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Plateau du Golan -

Nouveau plan de colonisation du Golan syrien.

Par

Traduction & adaption de l'article d'Amal Shehadé paru dans Al-hayat le 12 octobre 2003

Au moment où les Etats-Unis menacent la Syrie et où l'Etat sioniste bombarde la Syrie, il est normal et nécessaire de rappeler que l'Etat d'Israël occupe un territoire syrien : le Golan. Comme pour la ville d'al-Quds, les forces d'occupation israéliennes ont annexé le Golan, c'est-à-dire que terre syrienne est considérée comme faisant partie de l'Etat d'Israël. Il est vrai que l'Etat d'Israël n'a pas besoin d'annexer pour construire des colonies, mais l'annexion, acte illégal sur le plan international, lui permet de le faire.

Un nouveau plan de colonisation accrue du Golan syrien est en train d'être mis en place. Selon al-Hayat (6/10/2003), le projet consiste à construire 2500 unités d'habitation de luxe et 1200 autres unités pour remplir le vide "des larges surfaces inoccupées" du Golan, le but étant d'arriver à la construction de 200.000 logements. Israël avait détruit et effacé la trace de 132 villages syriens, expulsé 110.000 Syriens en 1967 seulement.

Au moment où Israël semble occupé par la destruction de Rafah, la construction du mur et la volonté d'expulser le président palestinien, Israël est en train de mener bon train un plan de colonisation dans une des régions les plus fertiles de la région, sur les ruines des villages syriens détruits, et là où vivent encore 20.000 syriens, loin de leurs familles et de leur peuple.

Depuis des années, le Golan syrien est un sujet d'âpres discussions au sein de l'establishment sioniste, entre ceux qui souhaitent négocier un retrait (partiel) et les inconditionnels qui refusent même d'y penser, le considérant comme une zone stratégique de premier ordre, non seulement sur le plan militaire, mais comme source de revenus du tourisme interne et international.

C'est un projet de colonisation, "le jardin d'Israël", qui sert à judaïser le Golan et en faire une zone de tourisme qui accueillerait des milliers de touristes par jour, et ferait vivre des dizaines de milliers de Juifs sur cette terre occupée. C'est un nouveau pas dans le refus de toutes négociations avec la Syrie.

Les plateaux du Golan ont été occupés par l'armée israélienne le 8 juin 1967. En deux jours, l'armée israélienne en expulse plus de 130.000 syriens. Un mois plus tard, le 14 juillet, la première colonie sioniste s'installait sur les terres du village Bab al-Hawa, au nord du Golan, et prend pour nom Marom Golan, soit les hauteurs du Golan.

Cette terre était la plus convoitée à cause de sa fertilité et l'abondance de son eau. En une courte période, avec l'aide de l'Agence sioniste et le département des terres d'Israël, les meutes de colons arrivent et l'idée de la colonisation entière s'ancre dans l'esprit de ces nouveaux barbares. 131 bourgs et 112 fermes sont entièrement détruites, ne restent que six villages qui sont : Mas'ada, Majdal Shams, Baq'ata, Ayn Qanya, Ghajar et Sahbata, et cette dernière a été soumise en 1972 à une opération d'expulsion de ses habitants, qui sont allés dans le village de Mas'ada, pendant que l'armée israélienne confisquait les terres et transformait le village en une base militaire.

A l'époque, les populations se posaient la question des buts d'Israël qui expulse une partie des Syriens et en laisse d'autres, mais il s'est avéré qu'Israël poursuit une politique de division de la population syrienne, en expulsant tous ceux qui ne sont pas druzes. Le but israélien était en fait un but régional, consistant à créer une zone "état" druze, rassemblant les druzes de Syrie, du Liban et de Palestine, dans le cadre d'une région confessionalisée, où Israël, Etat Juif, contrôlerait la situation en entier. Mais la bataille menée par les habitants du Golan Syrien contre ce plan, en refusant d'être considérés comme annexés, en préservant leur carte d'identité syrienne, a fait échouer le plan alors que sur le plan régional, le plan de l'américain Kissinger (qui allait dans le même sens) était mis en échec.

