous avaient rejoint en provenance de Tel Aviv), et à une vingtaine de kilomètres de notre destination, ont été arrêtés par un barrage policier, avec une dizaine de véhicules, y compris une lance à eau (water-canon).

Nous sommes descendus des cars et nous avons fait un sitting au milieu de la route, empêchant les nombreux véhicules de rouler. D'abord, la lance à eau s'est mise à déverser de l'eau à profusion. Mais il faisait beau, et les gens, trempés, trouvaient cela même amusant.

Vu que personne ne s'en allait, les anti-émeutes se sont mis à transporter les manifestants qui n'opposaient aucune résistance (sauf une fille, qui mordait les bras des flics), sauf le poids mort de leur corps.

A trois ou quatre, ils les ont embarqués dans les deux voitures cellulaires dont il disposaient.

De cette facon, ils ont embarqué 28 manifestants, dont quatre internationaux.
Comme il n'y avait plus de place, ils se sont mis transporter d'autres manifestants, pour dégager le centre de la route vers les bords de la route. Une petite heure s'est passée comme cela.

Puis on a essayé quand même de passer de l'avant, mais ils sont venus bloquer la route à nouveau. On a occupé une voie, et des négociations se sont engagées pour obtenir la liberté des détenus. Entre temps, les journalistes n'arrêtaient pas de filmer et de poser des questions. Ainsi :

- Comment vous appelez-vous ?

- Hediet Epstein.

- Vous êtes déjà très agée, qu'est-ce que vous faites là ?

- Je suis une survivante de l'holocauste. Après la guerre on a dit: "Plus jamais ça ! Plus jamais ça contre les juifs, mais je ne peux pas tolérer que ça soit fait par les juifs !"

J'avais connu Hediet justement à Masha, lorsqu'ils avaient blessé Gil Na'amati, le pacifiste israelien.
Puis après, je l'ai rencontrée à Ramallah, dans une manifestation palestinienne.
Hier, dans la concentration des femmes en noir à Jérusalem.
Une dame vénerable, d'une grande valeur humaine.
Ses parents, les deux, avaient été assassinés à Auschwitz en 1942.
Plus jamais ca !

Une assemblée improvisée au bord de la route.
Qu'est-ce qu'on fait ?
On part ?
On attend ?
On force le barrage (facile a dire) ?

Je rencontre un jeune russe trotskiste, dans un t-shirt avec le Che. Il me raconte qu'il était venu enfant avec sa famille, il y a dix ans.

On leur a attribué un appartement à Kiriat Arba, l'une des colonies les plus anciennes et les plus extrémistes en Cisjordanie , près d'Hébron, 7 200 habitants.
Il a étudié dans une école religieuse.
Le soir les adolescents organisaient des razzias à Hébron pour tabasser des Palestiniens isolés...

Après trois années comme ça, ils ont quitté Kiriat Arba.

Dégouté, il a évolué vers le Centre libéral, puis il a lu le Manifeste Communiste et il est devenu trotskiste.

Il me dit qu'il y a 8 000 déserteurs, et que s'agissant d'un phénomène de masse et compte tenu que les prisons militaires n'ont de la place que pour 4 000 personnes, tout ce qu'on leur impose, c’est de finir la période qui leur reste en prison. Et puis, à la maison..

80% des réservistes ne se présentent plus à l'armée. Lui, il a refusé et il a passé trois mois en taule. Par la suite, on s'en est débarrassé...

Selon lui il y aurait un demi-million d'Israëliens résidant à l'étranger.

Il m'a encouragé, pour la prochaine fois, à prendre connaissance de la situation de la classe ouvrière israélienne...

Finalement, on a appris que les détenus allaient être libérés sous la condition signée de ne pas entrer dans les Territoires pendant les prochains 15 jours (à savoir, les territoires sous statut C, sous administration israélienne selon Oslo, parce que les territoires de statut A (administration -théorique- palestinienne) sont toujours interdits d'accès aux citoyens Israëliens.

C'est mieux qu'ils ne connaissent pas la situation telle qu'elle est.

Peut-être qu'ils auraient des états d'âme.

La situation des internationaux reste incertaine, et il est à craindre une déportation. Quatre avocats s'occupent de l'affaire.

Retour à Jérusalem, à 18h00. Il semble que la manifestation à Deir Ballut se soit bien passée. Il y avait aussi quelques Israëliens et Internationaux qui avaient passé les filets, notamment en dormant là-bas la veille.

Le soir, je rencontre les amis belges qui sont restés deux jours à Qalqilia.

On attend, après le dîner, Jeremy Milgrom, Rabbin pour les droits humains. Cela attendra la prochaine fois. Je suis fatigué.

Source : ISM

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