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Israël -

La vision d’ensemble de Bush est déterminée par la carte des colonies israéliennes

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Au cours des dernières semaines, Israël a présenté des cartes résumant ses exigences territoriales permanentes en Cisjordanie. Les cartes sont basées sur la Carte des Intérêts de Sécurité des Forces de Défense Israéliennes, établie au milieu des années 1990.
Elles reflètent le projet de "Mouvement Continu" pour une contiguïté territoriale palestinienne par l'intermédiaire de routes et de tunnels définis par Israël à la fin 2004 (voir le Rapport sur les colonies, vol. 16 no. 2), ainsi que les idées de «convergence » de M. Olmert abandonnées après la guerre l'été 2006 avec le Liban.

La vision d’ensemble de Bush est déterminée par la carte des colonies israéliennes


Carte résumant les exigences territoriales permanentes d'Israël (agrandir la carte)

L'objectif du processus d'Annapolis, lancé par le Président George W. Bush en Novembre 2007, était de parvenir à un accord de paix israélo-palestinien avant la fin 2008.

Jusqu'à présent, la diplomatie menée par les États-Unis n’a pas fourni au président de l’OLP, Mahmoud Abbas, de succès significatif sur les deux questions indissociables – les colonies et les frontières - qui définiront le territoire de l'État palestinien qui doit être établi par un commun accord.
Le très critiqué Abbas n’a rien entendu de l'administration Bush qui puisse lui donner le moindre espoir d’un accord d’ici la fin de l'année.

"Franchement, pour l’instant, rien n’a été accompli... Tous les dossiers sont encore ouverts. Aucun d'entre eux n’est bouclé. La situation est toujours telle qu'elle était... Nous avons demandé aux Américains de mettre en œuvre la première phase de la Feuille de Route qui parle de l'arrêt de l'expansion des colonies», a déclaré Abbas à Associated Press (AP) après sa visite en avril 2008 à Washington.

L'AP a signalé : "En parlant de ce à quoi pourrait ressembler un accord de paix, [la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza] Rice n'a pas fait mention de l'objectif des Palestiniens de créer un État basé sur les frontières qui existaient avant qu’Israël prenne Gaza à l'Égypte et la Cisjordanie à la Jordanie au cours de la Guerre des Six Jours de 1967.
"Nous avons demandé qu’ils parlent des frontières de 67", a fait remarquer Abbas en colère. "Aucun d'eux n’en a parlé."

Abbas n'est pas le seul à être pessimiste. Le Président Bush lui-même ne parle plus de parvenir à un accord signé et scellé concernant une fin de l'occupation.

Sa vision a été réduite à "la définition d'un Etat [palestinien]», ou, comme Rice l’a expliqué dans son discours du 29 avril à Washington, l'objectif est de "parvenir cette année à un accord sur les bases d'un État palestinien pacifique à condition qu’il remplisse ses obligations envers la Feuille de Route. "

Le négociateur palestinien en chef, Saeb Erekat, a expliqué que Bush n'avait pas répondu directement quand Abbas a soulevé la question des objections des Palestiniens concernant la poursuite de l'expansion des colonies israéliennes.
«Bush a dit à [Abbas] : «Je me concentre sur une vision d’ensemble plus large», a expliqué Erekat.

Rice semble aussi voir les inquiétudes des Palestiniens au sujet de la politique de colonisation d’Israël comme une distraction inutile. "C'est mon sentiment très fort» a remarqué Rice à Amman le 31 Mars 2008 : "La meilleure chose que nous ayons à faire, c’est de nous concentrer sur l’obtention de cet accord, ainsi nous n'aurons pas ces discussions à propos de ce qui appartient à Israël et de ce qui appartient à la Palestine ; nous saurons. C'est pourquoi nous avons besoin d'un Etat palestinien."

Pour sortir de l'impasse diplomatique, Washington pourrait mettre sur la table sa propre carte d'un État palestinien. Ou il pourrait approuver la demande des Palestiniens d’un retrait complet d'Israël sur la frontière de juin 1967. Sinon, les frontières de l'État palestinien au cœur de «la vision d’ensemble» de Bush continueront d’être déterminées par la politique de colonisation et sécuritaire d'Israël.

