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Coronavirus : Les Palestiniens bloqués à l'étranger sont furieux contre l'AP

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TQ est une mère de quatre enfants qui a quitté Gaza le 5 mars pour accompagner sa mère malade qui allait recevoir des soins en Turquie. Elle fait partie des milliers de Palestiniens (plus de 6.000, ndt) qui n'ont pas pu rentrer chez eux depuis que la pandémie de coronavirus a interrompu les voyages mondiaux, les laissant bloqués.

Coronavirus : Les Palestiniens bloqués à l'étranger sont furieux contre l'AP

Une manifestante tient un panneau indiquant "Quand nous ramènerez-vous nos enfants" lors d'une manifestation à Ramallah le 15 juin 2020 (MEE/Suhaib Zahdeh)
Cette situation a particulièrement touché les Palestiniens, car leur capacité à voyager est déjà fortement limitée par leur statut politique de réfugiés, de résidents temporaires ou, pour ceux qui se trouvent dans les territoires occupés, par le déni de liberté de mouvement imposé par les autorités israéliennes.

TQ et sa mère ont traversé le point de passage d'Erez et se sont rendus en Jordanie, puis ont pris l'avion de Jordanie pour la Turquie. Comme elle a la citoyenneté jordanienne, les autorités jordaniennes ont aidé TQ - qui a demandé à n'être identifiée que par ses initiales - à rentrer en Jordanie en mai.

Mais une fois qu'elle a passé les deux semaines de quarantaine obligatoire à Amman, elle s'est retrouvée piégée à l'intérieur du pays.

"J'ai supplié les autorités jordaniennes de me laisser partir de l'aéroport directement à la frontière", a-t-elle déclaré à MEE. "Je leur ai dit que j'avais besoin d'un type de coordination particulier et pourtant ils m'ont ignoré.

"Ils m'ont gardé en quarantaine pendant 17 jours, puis ils m'ont emmené avec des Palestiniens de Cisjordanie à la frontière. Ils ont tous traversé, mais je n'ai pas pu. Ils ont dit que je ne pouvais pas obtenir l'autorisation de coordination adéquate pour traverser le passage d'Erez".

Si la situation des Gazaouis est particulièrement mauvaise, les Palestiniens de Cisjordanie occupée ont également souffert.

Ils sont descendus dans la rue de Ramallah lundi dans le cadre de la campagne "Bring Us Back Home" (Ramenez-nous chez nous) pour protester contre l'inaction de l'Autorité palestinienne (AP), car de nombreux amis et parents, pour la plupart des étudiants, sont bloqués à l'étranger depuis plus de trois mois.

La campagne "Ramenez-nous chez nous" a été lancée le 12 mai par des étudiants palestiniens pour faire la lumière sur leur combat et exiger leur droit à être rapatriés.

Selon le ministère des Affaires étrangères et des expatriés de l'AP, environ 6.300 Palestiniens sont bloqués dans le monde.

Le ministre des Affaires étrangères, Riyad Maliki, a annoncé le 22 mai que la Jordanie autoriserait les Palestiniens à atterrir à l'aéroport d'Amman sur des vols de secours et que l'AP commencerait à les ramener dans leur pays à partir du 10 juin.

Mais Zaid Shuaibi, un représentant de la campagne ‘Ramenez-nous ches nous’ actuellement bloqué en Afrique du Sud, a déclaré à Middle East Eye que ces promesses n'avaient pas encore été tenues.

L'échec de l'AP à rapatrier les Palestiniens a provoqué la colère de leurs familles, qui ont exigé leur rapatriement urgent, ainsi que la démission de Maliki.

L'espoir perdu

Contrairement aux autres nationalités, les Palestiniens qui ont été bloqués à cause de la pandémie ont l'obstacle supplémentaire de voyager avec différents types de documents - ainsi que de voir leur liberté de mouvement restreinte.

