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Palestine - ISM France

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Palestine -

Dr. Ramadan Shallah : « Israël » n’est pas éternel mais une entité éphémère qui disparaîtra

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A l’occasion de la commémoration de la fondation du mouvement du Jihad islamique, il y a 31 ans, du début de la lutte armée il y a 25 ans et du martyre du fondateur du mouvement, Dr. Fathi Shiqaqi, il y a 19 ans, assassiné par le Mossad, à Malte, le mouvement du Jihad islamique a organisé un rassemblement dans la ville de Gaza, place al-Katiba, où plus de cent mille Palestiniens, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes, combattants, employés, ou étudiants, se sont dirigés pour affirmer le choix de la résistance à l’occupation. Dr. Ramadan Shallah, secrétaire général du mouvement, a prononcé ce discours stratégique, dans lequel il a remis en cause la voie des négociations et l’illusion d’un Etat palestinien obtenu à partir d’un vote à l’ONU, tout comme il a critiqué la coordination sécuritaire avec l’ennemi sioniste et l’état de trêve interminable, pour affirmer la nécessité d’une stratégie de lutte et de résistance, qui tienne compte de l’ensemble de la Palestine comme de l’ensemble de la nation arabo-islamique, équation résumée dans le slogan du rassemblement : « Toute la Palestine pour toute la nation ».

Dr. Ramadan Shallah : « Israël » n’est pas éternel mais une entité éphémère qui disparaîtra

Ci-dessous le texte du discours (4 octobre 2012) :

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux, Louanges à Dieu, Celui qui brise les puissants et avilit les arrogants. Prières et paix sur le prophète de la miséricorde et le guide des combattants, notre maître Mohammad, et sur sa famille et tous ses compagnons.

Aux nobles foules, aux fils de notre peuple et de notre terre, répartis dans le monde,

Je vous salue tous, que le salut de Dieu, Sa miséricorde et Sa bénédiction soient sur vous.

Au cours de cette commémoration du mouvement du Jihad islamique, celle de sa fondation, du début de sa lutte armée bénie et du martyre de son fondateur, Fathi Shiqaqi, j’adresse les salutations à son âme pure, et aux âmes de tous les martyrs généreux, qui tombèrent en défendant la nation, et sa première cause sacrée, la Palestine. Mes salutations vont également aux prisonniers courageux, dont la lumière de leur persévérance et ténacité nous inonde tous les jours.

Mes salutations à tous les combattants qui empoignent les braises et qui s’accrochent à poursuivre la voie de la lutte (jihad), malgré les difficultés et les défis, malgré le maigre soutien et le long trajet. Salutations à vous, qui avez emprunté la voie du jihad, le jour du jihad, et je vous souhaite une bonne année, une année bénéfique où la lutte et la résistance seront bénéfiques, et où la Palestine et la nation seront dans un état satisfaisant, si Dieu le veut.

Chers frères, chères sœurs, en cette occasion, et loin des slogans et des émotions, je vous le dis : la cause de la Palestine est aujourd’hui dans une des étapes les plus graves et les complexes de son histoire, soit, en d’autres termes, elle affronte une tentative de liquidation totale. Suite à cette description, il est nécessaire de procéder à un examen global et à un compte de l’ensemble de la situation palestinienne, ce qui ne peut être fait à présent, à cause du manque de temps. Pour cela, je me contenterai dans cette allocution de cerner quelques points, répartis sur deux axes : l’axe palestinien et l’axe arabo-islamique.

