Fermer

S'inscrire à la mailing list ISM-France

Recevez par email les titres des derniers articles publiés sur ISM-France.

Votre adresse courriel

Fermer

Envoyer cet article

Votre adresse courriel
Envoyer l'article à
Votre message
Je profite de l'occasion pour m'abonner à la newsletter ISM France.
Palestine - ISM France

Imprimer cet article Envoyer cet article
Article lu 1718 fois

Tulkarem -

Tulkarem : Un changement unilatéral du plan des FOI

Par

Nous sommes arrivés à Tulkarem hier, deux jours après l'invasion israélienne du 14. L'attaque a commencé par l'étalage habituel de la force : deux policiers palestiniens qui gardaient le checkpoint à l'entrée Ouest de la ville ont été abattus.
Mohammed Shihade a été tué, et son compagnon, Mohammed Ghannam est dans un état critique à l'hôpital local.
Les deux hommes avaient vingt ans.

La ville a été sous couvre-feu, et l'armée a patrouillé dans les rues, en tirant des balles réelles, des bombes assourdissantes et du gaz lacrymogène. Ils ont occupé des maisons et arrêté beaucoup de gens à l'intérieur de la ville ainsi que dans les villages et les camps de réfugiés environnants. On nous a dit juste aprés notre arrivée que sept personnes avaient été touchées par des tirs le jour précédent dont l'une est dans un état critique.

Cette invasion des Forces de l'Occupation Israélienne a mis en lambeaux les accords de Sharm Al Sheikh. Israël était censé se retirer complètement de Tulkarem et de Jericho. L'Autorité Palestinienne qui était supposée contrôler la région n'a reçu aucune information au sujet de l'invasion et du changement unilatéral du plan d'Israël.

Normalement, les rues de Tulkarem sont vivantes, mais quand nous nous sommes déplacés dans la ville, les magasins étaient fermées et les gens avaient disparus; seuls quelques enfants dingues et un rare piéton l'empêchaient d'être totalement déserte.

Près de notre appartement, nous avons découvert une maison avec un drapeau israélien à une fenêtre : une des nombreuses maisons dans la ville occupées par l'armée.

Les quelques personnes que nous avons rencontré restaient à distance de la maison, en restant généralement hors de vue (sauf, naturellement, pour les enfants irréductibles), et les passants occasionnels qui ignoraient la situation et se sont pressés de s'éloigner quand ils ont réalisé que la maison était occupée.

Un homme dans la rue nous a informés que la famille était toujours à l'intérieur, retenue en otage par les soldats.

Après nous être éloignés de la maison, nous avons entendu des tirs provenant de cette direction; plus tard nous avons appris qu'un adolescent avait perdu un rein suite au tir d'un sniper israélien. Il semble probablement que cela est arrivé dans cette rue.

Sur les 11 familles dont les maisons ont été occupées la nuit dernière (il y a maintenant encore plus de maisons occupées), elles n'ont pas toutes été forcées à rester à l'intérieur.

Une famille nous a demandés de l'aider à récupérer quelques affaires dans leur maison, car elles avaient été forcées de s'enfuir chez un parent avec très peu d'affaires.

Notre plan était de parler aux soldats dans la maison et de les convaincre de nous laisser entrer avec la mère de la famille, qui pourrait facilement repérer ce dont la famille avait besoin.


Alors que nous nous approchions, un soldat a jeté un coup d'oeil à l'extérieur de dessous le rideau: "C'est mauvais pour nous que vous soyez ici. Nous ne sommes pas autorisés à vous parler. Veuillez partir." Puis il a disparu de notre vue et les autres tentatives de parler aux soldats n'ont rencontré que le silence. Quand nous avons sonné à la sonnette, ils l'ont tout simplement ignoré.

Aujourd'hui, nos tentatives ont été plus productives. Nous sommes parvenus à aider une femme à récupérer des médicaments, des vêtements et une voiture de sa maison occupée.

