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Gaza -

S'assurer de faire le maximum de victimes à Gaza

Par

Eva Bartlett est une militante canadienne des droits de l'homme qui a passé huit mois en Cisjordanie en 2007 et quatre mois au Caire et au point de passage de Rafah. Elle est actuellement basée à Gaza, après être arrivée avec le troisième voyage réussi du Free Gaza Movement. Elle travaille avec le Mouvement de Solidarité Internationale (ISM) dans la bande de Gaza, où elle accompagne des ambulances tout en documentant les frappes aériennes israéliennes et l’invasion terrestre en cours dans la bande de Gaza.

"Nous étions toujours jeunes et amoureux. Nous avions tout ce dont rêvions», dit Muhammad Abu Jerrad, en montrant une photo de sa femme au bord de la mer. Wafa Abu Jerrad fût l’une des six personnes tuées par trois bombes à fléchettes tirées par des chars israéliens dans la zone d’Ezbet Beit Hanoun, au nord de Gaza, le 5 Janvier.
Les attaques aux bombes à fléchettes ont eu lieu le matin où les soldats israéliens ont tué le secouriste de 35 ans, Arafa Abd al-Dayem.

S'assurer de faire le maximum de victimes à Gaza


Photo Eva Bartlett : fléchettes comtenues dans une bombe

Le 4 Janvier, peu après 10h10, Abd al-Dayem qui se trouvait avec un autre secouriste et un ambulancier, a été touché par des fléchettes meurtrières alors qu’ils tentaient d’aider des civils qui avaient été attaqués par les forces israéliennes dans le secteur de Beit Lahia, au nord de Gaza. Moins de deux heures après avoir été déchiqueté par des fléchettes acérées, Arafa Abd al-Dayem est décédé, les poumons, les membres et les organes internes perforés.

Khalid Abu Saada, le conducteur de l'ambulance, a témoigné pour le Centre Palestinien pour les Droits de l'Homme: "On m'a dit qu'il y avait des blessés à proximité du rond-point à l’ouest de la ville de Beit Lahiya. Quand nous sommes arrivés, nous avons vu une personne qui était été grièvement blessée. Les deux ambulanciers sont sortis de l'ambulance pour l’évacuer. J’ai avancé l’ambulance d’environ 10 mètres pour évacuer une autre personne blessée. Ensuite, un char israélien a tiré sur nous un obus. L’obus a frappé l'ambulance et 10 civils, dont deux secouristes ont été blessés."

Le lendemain de l’attaque, de son lit à l’hôpital al-Shifa, le secouriste bénévole, Alaa Sarhan, 21 ans, les jambes bandées, a confirmé ses dires. Plus de deux mois plus tard, il est toujours dans un fauteuil roulant, ses muscles et ligaments déchiquetés sont encore trop endommagés pour qu’il puisse marcher.

Dans la même chambre d'hôpital que Sarhan, il y a Thaer Hammad, l'un des civils blessés que les secouristes étaient venus récupérer dans le secteur. Ce jour-là, dans le premier bombardement, Hammad a perdu son pied quand les chars israéliens ont tiré, selon Hammad, sur un secteur rempli de civils terrifiés fuyant les bombardements israéliens.
Son ami Ali a reçu une balle dans la tête alors qu'il essayait d'évacuer Hammad. Les secouristes sont alors arrivés. Abd al-Dayem et Sarhan ont mis Hammad dans l'ambulance et retournaient récupérer le corps d’Ali quand la bombe à fléchettes a été tirée sur les secouristes et les civils qui s’enfuyaient. Ali a été décapité, et Abd al-Dayem a été blessé et est décédé quelques heures plus tard.

Le Dr. Bakkar Abu Safia, chef du service des urgences à l'hôpital al-Shifa, a soigné Abd Dayem à l’hôpital al-Awda de Beit Lahiya.

"Arafa a été touché à la poitrine qui a été ouverte et il avait de nombreuses petites plaies punctiformes aux deux bras. Il avait une importante hémorragie interne dans le ventre en raison de sa blessure au foie et il avait du sang dans les poumons. Après avoir fermé ses blessures et transféré à l'unité de soins intensifs, il a eu un arrêt cardiaque. Ce fût une attaque irréversible", a déclaré le Dr Bakkar.