Premièrement : l’axe palestinien

Il est clair que le projet national palestinien, qui a été défini et réduit à la formation d’un Etat palestinien sur les frontières de 1967 à travers le choix du règlement et des négociations, est arrivé à une impasse, ou même terminé. Plus personne ne discute du fait que le processus de règlement a subi un échec cuisant. Ce qui signifie, en toute clarté, que nous avons besoin d’élaborer un projet national et de reconstruire un mouvement national. Le premier pas dans ce processus d’élaboration du projet national palestinien consiste à nous mettre d’accord sur le contenu de ce projet et sur sa définition. Quelles doivent être ses bases et ses références ? Quelle est son identité ? Quels sont ses buts ? Quelles sont ses composantes et ses institutions ? Quel est son programme politique ? Quelles sont ses possibilités, ses alliances et quel est son horizon ? En résumé, il est demandé de reconstruire le projet national selon une stratégie nationale, globale et unifiante, pour réaliser ce projet. Sinon, tout autre projet n’est que vanité et tromperie de soi-même et même une mystification. Bien sûr, nous les Palestiniens, nous nous sommes dupés les uns les autres, et nous nous sommes même punis avant de punir les autres ! La division actuelle de la scène palestinienne n’est-elle pas une manifestation de cette auto-punition ? Mais la punition la plus dure est l’insistance à poursuivre le chemin erroné et l’orientation erronée, jusqu’à ce que la politique palestinienne atteigne le stade du somnambulisme !

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Rassemblement pour le 25ème anniversaire de la fondation du Jihad islamique, le 4 octobre 2012, Gaza (Reuters/Suhaib Salem)


Dans le discours de la présidence aux Nations-Unies, et ceci n’est pas une polémique, celui qui a entendu les préambules du discours et les amères accusations contre Israël et ses crimes, telles que la colonisation, la judaïsation de la terre et de l’humain, les violations d’al-Quds et des lieux saints, tous les gens généreux qui ont entendu ce discours ont pensé que nous allions emprunter une autre voie ou une nouvelle stratégie. Mais que le résultat soit une main tendue à Israël qui menace cette main, qui lie cette main ou qui mord cette main, ou qui la coupe du matin au soir, ceci n’est pas la solution, et ce n’est pas ce qu’attend notre peuple sinistré en Cisjordanie et à Gaza, ou dans les régions occupées en 48, ou en exil. La solution n’est pas de tendre la main à Israël et de refuser de la tendre à l’intérieur palestinien, quelles que soient les circonstances. Certainement, la situation palestinienne se retrouve dans son ensemble dans une grande impasse, et cette impasse reflète l’échec du projet national palestinien, réduit à la Palestine dans les frontières de 1967, à réaliser son objectif, la formation d’un Etat palestinien indépendant. La solution à cette impasse ne consiste pas à insister dans la voie des négociations, après 19 années d’échec et de piétinement dans un cercle infructueux. La solution n’est pas, comme le proposent certains, de bâtir des institutions avant de proclamer un Etat sous occupation ! Dans les équations politiques internationales et les rapports de force entre nations, ces paroles vaines n’ont aucune valeur, mais suscitent la dérision car les Etats ne peuvent être offerts, ils sont arrachés par le sang et les sacrifices.

La solution à l’impasse n’est pas d’organiser des élections sous l’occupation, comme c’est le cas des élections municipales en Cisjordanie , ceci n’aboutit qu’à consacrer la division et approfondir l’impasse. La solution n’est pas d’insister sur le rejet de la violence, et cela veut dire le rejet de la résistance, ou la fuite vers ce qui s’appelle la résistance populaire, qui signifie la résistance pacifique ou civile, ce qui est une façon de ruser pour rejeter la résistance armée… Nous, au mouvement du Jihad islamique, nous sommes avec toutes les formes de résistance, mais nous refusons l’interdiction ou l’écart de la résistance armée du programme de la lutte nationale palestinienne. Oui, nous pouvons nous entendre sur une trêve, mais que cette trêve devienne gratuite ou illimitée représente un danger pour la résistance et la cause. Nous tous, et de manière responsable, nous sommes sollicités à revoir cette politique. Mais que l’esprit de la résistance s’évapore entre la coordination sécuritaire en Cisjordanie , et l’engagement volontaire à cesser la résistance à Gaza, cela s’éloigne de l’intérêt national !

