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Palestine - ISM France

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Bilin -

Se montrer plus malin que l'Occupant à Bilin

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Quand les militants se sont regroupés, ils ont placé des pneus et des branches sur les barbelés et ils ont pu franchir le premier mur. A ce moment-là, les manifestants se trouvaient entre les deux murs.
D'un côté, un mur de barbelés et de l'autre, une barrière électrique et des barbelés.
Les manifestants ont coupé les barbelés et jeté les poteaux en bas de la pente rocheuse.

Se montrer plus malin que l'Occupant à Bilin


Les activistes dans leur marche avant de surprendre et ridiculiser les soldats (voir les autres photos)

Depuis 27 mois, les villageois du village de Bilin en Cisjordanie ont résisté de façon non violente au Mur d'Apartheid au vol de terre par Israël.
Les Palestiniens ont été rejoints par des activistes israéliens et internationaux à Bilin dans leurs manifestations hebdomadaires du vendredi contre le mur.

Aujourd'hui, les activistes avaient rendez-vous devant la mosquée de Bilin et ils ont commencé leur marche habituelle en direction du Mur. Les manifestants ont chanté et scandé des slogans pendant leur marche sous la chaleur pour atteindre la structure d'Apartheid.

Il y avait même deux membres du Cirque de Tel Rumeida pour les Palestiniens Détenus qui ont illuminé l'atmosphère et tenté de tirer quelques sourires aux soldats grincheux.

Les manifestants ont fait les trois quarts du chemin jusqu'au Mur sans incident. Puis, là, il y avait un barrage de barbelés séparant le chemin en deux : un chemin symbolisant la résistance non-violente, du genre Ghandi et l'autre symbolisant la violence et l'occupation, dans le genre Etat policier.

Les Forces d'Occupation Israélienne, positionnées de l'autre côté des barbelés, ont pointé leurs armes sur les manifestants dont les armes n'étaient que des caméras, des pancartes de paix et du matériel de cirque.

Les manifestants ont crié en Arabe, en Hébreu et en Anglais : "Non au Mur !" et "Ne Tirez pas !"

Quand un manifestant palestinien a commencé à tirer les barbelés qui empêchaient la foule d'atteindre le Mur situé derrière, les Forces d'occupation Israélienne ont commencé à tirer du gaz lacrymogène.

Les manifestants se sont précipités dans l'oliveraie, en couvrant leurs yeux et leurs bouches de leurs mains et de mouchoirs pour empêcher le gaz suffoquant d'atteindre leurs cornées et leurs poumons.
J'ai moi-même entendu les balles de caoutchouc siffler entre les branches d'oliviers.

Partout où je regardais, des boîtes métalliques de gaz lacrymogène soit tombaient lourdement du ciel, soit stridaient à travers les arbres.

Les pacifistes se sont retirés au bout de 20 minutes mais un groupe s'est regroupé un peu plus loin. Un rapide décision a été prise au nom des organisateurs palestiniens et de leurs partisans. Et bientôt, le groupe descendait un terrain difficile.

L'objectif était d'atteindre un autre secteur du Mur d'Apartheid et éventuellement d'en démanteler certaines parties mais surtout d'atteindre le Mur et de passer de l'autre côté.

De l'autre côté du Mur, se trouvent, bien sûr, les colonies israéliennes de Mod’in Ilit et de Mattityahu Est construites illégalement. Ces colonies et le Mur d'Apartheid ont été construits sur près de 60% de la terre qui a été confisquée par Israël au village palestinien de Bilin. C'est l'Apartheid par excellence.

Donc, environ 30 manifestants, des Palestiniens, des Israéliens et des internationaux ont tranquillement accédé à une autre partie du Mur d'Apartheid, en passant par la montagne.

Par chance, la majorité portaient des bottes et des chaussures de tennis parce que le terrain était vraiment rocheux.
La caméra de l'armée était orientée vers la route que prenaient habituellement les manifestants. Elle ne pouvait pas filmer cette action secrète contre une autre partie du Mur.

Quand les militants se sont regroupés, ils ont placé des pneus et des branches sur les barbelés et ils ont pu franchir le premier mur. A ce moment-là, les manifestants se trouvaient entre les deux murs. D'un côté, un mur de barbelés et de l'autre, une barrière électrique et des barbelés.