Wafa Abou Jerrad, une jeune femme enceinte de 21 ans était avec son mari Muhammad, leurs deux enfants et des parents, le matin du meurtre. Aux environs de 9h30, ils prenaient leur petit déjeuner dans un endroit ensoleillé devant la porte de leur domicile, à un moment décrit par Muhammad comme une période "calme". "Rien ne se passait pas ni à ce moment-là, ni même une demi-heure plus tôt. C’était calme. Nous étions assis dehors, car nous nous sentions en sécurité."

«Nous avons entendu des explosions, venant de la rue près de la maison d'Abd al-Dayem. Nous savions qu’Arafa était mort de la veille," Muhammad Abu Jerrad explique que la famille s’est déplacée sur le côté de la maison pour voir ce qui se passait.

"Nous avons vu des corps étendus partout sur le sol à l'extérieur des tentes de deuil d’Abd al-Dayem. Wafa a paniqué et nous a dit d'aller vers l'intérieur, donc nous avons couru vers le devant de la maison. Nous étions tous très inquiets."

Le père d’Abou Jerrad, Khalil et d’autres membres de la famille se sont installés à l'intérieur de la maison, et Abou Jerrad entrait dans l’embrasure de la porte avec son fils de 2 ans dans les bras, Khalil, sa femme Wafa à sa gauche, quand ils ont été frappés par les fléchettes d’un nouveau bombardement.

La bombe à fléchettes a explosé en l'air, Wafa est tombé à terre, touchée par des fléchettes à la tête, à la poitrine et dans le dos. Elle a été tuée sur le coup.

«J'ai été touché au même moment, au bras droit et dans le dos", se souvient Abu Jerrad. "Je suis tombé par-dessus mon épouse, et je me suis évanoui. Je suis revenu à moi peu de temps après et j'ai vu ma femme couverte de sang. Je l'ai prise dans mes bras pour la mettre dans la voiture en courant. Puis je me suis à nouveau évanoui de douleur."

Bien que le père d’Abu Jerrad, Khalil, se trouvait à l'intérieur de la porte, il a lui aussi été touché par les fléchettes. Khalil, le fils d’Abou Jerrad, a été blessé par des fléchettes au pied droit et à un doigt. L’une des fléchettes qui a touché Abu Jerrad reste profondément incrustée à proximité de sa moelle épinière. Les médecins craignent que le retrait de la fléchette touche un nerf et laisse Abu Jerrad paralysé.

Selon le Dr Bakkar, il n’est pas possible dans la bande de Gaza de réaliser l’opération chirurgicale dont Abu Jerrad a besoin. «Nous n'avons pas de spécialistes qualifiés pour faire une opération aussi complexe dans la bande de Gaza. Il a besoin d'une opération à l’extérieur." Avec le décès de plus de 280 malades qui ont été empêchés par Israël, qui contrôle les frontières de la bande de Gaza, d’obtenir n traitement médical en dehors de la bande de Gaza, Abu Jerrad ne voit pas de perspective pour obtenir une autorisation des autorités israéliennes de quitter Gaza pour une opération chirurgicale.

Bien qu'il souffre considérablement de la fléchette tranchante toujours logée dans son dos, Abu Jerrad dit que la douleur de sa blessure est mineure par rapport à la perte de sa femme.

«Où est maman? Où est maman?" Abu Jerrad dit que son fils de 2 ans, Khalil, le demande tout le temps. «Maman a été blessé", lui dit-il, en embrassant une photo de sa femme et en faisant le bruit d'une explosion, en sachant qu'il n'y a aucun moyen d’atténuer la vérité pour son fils.

"Nous sommes complètement innocents. Nous n'avons rien à voir avec des roquettes. Nous vivons seulement dans la maison."

La maison porte encore les preuves de la bombe à fléchettes: de nombreuses fléchettes sont toujours fermement incrustées dans le mur de béton où les fléchettes ont atterri. Certains des fléchettes ont encore des ailettes visibles sortant du béton, d'autres ont l’air de clous sortant du mur.

The Guardian (Royaume-Uni) a publié un graphique illustrant comment avec une explosion en l’air bien calculée, les fléchettes sont conçues pour se disperser de façon conique, en couvrant un vaste secteur qu’Amnesty International cite de 300 mètres de large et de 100 mètres de long, pour infliger le plus possible de blessures.
Dans le cas d'une région à forte densité de population comme la bande de Gaza, le nombre de blessés est potentiellement mortelle élevé. Le même graphique montre comment la tête de la fléchette est conçue pour se détacher.
Après avoir pénétré à l'intérieur d'une personne, cette cassure inflige une deuxième blessure avec une seule fléchette, multipliant ainsi le nombre de blessures internes causées par les fléchettes tranchantes comme du rasoir, qu’Amnesty International estime à entre 5000 et 8000 par bombe.

