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Palestine - ISM France

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Palestine -

La prochaine lutte palestinienne

Par

> editor@palestinechronicle.com

Ramzy Baroud enseigne la communication à l'université de Technologie Curtin et est l'auteur du livre à paraître : “The Second Palestinian Intifada: A Chronicle of a People’s Struggle” (Pluto Press, London), ("Le deuxième Intifada palestinien : Une chronique de la lutte d'un peuple"), est maintenant disponible sur Amazon.com. Il est également rédacteur-en-chef de Palestine Chronicle. Il peut être contacté à l'adresse suivante : editor@palestinechronicle.com

Mais dans la précipitation pour former un gouvernement, des questions clés ne doivent pas être mises de côté : Qui parlera au nom des Palestiniens au niveau international ? Qui formulera leur agenda de politique étrangère ? Et qui aura la tâche de défendre ou de redéfinir leurs constantes nationales : le droit au retour des réfugiés, la fin de l'occupation israélienne, la préservation de leurs droits à l'eau, le retrait de toutes les colonies, les frontières, etc. ? Sera-t-ce Abbas, président de l'OLP, ou le conseil législatif élu et le gouvernement?

La prochaine lutte palestinienne


Un expert en matière de droit international et un vieil ami des Palestiniens m'a écrit en totale détresse quelques jours après que l'on ait appris que le Président palestinien Mahmoud Abbas et le premier ministre Ismael Haniyeh s'étaient mis d'accord le 11 septembre pour former un gouvernement d'unité nationale.

La teneur de son message était alarmante, particulièrement de la part d'un universitaire américain objectif qui a été impliqué dans la rédaction des précédents documents nationaux palestiniens.
"Les Palestiniens étaient fondés", telle était la signification sous-jacente de son message.

Pour comprendre pourquoi, voici une partie du contexte.

La déclaration d'indépendance palestinienne de 1988 en Algérie a été structurée de façon à permettre au comité de direction de l'Organisation de Libération de la palestine (OLP) de se concerter sur la politique étrangère, représentant ainsi les Palestiniens dans tous futurs accords avec Israël.

La signature des Accords d'Oslo en septembre 1993 et a rétrogradé la fonction du comité de direction et a par la suite miné l'importance de l'OLP, a concentré le pouvoir entre les mains de quelques uns à la direction de l'autorité palestinienne (PA) : le défunt Président Yasser Arafat et une clique d'entrepreneurs et d'ex-révolutionnaires devenus des profiteurs de période de guerre.

Cette combinaison a détruit les accomplissements du premier soulèvement palestinien de 1987-1993 d'une façon dont Israël pourrait seulement rêver : Elle a cimenté une société de classes faiblement existante, a détruit l'impressionnante unité nationale réalisée par la direction de divers partis basés en Palestine, a détourné la lutte du peuple, la ramenant à de purs slogans et a endommagé la crédibilité palestinienne régionalement et internationalement.

Israël, naturellement, a apprécié le spectacle, puisque les Palestiniens se querellaient sans fin et que la sécurité de l'Autorité palestinienne effectuait des attaques quotidiennes contre ceux qui s'opposaient aux méthodes autocratiques du gouvernement, en essayant désespérément de démontrer son honorabilité à Israël et aux Etats-Unis.

L'Autorité Palestinienne, elle-même une construction politique de divers blocs du Fatah, a eu sa propre part de chamailleries, qui ont abouti parfois à des combats de rue et à des assassinats.

Abbas, à l'époque, était de l'opinion que si Arafat refusait de partager le pouvoir, le conflit du Fatah exaspérerait et pourrait mener à un échec du gouvernement.

Les États-Unis et Israël ont soutenu Abbas, difficilement pour son attitude démocratique, mais avec l'espoir qu'Abbas remettrait le peu de "concessions" politiques restantes qu'Arafat ne voulait pas faire, un péché qui a coûté à Arafat sa liberté dans ses dernières années.

Mais les événements au Moyen-Orient produisent souvent exactement l'opposé de ce que cherchent à faire les États-Unis et Israël.

Bien qu'Abbas ait été élu président quelques mois après la mort d'Arafat en novembre 2004, il avait besoin de légitimité politique pour négocier ou renégocier les droits des Palestiniens avec Israël. Cet espoir s'est brisé avec les élections parlementaires de janvier 2006, qui ont installé un gouvernement dirigé par le Hamas deux mois plus tard.

Les États-Unis, l'Europe et le Canada ont répondu par le siège économique le plus inhumain, et une promesse de punir tous ceux qui oseraient aider l'économie palestinienne de quelque façon que ce soit.

