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Palestine 48 -

Une nouvelle application iPhone remonte le temps sur Israël

Par

6 mai 2014 - Mardi était le jour de l'"Indépendance"* d'Israël, et les Israéliens ont fêté les 66 ans de leur Etat avec des barbecues, des défilés aériens et des feux d'artifice. Les sympathisants des Palestiniens ont saisi l'occasion pour dévoiler une nouvelle application qui considère la fête du point de vue de ceux qui ont "perdu la guerre"* en 1948 et ont été depuis enfermés dans un conflit avec Israël : iNakba.

Une nouvelle application iPhone remonte le temps sur Israël

Sur l'écran du smartphone, une image de la nouvelle application iNakba
(Thomas Coex-AFP/Getty Images)

En arabe, nakba signifie catastrophe, et l'application iPhone dresse la carte de quelques 500 villages palestiniens qui existaient jadis sur la terre contrôlée par Israël depuis 1948. L'application a été développée par Zochrot [se souvenir en hébreu], une ONG israélienne [palestinienne de 48, ndt] qui s'est donnée pour mission de rappeler cette histoire à la majorité juive d'Israël. "L'application fournit les coordonnées et les cartes des localités palestiniennes qui ont été complètement démolies et néantisées après leur prise, partiellement démolies ou qui sont restées debout bien que leurs habitants en aient été expulsés," dit Zochrot sur son site internet.

Sur un écran d'iPhone, cela apparaît comme une forêt d'épingles ocres disposées sur la carte familière de l'Israël moderne. Cliquez sur n'importe quelle épingle et le nom arabe du village apparaît : Umm al-Zinat, par exemple, au nord, près d'Haifa. Cliquez à nouveau et une page s'ouvre sur une photo -certaines montrent de beaux édifices en pierre, d'autres juste des décombres- et quelques lignes d'informations : le nom des communautés juives qui y sont venues après 1948 (Elyakim), la date et l'unité militaire israélienne qui l'a occupé, et la population palestinienne en 1948 (1.710) et après 1948 (0).

Un menu permet aux visiteurs de télécharger leurs propres photos, et offre des directions de navigation en utilisant Google Maps, Apple Maps ou Waze - l'application de navigation communautaire développée par les Israéliens et achetée par Google pour 1,15 milliards de dollars.

"L'idée de l'application, c'est de changer le paysage, parce que nous, à Zochrot, nous pensons que les cartes sont un outil politique, et de '48 à aujourd'hui, sur ses cartes, Israël a tout simplement effacé la Palestine, ses localités et notre patrimoine," a déclaré à TIME Raneen Jeries, porte-parole de Zochrot. "Nous avons donc remis la Palestine sur la carte."

L'application a ses utilisations pratiques. Sur les 3.000 téléchargements dans les premières 24 heures, il peut y avoir des descendants des 750.000 personnes qui ont fui ou ont été forcées de fuir en 1948 et viennent maintenant en Israël pour chercher le site de leur maison ancestrale, dans un paysage d'autoroutes, d'usines et de circonscriptions. Des ouvrages comme All That Remains peuvent aider, mais comme le dit Jeries, "ce n'est pas facile de trouver les endroits détruits."

Mais l'application représente également une nouvelle frontière -nette, brillante, utile- dans la compétition entre les récits historiques. Les Israéliens et les Palestiniens ont des expériences différentes du siècle dernier, et chacun veut que le monde voit l'histoire de son propre point de vue. Les différences entre eux vont jusqu'aux dates : Israël change la date du Jour de l'Indépendance chaque année, marquant l'occasion en fonction du calendrier lunaire juif. Pour les Palestiniens c'est le 15 mai, le lendemain du jour où Israël a signé sa déclaration d'Indépendance sur le calendrier grégorien en 1948.

Photo
"Le retour nous unit", manifestation pour commémorer 66 ans de Nakba, Khan Younis, Bande de Gaza (photo AFP, source Assafir)


Il est peu vraisemblable que l'initiative iNakba change beaucoup d'esprits parmi les juifs israéliens, dit Dahlia Scheindlin, conseillère politique et chargée de sondages, qui blogue sur le site [israélien] de gauche +972.mag.com. "Jusqu'à présent, Zochrot a pris des positions très radicales," a-t-elle dit à TIME. En soutenant le droit au retour des Palestiniens -permettre aux descendants de l'exode de 1948 de vivre en Israël- le groupe s'est placé dans la ligne d'un segment de la population juive israélienne qui, dit Scheindlin, est trop minuscule pour être recensé dans les sondages d'opinion. La Nakba est une notion si impopulaire que jusqu'à ce que le conseiller juridique de la Knesset ait interdit son introduction en 2012, les députés israéliens défendaient un projet de loi interdisant sa commémoration en Israël, même si 20 pour cent de la population est arabe, et beaucoup descendent des Palestiniens qui ont été autorisés à rester après 1948.


* "" ajoutés par la traductrice.

Source : TIME.com

Traduction : MR pour ISM

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