Le Dr Bassam al Masari, un chirurgien de l'hôpital Kamal Adwan à Beit Lahiya, a réaffirmé que les fléchettes faisaient plus de victimes que d'autres bombes, précisément parce qu'elles se propagent sur une surface plus large. Et tandis que les petites fléchettes semblent inoffensives, leur vitesse et leur conception leur permettent de traverser le ciment et les os et de "tout couper à l’intérieur", a déclaré al-Masari. En conséquence, les premières causes de décès sont les graves hémorragies internes des organes touchés, notamment le cœur, le foie et le cerveau. "Les lésions cérébrales sont les plus mortelles", a déclaré al-Masari.

A quelques minutes en haut de la rue de la maison d'Abu Jerrad, Jamal Abd al-Dayem 57 ans, et son épouse, Sabah, 50 ans, pleurent la mort de leurs deux fils, victimes des fléchettes aveugles.

"Chaque fois que je pense d'eux, chaque fois que je m’assois à côté de leurs tombes, je sens que je vais m’écrouler. J'étais si heureux avec eux», déclare Sabah Abd al-Dayem.

Jamal Abd al-Dayem explique ce qui s’est passé. "Après que mon cousin Arafa soit tombé en martyre le 4 Janvier, nous avons immédiatement installé des tentes de deuil, avec des secteurs différents pour les hommes et les femmes. Le lendemain, à 9h30 les Israéliens ont frappé la tente de deuil où se trouvaient les hommes. C’était clairement une maison de deuil, sur la route, ouverte et visible. Immédiatement après la première frappe, les Israéliens ont frappé la zone de deuil des femmes. "Deux frappes en 1 minute et demi, dit-il.

"Quand Arafa est tombé en martyre, mon fils a tellement pleuré que leurs yeux étaient rouges et enflés par le chagrin. Le lendemain, ils sont tombés en martyre», dit le père, en secouant la tête en signe d'incrédulité.

"Juste comme ça, j'ai perdu deux fils. L'un d'eux s’était marié récemment, son épouse est enceinte de huit mois."

Said Abd al-Dayem, 29 ans, est mort après avoir passé une journée à l'hôpital, il a succombé a aux blessures mortelles des fléchettes à la tête. Son frère, célibataire, Nafez Abd al-Dayem, 23 ans, a également été frappé à la tête par les fléchettes et il a été tué sur le coup.

Le fils survivant âgé de 25 ans, Nahez Abd al-Dayem, a été touché par deux fléchettes au ventre, une dans la poitrine, et une autre dans la jambe.

"Je suis allé à la maison de deuil pour rendre hommage à mon cousin, Arafa. Quand nous sommes arrivés à la maison de deuil pour les hommes, il y a eu une soudaine explosion et j'ai ressenti une douleur à la poitrine. Très vite après, il y a eu une deuxième frappe. Cette deuxième attaque a été plus grave puisque les gens se précipitaient vers le secteur pour aider les blessés. J'ai levé les yeux après le deuxième bombardement et j'ai vu que mes cousins Arafat et Islam avaient été touchés. Ils étaient allongés sur le sol, blessés."

Islam Abd al-Dayem, 16 ans, a été touché à la nuque et est mort lentement, dans d’atroces souffrances, au bout de trois jours à l'hôpital. Arafat Abd al-Dayem, 15 ans, a été tué sur le coup.

Quand Nahez Abd al-Dayem a repris conscience à l'hôpital, il a appris de la mort de ses deux frères et de ses deux cousins. La fléchette qui s’était logée dans sa jambe a été retirée, mais trois fléchettes sont toujours dans sa poitrine et dans son abdomen et elles y resteront, bien qu’Abd al-Dayem dise qu’elles le font souffrir. "Lorsque je bouge la nuit, je ressens beaucoup de douleur», dit-il. Mais une opération pour les retirer est trop dangereuse et pourrait causer plus de dégâts.