Succombant à la pression, même les voisins Arabes ont aidé à assurer la rigidité du siège. Certains au Fatah ont également semblé déterminés à s'assurer de l'effondrement du gouvernement même aux dépens des Palestiniens ordinaires.

La soi-disant Gaza libérée, avait espéré être la pierre angulaire de l'indépendance palestinienne, a été délibérément transformée en un centre d'anarchie et de violence, où les armes règnent dans les rues, menaçant la sécurité d'un peuple déjà écrasé.

Les morgues palestiniennes ont vu une augmentation des corps quand Israël a lâché son opération qu'il a nommé sans tact Pluie d'Eté, une attaque militaire intensive qui a tué 291 Palestiniens en juillet et août seulement.

L'inéquitable guerre atroce a été justifiée au public israélien comme étant un effort humanitaire pour sauver la vie de Gilad Shalit, un soldat israélien capturé en juin par les militants palestiniens qui souhaitaient exercer une pression sur Israël pour qu'il atténue son siège économique mortel.

Les Palestiniens, bien qu'avilis et fatigués – sans salaires, physiquement assiégés, politiquement isolés -- essayaient désespérément de protéger leur choix démocratique. La question avait jusque là transcendé celle du Hamas, le Fatah et leurs différences idéologiques, en celle d'une nation à qui on refusait le droit de faire ses propres choix, de choisir ses représentants et de les tenir pour responsables.

Mais le Hamas, aussi, apprenait la dure réalité d'être en position de leader. À la différence d'Arafat, le Hamas a voulu chercher un soutien auprès de son milieu Arabe et Musulman, des alliances stratégiques dévastatrices et inexplorées sapées par la confiance de l'Autorité Palestinienne en l'Occident.

Mais même le Hamas a semblé ignorer l'ampleur de la faiblesse et de l'insuffisance politique des Arabes et des Musulmans, qui peuvent à peine affirmer leurs propres droits, bien inférieurs à ceux des Palestiniens.

Le Hamas a appris, de façon dure, que la relation entre les États-Unis et Israël s'affaiblirait à peine même si une nation entière devait devenir affamée et que les hôpitaux manquaient des médicaments nécessaires. Cette dure leçon de real politique est ce que le gouvernement palestinien apprend maintenant péniblement, parmi la consternation et la confusion.

C'était dans ce contexte qu'Abbas et Haniyeh ont convenu au cours d'intenses discussions de former un gouvernement de coalition. Abbas -- et le principal courant du Fatah derrière lui – ont du réaliser que plus le Hamas était durement frappé, plus son soutien populaire grandissait, minant ainsi les propres chances du Fatah d'une reconquête politique.

Bien que le Hamas ait réclamé dès le début un gouvernement d'unité nationale, il l'a fait en position de force, et avec un brin d'arrogance.
Maintenant un gouvernement d'unité nationale est sa seule issue au monde : sans lui, ni sa survie en tant que mouvement politique significatif, ni l'accomplissement de ses objectifs déclarés ne sont autant garantis qu'il aurait pu le sembler dans l'enthousiasme de la victoire.

D'ailleurs, une génération d'enfants déjà sous-alimentés affrontent une crise humanitaire formidable ; quelque chose devait être fait.

Mais dans la précipitation pour former un gouvernement, des questions clés ne doivent pas être mises de côté :
Qui parlera au nom des Palestiniens au niveau international ?
Qui formulera leur agenda de politique étrangère ?
Et qui aura la tâche de défendre ou de redéfinir leurs constantes nationales : le droit au retour des réfugiés, la fin de l'occupation israélienne, la préservation de leurs droits à l'eau, le retrait de toutes les colonies, les frontières, etc. ?
Sera-t-ce Abbas, président de l'OLP, ou le conseil législatif élu et le gouvernement?

Ce problème était la cause du désespoir de mon ami, et ce devrait être celle de toute personne qui souhaite voir une paix véritable et durable.

Si l'accord de paix n'adhère pas au concept démocratique, selon lequel les Palestiniens souhaitent se gouverner, alors les Palestiniens devraient se préparer à un autre accord du genre Oslo, imposé par le haut et tamponné par le comité de direction de l'OLP, dénué depuis longtemps de ses principes démocratiques et dominés par les quelques élitistes.

Moi aussi je suis inquiet. L'expérience démocratique des Palestiniens ne devrait pas encore être gaspillée.



A lire : "Retour aux racines du problème" - discours de Salman Abu Sitta

Source : http://www.palestinechronicle.com/

Traduction : MG pour ISM

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