Les restes de normalité restent visibles de l'extérieur de la maison : quelques paires de pantoufles dans l'entrée et le vélo d'un enfant dans l'allée.

Nous avons souligné l'incongruité de l'occupation un quartier de banlieue agréable par un peloton de soldats.


La maison suivante que nous avons visitée se situait dans le camp de réfugiés de Tulkarm.

Selon la pratique habituelle des Forces de l'Occupation Israélienne, la famille et leurs voisins avaient été rassemblés dans une pièce, forcés de rester là indéfiniment tandis que les soldats d'occupation se servaient du reste de la maison.
Cette tactique assure la sécurité des soldats pendant qu'ils sont dans le bâtiment : aucun Palestinien n'attaquerait une maison alors que la famille est toujours à l'intérieur.

Les familles sont en réalité des boucliers humains.

Les soldats nous ont autorisés à entrer pour livrer de la nourriture et de l'eau. Il y avait vingt-deux personnes dans la pièce : au moins huit enfants et un bébé. Il y faisait une chaleur étouffante, et les gens semblaient épuisés.
On nous a dit qu'une femme était diabétique, mais nos tentatives de discussion avec les soldats pour qu'ils la laissent partir sont restées stériles.


Le nombre de personnes arrêtées jusqu'ici est incertain.

Ce matin, nous avons vu un gros peloton de soldats aller de maison en maison et arrêter, apparent arbitrairement, des personnes qui se trouvaient à l'intérieur.
Une foule de femmes et d'enfants attendaient au milieu de la route.
Il y avait peut-être dix jeeps dans le secteur et un grand véhicule dans lequel les personnes arrêtées étaient emmenées. Des chiens étaient également utilisés.

Personne n'était autorisé à quitter la ville. La Porte d'Enab, ouverte depuis les négociations de Sharm Al Sheik, a été fermée, bloquant la route principale entre Tulkarem et Naplouse.


Aujourd'hui, le couvre-feu a été levé de midi à 16h. Les rues sont devenues bondées avec des gens qui achetaient à la hâte ce dont ils pourraient avoir besoin pour la prochaine... qui sait?

Quand les gens pourront-ils à nouveau bouger librement?

Combien de temps cette incursion va-t-elle durer ?

En attendant les gens parlent de Gaza et de Salfit, où des gens ont été tués par des attaques aériennes; d'Hébron et de Bethlehem, où un bon nombre de gens ont été arrêtés.

C'est tellement difficile de ne pas continuer à se demander ce qui se produira après, quelle est la prochaine étape dans le grand plan unilatéral d'Israël?

La paix n'est clairement pas à l'ordre du jour, ni un 'retrait' israélien de Tulkarm, de Gaza, ou de n'importe où ailleurs, tout comme il n'y a aucune garantie que les populations civiles ne seront pas soumises à une attaque militaire.


Source : www.palsolidarity.org

Traduction : MG pour ISM

Faire un don

Afin d'assurer sa mission d'information, ISM-France fait appel à votre soutien.

Oui ! Je soutiens ISM-France.


Contacter ISM France

contact@ism-france.org

Suivre ISM France

S'abonner à ISMFRANCE sur Twitter RSS

Avertissement

L'ISM a pour vocation la diffusion d'informations relatives aux événements du Proche Orient. Les auteurs du site travaillent à la plus grande objectivité et au respect des opinions de chacun, soucieux de corriger les erreurs qui leur seraient signalées.

Les opinions exprimées dans les articles n'engagent que la responsabilité de leur auteur et/ou de leur traducteur. En aucun cas l'ISM ne saurait être tenu responsable des propos tenus dans les analyses, témoignages et messages postés par des tierces personnes.

D'autre part, beaucoup d'informations émanant de sources externes, ou faisant lien vers des sites dont il n'a pas la gestion, l'ISM n'assume aucunement la responsabilité quant à l'information contenue dans ces sites.

A lire également...
Même lieu

Tulkarem

Même sujet

Incursions

Même auteur

ISM

Même date

16 juillet 2005