Les bombes à fléchettes sur les maisons d’Abd al-Dayem et d’Abou Jerrad a tué six personnes et blessé au moins 25 autres, dont un neveu âgé de 20 ans, paralysé à partir du cou après que des fléchettes lui aient sectionné la moelle épinière. Des fléchettes, éparpillées sur 200 mètres sont encore incrustées dans les murs des maisons.

Atalla Muhammad Abu Jerrad, 44 ans, explique: «Je me trouvais près de la maison de deuil, et je me rendais au marché. J'ai tout vu. Mon frère, Otalla, 37 ans, se trouvait dans le secteur. Il a été blessé par un clou qui lui a traversé l’épaule et s’est logée dans son cou. Il a dû subir une opération pour l'enlever."

Sabah Abd al-Dayem dit qu’elle comprend enfin l'expression "brûler de douleur." "Chaque minute, chaque heure, je pense d'eux. Mon fils n'a pas eu le temps de profiter de la vie conjugale. J’aurais préféré mourir avec eux."

"Dans cinq ou six mois, vous verrez les effets sur elle", dit Jamal Abd al-Dayem en parlant de son épouse. "Elle n'est ne mange plus, ne boit plus et ne dort plus. J'ai caché toutes les photos de nos fils et j’ai fermé leur chambre à clé». Il nous a montré les photos qu'il nous a mentionnées. Des photos de leurs enfants à différents âges et étapes de leur vie. Une photo de Said diplômé de l'université.

Jamal Abd al-Dayem, grand, avec une barbe et des cheveux poivre et sel, et de profondes rides de sourire, est également affecté.

"Nos vies se sont arrêtées. Nous ne sommes pas allés dans des endroits plaisants, nous n’avons jamais rien fait d’amusant. Nous venons de pleurer nos fils et leurs vies perdues. Nos enfants sont précieux pour nous. Nous les avons élevés et maintenant ils sont partis. La femme de Saïd est retournée vivre chez ses parents. Elle ne peut plus supporter d’être ici. Maintenant, la moitié de notre maison est partie. Qu'avons-nous fait? Quelle faute avons-nous commise? Il n'y avait pas besoin de prendre pour cible des maisons de deuil."

Leur plus jeune fille, Eyat, âgée de 14 ans, était première de sa classe, disent ses parents. Maintenant, disent-ils, elle souffre à l'école, elle pleure en classe en pensant à ses deux frères morts. "Elle ne peut pas se concentrer", dit Jamal Abd al-Dayem. "Son cerveau est fermé."

Parmi les souvenirs de la journée où ses fils sont tombés en martyres, Jamal Abd al-Dayem a des souvenirs précis de leur mort. D'un sac en papier rose décorée avec des ours en peluche et des cœurs, il sort une fléchette, l'une des nombreuses qu'il a conservé sur les milliers lâchées sur sa famille et ses proches.

Pourtant, ce n’est pas par sentimentalisme qu’Abd al-Dayem a gardé les fléchettes. Il veut la justice.

«Les vies de nos fils n’ont pas peu de valeur, on ne peut pas les laisser s’en sortir comme ça. S’ils étaient partis d'une mort naturelle, c'est une chose. Mais comme ça? Où sont nos droits? Nous voulons un procès. De quel droit ils ont bombardé une maison de deuil? "

Amnesty International et de nombreuses autres organisations de défense des droits de l’homme reconnues ont été longtemps critiques à l'égard de l'utilisation par Israël de bombes à fléchettes dans les zones densément peuplées de la bande de Gaza.

Le groupe Médecins pour les droits de l'homme-Israël a déclaré que l’utilisation par Israël de bombes à fléchettes est contraire aux Conventions de Genève.

B'Tselem, un groupe israélien des droits de l’homme a indiqué qu’au moins 17 Palestiniens ont été tués par des bombes à fléchettes entre 2000 et le 18 avril 2008 avec la mort d'un caméraman palestinien et de trois autres civils, dont deux mineurs, par une bombe de fléchettes dans la bande de Gaza.

L'attaque a provoqué à nouveau de l’inquiétude parmi les groupes des droits de l’homme internationaux au sujet de l'utilisation par Israël de bombes à fléchettes mortelles et aveugles. Joe Stork, directeur pour le Moyen-Orient de Human Rights Watch (HRW), a déclaré que "l'utilisation de bombes à fléchettes, avec une large «portée de mort" augmente les chances de frapper indistinctement des civils", en ajoutant qu'Israël devrait cesser son utilisation de cette arme dans la bande de Gaza, qui est l'une des zones les plus densément peuplées de la planète."

