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Palestine - ISM France

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Palestine -

Déposséder, contrôler et asservir de manière définitive le peuple palestinien – voilà ce qu’ont fait aux Palestiniens aussi bien leurs "amis" que leurs ennemis avérés

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Il y a des bienfaiteurs bien intentionnés, mais tellement naïfs – en particulier l’immense majorité de ces “pro-palestiniens” aux Etats-Unis et en Europe – qui quémandent des subsides pour les Palestiniens afin de garder en survie artificielle, sous perfusion, la (prétendue) “solution à deux Etats” et la soi-disant “Autorité palestinienne”, en la personne de Mahmoud Abbas, même si elle est au plus mal.

(La mention faite – sous inspiration israélienne – des “territoires palestiniens” à la cérémonie des Oscars (du cinéma), dimanche soir, a dans un certain sens projeté loin et largement la novlangue : il n’y a pas d’Etat véritable, pas de véritable foyer national, rien même qui ressemble un tant soi peu à de l’autodétermination.
Non. Au contraire, nous avons : une dépossession permanente et un emprisonnement effectif de “territoires” désormais éclatés, divisés, contrôlés et coupés les uns des autres.)


Il y a des bienfaiteurs bien intentionnés, mais tellement naïfs – en particulier l’immense majorité de ces “pro-palestiniens” aux Etats-Unis et en Europe – qui quémandent des subsides pour les Palestiniens afin de garder en survie artificielle, sous perfusion, la (prétendue) “solution à deux Etats” et la soi-disant “Autorité palestinienne”, en la personne de Mahmoud Abbas, même si elle est au plus mal.

Beaucoup de ceux-là sont les mêmes personnes et les mêmes groupes qui ont assuré la promotion du “processus de paix d’Oslo”, soutenu l’Autorité palestinienne en dépit de sa pitoyable corruption et, bien trop souvent, bénéficié très concrètement, sur leur compte en banque, d’un “processus de paix” ô combien fallacieux et malhonnête depuis le début, et conçu, dès le départ, pour baiser les Palestiniens.


Aujourd’hui, en 2006, la souffrance du peuple palestinien est bien pire qu’elle ne l’avant jamais été ; les colonies israéliennes ont plus que doublé au cours de la décennie de “processus d’Oslo” et les réalités d’apartheid du calvaire palestinien ont atteint un paroxysme bien au-delà des pires prévisions.

Les dames patronnesses, désormais chaperonnées par l’ancien président du Fonds monétaire international James Wolfensohn (qui a été remplacé dans ses fonctions au FMI par un certain Paul Wolfowitz), continuent à clamer à qui veut l’entendre qu’elles font ceci et cela – apparemment oublieuses de tout le tort qu’elles ont fait jusqu’ici depuis si longtemps, refusant de faire face à leurs propres responsabilités dans la situation bien pire qu’elles ont contribué pour une part non négligeable à créer.

Ce que font les Israéliens aux Palestiniens, en réalité, derrière leurs divers masques - la "sécurité", l’"Autorité palestinienne", le "danger du Hamas" – c’est continuer à diviser le peuple palestinien, à le réduire en esclavage et à le subjuguer de manière permanente.

C’est sous bien des aspects bien pire que ce qui a été fait aux Indiens des réserves, en Amérique ; c’est pire que ce qui a été fait aux Noirs dans les bantoustans de l’apartheid sud-africain.

La mention de "territoires palestiniens" - sous inspiration israélienne – à la cérémonie des Oscars, dimanche soir, porte au loin et diffuse largement, dans un certain sens, une novlangue : non pas un réel Etat, non pas un réel foyer national, rien qui ressemble quelque peu à de l’autodétermination, mais bien plutôt une dépossession permanente et un emprisonnement effectif de territoires désormais éclatés, divisés, tous sous contrôle, et coupés les uns des autres.