La solution à l’impasse palestinienne n’est pas de s’accrocher au pouvoir d’Oslo (les accords d’Oslo) qui est devenu une couverture à l’occupation, et une alternative catastrophique au projet national, devenant même pour certains le projet national, et pourquoi pas une alternative à la Palestine ?! La solution n’est pas de monopoliser l’OLP et de fuir l’échéance de sa reconstruction, en disant qu’elle ne peut être partagée en deux, alors qu’elle doit pouvoir rassembler tous les fils et toutes les forces du peuple palestinien, afin d’être le cadre rassembleur et représentant véritable de tous. La solution n’est pas de réduire la cause nationale à la réconciliation, et même si elle est arrêtée pour toutes sortes de raisons, tout est alors arrêté, tout l’ensemble palestinien souffre d’inaction, de paralysie, dans l’attente de l’inconnu ! Et finalement, la solution n’est pas d’accourir pour adopter le but que le projet national a échoué à réaliser, qui est la formation d’un Etat palestinien dans les frontières de 67, pour manifester son réalisme et sa modération. Dans le cadre des rapports de forces actuels, cette solution est irréaliste et impossible, et ce qu’Israël a refusé de donner à l’équipe d’Oslo, il ne le donnera à aucun autre Palestinien, même s’il multiplie les concessions et les reculs, car la nature de cette entité ne le permet tout simplement pas.

Donc, quelle est la solution ? Personne ne possède une formule miracle de la solution, mais nous disons que la seule issue disponible aujourd’hui est la reconstruction du projet national palestinien, afin qu’il retrouve les débuts de la lutte palestinienne, de rehausser le niveau des revendications de ce projet, afin qu’il parvienne au niveau du droit palestinien qu’il doit exprimer, et par conséquent, afin que le projet national palestinien revienne à ce qu’il était, depuis la Nakba, soit « toute la Palestine », et non pas la Cisjordanie et Gaza. Si nous tenons compte de la dimension arabe et musulmane et du droit de la nation sur la Palestine, qui est la première qibla des musulmans et le lieu que leur prophète a visité, il faut que le slogan soit « toute la Palestine pour toute la nation », qui est le slogan de notre rassemblement aujourd’hui. Nous posons, ainsi, l’ensemble, les Palestiniens, les Arabes, les musulmans et le monde devant leur responsabilité.

Deuxièmement : l’axe arabo-musulman

Face aux événements et révolutions dans la région, il semble que ce qui a été nommé « printemps arabe » est une arme à double tranchant envers la Palestine : la première est négative, et concerne les préoccupations éloignées de la Palestine, ce qui accorde à Israël l’occasion de faire ce qui lui plaît, et de concrétiser ses plans d’attaque et imposer de nouvelles réalités sur le terrain. Quant au second tranchant, positif, il s’agit de l’espoir suscité par les révolutions des peuples pour soutenir et appuyer la cause de la Palestine. Quel laps de temps faut-il pour que cela arrive ? Dieu Seul le sait !

Photo
Militantes du Jihad Islamique, le 4 octobre, Gaza (Reuters/Suhaib Salem)


Il est clair, et dans les meilleurs des cas, que la Palestine est « reportée », et nous ne disons pas « annulée » dans les programmes des nouveaux régimes et gouvernements, issus du « printemps arabe ». Mais jusqu’à quand ce report ?! Jusqu’à ce qu’Israël avale le dernier mètre de la terre et judaïse le dernier carré dans al-Quds, sans que les Arabes et les musulmans ne les défendent ?!

Nous ne nous attendons pas, et nous ne demandons à personne de déclarer demain la guerre contre Israël en faveur de la Palestine, même si cela est un devoir, mais nous disons que vous pouvez mener une bataille politique en faveur d’al-Quds et de la mosquée al-Aqsa, qui risque de s’effondrer à cause des excavations souterraines, menées en vue de construire le temple présumé !

Aucun gouverneur arabe ou musulman, et ni les peuples, ne doivent se taire face aux incursions des groupes juifs dans la mosquée al-Aqsa pour y prier, et ils sont en train de planifier son partage, comme ils l’ont fait pour la mosquée Ibrahimi à al-Khalil. C’est alors que nous abordons l’histoire du film malfaisant envers notre prophète, Mohammad, que les prières de Dieu soient sur lui, et envers notre religion. Beaucoup de paroles ont été dites à propos de ce film, mais il faut ajouter que ceux qui ont produit cet acte d’une grande bassesse avaient pour objectif principal, entre autres, d’en faire un ballon d’essai, et à habituer les musulmans à accepter l’humiliation de leurs symboles religieux et leurs lieux saints, sans susciter leur colère ou leur révolte. Il s’agit, en cela, de préparer le crime de la destruction de la mosquée al-Aqsa, qu’ils envisagent. Si le crime de l’humiliation du prophète passe, il est naturel que le crime de la destruction de la mosquée al-Aqsa passe également. C’est ce que préparent les sionistes à partir du film malfaisant envers le prophète, que la paix soit sur lui.

