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Palestine - ISM France

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Beit Furik -

Une visite aux familles de martyrs tués par des colons à Beit Furik

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Non, il n'y a eu aucune provocation, la situation était calme, nous n'avons rien remarqué d'inhabituel.
Les colons sont apparus subitement, ont commence à tirer, leur but est très clair, ils veulent nous chasser de nos terres.
Depuis ce jour là, nous ne sommes pas retournés là bas, et les oliviers ont été déracinés ou brûlés par les colons.

Nous avons rendu visite à la famille de Mohamed Zalmot.

Mohamed avait 75 ans lorsqu'il a été tué.

Son fils Awwad nous a raconté la mort de son père.
«Je suis Awwad M. Zalmot de Beit Furik, nous sommes propriétaires de terres situées près de la colonie d'Itamar, environ 70 dunums où nous cultivons des oliviers.

Le premier jour de la récolte des olives en 1998, toute la famille, nous sommes allés, mon frère, mon père, nos femmes et moi, pour cueillir les olives.

Le deuxième jour, mon frère et moi, nous sommes rendus à notre travail à Naplouse comme d'habitude.
Notre père est allé seul dans les champs à 7h du matin, et quand je suis rentré plus tard à 6h du soir, je n'ai pas trouvé celui ci à la maison. Je suis alors allé chez des amis pour savoir où il était, et nous avons décidé d'aller le chercher dans les champs. Il était 8h du soir.

Lorsque nous sommes arrivés la bas, nous avons vu des soldats israéliens ou des colons, qui ont commence à tirer, et comme nous avons eu peur, nous sommes rentrés au village.

Nous avons alors appelé le chef de la municipalité qui a lui-même appelé la DCO, et nous nous sommes rendus au poste de l'armée, et les soldats nous ont alors emmenés sur le lieu de l'accident. Nous avons trouvé le corps de mon père qui était complètement déformé.

Le tueur avait utilisé une scie normalement utilisée pour couper le bois, nous avons remarqué des blessures un peu partout sur son corps, et sa tête avait été frappée par une énorme pierre. Après enquête, il semble que mon père ait été tué à l'heure du déjeuner alors qu'il était entrain de prier, le tueur a frappé mon père à la tête avec la Pierre puis l'a torturé avant de le tuer.

A la Cour de Justice de Tel Aviv, l'assassin a été libéré après avoir été condamné à payer une amende de 1 agorot (1/10 d'un shekel israélien).
Ceci est donc le prix d'une vie palestinienne pour l'Occupant.»



Nous avons ensuite rencontré la famille du martyr Fareed Musa Nasasrah - 29 ans, marié, deux enfants.

C'est son frère qui nous raconte son histoire :
«Nous sommes allés le matin, mes quatre frères et moi, récolter les olives, alors que les colons nous menaçaient toujours de les confisquer, mais nous avons à chaque reprise continué le travail.
Nous avons commencé le travail à 7h du matin jusqu'à 9h du matin, quand 4 colons sont soudainement arrivés du côté sud.

Ils ont commencé à tirer sur toutes les personnes qu'ils voyaient, tous les membres de notre famille.

D'abord Malik Nasasra a été blessé, alors nous avons essayé de le mettre à l'écart. Fareed était un de ceux qui portaient Malik, et lorsqu'il est revenu où nous étions, un colon lui a tire dessus et il a reçu deux balles, une dans l'estomac, une dans le torse.

Le colon a continue à tirer et Khalid Essa Nasasra ainsi que Hamdi Mahmoud Nasasra ont été blessés respectivement à la jambe et au cou.

Nous avons porté Fareed dans la montagne, nous avons marché 4 kilomètres à pied et lorsque nous sommes arrives au village, des homes nous attendaient avec une voiture pour nous emmener à Naplouse.

Sur la route, nous avons été arrêtés au check point à l'entrée du village. Les soldats ont pointé leur fusil sur la voiture et ont dit au chauffeur de s'en aller.

Nous avons demandé à parler au sergent pour lui raconter notre histoire, lui dire que nous emmenions un homme sérieusement blessé à l'hôpital.
Les soldats ont empêché une AMBULANCE de traverser le check point, et le sergent nous a demandé de descendre Fareed de la voiture, disant qu'il y avait un médecin dans la jeep qui pourrait l'aider.

Fareed saignait énormément, et il était toujours vivant lorsque le médecin l'a pris en charge. Celui ci a essayé de trouver des gants mais il n'y en avait pas. Ceci a duré 15 minutes. Lorsque nous avons enfin pu transporter Fareed à l'hôpital, il était mort.»

Qui a tiré ? L'armée ou les colons ?

Les colons ont commencé à tirer, et celui qui a commencé portait un fusil M16. Et lorsque l'armée est arrivée, plusieurs personnes qui étaient cachées se sont montrées et les colons ont recommencé à tirer lorsqu'ils ont vu que personne n'était blessé.

L'armée a arête le colon pour un durée de 24 heures, il a payé une amende de 8 NIS (nouveau shekel israélien) et il a ensuite été libéré.

Quatre personnes ont été blessées :
Fareed Nasasra Martyr Estomac et torse
Malik Nasasra Blessé Epaule, poumons, foie
Khalid Nasasra Blessé Jambe
Hamdi Nasasra Blessé Cou

Y a t-il eu une quelconque provocation des villageois face aux colons, et avez vous remarqué des gestes inhabituels ?

Non, il n'y a eu aucune provocation, la situation était calme, nous n'avons rien remarqué d'inhabituel.
Les colons sont apparus subitement, ont commence à tirer, leur but est très clair, ils veulent nous chasser de nos terres.
Depuis ce jour là, nous ne sommes pas retournés là bas, et les oliviers ont été déracinés ou brûlés par les colons.

Le martyr était marié, père d'un garçon et d'une fille, il avait 29 ans, et il travaillait comme fermier.

Sa femme et ses enfants vivent maintenant avec nous ou avec la famille de sa femme, son fils a 6 ans et sa fille 4 ans.

Entretien effectué par Yasser

Pour prendre contact avec les habitants de Beit Furik : bfscenter@yahoo.com
Pour plus d'informations sur Beit Furik :
http://www.beitfourik.levillage.org/journal/index.php?cat=1

Source : www.beitfourik.levillage.org

Traduction : BM

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