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Palestine - ISM France

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France -

Un Gazaoui menacé d'expulsion pour avoir refusé de devenir informateur (vidéo)

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30.3.2016 - Un réfugié palestinien attend de savoir s'il sera expulsé de France. Lui et ses avocats disent que la décision de le déporter vient en représailles pour son refus de devenir informateur pour les services du renseignement français. Le Collectif contre l'Islamophobie en France (CCIF) un groupe qui combat l'islamophogie et autres formes de racisme, représente l'homme, qui est dénommé Muhammad.
Muhammad est pharmacien, il vient de la Bande de Gaza, où son épouse et ses enfants vivent encore. Il a obtenu le statut de réfugié en France il y a plusieurs années. Ses problèmes ont commencé il y a trois ans.

Un Gazaoui menacé d'expulsion pour avoir refusé de devenir informateur (vidéo)

Interrogatoire

"Je rentrais chez moi après l'école, et lorsque je me suis approché de ma maison, j'ai été surpris de voir un très grand nombre de voitures," dit Muhammad dans la vidéo publiée par CCIF. Pour protéger son identité, la vidéo ne montre pas le visage de Muhammad.



"Alors tout d'un coup ils m'ont saisi, m'ont bandé les yeux et m'ont dit 'montez dans la voiture, vous êtes soupçonné de terrorisme,'" se rappelle-t-il.
Muhammad dit qu'il a été maintenu dans une cellule d'isolement, sauf lorsqu'on l'en sortait pour des interrogatoires réguliers.
Deux jours après, il dit que les enquêteurs lui ont dit qu'ils n'avaient rien trouvé sur lui et qu'il était libre.
"Je pars comme ça, comme si rien ne s'était passé ?" se souvient-il leur avoir dit.

Invitation

Quelques temps plus tard, Muhammad dit qu'un homme est venu chez lui et lui a proposé d'aller faire un tour. L'homme, qui a dit être un directeur du service du renseignement français, l'a emmené dans un hôtel.
A l'hôtel, l'homme a dit à Muhammad, "Je vous ai fait venir ici parce que je veux que vous travaillez pour nous." Muhammad a demandé quel type de travail. Aux dires de Muhammad, l'agent a répliqué : "Vous travaillerez de la façon suivante - nous vous donnerons des détails sur des gens particuliers, dans une mosquée par exemple, et vous nous ramènerez des informations sur eux."
"Je lui ai dit, 'Ecoutez, vous pouvez me donner tout l'or du monde mais je ne suis pas du genre de personne qui fait des coups en douce," se rappelle Muhammad avoir répondu. "Je jure devant Dieu que je ne ferai pas ce genre de travail."

Représailles

Après ce refus, le CCIF dit le harcèlement a commencé.
Un jour, la police est venue chercher Muhammad chez lui et l'a emmené à l'aéroport où on a pris ses empreintes digitales et un échantillon de son ADN.
Muhammad dit qu'à nouveau la police l'a accusé de "terrorisme".
La façon dont les autorités l'ont traité lui ont provoqué un stress psychologique grave et des insomnies, et il a dû voir un thérapeute.
"C'est une grande injustice," dit-il.
Mais les problèmes ont continué. En mai dernier, la police est à nouveau venue le chercher et il a été placé sous assignation à résidence - en fait en résidence surveillée - dans un hôtel décrépit à Parthenay (Deux-Sèvres).
Il dit que ses problèmes de santé ont commencé à empirer, dont des infections de la peau et des yeux et un rythme cardiaque élevé.
En octobre 2015, un article a été publié dans Le Courrier de l'Ouest rapportant qu'un "imam salafiste" palestinien de 48 ans vit en résidence surveillé à Parthenay depuis le mois de mai 2015.
Il n'est pas nommé, mais les détails correspondent au cas de Muhammad. Le journal ne donne aucune source pour l'information qui vraisemblablement ne peut provenir que des autorités. En novembre, un juge à Poitiers a rejeté les justifications données par les autorités pour l'arrêté d'assignation à résidence.
"L'arrêté l'assignant à résidence se base sur des motifs faux liés à sa pratique religieuse," selon le CCIF.
Dans la vidéo, Muhammad montre un dossier dont il dit qu'il contient les déclarations de 145 individus agissant en tant que témoins de moralité.

Audience de déportation

Muhammad a néanmoins été convoqué à Paris le 25 mars pour une audience sur la révocation de son statut de réfugié.
"C'est un Palestinien de Gaza," dit son avocate Liliane Glock dans la vidéo, "et ils lui ont dit, vous devez prendre des mesures pour aller ailleurs."
Mais Muhammad ne peut pas revenir à Gaza, qui est sous blocus israélo-égyptien.
"S'ils veulent lui retirer son statut de réugiés, c'est à eux de faire la preuve qu'il a violé ce statut," dit Glock.
Mais elle dit qu'en France, le système du droit administratif accepte comme preuve les "notes blanches" - des notes non signées des services de renseignement.
Etant donné l'actuel état d'urgence suite aux atrocités à Paris en novembre dernier perpétrées par des membres présumés de l'Etat islamique, tout peut arriver, craint Glock.
Même avant les attaques de novembre, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé des
plans pour "fermer les mosquées salafistes" et "expulser les prêcheurs de la haine".

Mauvais traitements et discrimination

Depuis novembre, Amnesty International a sévèrement critiqué la France pour sa répression brutale qui a un "impact disproportionné" sur les Musulmans et les gens accusés de faire partie de groupes de gauche.

Dossier FRANCE: DES VIES BOULEVERSÉES: L'IMPACT DISPROPORTIONNÉ DE L'ÉTAT D'URGENCE EN FRANCE
Par Amnesty International, 4 février 2016, N° d'index: EUR 21/3364/2016

"Peu après les attentats du 13 novembre 2015, qui ont fait 130 morts et plus de 300 blessés à Paris, le gouvernement français a déclaré l’état d'urgence. Ce rapport passe en revue un certain nombre de cas illustrant les dérives de la mise en œuvre des mesures d’urgence et conclut que ces mesures ont été appliquées de façon bien trop généralisée et, dans certains cas, arbitrairement. Les autorités françaises ont notamment restreint les droits humains, et en particulier les droits à la liberté, à la vie privée, à la liberté de réunion et le droit de circuler librement au-delà des exigences que la situation impose."

Vendredi 25 mars, accompagné de son avocat, Muhammad a eu une audience à l'OFPRA, l'organe qui statue sur les demandes de réfugiés et d'asile en France.
La décision est attendue dans les prochaines semaines.

Entretemps, le CCIF exhorte le soutien des réseaux sociaux pour Muhammad en utilisant le mot-dièse #MohammedRefugie

Selon un tweet du CCIF, l'Etat a retiré à Muhammad son droit au RSA en janvier.
Mardi dernier, un appel en ligne pour ses frais de subsistance a recueilli près de 6000 euros.

"Quelle que soit la décision rendue par l’OFPRA, le CCIF se tiendra jusqu’au bout à ses côtés, tant que le rétablissement de ses droits les plus fondamentaux ne lui seront pas restitués," écrit le CCIF.


Source : Electronic Intifada

Traduction : MR pour ISM

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