Cette dernière option rappelle la lettre que Bush a écrite le 14 avril 2004 au Premier Ministre Ariel Sharon dans laquelle le président américain disait : "En fonction de la nouvelle réalité sur le terrain, entre autres la présence de centres de population israélienne importants, il serait irréaliste de s’attendre à ce que les pourparlers se terminent par un retour absolu aux lignes d’armistice de 1949... ».

Contrairement à l'administration Bush, les Israéliens et les Palestiniens reconnaissent l'évidence : les colonies sont la clé de la "vision d'ensemble." Il va de soi qu’Israël considère la colonisation comme l'instrument le plus efficace pour réduire le territoire palestinien et garantir ses besoins illimités de sécurité et revendiquer sa souveraineté sur un pourcentage considérable de la Cisjordanie .

Au cours de sa visite à Washington, Abbas a dépeint les colonies israéliennes comme étant "le plus grand fléau qui constitue un gros rocher sur le chemin des négociations."

Au cours des dernières semaines, Israël a présenté des cartes résumant ses exigences territoriales permanentes en Cisjordanie . Les cartes sont basées sur la Carte des Intérêts de Sécurité des Forces de Défense Israéliennes, établie au milieu des années 1990.

Elles reflètent le projet de "Mouvement Continu" pour une contiguïté territoriale palestinienne par l'intermédiaire de routes et de tunnels définis par Israël à la fin 2004 (voir le Rapport sur les colonies, vol. 16 no. 2), ainsi que les idées de «convergence» de M. Olmert abandonnées après la guerre l'été 2006 avec le Liban.

Ces cartes confirment le grand projet de sécurité des Israéliens et les intentions de colonisation dans l'ensemble de la Cisjordanie et à Jérusalem-Est qui mettent en péril la création d'un État palestinien souverain et indépendant.

Les articles de presse palestiniens et israéliens notent que le Premier ministre Ehud Olmert a exclu de la Palestine le "Grand Jérusalem» qui s'étend de la périphérie de Ramallah à la périphérie de Bethléem.
À Jérusalem-Est, Israël maintiendra sa souveraineté sur la vieille ville et sur le village voisin de Silwan, tout en offrant aux fidèles un accès aux lieux saints sous contrôle international.
Olmert exclut également de la Palestine la région de Latroun qui sera annexée à Israël avec les blocs de colonisation par une "expansion horizontale" qui permettra de les relier entre eux.

Selon la carte d’Olmert, la Vallée du Jourdain est considérée comme un intérêt essentiel à la sécurité et restera sous contrôle israélien, avec un couloir cisjordanien reliant Israël au Pont du Roi Hussein (pont Allenby).

Pour créer une continuité entre les territoires distincts qui composeront l'Etat palestinien, Olmert soutient le projet de routes, de tunnels et de ponts élaboré sous son prédécesseur Ariel Sharon


Problème des colonies

Il ne peut être contesté le fait que la poursuite de l’entreprise de colonisation par Israël, en tant que moyen de créer le Grand Israël et comme instrument pour assurer les vastes besoins en matière de sécurité d’Israël, pose un défi existentiel non seulement à la vie nationale palestinienne, mais à la viabilité de la communauté civile palestinienne en tant que tel.

Selon le rapport de la Banque Mondiale de Mai 2008, la poursuite de l'occupation empêche le développement de l'économie de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. "Au-delà de l'impact du ralentissement économique prolongé depuis que les restrictions ont été imposées après le second Intifada, l'économie palestinienne fait face à une perspective plus dangereuse : un changement fondamental dans sa composition, avec un PIB de plus en plus régi par les dépenses publiques et l'aide des donateurs, laissant peu de ressources à l'investissement et réduisant encore plus la base productive d'une économie autonome."

Le processus d'Annapolis, à l'instar de ceux de Madrid et d'Oslo qui l'ont précédé, n'a pas réussi à peser sur la politique israélienne d'expansion coloniale, l'indicateur de base de la persistance de l’appétit d'Israël pour le territoire.
En effet, c’est le contraire qui se passe. Une analyse objective de la période qui s’est écoulée depuis 1990 mènerait à la conclusion que le processus diplomatique a arrangé les objectifs sécuritaires et colonialistes les plus expansionnistes d’Israël, en affaiblissant et en marginalisant la direction des nationalistes palestiniens laïcs du Fatah désirant parvenir à un accord pacifique avec Israël tout en renforçant le pouvoir du Hamas et autres islamistes et des opposants rejectionnistes.