Les conséquences de telles politiques se sont déjà avérées terriblement négatives pour la région et pour le monde entier. Les résultats futurs de ce qui est en train de se passer aujourd’hui pourraient fort s’avérer catastrophiques, dans l’avenir.

L’article de réflexion que nous proposons ci-après a été publié par le quotidien israélien Ha’aretz, il y a quelques jours.

Il comporte des analyses intéressantes sur les manœuvres politiques en cours.

Mais il ne s’attarde pas sur les détails sordides innombrables de la situation déplorable qui est faite désormais au peuple palestinien, ni sur les raisons qui font que celui-ci paie un prix aussi effroyable depuis si longtemps, ni sur les choses encore pires qui sont en train d’être planifiées et qui seront hélas bientôt des réalités.




Trois Etats pour deux peuples
par Akiva Eldar
in Ha’aretz, 1er mars 2006

Tel-Aviv.

Un petit groupe d’Israéliens et de Palestiniens, parmi lesquels de hauts responsables des services de sécurité, dont certains en retraite, des universitaires et des militants politiques, ont été invités par l’IPCRI – Israël Palestinian Center for Research and Information – afin de discuter du devenir de l’idée des deux Etats pour deux peuples, après la victoire du Hamas aux législatives palestiniennes.

Le Dr. Riad Malki, directeur du Panorama Research Institute de Ramallah, a procédé à une étude de la situation politique dans les territoires (palestiniens) et il a présenté la nouvelle réalité en train de se matérialiser là-bas.

Sans que personne n’en ait une claire conscience, la Cisjordanie et la bande de Gaza sont en train d’être transformées en deux entités séparées.


"La décision prise par Israël de ne pas autoriser le passage de ministres Hamas entre Gaza et la Cisjordanie a des implications qui vont fort loin", a relevé Malki.

"Ceci signifie que le Premier ministre désigné Ismail Haniyyéh et que la plupart de ses ministres seront gazaouis et que la bande de Gaza sera transformée en principal QG de l’Autorité palestinienne. Les décisions importantes seront prises là, et la plupart des activités de l’Autorité palestinienne se dérouleront là, à Gaza. Les bureaux des ministères, situés à Ramallah, seront [donc] gérés par des vice-ministres."

Même si le Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas peut accéder aux deux "régions" palestiniennes – à la différence de son premier ministre Haniyyéh, qui ne peut entrer en Cisjordanie – le Fatah est appelé à perdre le peu d’influence qui lui restait à Gaza.

Dans la prévision de Malki, quand la bande de Gaza aura été transformée en Hamastan, la Cisjordanie aura été transformée en Fatahland.

Ce sont plus de cinq années d’assassinats et d’arrestations qui ont dilué le leadership Hamas en Cisjordanie et fait pencher la balance du pouvoir interne à l’organisation en faveur de la bande de Gaza.

L’institution de la présidence est désormais essentiellement en train d’être transformée en source de pouvoir, en une sorte de mini-Etat, de contrepoids au gouvernement, explique le chercheur palestinien – un homme qui a accès aux corridors politiques du pouvoir.

Par conséquent, il est prêt à parier que le Fatah ne sera pas tenté d’accepter l’offre que lui fait le Hamas de se joindre à son gouvernement. Au maximum, quelques activistes du parti rejoindraient le gouvernement Haniyyéh, sous l’étiquette d’ « indépendants »…

D’après Malki, les conseillers d’Abu Mazen [= Mahmoud Abbas, ndt] s’emploient actuellement à bétonner son statut au moyen de mesures législatives et pratiques, telle le commandement des appareils sécuritaires et des services administratifs, ainsi que le contrôle des liens avec la communauté internationale, le monde arabe et… Israël.

Le refus du Hamas de reconnaître l’Etat d’Israël fera du bureau d’Abu Mazen l’adresse unique des dirigeants étrangers venus en visite dans les territoires ("palestiniens").

