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Palestine - ISM France

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Moyen Orient -

Crainte et haine au Moyen-Orient

Par

Hasan Abu Nimah est ancien Représentant permanent de la Jordanie aux Nations Unies. Ali Abunimah est le co-fondateur de l’Electronic Intifada.

Pendant des décennies, les hauts diplomates étrangers ont refusé de rencontrer les officiels israéliens à Jérusalem pour ne pas impliquer toute reconnaissance de la revendication israélienne que la ville occupée est sa capitale.
En rencontrant le premier ministre israélien à Jérusalem, Annan bafoue lui-même ouvertement le droit international et accorde personnellement une reconnaissance des actions illégales d'Israel.

L'administration Bush est désireuse d’utiliser les récents événements en Palestine, en Irak et au Liban pour dire que la "démocratie est en marche" dans la région.

Même certaines des critiques de Bush semblent être en retard. L'agitation sous-jacente est, cependant, une forte dose de politique de force démodée et de manipulation plutôt que l’explosion du "pouvoir du peuple" que révèlent les médias américains.

Et là où le pouvoir du peuple est le plus fort, il ne va pas dans la direction que Bush voudrait.

L'envoyé des Nations Unies, Terje Roed-Larsen, a quitté Aleppo le week-end dernier, satisfait de l'agenda qu'il a reçu du Président Bashar Assad pour un retrait total syrien du Liban.

Dans une nette tentative d'intimidation des Syriens et avant l'arrivée de Roed-Larsen, le Washington Post, dans un article basé sur des briefings des officiels américains et onusiens, indiquait que :"Roed-Larsen a l’intention d’informer la Syrie que la communauté internationale est unie en insistant sur le fait que Damas doit appliquer la. Resolution 1559 des Nations-Unies-- et qu’elle est disposée à appliquer d’importantes sanctions punitives si elle n'agit pas rapidement."


Personne ne devrait objecter si la Syrie est invitée à quitter le Liban selon les Accords de Taif -- en effet, elle est en retard à mettre fin à sa forte interposition dans les affaires internes du Liban. La Syrie n’aurait jamais dû être aussi complaisante pour permettre l’apparition de la situation actuelle.

Et personne ne devrait s’inquiéter si des résolutions de l'ONU demandant le retour des troupes étrangères à la maison soient mises en application -- comme cela a toujours été la demande ignorée de la population dans cette région.


Mais l'attitude non équitable en ce qui concerne la Syrie est peu susceptible de garantir la souveraineté du Liban, l'intégrité territoriale et l'indépendance politique, bien qu'elle puisse donner la voie libre à plus d'interférence américaine dans la région et renforcer la main de l'intransigeant Israël.

La mission de Roed-Larsen n'était pas une démonstration de principe d’une intervention internationale pour la mise en application de décisions légales, mais un autre exemple du deux poids deux mesures qui attise le ressentiment grandissant et la colère dans la région.


Contrairement à cette soudaine précipitation au sujet de la résolution 1559, il a fallu 22 ans pour que la résolution 425 du Conseil de sécurité de 1978, qui demandait à Israël qu’il "retire immédiatement ses forces de tout le territoire libanais" soit appliquée.

Quand Israël est parti de la majeure partie du Liban Sud en 2000, c'était entièrement dû à la résistance libanaise féroce qui a mis en échec Israël sur le champ de bataille.

Personne n’a vu une quelconque action de l'ONU ou des autres gouvernements pour faire pression sur Israël afin qu’il accepte les invitations répétées de la Syrie pour reprendre les négociations de paix dans lesquelles un règlement global comprenant le Liban serait discuté.


Cette semaine, le sécrétaire général des Nations-Unies, Kofi Annan, a également entrepris une nouvelle venue dans la région, en commençant par une visite au premier ministre israélien Ariel Sharon à Jérusalem.

M. Annan aurait exprimé son "admiration" pour le plan de "Désengagement" de Gaza de Sharon même pendant que Sharon lui indiquait toutes les raisons pour lesquelles Israël refuse toujours d’engager des négociations de paix sérieuses avec les Palestiniens.

À la différence de Roed-Larsen en Syrie, Annan n'a présenté à Sharon aucun ultimatumsou n'a pas exigé d’agenda pour le démantélement des colonies illégales d'Israël et du Mur de Séparation selon des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, de la décision de la Cour Internationale de Jutice ou même de la Feuille de Route.

Cependant, selon Ha'aretz, "Annan a déclaré à Sharon que l'ONU n’accepterait pas un retrait partiel des troupes syriennes du Liban et exigerait que toutes les forces soient évacuées dès que possible."



Ce ne sont pas seulement les déclarations de l’ouvertement pro-israélien, Annan, qui sont si préjudiciables aux perspectives de paix et à la neutralité des Nations Unies, mais également le symbole provocateur de sa visite.

En 1980, Israël a appliqué sa "loi fondamentale" à Jérusalem, en tant qu'élément de sa campagne pour renforcer sa main-mise sur la ville.

Dans sa résolution 478, le Conseil de sécurité a déterminé que les actions israéliennes "sont nulles et non avenues et doivent être rapportées immédiatement" et a décidé "de ne pas reconnaître la "loi fondamentale" et les autres actions d'Israël qui, du fait de cette loi, cherchent à modifier le caractère et le statut de Jérusalem."