Arrêter la machine de colonisation

Depuis le début du projet de colonisation d'Israël après la guerre de Juin 1967, ni la diplomatie ni l'insurrection armée n'ont arrêté la machine de l'expansion des colonies à Jérusalem-Est et en Cisjordanie .

Au cours de la période 1967-77, les sévères critiques internationales de la politique de colonisation israélienne n'ont eu aucune incidence sur la création de l'infrastructure des colonies vitale à leur expansion que Menachem Begin et Ariel Sharon ont inaugurée pendant la première ère de la diplomatie menée par les Etats-Unis.

Au cours de la décennie 1983-1993, la population de colons en Cisjordanie (à l'exclusion de Jérusalem-Est) a été multipliée par cinq, passant de 22.800 à 111.600.

Au cours des 10 années suivantes, les années Oslo, en dépit de quelque retenue épisodique de colonisation, la "paix" et les colonies ont coexisté puisque les colons, bénéficiant d'un soutien sans précédent du gouvernement, ont augmenté de 110.000, soit doublé leur nombre qui est passé à 224.669 colons.

Le deuxième Intifada qui a commencé à la fin de l'année 2000 a ouvert une ère sans précédent d'insécurité physique pour les colons de Cisjordanie . Le mur de séparation construit en conséquence a marginalisé certaines mais pas toutes les colonies du côté "palestinien", dont certaines étaient, de toute façon, refusées en tant que nouvelles communautés.
La rébellion palestinienne a également produit un déclin marqué des constructions dans les colonies, qui sont passées de 6,6% des mises en chantier au niveau national en 2000 à seulement 2,5% en 2001, avec seulement des augmentations marginales depuis.

En dépit de cette "réussite", l’insurrection et le «terrorisme» palestiniens n'ont pas réussi à ébranler l’entreprise de colonisation en Cisjordanie qui continue à croître et se développer avec des conséquences catastrophiques pour la vie politique, économique et civile palestinienne.

Par exemple, malgré la diminution de nouveaux logements, la population de colons en Cisjordanie a augmenté, passant à 282.000 à la fin 2007, une augmentation de 5,2% par rapport à l'année précédente et un taux de croissance trois fois plus élevé que le taux de croissance démographique en Israël. La population à Jérusalem-Est est d’environ 200.000 colons.

Israël a été extraordinairement lent à rétablir un sentiment de sécurité pour les colons. La barrière de séparation fait partie d'un système draconien de "fermeture" qui a accompagné la réoccupation directe de la Cisjordanie en avril 2002.

Ce système est conçu non seulement pour affranchir Israël des attaques terroristes palestiniennes mais aussi pour réaffirmer la haute importance de l’engagement de l'armée israélienne dans la préservation d’une «vie normale quotidienne» aux colons, à grands frais et qui continue de coûter cher aux Palestiniens.


La fin des colonies dans le Sinaï et dans la bande de Gaza

Il y a deux exceptions notables à la règle de la politique permanente et immuable de sécurité et de colonisation d’Israël.

Dans le Sinaï égyptien, où Israël déclarait un jour sa préférence pour Charm el-Cheikh à la paix, l’équation "colonies = sécurité" a été brisée par la guerre d’Octobre 1973. Dans le cadre d'un traité de paix avec son plus puissant ennemi arabe, Israël s'est retiré sur la frontière internationale, abandonnant une vaste infrastructure de colonisation qui a exigé le retrait de plus de 5.000 colons.

Dans la Bande de Gaza, près de deux décennies d'insurrection et de « terrorisme » (ndt : résistance) ont forcé Israël à faire une réévaluation similaire de l’équation : colonies = sécurité.

En 2004, la décision radicale du Premier ministre Ariel Sharon de se «désengager» de la Bande de Gaza rejetait l'approche diplomatique conventionnelle pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

Sharon a ignoré les appels au gel de la colonisation qui était au cœur de la diplomatie menée par les États-Unis pendant près de trois décennies. Il n'a pas non plus conditionné la destruction des colonies de Gaza et l'évacuation de leurs habitants à un accord négocié avec l'OLP, ou à la démilitarisation de Gaza.

