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Palestine - ISM France

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Palestine -

Colonies

Par

Abdul Hussein Shaaban est irakien et professeur. L'article en arabe est paru sur Al-Jazeera.net le 4 septembre 2012. La traduction en anglais est paru sur Middle East Monitor le 13 septembre 2012.

Trois questions fondamentales préoccupent Israël depuis sa création en mai 1948 ; elles sont inséparables. La première concerne le droit des réfugiés palestiniens à revenir dans leur patrie et à être indemnisés pour les dommages et préjudices subis. Ce droit est à la fois collectif et individuel, et il est inaliénable, il ne peut être ni abandonné, ni nié, ni négocié. La deuxième question a trait à la construction des colonies, qui a une dimension séparatiste et raciste, en droit et en pratique. Les colonies juives en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem, sont illégales dans les lois, les convention et les traités internationaux, en particulier la Convention de Genève de 1949 et ses annexes de 1977.

Colonies

Le Palestinien Said Eid se tient devant sa maison pendant que la construction bat son plein dans la colonie illégale Har Homa, à Jérusalem-Est occupée (AP Photo/Sebastian Scheiner)
Ces deux questions sont inextricablement liées à la troisième : le droit des Palestiniens à l'auto-détermination et à un État indépendant et viable. L’État que le Conseil national palestinien a proclamé à Alger en 1988 était en droite ligne avec le droit légitime représenté par l'auto-détermination, la liberté et l'indépendance, sur la base de la Charte des Nations Unies et la Déclaration internationale sur l'Octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux (Résolution 1514 du 14 décembre 1960).

Établir un État et garantir le droit au retour tout en mettant fin aux colonies illégales - en bref, revenir aux résolutions des Nations Unies 181, 242 et 338 entre autres, représentent l'essence des droits palestiniens. Simultanément, c'est le début de la fin des politiques expansionnistes continues d'Israël qui se manifestent par son programme de colonies de peuplement.

Si la question d'un État palestinien indépendant capable de vivre comme n'importe quel autre pays est un sujet d'inquiétude pour Israël, alors Jérusalem-Est en tant que capitale est une préoccupation encore plus grande pour le projet sioniste. Ce dernier implique une politique explicitement raciste, fondée sur l'idée d'une terre promise, qui vise à créer "un Etat juif pur". Depuis que le dernier vendredi de Ramadan eut été déclaré "Journée mondiale pour Jérusalem", l'indignation israélienne a grandi car ses partisans réalisent l'importance de la Ville sainte non seulement pour les Musulmans du monde entier, mais aussi pour les questions palestiniennes sur les frontières, le droit à l'eau et la résistance à l'occupation militaire.

Les colonies illégales d'Israël sont une source de préoccupation dans le monde entier, ce qui a peut-être conduit Israël et son principal allié, les États-Unis, à faire pression sur la communauté internationale pour renoncer à la création de la Cour pénale internationale par le Statut de Rome de 1998. Ce document considère la colonisation de peuplement sur des terres occupées comme un "crime international", comme le font les lois et conventions internationales. Le gouvernement israélien, avec Washington à la remorque, a essayé de saboter la mise en œuvre du Traité de Rome jusqu'à la dernière minute avant qu'il n'entre en vigueur en 2002. Ceci a eu un impact sur toute la notion de responsabilité et de justice dans le cas de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, même si les deux alliés n'ont pas réussi dans leur entreprise.

C'est pourquoi la question des colonies est au cœur du "conflit" arabo-israélien.

Le Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies (CDH) a adopté plusieurs décisions le 22 mars 2012 sur les colonies israéliennes, qui ont scandalisé en Israël : le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié le CDH de "conseil hypocrite". Avigdor Liberman, le ministre israélien des Affaires étrangères, a lui aussi condamné le Conseil, disant qu'il était "un organe hypocrite qui recourt au deux poids-deux mesures pour ternir" la réputation de son pays. Des Israéliens et leurs partisans n'ont pas hésité à dire que le CDH était "pro-palestinien".

C'est un vrai paradoxe : depuis quand ceux qui sont au pouvoir dans la communauté internationale ont-ils fait preuve de partialité ou même de neutralité sur les droits des Palestiniens ? Les valeurs et les règles invoquées par le CDH ont peu d'effets sur les leaders mondiaux, malgré tous les efforts du CDH.

