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Palestine - ISM France

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Palestine -

Faire face au plan israélien d'affamer le peuple palestinien

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Jamais Israël n'a été, tout au long de l'histoire du conflit arabo-israélien, aussi enragé, coléreux ni excité, comme il le semble après la victoire du mouvement Hamas aux élections législatives.
Ils ont considéré qu'un conflit "existentiel" allait surgir, et pour cela, il ne faut plus envoyer l'argent à l'Autorité, alors qu'il s'agit de l'argent de l'Autorité, il faut couper toutes relations, au niveau de la présidence, des ministres, des députés, des officiers de la sécurité.

Il faut couper toute relation entre la Cisjordanie et la bande de Gaza, et il faut empêcher toute liberté de mouvement aux députés du Hamas, comme il faut penser à leur couper l'électricité et l'eau

Le but de tout cela est de faire échec au mouvement Hamas, de pousser à la dissolution du conseil législatif et l'appel à de nouvelles élections.

Cette campagne coléreuse s'est accompagnée d'une tentative israélienne de monter un mur international face au Hamas, qui refuse d'avoir des contacts avec lui, qui refuse d'accueillir toute délégation le représentant, et qui contribue à un blocus financier international.

Lorsque les premières failles commencèrent à ébranler la position internationale face au Hamas, grâce à l'attitude de Moscou, le soutien de l'Espagne, puis l'attitude de la France, la Turquie, la colère israélienne est montée d'un cran et ils ont commencé à insulter ces pays, de façon vulgaire et loin de toute diplomatie.



Pourquoi cette colère ?

Il faut d'abord dire que les Israéliens considèrent avoir remporté une victoire stratégique sur les Palestiniens lorsqu'ils ont signé les accords d'Oslo, puis une autre victoire stratégique lorsque l'administration américaine de Bush leur a promis de leur donner tout ce qu'ils souhaitent dans les négociations pour une solution globale. D'où leurs sentiments, avec la victoire du Hamas, que ces victoires stratégiques sont menacées de ne pas être appliquées.

Ils ont senti qu'Israël, après 58 ans d'indépendance, revient au point de départ, au point zéro. Il devrait de nouveau penser à son existence face au peuple palestinien qui refuse la soumission. C'est pourquoi ils furent si surpris, et très en colère.

Les Américains ont partagé cette colère, avec les Israéliens, et ont agi, en secret et en public, à encercler le mouvement Hamas sur le plan international. Puis ils ont envoyé leur ministre des affaires étrangères, Condolezza Rice, dans l'espoir qu'elle puisse constituer un blocus arabe qui s'ajouterait au blocus international.

Les Etats-Unis ont même pris l'initiative, pour la première fois dans la diplomatie mondiale, d'exiger le retour d'un prêt, 50 millions de dollars, qu'ils avaient accordé à l'Autorité palestinienne, et celle-ci a dû répondre à cette demande si étrange, contrainte bien sûr.

La colère américaine a d'autres motivations que celle des Israéliens.

Les Etats-Unis cherchent à dominer la région du grand Moyen-Orient, et considèrent que les élections sont leur proposition sur laquelle ils ont bâti leur plan pour briser la région et la dominer. Mais le processus démocratique représenté par les élections a fait émerger ses ennemis et les a mis au pouvoir.

Les partis islamiques alliés avec l'Iran ont réussi en Iraq, les Frères musulmans ont réussi en Egypte, le mouvement Hamas a réussi en Palestine. Ainsi, la démocratie et le processus électoral, au lieu d'être une arme poussant les partisans de la pensée américaine au pouvoir, sont devenus une arme poussant au pouvoir les opposants ou les contestataires de la politique américaine et de ses ambitions.

Mais les Etats-Unis, en tant que grande puissance, ont préféré, semble-t-il, après un moment de colère, réagir d'une autre manière. Nous assistons actuellement à un foisonnement d'études et de centres de recherches appelant à étudier ce phénomène, à le surveiller, et à réagir à lui, au lieu de le boycotter.

Cela peut mener à ce que les Etats-Unis poursuivent le blocus contre le Hamas, par exemple, et la lutte contre lui sur le plan financier, sans empêcher toutefois les autres Etats à avoir des relations avec le mouvement Hamas.

Cela gêne évidemment Israël, qui ressent que le mur international qu'il voulait mettre en place pour encercler Hamas pourrait s'ébranler, et même, pourrait-on lui demander de revenir sur sa décision d'encercler Hamas et le peuple palestinien.


Mais où se situe la position arabe dans ce débat assourdissant qui agite le monde ?