Toute photo d’une rencontre entre Abu Mazen et un dignitaire étranger ne fera désormais que souligner un peu plus l’isolement de Haniyyéh.



Arafat se poile, dans sa tombe


Malki rappelle aux Israéliens que le gouvernement Sharon faisait partie de ceux qui faisaient pression sur Arafat afin qu’il institue un système politique mixte – présidentiel et parlementaire…

"La fonction de Premier ministre n’était qu’un artifice, qui ne visait qu’à une seule fin : modifier le rapport des forces et affaiblir le pouvoir d’Arafat", a-t-il expliqué.

Maintenant, Arafat peut se marrer tout son saoul dans sa tombe, au spectacle du désarroi de ceux qui ne voulaient pas de lui et qui se tortorent, à sa place, les héritiers d’Ahmad Yassine, un autre défunt qui peut s’éclater, lui aussi, outre-tombe…

"A l’époque", a relevé Malki, "le président et le Premier ministre étaient membres du même parti, et le transfert d’autorité d’un côté à l’autre s’effectuait en famille. Personne n’a imaginé qu’un jour le Hamas serait candidat aux élections législatives, et encore moins à celles visant à désigner le Premier ministre. "

"Le système politique et les lois fondamentales ne sont pas à la fête : ils doivent faire face à une situation inédite : une administration bicéphale", a ajouté Malki.

" Les lois adoptées jusqu’ici n’avaient trait qu’à la période de transition postérieure à la signature d’Oslo, et elles n’ont jamais pris en considération le long terme.
La loi fondamentale [embryon de constitution, ndt] a été écrite à l’usage du président, et l’autorité du Premier ministre n’a commencé à évoluer que postérieurement, dérivant son pouvoir du statut du président. En effet, c’est le président qui assure la responsabilité suprême. C’est lui, le premier personnage de l’Etat."


Malki indique que la campagne interne du Hamas se focalise sur les autorités et les responsabilités du parlement et du gouvernement, comme si l’institution présidentielle n’existait pas et comme si ses pouvoirs n’avaient aucune valeur.

"(Les gens du Hamas) ont élaboré sur l’idée qu’Abou Mazen n’utiliserait pas ses pouvoirs spécifique afin de les contrer, mais Abbas les a surpris et il leur a montré qu’il n’hésiterait pas à utiliser ses pouvoirs spéciaux.

Ils ont également compris qu’Abu Mazen représente leur filet de sécurité contre le monde (extérieur) et qu’ils ont autant besoin de lui que de l’air qu’ils respirent.

C’est la raison pour laquelle le Hamas a changé de tactique : il essaie actuellement de neutraliser Abu Mazen en multipliant les déclarations flatteuses à son endroit et en montrant quelque respect pour l’homme.
Nous avons affaire à un groupe d’hommes redoutablement intelligents.

Ils savent que dans notre culture, un gros câlin de nounours est une manière acceptable de réduire le danger que votre rival représente pour vous-même…

Abu Mazen n’a jamais même rêvé que sa position serait aussi forte. Qui sait, peut-être cette situation inédite est-elle en train d’affecter son caractère tranquille et de lui faire perdre ses qualités de dirigeant ?"



Les commentaires de M. Malki, qui a été de très nombreuses années un des membres clés du Front Populaire de Libération de la Palestine, ne dénotaient pas le moindre regret.

Il a même fait observer qu’à la veille des élections, tandis qu’Abu Mazen tentait de prendre quelques mesures préventives en prévision de la baffe attendue de la part du Hamas, les dirigeants du Fatah ont repoussé sa proposition d’introduire des amendements à la constitution qui l’auraient autorisé à nommer un vice-président, c’est-à-dire un autre contrepoids au Premier ministre, et à promulguer une loi d’urgence l’autorisant, dans certaines situations exceptionnelles, à annuler les élections, et à en annoncer de nouvelles…


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Traduction : Marcel Charbonnier*

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