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Palestine - ISM France

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Jérusalem -

Retour à la Terre

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Quand les Forces de l’Occupation rasent les plantations de citronniers, déracinent les oliviers et défigurent la terre, ils attaquent ce qui signifie être Palestinien. (ils créent également une situation dans laquelle beaucoup de Palestiniens devront travailler comme main d'oeuvre à bas prix dans des zones industrielles contrôllées par les Israéliens.)

Retour à la Terre



Je n'étais pas ici ces derniers mois. Les rues et les magasins sont toujours les mêmes. Les garçons font du vélo. Il y a trop de gaz d'échappement des services jaunes (taxis).

Je me rappelle de m'être assis ici, d’avoir marché là.
Je me rappelle l’endroit où se tenaient les soldats avec leurs fusils;
Je me rappelle avoir monté cette route, épuisé, encouragé par l’énergie des Palestiniens.
Une fois de plus, nous allons essayer d’arrêter les bulldozers !
Une fois de plus, nous allons essayer de repousser les soldats !

Pendant un moment, je peux sentir le gaz lacrymogène, entendre les grenades assourdissantes, voir le monstre bulldozer arriver sur la crête de la colline, sa lame en avant dans l’oliveraie.



Mais l'hiver est parti, et avec lui ces premières manifestations d’un village tranquille qui a été violé et où 5 habitants de la région du nord-ouest de Jérusalem ont été tués par des balles israéliennes.
C'est l’été maintenant et les fleurs ont envahi la mosquée.
Une partie de la population me reconnaît, vient, me serre la main pendant que nous attendons que les prières de midi se terminent.



La manifestation d’aujourd'hui est tranquille, un événement rare ici au nord-ouest de Jérusalem, à moins d'un kilomètre de la Ligne Verte.

Les gens ont marché sans complexes devant les soldats vers le sommet de la colline rasée entre Biddu et Beit Surik. Sans complexes. La violence et la répression d'Etat sont si communes et si normales qu'une manifestation sans soldats ressemble à un jour de neige en Floride (ou peut-être à la canicule en Suède).

Un événement exceptionnel. Je ne peux pas m'empêcher de penser amèrement, comment aujourd'hui les militaires permettent à ces personnes de marcher sur 500 mètres dans leur propre village sans lancer de gaz lacrymogène et pire, en baissant la tête.



Je sais que c’est absurde mais je suis quelque peu surpris qu'ils aient survécu (non physiquement, mais psychologiquement). Bien dûr, il y a le coût économique. Vous pouvez voir dans les yeux, sur les lèvres étroitement dessinées, la question toujours présente : sans nos arbres, sans notre terre, comment ferons-nous?
Mais il y a également le pillage culturel. Les oliviers ne sont pas seulement des possessions, pas des choses comme des réfrigérateurs ou des téléphones portables ou des voitures. Ils sont l'histoire, les symboles de la lutte, la preuve que les Palestiniens ont gagné leur terre par des générations de travail et d’amour. Vivre et prendre soin de la terre sont des parties inséparables de l'identité rurale palestinienne.

Quand les Forces de l’Occupation rasent les plantations de citronniers, déracinent les oliviers et défigurent la terre, ils attaquent ce qui signifie être Palestinien. (ils créent également une situation dans laquelle beaucoup de Palestiniens devront travailler comme main d'oeuvre à bas prix dans des zones industrielles contrôllées par les Israéliens.)



Beaucoup trop ont souffert pendant ces 4 années d’Intifada : ils ont perdu des membres de leurs familles, des amis, leur travail, leurs maisons.

Pourtant, ces personnes se rassemblent encore pour manifester, pour dire qu’ils sont toujours vivants, également humains, et qu'ils méritent totalement le respect et un traitement équitable. Nous sommes toujours ici, disent-ils, de l'hiver à l'été et de nouveau en hiver encore s’il le faut. Regardez, et vous verrez la lumière dans nos yeux vainquant l'ombre inhumaine jetée par ce mur.

Source : www.palsolidarity.org/

Traduction : MG pour ISM-France

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