Il a invité les "Etats qui ont établi des missions diplomatiques à Jérusalem de retirer ces missions de la Ville sainte."


Pendant des décennies, les hauts diplomates étrangers ont refusé de rencontrer les officiels israéliens à Jérusalem pour ne pas impliquer toute reconnaissance de la revendication israélienne que la ville occupée est sa capitale.
En rencontrant le premier ministre israélien à Jérusalem, Annan bafoue lui-même ouvertement le droit international et accorde personnellement une reconnaissance des actions illégales d'Israël.

Et à l’inverse, lors de sa breve visite de courtoisie au Président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, à Ramallah, Annan a rejeté toutes les invitations pour voir par lui-même la destruction et la souffrance que le mur d'Israël cause aux Palestiniens dans les Territoires Occupés, ou de visiter le camp de réfugiés de Jénine où Israël a commis des crimes de guerre en 2002.

Il est cependant revenu à Jérusalem pour assister à l'ouverture du nouveau musée de l’Holocauste d'Israël.



Pendant ce temps, le Royaume Uni, la France et l'Allemagne ont fait une annonce inquiétante que si l'Iran ne se soumet pas aux demandes qu'ils font concernant son programme nucléaire, ils autoriseraient à ce que la question soit transférée devant le Conseil de Sécurité, comme le veulent les Etats-Unis, où il y a de fortes chances que l'Iran soit soumis -- comme la Syrie -- aux menaces de sanctions.

Ceci aggraverait seulement le sentiment dans la région que l'ONU est devenu un outil entre les mains de l'occident utilisé pour punir seulement les pays arabes et musulmans désobéissants, alors qu'Israël est exempté de toute action pour appliquer le droit international.
Le silence européen et l'encouragement américain face aux menaces grandissantes d'Israël d’attaquer l’Iran n'aide pas à éviter une confrontation imminente.


Depuis la guerre en Irak et la réelection de Bush, nous avons été témoins d’une reddition collective d’une grande partie des élites dirigeantes européennes et Arabes, alors que beaucoup s’autorisent à devenir des outils de la politique de l'administration Bush ou tentent désespérément de se protéger.
Bush et ses défenseurs déforment cette tendance comme revendication pour leurs idées.



Alors que les régimes existants demeurent impuissants face à l'impact de Washington, de plus en plus de gens dans la région se tournent vers les groupes radicaux en tant que seuls mouvements avec des appels populaires qui expriment le sentiment d’injustice que ressent la population.

L'étonnante "Marche du million" du Hizbullah à Beyrouth est un signe de ce phénomène et le récent raz-de-marée victorieux du Hamas aux élections municipales à Gaza en est un autre. Quand la population de la région s’est exprimée -- même lors de l'élection imparfaite en Irak – elle a en majorité pris position pour les forces que Washington craint et déteste le plus.


Le prestigieux Pew Research Center, qui a mené des enquêtes d’opinion détaillées dans des dizaines de pays pendant des décennies, a préfacé son nouveau rapport (Opinion Mondiale : La propagation de l'Anti-Americanisme, janvier 2005) avec la sobre observation que : "L’anti-Americanisme est plus profond et plus répandu maintenant que jamais dans l'histoire moderne. Il est plus aiguë dans le monde musulman, mais il concerne le monde entier -- de l'Europe à l'Asie, d'Amérique du Sud à l’Afrique."

Il a ajouté que : "Pour les Musulmans, c'est devenu presque un article de foi que les Etats-Unis prennent injustement parti pour Israël dans son conflit avec les Palestiniens; 99% des Jordaniens, 96% des Palestiniens et 94% des Marocains le croient. Ainsi que la majorité des Européens."



Même les faucons comme le premier ministre Britannique Tony Blair reconnaissent que ce deux poids, deux mesures aggrave beaucoup le sentiment anti-Occidental. Mais au lieu d’une action sérieuse, la réponse devient plus superficielle, condescendante et trompeuse.

Il n’y a pas un dirigeant qui ose murmurer des sanctions contre Israël.

Au lieu de cela, Blair a accueilli à Londres une importante conférence soi-disant pour soutenir l’Autorité Palestinienne le 1er mars.

Son ministre des Affaires Etrangères, Jack Straw, a révélé le véritable ordre du jour de la réunion qu'Israël a boycottée avec mépris, quand il a expliqué que son but était "surtout pour une réforme sécuritaire et un meilleur soutien au travail de sécurité de l'Autorité Palestinienne."


Le magazine Private Eye, qui caricature Blair de façon cinglante en le dépeignant comme un curé moralisateur d'une église de village anglais, a résumé la conférence de Londres de la façon la plus pertinente dans son édition du 4 mars.
"La mission du curé en Palestine va extrêmement bien," a-t’il déclaré dans une dépêche satirique.

"Cette semaine, il y a une conférence de paix sans précédent rue Albion rassemblant les deux parties dans ce long conflit dauf l’une des parties. Sous la présidence du curé, il y a une chance que l'une des parties soit d'accord avec elle-même et qu’on aboutisse à un véritable progrès."


Source : Electronic Intifada

Traduction : MG pour ISM

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