La décision de Sharon de retirer les colonies ne doit rien à la diplomatie de l’ère Oslo-Annapolis qui avait créé un climat propice à l'expansion des colonies. Sharon a rejeté ces recettes perdantes pour résoudre le conflit, en concluant à contrecœur que la sécurité d'Israël pourrait être renforcée par l'évacuation de toutes les colonies de la bande de Gaza et par la défense d'Israël au sein de ses propres frontières. Lorsque les colonies de Gaza fournissaient à l’époque un instrument et un motif de poursuite de l'occupation, il n'y avait pas de place pour elles dans la nouvelle doctrine de sécurité définie par Sharon.

Ce changement radical dans le concept de la sécurité d'Israël est le fruit d'une rébellion palestinienne prolongée contre la domination israélienne à Gaza qui a commencé en Décembre 1987 et doit encore se terminer. Sharon a abandonné la bande de Gaza et ses colonies lorsque les coûts de l'occupation et de la colonisation étaient devenus trop élevés.

Le succès des efforts palestiniens pour forcer Israël à retirer ses colonies, tout comme la politique de Sharon, ne doit rien au cadre diplomatique qui est au point mort défendu depuis longtemps par Washington. La force et le terrorisme et non la diplomatie ont fait sortir Israël de la bande de Gaza.

Toutefois, la Cisjordanie n'est pas la bande de Gaza. Sur ce front, comme l’illustre la carte, Israël n'est pas prêt à se défendre au sein de ses propres frontières. Les colonies de Cisjordanie ont été, à l’origine, créées comme un instrument de cette politique, en aidant à transformer les Forces de Défense israéliennes, aux yeux de la plupart des Israéliens, d’une armée d'occupation en une force défendant la patrie. La colonisation est devenue, depuis longtemps, une fin en soi, ce qui complique et ébranle la sécurité d'Israël.

Or, ni la diplomatie parrainée par les successives administrations américaines, ni le terrorisme, ni la rébellion populaire ou armée contre la domination israélienne n'ont suscité un changement dans la carte de la colonisation en Cisjordanie d’Israël.

Le Président Bush a récemment "assuré" à Abou Mazen que : "un Etat Palestinien est une haute priorité pour moi et pour mon administration : un Etat viable qui ne ressemble pas à un fromage suisse, un Etat qui permet d'espérer." Toutefois, il y a peu de chances que dans les mois qui lui restent, Bush défie la politique israélienne visant à prévenir le type d'Etat palestinien en devenir qu’il prétend soutenir. Le prochain président sera confronté au défi d'inverser cet héritage d'échec.



"Il y a une autre chose que nous devrions garder à l'esprit, c’est qu’Israël n'a jamais retiré une seule colonie dans le cadre des négociations avec les Palestiniens.

Les colonies qui ont été retirées, y compris toutes celles de la bande de Gaza, ont été retirées du seul fait de la pression de la résistance palestinienne. En d'autres termes, à partir d'une perspective purement palestinienne, il n'y a pas à discuter avec Israël, dans la mesure où le dialogue n’obtient rien.
Israël, pensent-ils, ne comprend que le langage de la terreur.

En dehors de cela, laissons les Palestiniens de côté pour le moment et demandons-nous ce que nous voulons vraiment. Sommes-nous prêts, dans un souci d’obtenir une paix véritable au Moyen-Orient, à nous retirer totalement sur les frontières de 1967, sans ruses, sans blocs de colonisations et sans agrandir Jérusalem ?
Sur ce point, nous sommes un front uni, un front du refus, en déclarant au monde entier : "Non !""

Kobi Niv, Ma’ariv, 7 avril 2008



La question de la colonisation et de son expansion a été - depuis 1967 - le principal obstacle à un accord de paix. Si certains extrémistes de Droite [en Israël] considèrent la colonisation comme étant un devoir national et religieux, tous les gouvernements israéliens sont pleinement responsables puisqu’ils leur ont donné une totale liberté d’action et un feu vert pour s’emparer des territoires palestiniens, et ensuite pour construire des colonies en Cisjordanie , bien que, pour arriver à la paix, il faudra avant tout rendre les terres aux Palestiniens.
Al‑Quds, 12 Mars 2008

Source : http://www.fmep.org/

Traduction : MG pour ISM

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