Il nous faut d'abord dire que les gouvernements arabes ont accueilli la victoire du Hamas avec retenue, certains l'ont accueilli avec inquiétude, d'autres ont eu peur de la colère américaine, ce qui explique leur oubli d'inviter les dirigeants de Hamas pour les rencontrer.

Mais il est temps que cette situation arabe change, car elle ne peut rester conforme à celle d'Israël.

Les gouvernements arabes peuvent changer l'équation proposée, équation qui souhaite encercler Hamas et encercler le peuple palestinien pour chasser Hamas et pousser le peuple palestinien à élire d'autres députés soumis aux conditions israéliennes.

L'équation peut changer de deux manières : accueillir les dirigeants du Hamas, officiellement, au plus haut niveau, et accorder des aides financières au peuple palestinien pour qu'il puisse affronter le blocus de la famine mené par Israël.


Les Arabes avaient déjà accordé, par le biais du sommet arabe, 400 millions de dollars par an, dont 150 millions à l'OLP, et 250 millions pour soutenir la résistance au cours de la première Intifada. La seconde somme était dépensée en collaboration entre l'OLP et la Jordanie. Mais il est possible actuellement de suivre la même méthode et aider le peuple palestinien à résister.

Il faut juste trouver un contenu politique, qu'il faut discuter avec les dirigeants de Hamas. Hamas ne propose pas actuellement un programme extrémiste, comme l'indique Israël, il cherche uniquement à modifier le style de la négociation avec Israël.


Il veut mettre une condition palestinienne face à toute condition israélienne, il veut arrêter le processus des concessions sans fin, il veut annoncer de nouveau les objectifs légitimes palestiniens qu'Israël et les Etats-Unis ignorent. Face à la demande de la reconnaissance d'Israël, Hamas demande la reconnaissance de l'Etat palestinien débarrassé de toutes les colonies.

Face à la demande de cesser le "terrorisme", Hamas demande d'Israël la reconnaissnce que la ville d'al-Quds est la capitale de l'Etat palestinien. Nous ne pouvons pas dire que ce sont des positions extrémistes, au contraire, elles montrent du doigt l'extrémisme israélien.


Il nous reste finalement à indiquer la position du Fateh, mouvement important qu'on ne peut ignorer, et qu'il ne faut pas ignorer.

Il faut dire que le Fateh est la force principale dans la rue palestinienne, c'est une force parallèle à celle du Hamas, sa force constitue une force pour le peuple palestinien, et avec l'unité de ces deux forces, celle de Hamas et celle de Fateh, il est possible d'affronter l'occupation israélienne avec une plus grande maîtrise. Les deux parties ont besoin l'une de l'autre, pour faire face aux épreuves de la bataille, le peuple palestinien a besoin des deux pour consolider sa résistance dans cette bataille.


Au moment où Hamas propose au mouvement du Fateh la coopération, nous trouvons que l'orientation du Fateh allait plutôt dans le sens du refus et de l'isolement, mais c'est une erreur monumentale, nationale et politique. Le mouvement Fateh, historique et dirigeant, ne peut abandonner même pour un instant son rôle historique. Il ne peut rester à la marge des événements, il ne peut se mettre aux côtés d'Israël pour faire pression sur Hamas, ou pour participer à une campagne visant à affamer le peuple palestinien.


Je suis optimiste et j'ai l'espoir que Fateh adoptera une attitude politique qui traduit son poids et son rôle combatif historique. C'est ce qui semble effectivement se faire, on voit apparaître la position acceptant la participation, qui essaie de surmonter la dépression exprimée par certains membres, de ce qu'on appelle la nouvelle génération, dont quelques-uns ont montré des tendances arrivistes ou un esprit comploteur.


J'affirme que le mouvement du Fateh, lorsqu'il prendra une telle attitude nationale, aura déjà avancé d'un pas dans la réforme de sa situation interne, et il pourra ainsi se préparer pour les prochaines élections, où il pourrait occuper une meilleure place, ou peut-être la première, mais il faut qu'il s'attende à une chute plus catastrophique s'il choisit une attitude négative qui l'isole de l'action dirigeante, et qui le met dans la position israélienne.


L'attitude du Fateh est extrêmement importante pour donner les chances de réussite face à la confrontation prévisible avec Israël. Son attitude sera complémentaire de l'attitude arabe espérée, sinon, la position israélienne va de nouveau s'imposer à l'ensemble.






Source : Sharq al-awsat

Traduction : Centre d'Information sur la Résistance en Palestine

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