Un peu plus loin, les Forces d'Occupation Israélienne tiraient sur les manifestants qui étaient restés dans l'oliveraie. Sur cette partie du Mur, on pouvait lire des pancartes en Hébreu qui disaient à peu près : "Si vous vous aprochez trop près, il y a une menace de Mort;"
Les manifestants ont coupé les barbelés et jeté les poteaux en bas de la pente rocheuse.

Puis, les manifestants ont poursuivi leur chemin entre les murs en direction des Forces d'Occupation. Les soldats n'ont pas même remarqué le groupe avant qu'il soit à quelques mètres d'eux.
Mais quand ils ont été repèrés, les soldats ont retourné leurs armes sur le groupe des 30 manifestants.

"Ne pas tirez !" criaient les manifestants en différentes langues. Les soldats avaient été pris par surprise. Leurs réactions non synchronisées l'a prouvé. Les soldats se sont approchés de la barrière tout en pointant leurs armes sur les manifestants non-violents.

Les soldats ne pouvaient pas tirer du gaz lacrymogène par-dessus le premier mur parce qu'il serait tombé en bas de la montagne, dont ils l'ont tiré sur la route près des jeeps. Il s'est dissipé rapidement.

Mohammad Khatib du Comité Populaire s'est avancé sur le chemin. Un soldat l'a affronté près d'une porte dans le mur.

Mohammad raconte :
"Le soldat pointait son arme sur moi. Il était à deux doigts de me tirer dessus. Je lui ai dit que nous étions non violents et qu'il ne fallait pas tirer. "Vous pouvez nous arrêter mais ne tirez pas !" Puis, j'ai entendu son commandant dire au soldat en Hébreu de laisser tomber."

Après avoir négocié avec les soldats, les Palestiniens ont pu obtenir de l'armée qu'elle laisse passer les manifestants par la principale porte dans le Mur sans leur tirer dessus. C'est l'endroit où les manifestants tentent chaque semaine d'accéder.

Au cours des dernières semaines, les Forces d'Occupation Israélienne n'ont pas autorisé la manifestation d'atteindre la porte dans le Mur et elles les ont empêché d'y arriver en tirant du gaz lacrymogène et des balles de caoutchouc, tout comme elles l'ont fait aujourd'hui.

Il y a deux semaines, les Forces d'Occupation Israélienne ont tiré sur une lauréate irlandaise du Prix Nobel de la Paix, Mariad Macguire, de cette façon, alors qu'elle participait à la manifestation qui essayait d'atteindre la porte dans le mur d'Apartheid. Environ 25 pacifistes ont été blessés ce jour-là.

Donc, c'était une petite victoire, mais néanmoins une victoire.

Les manifestants ont été plus malins que l'armée et ils ont franchi le mur. Ils sont passés de l'autre côté du Mur, derrière les soldats qui tiraient sur le flanc de colline. Et ils sont passés sur la gauche des soldats qui tiraient du gaz lacrymogène sur les Palestiniens restés dans l'oliveraie.

Un membre du Cirque de Tel Rumeida pour les Palestiniens Détenus a fait tourbillonner son poi de cirque lorsqu'elle est passée devant l'absurdité de l'Occupation.

Quand on lui a demandé de faire une déclaration au sujet du rôle du CTRPD dans la manifestation, elle a déclaré : "Si l'on peut obtenir un sourire d'un soldat, c'est un succès parce que cela signifie qu'il ne tire pas sur un Palestinien pendant une seconde."




Bilin est un village palestinien qui lutte pour sa survie. Il se bat pour préserver sa terre, ses oliviers et ses ressources… sa liberté.

Tout en annexant près de 60% des terres de Bilin pour les colonies israéliennes et la construction du Mur d'Apartheid israélien, l'Etat d'Israël étrangle le village. Chaque jour, il le détruit un peu plus en créant une prison à ciel ouvert pour les habitants de Bilin.


En savoir plus sur Bilin

Le Mur à Bil'in et l'expansion vers l'est de Modi`in Ilit par Nir Shalev


Le Mur de la Ségrégation menace les terres des villages de Bil'in et de Saffa par ARIJ


Rapport de B'Tselem et Bimkom : Le bloc de colonies de Modi'in Illit


Voir un extrait du film "Bilin, Mon Amour" de Shai Carmeli Pollak auquel a participé Emad Burnat

Source : http://www.palsolidarity.org/

Traduction : MG pour ISM

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4 mai 2007