Il y a quelques années, Hanny Megally de Human Rights Watch avait remarqué qu’Israël utilisait ses bombes à fléchettes seulement dans la bande de Gaza, et non en Cisjordanie occupée, où les colonies illégales israéliennes illégales et les bases militaires israéliennes sont, dans de nombreuses régions, inextricablement liées aux zones résidentielles palestiniennes.

Alors que l'utilisation des bombes à fléchettes dans un district de Gaza ne met en danger que les Palestiniens des secteurs voisins, l'utilisation de ces fléchettes mettrait en danger un grand nombre des près de 500000 colons israéliens illégaux.

Malgré les fréquentes justifications des responsables israéliens disant que l'utilisation de fléchettes est autorisée en vertu du droit international, il existe des règles à cet usage, que l'armée israélienne continue d'ignorer délibérément.

C'est précisément l'utilisation des fléchettes dans les zones densément peuplées qui sont contraires aux principes internationalement acceptés de la guerre: l'incapacité des bombes à fléchettes de faire la distinction entre des objectifs militaires et civils, et l’absence de précaution pour éviter de blesser ou de tuer des civils.

La cicatrice de 5 centimètres de long sur l’épaule droite, Rami al-Lohoh est un rappel douloureux de la fléchette qui a pénétré profondément sous la chair de son épaule. Le garçon de 11 ans, était trop timide pour parler de sa blessure, mais inéluctablement, il a tiré sa chemise pour montrer sa cicatrice. Le scanner qui a été fait après que la fléchette se soit logée dans l’épaule d’al-Lohoh révèle la profondeur de sa pénétration.

«Les médecins ont peur de ce type de blessure, de sorte qu'ils hésitent avant de réaliser l'opération pour enlever la fléchette," explique le père de Rami, Darwish al-Lohoh. Au bout d’une opération qui a duré 2 heures et demie, la fléchette potentiellement mortelle a été retirée.

Hossam al-Lohoh, le frère de Rami âgé de 13 ans a raconté en détail où se trouvait la famille quand elle a été touchée par plusieurs fléchettes.

«Nous marchions en direction de la maison de notre ami Ayman. Les Israéliens ont tiré un missile. Lorsque le missile a touché la route, il a explosé et tous les éclats qui se trouvaient à l’intérieur se sont disséminés partout. On aurait dit que quelqu'un m’avait jeté beaucoup, beaucoup de pierres. Nous avons cherché un endroit sûr pour courir se mettre à l'abri. Nous avons couru dans une petite rue. J'ai ressenti une immense douleur à la tête et dans les jambes, puis je me suis évanoui".

Hossam al-Lohoh, qui est actuellement obligé de boiter, aura besoin d'une autre opération dans six mois pour réparer les nerfs endommagés de sa jambe.

Les 10 membres de la famille al-Lohoh, dont huit adolescents, se sont réfugiés dans la maison d'Ayman Qader, située à 500 mètres, mais ils étaient brièvement retournés pour vérifier l’état de leur maison dans le camp de réfugiés de Nusseirat, au centre de Gaza, le 13 Janvier.
Les chars israéliens, qui étaient stationnés dans l'ancienne colonie de Netzarim, ont lâché une bombe à fléchettes alors que la famille descendait la route Salah al-Din, le principal axe nord-sud de la Bande de Gaza. Il était un peu plus de 15h et la famille se trouvait à environ 20 mètres de la maison des Qader quand les chars israéliens ont bombardé le groupe de civils.

"La rue était remplie de fléchettes," se souvient Amer al-Mesalha, 25 ans. Il fait partie des 13 personnes blessées par les fléchettes qui tentaient, pour la plupart d'entre eux, de se réfugier dans une école des Nations-Unies.

Mesalha a été opéré pour lui retirer les fléchettes de sa main et de sa jambe, mais il lui en reste encore deux autres dans le ventre, dont le point d'entrée est dans le bas du dos, près de la colonne vertébrale. Comme les autres victimes, Mesalha est forcé d'accepter la présence des fléchettes dans son estomac. Il dit qu'il doit faire attention à ne pas sauter ou à bouger le bout de métal qui se trouve en lui. Mesalha pense que les soldats israéliens savaient qui ils visaient. "Les Israéliens pouvaient voir le groupe de personnes, ils nous ont visés.".


Source : http://electronicintifada.net/

Traduction : MG pour ISM

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