Quant à la poursuite du siège, la fermeture des voies de passage et les souffrances du peuple palestinien à Gaza, depuis les révolutions arabes, ceci est en rapport avec le peuple frère d’Egypte. La situation, malheureusement, et en un seul mot, n’est pas meilleure qu’elle ne l’était avant la révolution, elle est même, dans certains aspects, plus difficile ou pire, comme l’ont exprimé les frères responsables du pouvoir à Gaza !

Nous ne voulons faire porter l’insupportable ni à une personne ni à un pays, et nous réalisons que le legs laissé par les régimes autoritaires est lourd, très lourd, mais nous rappelons à ces régimes issus du printemps arabe que s’ils ignorent la Palestine, et l’abandonnent, le jour viendra où les masses qui se sont révoltées pour leur liberté se révolteront à nouveau pour questionner leur nouveaux gouverneurs à propos de la Palestine, qu’avez-vous fait pour la Palestine ?

Concernant la situation arabe, la tragédie syrienne reste l’événement le plus important. Pour résumer, il faut dire que ce qui se passe en Syrie ensanglante les cœurs, mais quiconque observe cet écoulement de sang douloureux et cette blessure ouverte, sait que la voie de la solution militaire est fermée, dans tous les sens. Il n’y a d’autre issue à cette épreuve que la solution politique qui préserve le sang et satisfasse les revendications et ambitions du peuple syrien, sa liberté et sa dignité, et qui protège l’unité de la Syrie, son sol et son peuple, et assure le maintien de son soutien et son appui à la résistance et à la Palestine.

Chers frères, chères sœurs

Les événements qui se déroulent dans la région, les menaces qui pèsent sur l’avenir de notre cause, ne peuvent supporter l’attentisme et l’inaction de la scène palestinienne. Il nous faut prendre l’initiative et lancer un dialogue national global pour élaborer une nouvelle stratégie qui reprenne la construction d’un projet national palestinien sur de nouvelles bases et avec de nouveaux objectifs, et sur la base de la lutte (jihad) et de la résistance. Le mouvement du Jihad islamique tend la main à tous, aujourd’hui, pour contribuer à lancer ce dialogue et réaliser cette stratégie.

Nous sommes dans une course avec le temps, et nous devons arracher nos épines nous-mêmes ; et les appels au secours dans les tribunes internationales ne servent à rien, car la conscience du monde est morte, et ses oreilles n’entendent pas les faibles. La branche d’olivier levée par une main doit être protégée par le fusil tenu par l’autre main, sinon, les moutons des nouveaux fils d’Israël l’avaleront, comme le projet sioniste a avalé notre patrie la Palestine, et nous sommes devenus les gardiens d’Israël et les défenseurs de sa légitimité dans le monde !

Finalement, à l’occasion de la commémoration du jihad et de la résistance, de Fathi Shiqaqi, Ahmad Yassine, Abu Ammar et Abu Ali Mustafa, ainsi que tous les héroïques martyrs, je vous dis : Israël n’est pas éternel, Israël est une entité éphémère qui disparaîtra, selon la promesse divine disant : « Puis lorsque échut le terme de la seconde prédiction, c’était pour permettre à vos ennemis de vous accabler de malheurs, de profaner votre temple comme ils l’avaient fait la première fois et de tout détruire sur leur passage ». C’est en vérité la promesse de notre Seigneur. C’est également ce qu’a dit notre grand poète, le disparu Mahmoud Darwish : « Ils sont de passage, de passage, et ils sont éphémères. Ils n’ont pas de place sur cette terre, même si cela dure le temps que cela dure... »

Salutations à vous tous, en ce jour du jihad et de la résistance. Que la bénédiction de Dieu soit sur vous, paix, miséricorde et bénédictions de Dieu sur vous.


Traduit et transmis par Rim al-Khatib

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