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Palestine - ISM France

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Hébron -

Résistance d’une famille à Tel Rumeida (VIDEO)

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La maison de la famille d’Abu Talal-Hadad à Tel Rumeida, au cœur d'Hébron, est une belle bâtisse de pierres blanches, entourée d'oliviers, La vie pourrait y être paisible sans l'occupation israélienne et son avant-garde de dangereux psychopathes, plus connue sous l'expression 'les colons d'Hébron'.
Pour ceux que la cause palestinienne ne laisse pas indifférents, l'expression à elle seule recouvre la laide, révoltante et barbare occupation sioniste.

Résistance d’une famille à Tel Rumeida (VIDEO)


Une poignée de 200 colons extrémistes s'est installée depuis vingt ans au cœur de Tel Rumeida et mobilise pas moins de 3.000 soldats pour assurer sa sécurité contre 'les Arabes', à savoir les 500 Palestiniens qui habitent le quartier depuis des siècles.

Le gouvernement israélien fait de temps en temps semblant de condamner les 'minorités extrémistes', à Hébron ou ailleurs en Cisjordanie , mais ces manifestations de violence brutale le servent au contraire puissamment, et il en a besoin pour tenter de 'normaliser' la présence des autres colons, moins violents peut-être, mais tout aussi sionistes et racistes qui occupent illégalement la Cisjordanie depuis 60 ans.

Comme dans les films policiers, nous avons donc les 'bons' et les 'mauvais' colons, ces derniers jouant le rôle essentiel de faire apparaitre les premiers comme fréquentables.

Ne nous laissons pas abuser par les froncements de sourcils ou les coups de gueule occasionnels du gouvernement israélien, Le déploiement de forces militaires est tel, dans le moindre recoin de Cisjordanie , que si 'Israël' voulait contraindre sa minorité extrémiste, il ne lui faudrait pas plus de 48 heures.

Comme l'ont dit les soldats à la famille d’Abu Talal-Hadad, qui nous reçoit autour d'un thé et d'un plat de fruits : 'Nous ne sommes pas là pour vos protéger, mais pour protéger les colons.' Voila qui est clair.

Coincée entre les colons et l'armée d'occupation, la famille vit un enfer quotidien. X et Y commencent à nous raconter leur histoire quand entre dans la pièce V., leur fils ainé, un adolescent de 17 ans. Il travaille de nuit, au centre d'Hébron, à 15 minutes de marche, de 1h du matin à 8h. Il n'est que 19h30 et nous sommes étonnés de le voir déjà se préparer à partir.

Son père nous explique qu'il y a 2 mois, alors qu'il partait travailler, les soldats l'ont attrapé à quelques centaines de mètres de chez lui, alors qu'il traversait les oliveraies qui entourent sa maison, ils l'ont frappé et ont menacé de le tuer.

Depuis ce jour, il quitte la maison vers 20h accompagné par son père jusqu'à la rue située en bas de la colline, puis se rend chez ses grands-parents, un peu plus loin, où il se recouche jusqu'à l'heure 'normale' de partir travailler.

Apres le Ramadan, la famille a voulu récolter ses olives ; des oliviers centenaires ombragent la terrasse de la maison, aux heures chaudes de la journée. M. X n'a pas les moyens de sous-traiter ce travail, qu'il fait habituellement selon la méthode traditionnelle d'entre-aide de la famille élargie et des amis. M. X et sa femme ont donc commencé la cueillette il y a un mois.

A peine étaient-ils à l'œuvre que l'armée est arrivée, les a brutalement chassés de leur terre et les a obligés à rentrer dans la maison. Interdiction de récolter les olives, interdiction de se faire aider par les amis locaux ou internationaux sous peine d'arrestation. Et pour faire bonne mesure, les soldats ont jeté dans une décharge les olives déjà cueillies.


Au printemps dernier, les voisines et soeurs de Mme x. étaient venues passer un moment avec elle dans l'après-midi. La quinzaine d'amies prenaient le thé et discutaient quand les soldats ont surgi dans la maison, enfermant les femmes pendant plus de 3 heures, alors qu'elles étaient juste venues passer un moment et avaient laissé leurs enfants chez elles. Depuis, elles n'osent plus revenir, et Mme x, se sent de plus en plus isolée.

De fait, à force de harcèlements et d'agressions, de la part des colons ou de l'armée, M. et Mme x. se retrouvent coupés de leurs familles respectives, systématiquement bloquées au checkpoint qui enferme le quartier puisqu'il faut prouver qu'on y habite pour pouvoir passer.

Les colons ne sont pas en reste, niveau violence et harcèlement.

L’hiver dernier, le jeune fils passait sur le chemin qui mène à la maison. Un groupe de colons l’a attrapé, frappé et jeté du chemin en bas de la colline. Il a fait une chute de 3m et a été conduit à l’hôpital avec une plaie ouverte au crane, au visage, un bras et une jambe cassés. La plainte déposée par la famille n’a reçue aucune suite.

Il y a un mois, pour célébrer l’Eid el Fitr, Mme x. a acheté à ses quatre enfants des vêtements neufs qu’elle a lavé et étendu au soleil pour qu’ils sèchent. Des colons sont venus couper les vêtements et jeter les morceaux dans le puits familial.

M. et Mme x, nous montre une vidéo filmée l’hiver dernier. Tel Rumeida est sous la neige, et on voit un groupe de colons, apparemment jeunes, venir assiéger la maison, en jetant des pierres sur la façade, en s’emparant de paires de chaussures laissées dehors et les lançant au loin, ainsi qu’une couverture étendue sur le fil à linge.

Ils nous montrent également la caméra installée par l’armée sur le toit de leur maison, et qui les suit pas à pas, filmant le moindre de leurs mouvements dès qu’ils sortent.
Très digne, Madame Talal-Hadad nous dit qu’elle aime sa maison, son quartier, et qu’elle est fière d’y vivre en dépit du harcèlement israélien quotidien. Aussi dure que soit sa vie quotidienne, elle ne partira pas pour affirmer envers et contre tout qu’elle est chez elle.

Sa détermination, celle de tous les Palestiniens rencontrés, est parfaitement résumée par une des dernières affiches de Stop The Wall :

‘Despite the wall, the siege and all forms of destruction, we are staying… and you will be the ones to leave’.
‘En dépit du mur, du siège et toutes les formes de destruction, nous restons… et c’est vous qui partirez.’




A voir, la video de Betslem sur les colons de Tel Rumeida

Pas de greffon vidéo disponible...

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