La lutte des Syriens du Golan contre leur "israélisation" a conduit à l'arrestation des centaines d'entre eux (800 syriens et syriennes) dans les prisons israéliennes depuis l'occupation.
Des martyrs sont également tombés même si les affrontements entre la population et les forces israéliennes ne sont pas fréquentes. Des mines installées par l'occupation ont entraîné la mort de 16 syriens, et blessé 45, alors que 21 martyrs sont tombés dans l'affrontement avec les soldats.

Le 14 décembre 1981, le parlement israélien annexe le Golan, cela signifie pour la population syrienne l'obligation de faire le service militaire, la possession de la nationalité israélienne car le Golan est considéré par Israël comme faisant partie de l'Etat. Le gouverneur militaire a été remplacé par un gouverneur civil, mais les Syriens ont refusé catégoriquement cette mesure, et ont mené une grève de six mois, la plus longue grève contre une décision israélienne. Les Syriens ont conservé leur nationalité syrienne, mis à part le village Ghajar qui ont obtenu leur nationalité israélienne.

Depuis l'occupation en 1967, 34 colonies ont été fondées à la place des bourgs et villages syriens détruits, habitées par 14.000 colons. Ces colonies s'étendent sur 246 km2, soit 21% de la surface occupée, mais en même temps, les colons ont mis la main sur 500 Km2 des terres réservées à la transhumance.

Après la colonie Marom Golan les autorités israéliennes ont construit une autre, au centre du Golan, sur les ruines des villages Qasrin, Shqayf et Doura, conçue pour être un centre de services pour les colons, et cette colonie est habitée par 7000 colons, la plupart venant de l'ancienne Union soviétique. Cette région industrielle accueille 30% de la population. Les colonies se sont multipliées jusqu'à arriver à 34, habitées par 14.000 colons.

Cette terre syrienne est considérée par les Israéliens comme étant une zone stratégique, devant être colonisée et judaïsée au maximum. D'où le plan de parvenir à installer 200.000 colons. Cette idée a été renforcée lorsqu'il a été question de démanteler les colonies de Cisjordanie et que les Etats-Unis commençaient à exercer des pressions sur Israël pour qu'il abandonne son extension coloniale sur cette partie de la Palestine. Le projet "Jardins d'Israël" sert à "rapatrier" les colons de Cisjordanie . Pour activer le projet, une unité stratégique a été créée en liaison avec le conseil régional 'Golan" et le conseil régional 'Katsarin'.

En 2003, de nombreuses constructions de colonies ont été menées dans le Golan syrien, et le nombre de colons a augmenté de 5000 colons. Il est actuellement prévu de construire 1200 unités d'habitation et dans les colonies existantes, c'est leur extension qui est prévue avec la construction d'unités d'habitations comme la campagne de construction de 115 unités dans une colonie, ou une autre campagne de construction de 360 unités. A Katsarin, qui est considérée comme l'une des plus grandes colonies du Golan, c'est 430 unités d'habitations qui sont prévues dans le cadre de la campagne "construis ta maison", où les colons reçoivent des aides et des facilités, en plus d'un vaste terrain devant la maison. Les autorités israéliennes ont pour but d'augmenter le nombre des colons de cette colonie de 7 000 à 20.000 colons.

Les colons ont installé beaucoup de facilités commerciales et économiques dans leurs zones afin d'encourager les nouveaux colons à venir s'implanter dans cette terre syrienne. Au moment où une récession économique bloque la construction de nouveaux logements dans l'Etat d'Israël, il semble que la colonisation du Golan échappe à cette récession et que la construction soit active. De nombreux israéliens voient dans leur installation dans le Golan une solution à leurs problèmes économiques, étant donné l'aide de l'Etat. Les statistiques indiquent que 38% des personnes qui se sont installées dans le Golan viennent de Gosh Dan (région de Tel Aviv), 20% de Hasharon (nord-est de Tel Aviv) et ceux qui sont venue d'al-Quds représentent 6%.

