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Palestine - ISM France

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Un été dramatique pour les prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes entre le coronavirus, la canicule et les pratiques inhumaines de l'occupation

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La mort d'un prisonnier palestinien dans la prison israélienne d'Ofar la semaine dernière, le deuxième en un mois, après le décès d'un autre prisonnier âgé fin juillet 2020 - le quatrième depuis le début de l'an 2020-, le nombre considérable d'arrestations notamment des étudiantes et étudiants -18 en juillet et août-, la canicule, la découverte de 25 prisonniers infectés par le coronavirus, et la menace d'expulser à vie d'un prisonnier libéré de Jérusalem, a mis de nouveau la lumière sur la situation alarmante et préoccupante de nos cinq mille prisonniers palestiniens toujours derrière les barreaux israéliens dans des conditions épouvantables.

Un été dramatique pour les prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes entre le coronavirus, la canicule et les pratiques inhumaines de l'occupation

Ce prisonnier mort suite à une crise cardiaque sans être secouru à temps, au contraire, il a été entravé par la police, soi-disant la plus morale du monde, d'un Etat, soi-disant le seul Etat démocratique de la région, ne sera ni le premier ni le dernier détenu palestinien mort dans une prison israélienne.

De par une négligence médicale délibérée, de par les mesures atroces de l'occupation contre tous nos prisonniers, mais surtout, de par le silence complice de la communauté internationale, et une normalisation gratuite entre quelques pays arabes et cet état colonial, cette situation va se répéter.

L'association Al-Damir qui s'occupe des prisonniers palestiniens, montre que presque tous les prisonniers qui ont décédé ont passé entre 15 et 20 ans et quelques fois deux ou trois mois avant leur libération , et souvent ils ont perdu leurs pères ou mères sans les voir, terrible!

Selon le club du prisonnier palestinien, cette nouvelle disparition augmente le nombre de prisonniers palestiniens morts dans les prisons israéliennes depuis 1967 à 225 détenus.

Ce même club, a confirmé que plus de 850.000 palestiniens sont déjà passé par les geôles israéliennes depuis 1967, soit 20 % de la population des territoires palestiniens occupés, donc, rare sont donc les familles palestiniennes qui n'ont pas connu un ou plusieurs de leurs membres en prison.

Par milliers, ces Palestiniens, militants, résistants, activistes, députés, hommes politiques, engagés, combattants ou simples civils, hommes, femmes ou enfants croupissent dans les prisons israéliennes, en toute illégalité au regard du droit international.

Les autorités israéliennes ont toujours utilisé la détention comme un moyen de contrôle de la résistance palestinienne voire comme un instrument de négociation.

Il faut rappeler ici qu'en 2019, cinq prisonniers palestiniens sont morts en captivité, dont quatre à la suite d'une négligence médicale délibérée.

S'ajoute à ce drame, la découverte fin août et début septembre de 25 prisonniers infectés par le Covid-19 dans plusieurs prisons israéliennes, avec le risque d'avoir une contamination rapide surtout que tous les prisonniers palestiniens sont isolés dans des cellules étroites sans aucune prise de conscience de la part du service pénitentiaire de l'occupation.

Et récemment cette canicule exceptionnelle en Palestine, qui a transformé les prisons en fours en feu, et a provoqué un essoufflement chez certains détenus, en raison du manque de ventilation.

Le Centre Palestinien d'études sur les prisonniers palestiniens a mis en garde, contre l'impact de la forte vague de chaleur qui frappe les territoires palestiniens depuis mi-août 2020 sur la vie des prisonniers dans les zones désertiques , surtout les prisons du sud comme Néguev, Raymond, Nafha et Ishel, qui contiennent la moitié du nombre de prisonniers palestiniens.

Oui, la situation actuelle pour nos prisonniers est dramatique et insupportable pendant cet été, qui a augmenté leur souffrance, eux qui subissent au quotidien des pratiques inhumaines comme la torture, la violence physique et psychologique, la négligence médicale, et les conditions carcérales insupportables dans les prisons israéliennes. Une mort lente attend les plus de cinq mille prisonniers qui sont toujours derrière les barreaux israéliens.

Selon le Pacte International relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), l'interdiction de la torture est absolue. Pourtant, les aveux des prisonniers palestiniens sont souvent obtenus par la torture suite à de longues heures d'interrogatoire. Selon le Comité israélien contre la torture, les méthodes de torture utilisées par la sécurité israélienne sont à la fois psychologiques et physiques, allant des pressions exercées via des membres de la famille du détenu jusqu'à au maintien de longue durée dans des positions inconfortables. Amnesty International et le comité israélien contre la torture ont confirmé ces pratiques inhumaines, en ajoutant l'isolation qui est également souvent utilisée, y compris sur les enfants.

Ces conditions qui se sont aggravées ces derniers jours, avec le risque d'avoir une contamination rapide pour ces prisonniers. Aucune mesure urgente n'a été prise par les autorités pénitentiaires israéliennes pour freiner la propagation de ce virus dans toutes les autres prisons, ni pour protéger les 5000 prisonniers palestiniens toujours derrière les barreaux de l'occupation. Des prisonniers qui vivent la surpopulation carcérale.

