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Gaza -

Une famille pleure la mort de leur fils de 13 ans

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Le 14 Février 2009, près d'un mois après qu'Israël ait déclaré un cessez-le-feu unilatéral dans la bande de Gaza, Hammad Silmiya, 13 ans, faisait paître ses moutons et ses chèvres dans le nord de Gaza, à environ 500 mètres de la frontière avec Israël.
Une jeep de l’armée israélienne qui patrouillait le long de la frontière a tiré sur lui et sur ses copains. Hammad a été tué d'une balle dans la tête et il est mort presque sur le coup.

Une famille pleure la mort de leur fils de 13 ans


Sarah Malian/PCHR ; La tante d'Hammah, Jomaia (à gauche) et sa mère, Salma

Le 14 Février 2009, près d'un mois après qu'Israël ait déclaré un cessez-le-feu unilatéral dans la bande de Gaza, Hammad Silmiya, 13 ans, faisait paître ses moutons et ses chèvres dans le nord de Gaza, à environ 500 mètres de la frontière avec Israël.

Une jeep de l’armée israélienne qui patrouillait le long de la frontière a tiré sur lui et sur ses copains. Hammad a été tué d'une balle dans la tête et il est mort presque sur le coup.

La mort d’Hammad est à peine parue dans la presse, juste une nouvelle victime dans la bande de Gaza, où le nombre de morts et de blessés parmi les civils continue d'augmenter chaque jour. Sa famille a déjà subi la mort de la grand-mère d’Hammad, de ses deux cousins, âgés de 4 ans et 18 mois, et de la destruction de leurs maisons et de leur bétail au cours de l'offensive d'Israël.

"C’était le samedi matin et Hammad s'était réveillé à 6 heures», dit la tante d’Hammad, Jomaia, 40 ans. "Il était parti avec son frère et deux jeunes amis pour faire paître les animaux. Vers dix heures du matin, Hammad préparait le petit déjeuner dans les champs comme il l'a toujours fait. Un véhicule de l’armée israélienne a tiré sur eux et il a été touché à la tête. "

Jomaia retire un sac plastique des plis de son châle noir et défait le nœud. A l’intérieur d’une petite enveloppe, il y a la seule photo qu’ils ont d’Hammad, prise quand il avait 7 ans. Les photos plus récentes de lui ont été perdues sous les décombres de leur maison.

Hammad était comme un fils pour moi parce que je n’ai pas d’enfants et qu’il dormait toujours à côté de moi,» dit Jomaia.
«Quand il avait besoin de quelque chose, il me le demandait. On disait toujours qu’Hammad n’avait pas qu’une seule mère mais qu’il en avait deux, sa vraie mère et moi. Une partie de moi est morte avec lui.»

Hammad avait quitté l’école il y a quelques mois pour travailler à plein temps comme berger pour aider sa famille. « J’ai tenté de le forcer à retourner à l’école mais tout ce qui l’intéressait, c’était de travailler avec les chèvres et de conduire son âne, » dit Jomaia. Il s’entendait tellement bien avec les animaux.

Dès qu’il rentrait de l’école, il jetait son sac dans la maison et il courait rejoindre ses animaux. La nuit précédent la mort d’Hammad, j’avais rêvé d’une cérémonie de mariage, ce qui dans notre culture est un mauvais présage. Quand ils m’ont dit qu’Hammad avait été blessé, je savais qu’il était mort parce que je l’avais vu
En futur marié dans mon rêve.

La mere d’Hammad, Salma, est assise à côté de Jomaia dans l’abri de fortune que la famille a installé sur les restes de leur maison à Hay Al-Salama, au nord de la Bande de Gaza. Tout autour d’eux n’est que dévastation.

Cette famille de Bédouins est arrivée à Gaza en tant que réfugiés de Beersheva (appelé à l’époque Bir al-Saba) en 1948 et s’est installée dans le secteur de Hay al-Salama.
Avant la dernière offensive israélienne, elle possédat une maison en béton et des granges pour le bétail à côté de la zone tampon qui a été le premier secteur à être frappé pendant l’offensive terrestre des Israéliens en janvier 2009.