Le Conseil des Droits de l'Homme a condamné les annonces répétés d'Israël de construction de nouveaux logements en Cisjordanie et à Jérusalem Est, et il a appelé "la force occupante" à abandonner sa politique de colonisation et à empêcher toute "colonie" dans les territoires occupés, y compris à Jérusalem et dans les Hauts du Golan syrien. La résolution appelait également au respect des obligations internationales et à travailler à empêcher toute violence des colons contre les Palestiniens. Le CDH a suggéré qu'une commission d'enquête soit envoyée dans tous les territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem, pour constater les effets des colonies sur les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels palestiniens.

Le gouvernement israélien comprend le sens et la signification de cette recommandation, qui frappe le projet sioniste au cœur, en particulier sur "la pureté de l’État" et "l'identité juive".

En ce sens, Israël est furieux par ce qui est une tendance internationale claire, notamment parce qu'il expulse des Palestiniens de Jérusalem et de ses banlieues pour y implanter une identité juive. Des Palestiniens perdent leurs droits à résidence dans la ville et leurs biens sont confisqués par l’État israélien pour les remettre à davantage de colons illégaux.

Les répercussions de cette politique sont vastes, elles visent à effacer le caractère arabe de Jérusalem Est et à falsifier l'histoire. C'est la raison pour laquelle Israël refuse de coopérer avec la mission d'enquête des Nations Unies.

D'autres résolutions du Conseil des Droits de l'Homme ont trait à la situation économique et au rôle de la puissance occupante, qui est responsable de l'administration du territoire occupé, des obligations qu'Israël ne respectent pas.

Le Conseil a adopté quatre résolutions, dont la plus importante est peut-être la résolution A/HRC/19/L.35 du 19.03.2012 sur "Les colonies de peuplement israéliennes dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et le Golan syrien occupé" ; 36 États membres ont voté en sa faveur, les États-Unis seuls ont voté contre, et 10 pays se sont abstenus.

La résolution A/HRC/19/L.34 sur "La situation des droits de l’homme dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est", a été adoptée le même jour par une majorité de 44 pays, avec 2 abstentions et l'opposition des seuls États-Unis. Cette résolution concerne toute les mesures prises par Israël dans les territoires palestiniens occupés, dont Jérusalem, qui violent le droit international et contreviennent aux résolutions du Conseil de Sécurité correspondantes (en particulier la résolution adoptée en 1980 de ne pas reconnaître la légitimité de la décision de la Knesset d'annexer Jérusalem) ; elle exige également qu'Israël cesse la construction de colonies, les démantèle et indemnise les Palestiniens touchés.

Cette résolution était précédée par la résolution A/HRC/19/L.33, qui "Réaffirme le droit inaliénable, permanent et absolu du peuple palestinien à disposer de lui-même, y compris son droit de vivre dans la liberté, la justice et la dignité et de créer un État souverain, indépendant, démocratique et sans discontinuité territoriale."

La résolution A/HRC/19/L.36 du 19.03.2012 "Réitère l’appel lancé à toutes les parties concernées, y compris les organismes des Nations Unies, pour qu’elles veillent à l’application pleine et immédiate des recommandations figurant dans le rapport de la Mission d’établissement des faits sur le conflit de Gaza, conformément à leurs mandats respectifs", à la suite de l'attaque israélienne contre Gaza, la soi-disant opération "Plomb Durci".

Toutes ces résolutions sont des démarches importantes de la communauté internationale vers la justice ; elles méritent des initiatives arabes populaires et officielles, en particulier au niveau diplomatique et juridique, pour appliquer les recommandations adoptées par le Conseil des Droits de l'Homme sur la question des colonies.

Nous ne devons pas permettre que n'arrive aux résolutions du CDH ce qui est arrivé à la résolution 3379 de l'Assemblée générale des Nations Unies, votée le 10 novembre 1975, qui déclarait à juste titre que le sionisme est "une forme de racisme et de discrimination raciale". Les États arabes ont malheureusement eu une attitude quelque peu négative voire indifférente, et le lobby pro-israélien a réussi à la faire annuler. (Résolution 46/86 du 16.12.1991).

Il faut une mobilisation des États arabes pour lancer le début de la fin de la politique expansionniste d'Israël.

Source : Middle East Monitor

Traduction : MR pour ISM

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