Surtout que parmi ces prisonniers, des personnes fragiles susceptibles de céder plus facilement à l'épidémie comme les enfants, les femmes, les personnes âgées, les malades et les blessés. Sans oublier, le surpeuplement, l'insalubrité et la mauvaise nutrition; tout cela fait des prisons des lieux dangereux de reproduction du virus.

En plus, l'administration israélienne refuse l'entrée des produits sanitaires et de stérilisation, ainsi que les médicaments pour les détenus.

C'est seulement le mois dernier, que cette administration a commencé à distribuer quelques masques à des dizaines de prisonniers.

Et cela malgré l'appel de l'Organisation mondiale de la santé-OMS- et de la Croix Rouge Internationale aux autorités israéliennes, fin mai dernier, afin d'intervenir pour isoler les prisonniers palestiniens qui sont entassés par dizaines dans des cellules étroites, et qui sont en contact direct entre eux, au quotidien, avec une possibilité de transmettre ce nouveau virus Corona, et pour améliorer les dépistages et les conditions sanitaires de cinq milles prisonniers.

Au contraire, jour après jour, les prisonniers palestiniens s'exposent à une négligence médicale délibérée, ils reçoivent leur traitement médical avec beaucoup de retard, beaucoup de détenus très malades et très âgés sont sur la voie de mourir dans des prisons surpeuplées et privées de kits de dépistage.

Voilà comment cet état d'apartheid traite les malades palestiniens dans des geôles insupportables. Une mort lente et cruelle.

D'autant plus, que, et comme une punition collective, et pour mettre la pression sur ces prisonniers et sur leurs familles, l'administration pénitentiaire israélienne a profité de cette situation sanitaire exceptionnelle pour suspendre les visites des familles et des avocats, ainsi que les appels vidéo. De plus, toutes les procédures devant les tribunaux militaires sont reportées indéfiniment, et cela depuis avril dernier.

Déjà, l'ensemble des prisons israéliennes sont situées dans des régions très loin, excepté la prison d'Ofar, qui se trouve au nord de Jérusalem, en Cisjordanie occupée. Ce qui signifie que les prisonniers palestiniens sont transférés dans des prisons hors du territoire occupé. Cet éloignement rend les visites de leurs proches très difficiles, puisque ces derniers doivent obtenir des permis pour se rendre dans ces prisons, ce qui demande du temps et des moyens.

Même le Comité international de la Croix-Rouge-CICR- la seule structure autorisée à communiquer directement avec les prisonniers palestiniens et à leur rendre visite, n'a pas la possibilité de faire entrer les produits d'hygiène et d'assainissement adéquats dans la cantine de la prison, nécessaires dans ces conditions particulières.

Un autre aspect dramatique, les forces de l'occupation israéliennes continuent à arrêter des Palestiniens en Cisjordanie occupée et à Jérusalem, même en pleine période de pandémie. Parmi eux des étudiants, et surtout des enfants. Et cela malgré l'appel de l'ONG "Défense for Children International " afin que les autorités israéliennes prennent des mesures immédiates pour libérer tous les enfants palestiniens détenus dans les prisons et les centres de détention israéliens à cause de l'épidémie du Covid -19, et pour sauver leur vie en accord avec le droit international.

Selon l'association Al Dhamir, l'armée israélienne a arrêté depuis le début de cette année 2020 presque 527 palestiniens, et parmi eux 16 enfants, 5 femmes, et 34 prisonniers libérés.

Ces arrestations arbitraires augmentent le nombre de prisonniers palestiniens dans les geôles israéliens. Plusieurs milliers se retrouvent dans de petites cellules, sans accès à des sanitaires propres et privés. De tels traitements augmentent les risques et l'exposition à des conditions non hygiéniques dans lesquelles le virus Covid -19 prospère.

Oui, plus de cinq milles palestiniens toujours détenus dans les différentes prisons israéliennes. Selon les derniers chiffres du Club du prisonnier palestinien-Al-Asir Club- fin août, début septembre 2020, il y a actuellement 5077 détenus, et parmi eux, 42 femmes, parmi elles 15 mères de familles, 216 enfants moins de 18 ans, 5 députés , 27 journalistes, 520 prisonniers malades dont 40 très gravement, 130 prisonniers âgés de plus de 60 ans, 443 prisonniers qui sont condamnés à perpétuité une ou plusieurs fois, 152 prisonniers qui sont en prison depuis plus de 20 ans, et 25 détenus sont arrêtés avant les accord d'Oslo en 1994. Parmi eux, deux sont en prison depuis 30 ans, dont le plus ancien prisonnier palestinien Karim Younis en prison depuis 37 ans, considéré comme le doyen des prisonniers palestiniens.