Ceux qui ont conçu cette colonisation ont aménagé des zones industrielles variées, pour attirer la population. Alors que le taux de chômage atteint 6,10 % dans l'Etat sioniste, il est de 5,3% dans les colonies du Golan.

Avec le slogan "Viens au Golan et participe à nos rêves", un des plus grands projets de colonisation est en train d'être mis en place dans le Golan occupé, avec des facilités et de nombreux avantages, à commencer par des prêts avec des taux très bas et pour finir, un terrain gratuit, une infrastructure et d'autres services permettant la construction immédiate des logements.

Ce projet consiste en 2500 terrains pour la construction de logements pour les colons répartis dans 17 colonies. De plus, d'autres projets sont en place dont la construction de logements par des compagnies israéliennes qui les offrent à la vente ensuite à des prix très bas, après avoir reçu une aide importante du ministère israélien du logement.

Résistance
Le Golan syrien est considéré comme une région relativement calme du point de vue des relations entre les Syriens qui vivent sous occupation et les Juifs, les habitants syriens étant très peu nombreux et ont peu de moyens, et de plus, 60 camps militaires israéliens sont installés dans le Golan. Mais ce calme ne signifie pas une indifférence de la population, car il y a une réelle inquiétude concernant la vie actuelle et l'avenir.

En effet, la colonisation menace non seulement les terres volées mais également la population syrienne car la plupart des projets qui se construisent sont à proximité de leurs lieux d'habitation, ce qui empêche d'une part le développement de leurs propres villages et d'autre part, la possibilité de travailler la terre et de l'utiliser. Les terres sur lesquelles se trouvent les Syriens ne représentent plus environ que 5% de la surface du Golan occupé.

Salman Fakhreddine, une des personnalités syriennes les plus actives dans la défense de la terre syrienne et dans l'historiographie de l'occupation du Golan, affirme : "S'il n'y a pas encore de résistance par rapport à ce qui se passe actuellement, cela ne signifie pas qu'il n'y en aura pas, dans quelques années, pas plus de cinq, car l'augmentation du nombre des colons va nous mener à une situation critique".

Tayseer Mir'i, de l'association arabe pour le développement, à Majdel Shams, dit : La colonisation dans le Golan est de plus en plus claire, aujourd'hui. Il y a eu des plans de colonisation dans le passé, mais cela est resté au niveau des projets. Il souligne que l'Etat d'Israël, malgré l'étendue des terres dans le Golan, a prévu la colonisation juive autour des villages arabes, pour empêcher leur développement et la possibilité pour les habitants syriens de vivre en toute tranquillité. Lorsque Israël a érigé la colonie Tamroud, il lui a choisi la proximité des villages de Ayn Qana, Mas'ada et Majdel Shams, ce qui risque d'avoir des répercussions importantes sur les villages syriens.

Le prisonnier syrien libéré Ayman Abu Jabal, l'une des personnalités politiques actives dans les plateaux du Golan affirme que son opposition à l'occupation ne concerne pas seulement les plans nouveaux de colonisation, et qu'il faudrait contrer la politique israélienne afin que cette terre demeure syrienne."

L'ingénieur Shahadé Nasrallah considère lui que les plans de colonisation sont des crimes semblables aux crimes qu'Israël commet ailleurs. Les buts coloniaux d'Israël sont anciens, il a commencé à vouloir les mettre en place dès l'occupation en 1967, mais plusieurs projets ont échoué, aujourd'hui, ils reviennent avec de nouveaux projets qui auront des répercussions graves sur la population syrienne. Il considère que toutes les mesures actuelles de colonisation vont rendre difficiles les négociations avec la Syrie qui jusqu'à présent, réclamait des compensations pour l'utilisation des terres syriennes, mais Israël répondait que ces terres ne sont pas utilisées. Aujourd'hui, Israël cherche à les utiliser, ce qui rendra les négociations encore plus complexes."

Source : www.daralhayat.com

Traduction : Raghida Ousseiran

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