“Les tanks ont commencé à tirer sur le secteur du 5 janvier au matin ”, se souvient Jomaia.

«La première bombe a touché notre maison et j’ai couru vers la maison de ma mère parce qu’elle a 80 ans et qu’elle est clouée au lit. Puis la seconde bombe a frappé sa maison et nous avons du courir en la laissant derrière nous. Nous étions comme des moutons apeurés dont la porte de l’étable avait été ouverte. Nous nous sommes enfuis à Jabalia et ensuite à Zeitoun où nous nous sommes abrités dans des écoles. Tous les jours, je suppliais les ambulanciers et les secouristes de m’aider à aller chercher ma mère. J’ai même dit que je marcherais devant l’ambulance en portant un drapeau blanc, mais c’était trop dangereux et ils ont refusé.»

Quand la famille Silmiya est revenue dans le secteur le 18 janvier, ils ont retrouvé leur rangée de maisons rasée au niveau du sol par des frappes aériennes des F16 et il leur a fallu 3 jours avant de retrouver la grand-mère d’Hammad sous les décombres de la maison. Hammad a été enterré près de sa grand-mère, juste quelques semaines plus tard.

En raison de leur proximité de la frontière, peu de donateurs sont venus pour estimer les dégâts ou leur fournir de l’aide. Le camp de tentes de réfugiés le plus proche ne convient pas à la famille Silmiya parce qu’ils ont besoin d’être près de leurs animaux et les familles bédouines préfèrent rester seules.

"La guerre n'est pas terminée", dit Salma, la mère d’Hammad. «Il n'y a pas de périodes de calme dans la bande de Gaza, et nous voyons souvent des F-16 dans le ciel. Mais Hammad n’avait jamais eu peur. Il était fort et plein d'énergie. Son plus jeune frère dit qu'il aurait préféré que les Israéliens le tuent, lui, parce que tout le monde aimait Hammad. Il refuse également d’emmener de la nourriture ou du thé avec lui quand il va maintenant faire paître les moutons parce qu’Hammad préparait le petit déjeuner quand ils ont tiré sur lui. "

Le père d’Hammad, Barrak Salem Salaam Silmiya, se tien au milieu des carcasses de ses animaux et des décombres de sa maison.

Les jours précédents sa mort, Hammad était bouleversé par la mort de son âne qui avait été tué au cours de l'invasion terrestre des Israéliens avec soixante chèvres et trois vaches appartenant à son père Barrak Salem Salaam Silmiya, dont les trois noms de famille sont tous des dérivés du mot «paix» en arabe.

"Nous voulons la paix, mais où est-elle? Où sont les droits de l'homme dans la bande de Gaza?" demande Barrak, 47 ans, alors qu’il nous montre les carcasses des animaux qui flottent dans la boue autour des ruines de sa maison.

"Hammad avait 13 ans. Pour n’importe qui, il avait l’air d’un enfant mais ils ont quand même tiré sur lui. Il était très brillant et il était génial avec les animaux. Il allait même vendre notre lait et du fromage sur le marché. Que puis-je dire au monde au sujet de mon fils? Comment puis-je parler de lui?
Les grandes puissances ne peuvent même pas arrêter Israël, alors que puis-je faire?
J'ai l'impression que je ne suis rien. Dans ce secteur, il n’y avait que des maisons et une rue. Est-ce que ces chèvres étaient des combattants? Il ne reste rien."


Alors que Barrak se reoutne pour s’éloigner, Salma, la mère d’Hammad, se lève : "Ces 15 jours depuis la mort d’Hammad ont semblé durer 500 jours. Hammad était brun, et il était magnifique. La nourriture n’a plus de goût".


"Tous les gens qui ont vu Hammad le matin où il a été tué, disent que son visage était particulièrement beau
», ajoute sa tante Jomaia. "Ce n'est pas une guerre contre un gouvernement ou un pays. Israël nous tue, comme si nous étions des animaux et des chiens et personne ne se tient à nos côtés."

Source : http://electronicintifada.net

Traduction : MG pour ISM

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