Parmi ces prisonniers, plus de 500 personnes sous détention administrative illégale sans jugement, ni procès. Cette pratique de la détention administrative a des fins de contrôle, elle permet l'arrestation et la détention d'une personne sans motif et sans procès et cela pour une période de six mois renouvelables, une pratique illégale selon le droit international.

En effet, les tribunaux de l'occupation ne permettent pas aux Palestiniens d'avoir accès à un procès équitable, droit pourtant garanti par l'article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifié en 1991 par Israël.

Phénomène très particulier cette année: les 34 prisonniers palestiniens libérés entre avril et août 2020 après la fin de leur peine, n'ont pas eu cet accueil attendu par leurs familles, proches et voisins dans leurs villes respectives, ni de rassemblements de joie et de fête, cela à cause des mesures préventives face à l'épidémie du coronavirus, or, la sortie de n'importe quel prisonnier est considéré comme fête nationale en Palestine. Cette fois, ces prisonniers libérés ont été mis directement en quarantaine sans voir leurs familles. Il y avait parmi eux des personnes ayant passé 20 ans dans les prisons, terrible !

Mais l'espoir reste intact pour libérer tous nos prisonniers, nos héros et nos résistants.

Nos prisonniers avec leur résistance remarquable continuent de donner une leçon de courage et de détermination, pas seulement aux forces de l'occupation israélienne, mais au monde entier. Ils sont un exemple de patience et de persévérance, de volonté et d'attachement à la justice.

Ils sont nos héros, ils sont notre dignité, ils sont notre espoir ! Ils sont libres malgré l'isolement. Eux, les militants d'un idéal. Ils sont les prisonniers de la liberté !

Malgré la cruauté de l'occupant, le silence complice de cette communauté internationale officielle, l'absence de pression de la part des organisations des droits de l'Homme, et le silence des médias qui occultent leur souffrance, le combat de nos prisonniers continue jusqu'à la liberté, et pour la justice.

Nos prisonniers défient l'occupation ! Ils résistent, existent et persistent !

Ils se révoltent et organisent des grèves de la faim, et des actions de protestation,

La grève de la faim est devenue le seul moyen d'agir pour ces prisonniers, face aux violations incessantes de leurs droits, ces mouvements collectifs et individuels ont participé à obtenir quelques améliorations , comme le retour de la deuxième visite mensuelle, l'allongement du temps des visites de 45 minutes à une heure et demi, l'autorisation de la visite des enfants et petits-enfants de moins de seize ans , et un meilleur traitement durant les transports, en particulier pour les femmes prisonnières.

Et même la loi israélienne sur l'alimentation forcée des prisonniers grévistes a été refusée intégralement par tous les prisonniers et les organisations internationales.

L'arrestation, la détention et le jugement de nos 5000 prisonniers retenus jusqu'à présent dans 20 prisons israéliennes sont illégitimes, car ils sont les prisonniers de la liberté, ce sont les prisonniers de la dignité.

Face à cette situation cruelle, la communauté internationale reste silencieuse, avec des médias complices, et des organisations de droits de l'homme qui reste muettes.

Heureusement, les voix solidaires s'élèvent un peu partout dans le monde pour soutenir le combat quotidien des prisonniers palestiniens via des campagnes, des appels, des pétitions, et des actions- même virtuelles cette année vu le contexte actuel. Des solidaires de bonne volonté qui demandent comme tout le peuple palestinien de mettre fin à l'impunité de cette occupation, et réclamer des conditions humaines.

Malgré la cruauté de l'occupant et le silence du « monde libre », le combat de nos prisonniers continue jusqu'à la liberté, et pour la justice.

Et en ce temps de risque de contamination, ils poursuivent leur lutte légitime

Honte à l'occupation et à toutes ses mesures atroces dirigées contre eux.

Honte au monde dit libre qui ne bouge pas pour arrêter leurs souffrances.

Ce monde regarde mourir lentement nos prisonniers qui ne cessent de souffrir.

Souffriront-ils encore longtemps ?

Où sont donc les organisations des droits de l'Homme ?

Où est donc le monde libre ?

Ne voit-il pas ? N'entend-il pas ? Quand y aura-t-il une réelle pression sur les autorités israéliennes d'occupation ?

Le cri des ventres vides de nos prisonniers sera-t-il entendu ?

Jusqu'à quand cette injustice ?

Vive le combat légitime de nos prisonniers pour la liberté et pour la vie.

Vive la solidarité internationale avec nos prisonniers palestiniens, et avec notre cause de justice.

Une seule évidence, la lutte continue, et les prisonniers palestiniens vont développer davantage des actions pacifiques et de mobilisation individuelle et collective à la fin de cette nouvelle épreuve afin de faire entendre leur voix, la voix des opprimés, mais la voix légitime de ces résistants contre toutes les mesures atroces de l'occupant jusqu'à la liberté.

En attendant, derrière ces prisonniers et ces héros, tout notre peuple poursuivra le combat, jusqu'à la conquête de ses droits légitimes et jusqu'à la sortie du dernier détenu des prisons et des cachots israéliens.

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Ziad Medoukh