Les Palestiniens qui vivent en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza assiégée détiennent des passeports de l'Autorité palestinienne ; les résidents palestiniens de Jérusalem-Est occupée détiennent des passeports jordaniens temporaires et les réfugiés palestiniens au Liban et en Syrie détiennent des documents de voyage pour réfugiés. Mais tous subissent le même sort, celui de ne pas être une priorité pour les autorités compétentes.

"J'ai perdu tout espoir", a déclaré Nadeen Odeh, une étudiante de Naplouse, en Cisjordanie , qui étudie actuellement la génomique au Royaume-Uni. "On ne peut plus se mentir à soi-même. Nous (les Palestiniens) n'avons même pas d'aéroport, la Jordanie n'est pas responsable de nous, et les frontières sont contrôlées par l'occupation (israélienne), qui est une autre forme d'oppression".

Odeh a déclaré à MEE que ses amis palestiniens réfugiés au Liban ont reçu la pire des réponses. "Les autorités libanaises et palestiniennes déclinent toute responsabilité pour les Palestiniens au Liban", a-t-elle déclaré.

Les résidents palestiniens de Jérusalem possèdent des documents de résidence israéliens et des passeports jordaniens temporaires. Mais, explique Diyaa Hasheem, une Jérusalemite étudiant à Chypre, "nous ne voulons pas frapper aux portes de l'occupation pour obtenir de l'aide".

"Je sais que l'occupation devrait prendre la responsabilité de me ramener à Jérusalem avec mes camarades étudiants palestiniens, mais nous voulons faire appel à l'Autorité palestinienne", a déclaré M. Hasheem.

Les résidents palestiniens de Gaza sont dans une situation encore plus difficile.

Le poste frontière de Rafah, seul point de passage entre l'Égypte et Gaza, est fermé depuis deux mois. Pendant ce temps, les Gazaouis actuellement bloqués en Jordanie craignent de ne pas pouvoir rentrer chez eux.

Les Palestiniens qui souhaitent se rendre à Gaza depuis la Jordanie ou la Cisjordanie et Jérusalem doivent obtenir un permis d'Israël pour utiliser le point de passage d'Erez entre Israël et Gaza. Mais depuis que le président de l'AP, Mahmoud Abbas, a mis fin à la coordination avec Israël le mois dernier, de tels permis sont maintenant pratiquement impossibles à obtenir.

Des situations précaires

Beaucoup de Palestiniens bloqués vivent dans des conditions difficiles. Certains se débattent avec leur visa dans les pays où ils sont actuellement bloqués, d'autres ont perdu leur emploi et beaucoup sont à court d'argent.

Shuaibi, le représentant de "Bring Us Back Home", a déclaré à MEE que l'organisation a créé une campagne pour soutenir les Palestiniens bloqués dans le besoin.

Cependant, ils craignent que la situation n'empire bientôt, car le semestre de printemps touche à sa fin dans la plupart des universités.

"Une fois que j'aurai fini ce semestre, le propriétaire me mettra dehors", a déclaré Hasheem, à Chypre. "Je vais devoir trouver un autre endroit où rester jusqu'à ce que je puisse retourner en Palestine."

Le ministère des affaires étrangères et des expatriés de l'AP a récemment annoncé qu'il s'efforcerait de ramener les Palestiniens bloqués, en commençant par ceux qui se trouvent actuellement en Égypte, puis en Turquie et en Algérie.

Mais les membres de la campagne "Bring Us Back Home" ont perdu confiance dans les annonces faites par l'AP tant qu'un plan clair et détaillé sur la manière de rapatrier les citoyens n'est pas dévoilé et qu'un calendrier n'est pas mis en place.

"Je n'ai jamais pensé que cela allait arriver quand j'ai laissé mes quatre enfants et que ma mère est morte", a déclaré TQ. "Je veux juste rentrer chez moi et être avec mes enfants. Je ne veux rien d'autre de ce monde".



Source : Middle East Eye

Traduction : MR pour ISM

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